Double frustation

Double frustation dans chronique du quotidien

 

Une journée chasse l’autre, un problème en balaye un autre! Après une journée de dur labeur, j’ai décidé de partir tôt; 18 heures pour ne rien vous cacher. D’un pas allègre et léger je me dirige vers le RER A comme des milliers d’autres moutons de panurge que moi attirés invariablement par cette antre éclairée. L’un s’y engouffre; les autres suivent! Là après un long et glauque couloir d’environ 200 mètres, telle une rangée de péage autoroutier, Une armée de tourniquets trône devant moi surmontés d’écrans ( Pas Plasma, la RATP investit, certes mais dans quoi????) de vieille génération indique que suite à un dégagement de fumée dans le tunnel entre La Défense et Charles de Gaulle étoile, la circulation des RER est interrompue jusqu’à nouvel ordre. Je peste intérieurement mais comme mes congénères, bêtement je l’avoue, je continue ma descente dans les entrailles pour m’en assurer de visu! Le quai est archibondé. Vieilles rombières ( Secrétaires chez AXA, version 1970 en plus ridé ), Cadres Supérieurs à l’élégance bousculée, froissée par tant de frottements incessants sur leurs costumes, jadis, resplendissants, belles de banlieues aux tailles anorexo-anémiques poudrées comme des courtisanes du siècle dernier, ouvriers et différents corps de métiers aux gueules et mains meurtries, petits chefaillons aux mines irritées, étudiants en goguette, employés zélés, cadres stressés, bref, tout le ghotta des profondeurs dévisagent avec des mines déconfites les panneaux indicateurs pas plus bavards que les hauts-parleurs.

C’est un ballet incessant qui se produit devant mes yeux. Les uns descendent, tournent, gémissent, grognent, virevoltent puis remontent l’air contri. J’intègre cet étrange menuet et me retrouve un bon quart d’heure plus tard à l’air libre. Armé de bonne volonté et d’impatience, je décide de rentrer à pied. Ai-je le choix? A vrai dire, non! Vingt minutes de marche me permettent de rallier la Grande Arche de la Défense. Toujours aussi stupidement que mes crétins de congénères je me décide à retenter une approche affutée vers une hypothétique rame de RER tout en pensant que si la situation n’a pas évolué je me rabattrai sur la Ligne 1 du Métro, voire sur ce maudit bus 73 qui en temps normal a déjà une fréquence campagnarde d’un départ toutes les demi-heure à la discrétion du chauffeur et en fonction de son humeur! Et hop c’est reparti pour une descente d’environ trente mètres dans les intestins de cette maudite Défense mais la queue est conséquente! J’oublie les Escalators et tente les escaliers; La bousculade fait rage, les acteurs sont féroces! Trois côtes fêlées plus tard,  façon de parler, mes baskets cent fois écrasées, le regard égaré et la veste élimée je me retrouve alors devant un cordon de policiers aux mines dépitées qui empêche tout accès au quais du RER. Demi-tour risqué, traversée en biais d’un important flot de moutons made in la Défense et me voilà plein d’espoir devant l’entrée du métro. Peine perdue! D’autres policiers plus coriaces et voraces en défendent héroiquement l’accès. Cela fait près de quarante minutes que j’ai quitté mon lieu de travail et me revoilà entrain de gravir des escaliers pour m’extirper de cet enfer kafkaïen! Je n’ose aller zieuter du côté du bus 73 et bien, à mon humble avis, m’en prend! Alors telle une fusée je décide de rallier Neuilly, terre de toutes mes espérances chaussé de presque va-nus pieds. Vingt minutes supplémentaires me font arriver péniblement au métro Sablons en âge, les pieds endoloris, l’oeil fatigué et l’humeur maussade.

C’est à ce moment là que mes origines se rappellent à moi. Ah Neuilly, antre de paix, de tranquillité, de bien-être, de….mais il est temps que j’arrête de rêvasser, mes courses ne sont pas faites, l’horloge bat des aiguilles de plus en plus vite et ma soirée s’en trouve plus que diminuée! J’ai alors cette ingénieuse idée ( qui m’est propre, hum!!!) d’assurer au plus vite ces besoins alimentaires. Je me dirige vers le Monoprix pour au dernier moment me souvenir que non, décidément non, mon pouvoir d’achat ne me permet plus d’aller me sustenter dans cette antre libérale et néo-capitaliste de Neuilly. Le vieux Roumain devant le magasin, gardien d’enfants, de sacs et de chiens occasionnel à qui j’accordais en bon catholique deux euros chaque jour me reconnais instantanément. Son visage exprime de la béatitude, le mien de l’inquiétude. L’homme me serre la main ( Code entre-nous qui me permettait de lui remettre sa pièce en toute dignité lors d’une franche poignée). Ne sentant pas les deniers espérés mais voyant ma mine fatiguée, il me dit avec un accent prononcé mais empli de sincérité « Courage, d’autres lendemains meilleurs!!! »

 Je me rabats alors vers le modeste Franprix de l’avenue Charles de Gaulle. Dix endives hors de prix, du poulet transgénique, un pain de mie chimique, une bouteille de rosé frelatée et dix paquets de mouchoirs en papier de piètre qualité plus tard et me revoici à déambuler chargé comme un bon bourriquet dans les belles allées de cette cité que jadis j’ai longtemps côtoyé. Je croise élégantes promenant leurs lévriers, Mannequins bling-bling juchées sur des talons de quinze centimètres qui me croisent sans me voir, employés de bureau fumant leur bâtons cancérigènes devant les halls d’entrée et se réjouissant de toute cette foule harassée déambulant devant leurs frêles pieds et Charles Pasqua à la mine fatiguée qui involontairement manque à un feu rouge de se reposer sur mon épaule de modeste salarié me prenant sûrement pour un poteau. L’homme est âgé, son garde du corps entraîné…. je laisse tomber!

Mes pas me conduisent alors tout droit pour une nouvelle tentative dans le métro ( Oui je suis persévérant, d’autres diraient con; A chacun son interprétation!) Le quai est surchargé et cela n’est pas bon signe. Une rame arrive soudain. Belles et élégants au départ stoïques attendent l’ouverture automatique des portes. A l’intérieur ce sont des rangées de suppositoires comprimés et de rectums étirés qui se mettent alors tous en même temps à prendre une ou deux bouffées d’air de nos bons sous-sols pollués. A peine le premier clampin coincé dans cette bétaillère tente t-’il désespérément de s’en extraire que les belles et beaux qui sagement attendaient sur le quai se transforment en une meute affamée, le regard aiguisé et tentent une rentrée en force, s’incrustant tant bien que vaille dans les quelques infimes interstices encore libres, poussant, repoussant jusqu’à l’infinie la masse déjà compressée et recroquevillée qui survit tant bien que mal à l’intérieur! Là mon coco, me dis-je avec tes deux sacs de courses, ta musette et tes deux baguettes déjà en piteux état, n’essaie même pas ( Instant de lucidité!). Une énième fois je remonte, tel Jésus chargé de sa croix, vers mon golgotta.

Je tente alors de rallier le 43, un bus qui m’amménera aux Ternes où là logiquement je pourrai rejoindre une ligne de métro moins bondée et tant espérée. Je prend une rue de traverse, passe devant une brasserie que j’ai beaucoup fréquenté pour mes déjeuners. Devant une horde de photographes me bouscule à moitié. Serais-ce le début de la célébrité? Que nenni, à l’intérieur, Jean Sarkozy, le fils ainé de mon bon président organise un cocktail entre initiés. Le champagne coule à flots, les petits fours vites avalés et moi quasiment chassé, pas faute d’avoir pourtant essayé malgré mon allure de pestiféré, d’y entrer, histoire de me reposer. Je me sens doublement frustré! Le bus tant attendu arrive, l’air y est vicié mais il n’est pas bon de faire ce soir le difficile. Une fille à papa croise les jambes comme un charretier de bas étage, nettoyant au passage ses converses d’un autre âge sur mon jean usé, dehors aux terrasses chauffées des brasseries, les quidams prennent l’apéritif et moi l’odeur des aisselles de ma voisine qui visiblement à du faire le même trajet que moi à pied. Je rallie enfin ma ligne salvatrice qui quoique un peu encombrée me ramène indubitablement vers mon quartier. Finalement 2H45 après mon départ du bureau je réintègre, lessivé, mon domicile parisien, sacrée journée!

 

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 

 



Il y a des jours comme cela…La suite

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 Il y a des jours comme cela, rappelez-vous, le pass navigo qui rend l’âme, la carte bancaire qui refuse de me livrer quoi que ce soit! Dieu que ma vie est trépidante! En effet à peine quinze jours que je suis en possession de ma rutilante et nouvelle carte bleue et déjà dix jours que je ne peux m’en servir. A quoi cela sert d’avoir une carte de paiement si l’on ne peut pas l’utiliser!

Bref j’avoue avoir passé le Weekend du 11 Novembre à vainement essayer d’amorcer mon cervelet de moineau pour tenter de répondre à cette question existentielle. Pourquoi à chaque fois depuis une semaine lorsque je vais au distributeur de ma banque ou que j’ose tenter d’effectuer de vulgaires courses alimentaires en magasin je me fais obstinément rejeter comme un paria?

Ce matin donc, le coeur vaillant, fraîchement réveillé et dispo, j’ai pris avant même le chemin du travail , celui de ma très chère et tendre banque. Je suis d’abord tombé sur un petit jeune en costume de carnaval avec la coupe de la Star Académy au guichet d’accueil ( Vous savez les cheveux qui forment un toit sur la tête avec deux tonnes de gel….Je sais je suis méchant mais normal car moi j’en ai plus beaucoup et j’ai ni l’envie ni les moyens de PPDA pour me faire implanter un gazon capillaire artificiel sur le haut de mon crâne!!!). J’explique mon problème a l’attardé de service, au gamin, à ce serviable et zélé employé du secteur bancaire échelon 173, rang 28 grade 0 qui me réponds avec une certaine prestance ( Logique mon agence est dans les beaux quartiers!!! Ben oui, l’habitude….) « Euhhhh ».( Je sens tout son allant et sa naturelle vivacité!!!)  » Pardon » réponds-je! « Hein!!! » ( Et dire qu’ils sont minimum Bac+2, vraiment c’est la crise!!!!)reprend-t’il avec toujours autant de grâce et d’élégance qu’un Nicolas Hollande aux toilettes en plein effort! (Ne faites surtout pas l’effort de comprendre, c’est juste une sournoise et vile vengeance, cela me fait le plus grand bien!!!! Ben quoi je ne l’ai pas tué le petit porcelet, juste taquiné….un brin). « Ben » renchéris notre amateur de radio-crochet  » je m’en vais demander à Madame la conseillère » (Cela ne rigole pas à la Banque des Nantis et de de Pauvres, pas de pub mais vous devinerez aisément de quel établissement je parle. Pour les plus nuls au QI équivalent à celui d’une huître en outre-Atlantique pendant la période des amours, j’avance un maigre mais précieux indice; C’est la banque qui aime Roland-Garros!!!).

Dix Minutes passent ( Dieu que les bureaux sont grands et que le bougre doit en parcourir tant d’allées pour accéder à « Madame La Con-Seillière!!!). Mon demeuré attitré, jeune homme revient l’air et la démarche aussi vive et alerte qu’une limace au 100 mètres haie sous l’abus d’alcool, et m’invite à le suivre.( C’est clair qu’avec sa démoniaque énergie même un vieillard en déambulateur serait à son aise!!!!) C’est à la formidable vitesse de croisière de deux pas minutes que je rallie le bureau de ma nouvelle et agréable conseillère.

 Celle-ci est empreinte de gravité et moi d’impatience. « Comment vous dire Monsieur « TUUUUUUT » ( Protection de la liberté individuelle et non divulgation des noms de familles ou tout autre indication sur la race, le sexe, les opinions politiques et je m’égare….) La situation est grave ( Ca y est me dis-je ma banque vient de couler, misère, malheur, comment vais-je récupérer mon magot; mes 2€ sur mon compte d’épargne qui végètent depuis plus de 6 ans!!!) » Vous êtes surendetté monsieur « TTUUUUUUT » ( Je sais cela est strident et fait mal aux oreilles, désolé!!!). Là j’avoue que je tombe des nues ( bien que pour un saint, quoi de plus normal!!!) « Oui votre compte est bloqué, vous êtes en surendettement et votre carte a été bloquée. Croyez-bien que nous sommes navrés. »

Mais quelle espèce de cruche ais-je donc en face de moi ai-je alors pensé dans l’instant. « Vous me semblez songeur? ». ben oui je le suis! Est-elle obstinément incompétente, crétine, stupide, idiote, demeurée, handicapée du cervelet? N’y a t’il qu’elle dans ce cas où sont-t’ils tous comme cela? J’ai l’impression de me rapprocher de David Vincent dans les envahisseurs version new-âge mélangés à de curieux petits hommes verts.

« Oui Monsieur « TUUUUT » cela n’est pas honnête de m’avoir caché votre situation, certes pénible, mais qui n’est du qu’à vous-même! D’accord vous avez des soucis financiers mais vous devriez savoir, qu’à la Banque des Nigauds Parisiens, l’informatique fait foi et ne se trompe jamais! » ( As-t’elle vu mon malicieux sourire à ce moment précis, je ne le crois pas!).   » Donc Monsieur « TUUUUUUT vous devriez éviter de déranger un conseiller financier pour une carte qui est bloquée du à un surendettement de votre part! » ( Cela devient Kafkaïen).

« Bon vous savez », ( Renchérit-t’elle de plus belle dans son pitoyable et ubuesque élan)  »vous n’en n’avez plus que pour quatre ans » ( Heureux de l’apprendre),  » d’autres sont bien plus mal lotis que vous, alors raison gardée, ne dramatisez pas non plus votre situation » ( Pas comprendre, j’ai encore rien dit!!!).  »Lorsque l’on a pas les moyens, Monsieur « TUUUUUUT » et je me permets de vous le dire entre-nous et pour vous rendre service, ON NE DEPENSE PAS L’ARGENT QUE L’ON A PAS!!!!! » ( Ben chiotte alors, j’ai si mal géré que cela!!!! Fichtre!!!!)

 » Votre silence me laisse penser que vous prenez conscience de la situation dans laquelle vous vous êtes bêtement mis » ( Elle commence à me gonfler la rombière de banlieue, du genre à faire ses « Mots fléchés » dans le RER A ratatinée de travers sur son strapontin dans une rame bondée et qui préfère se plier en quatre plutôt que se lever pour faire place nette pour ses congénères. Le mot de pétasse me vient à l’esprit, celui de radasse s’entrechoque avec le précédent mais je préfère à ce stade la laisser s’égosiller toute seule) . Mais le temps est venu de lui fermer le clapet à cette emmerdeuse!!!!

« La situation est si grave Madame « CONNNETTUUUTRADASSETUUUT », zut alors ????? Je suis contris d’apprendre cela si brusquement ». La mégère devient subitement songeuse!( Serais-ce la naissance d’un deuxième neurone, j’en suis tout attendri!!! C’est vrai c’est touchant une naissance, surtout que ce n’était pas gagné après une grossesse si longue et douloureuse, Merci petit-Jésus, même les simples d’esprits, vous les aidez…)  » Vous n’étiez-pas au courant????? »  » De quoi??? » lui répondis-je  » Mais de votre situation financière Mr « TUUUUUUT ».

« Ben non, pour tout vous dire, ma carte s’est bloquée, mon compte est approvisionné, je n’ai ni crédits, ni dettes qu’elles quelles soient, je fuis vos produits financiers comme la peste, je ne dépense jamais plus que ce que je ne gagne et entre-nous  et en toute convivialité et urbanité; Vous commencez à m’échauffer sérieusement! Voilà plus de vingt minutes que j’écoute sans ouïe dire votre pitoyable litanie et constate qu’à aucun moment vous n’avez daigné vérifier les énormités, je ne dis pas cela pour vous (Bien que…), que vous me lancez  allégrement à la face. Alors maintenant il suffit, vous avez un clavier, un écran, vous tapez mon numéro de compte, vous appelez la Banque de France, mon ancienne agence et vous me présentez ensuite vos plus plates excuses pour l’incroyable bourde que vous venez de commettre, compris!!! »

Dix-sept touches de clavier plus tard je vois Madame Lagaffe qui se met à virer au verdâtre. Elle serre frénétiquement l’accoudoir droit de son fauteuil Ikéa « Modèle « KONNAR »puis avale sa salive, décroche son téléphone, me prie de l’excuser quelques instants, ce à quoi je l’invite avec malice mélé d’un brin de dédain, puis d’un pas rapide se dirige vers le bureau du branquignole de service à la tête de cet asile d’laliéné bancaire, du directeur d’agence.

Et voilà que quelques instants plus tard un cadre binoclard habillé en pingouin de bas étage, le sourire aux lèvres ( L’odieux effronté) vient tenter de me serrer ma douce main tout en s’excusant platement pour la regrettable erreur que sa gourdasse de subordonnée vient d’effectuer!!!!

Voilà ma banque a fait une « regrettable » erreur. Cinq minutes ensuite m’ont été nécessaires pour que j’incendie cette fieffée crétine, trois autres pour que je transmette mais plus sincères sentiments au connard qui dirige cette épicerie de branquignolles et dix pour que j’ameute l’agence toute entière sur les pratiques inacceptables qu’elle emploie à l’égard de sa clientèle. Puis la bave aux lèvres, l’oeil aiguisé mais serein et reposé, je reçois de nouveau du directeur lui-même ses plus plates excuses. Dans l’absolu, je m’en contrefous comme de l’an quarante. On m’apporte surtout la certitude que cela ne se reproduira pas, que c’est une fois de plus une regrettable erreur ( Ils ont du apprendre la phrase par coeur c’est pas possible!!!!) que ce n’est pas de chance que cela soit tombé sur moi ( Sur un autre apparemment c’est pas grave….) et on tente de me refourguer en même temps une carte Premier (Ils perdent pas le nord les manants!!!!). L’envie de botter les fesses du directeur d’agence m’a soudainement traversé l’esprit mais pour une fois j’ai préféré en rester là.

 Trois courbettes, dix sourires et quatre contritions plus tard, un stylo plume aux initiales de l’agence, un agenda relié simili-cuir et un calendrier cartonné j’ai enfin rejoint le monde libre!

 Ben voilà il y a des jours comme cela…où l’on voudrait retourner à l’école primaire et troquer des billes dans la cour, moins dangereux…. 

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 



Il y a des jours comme cela…

Il y a des jours comme cela... dans chronique du quotidien headermetroparisien71030143

 

Il y a des jours comme cela, de ces journées que l’on redoute mais que l’on ne voit pas venir, de ces moments maudits qui vous poursuivent au nom de la loi des séries. De ces journées qui commencent mal et qui se terminent….mal aussi! Je les entendais ces sirènes de pompier ce matin mais tout cela me semblait lointain! Parfois fortes, parfois diffuses mais constantes. Il m’a fallu plus d’une heure pour comprendre que ce n’était que ma kyrielle de radios-réveils qui s’entêtaient à tenter de me réveiller. Une heure de retard sur mon timing habituel, voilà qui commence bien. J’opte pour le « pack prépa express » et au bout de deux minutes de douche + deux minutes d’habillement me voilà les dents encore pleines de dentifrice, les cheveux hirsutes (Ben qu’il m’en reste moins qu’à mes vingt-ans!!!), l’oeil hagard sur le trajet de mon travail.

Arrivé dans la station de métro, mon pass Navigo, déjà fort âgé et plus très vaillant, rend quasiment l’âme et refuse obstinément de déclencher le mécanisme du tourniquet. Pas de temps à perdre, je décide courageusement de sauter au-dessus de celui-ci tout en maudissant mon pauvre titre électronique de transport mais voilà que naturellement agile comme je suis, je me retrouve à moitié bloqué. 5 bonnes minutes plus tard l’oeil un brin plus alerte et d’humeur massacrante ( C’est à dire comme la moitié des voyageurs en temps habituel, l’autre étant endormie!!!) je saute, je bondis, je….me retrouve dans une rame bondée ( comme d’habitude!!!). Un mastodonte choisi de poser son auguste mais imposant postérieur sur le mini strapontin voisin du mien. Je sens une pression inhabituelle sur mon fragile corps. Ma respiration se fait aussi haletante que celle d’un fox terrier qui vient d’emmerder tout son voisinage et une réaction, certes animale mais innée, d’autodéfense s’éprend de moi. L’envie de péter tel un putois me vient à l’esprit! ( Il n’y a rien de tel qu’une bonne attaque chimique pour se sortir d’un tel pétrin!!!) mais à la vue du colosse qui me réduit en sculpture de César entre son flanc droit et la paroi de la rame je me ravise et pense intelligemment que la  »loi du talion » n’est pas une solution. La sueur perle sur mon front, ma température corporelle est identique à celle que l’on subit dans le Sahara dès dix heure du matin mais en cette veille d’armistice, je sens que la libération n’est plus qu’à deux stations et résiste à l’envahisseur. 30 minutes plus tard j’émerge enfin des entrailles de la terre et au moment où j’emplis mes poumons du bon air banlieusard ( Ben oui, je bosse en proche banlieue, horreur, malheur!!!) une averse soudaine se prend irremédiablement de passion pour moi. J’ai beau la fuir, elle se fait plus pressante encore. J’arrive à moitié en courant, à moitié en glissant ( Merci Adidas et ses semelles ultra-dérapantes!!!) jusqu’au distributeur de ma chère, très chère banque. J’introduis ma carte, compose le sésame magique, consulte mon historique; Positif et décide de retirer une maigrelette somme d’argent. L’appareil mesquin et vil affiche alors le message suivant  » vos droits sont insuffisants »??? La rage me gagne et trempé, énervé je gagne tant bien que mal mon lieu de travail les poches vides mais le coeur vaillant!!!

La journée se passe et me revoilà dans les transports. Une patrouille de police se trouve devant les tourniquets. Je met mon Pass et rien, je le remet, deux fois, trois fois…Derrière le temps monte, les gens me houspillent, un garde mobile me scrute avec méfiance prêt à intervenir quand une charmante femme me propose de passer derrière elle. Bêtement, j’accepte et me voilà avec trois vert de gris ( Pas les Allemands, les contrôleurs) et deux gardes mobiles sur le paletot!!!! ( C’est con quand même!) Je me souviens alors que déjà petit mon père m’apprenait toute les ficelles pour être un bon orateur et c’est revigoré que je me lance dans un laïus qui endormirait tous les fidèles de Notre-Dame de Paris, clergé compris!!! L’un des agents assermentés de la RATP comprenant toute ma détresse m’offre un ticket « autorisation de passage gratuit » et me suggère d’aller remagnétiser ma carte au plus vite dans un « club RATP » ( Vulgairement un guichet pour crétin comme moi!!!).

 J’essaie celui de la Défense. L’écriteau précise « FERMETURE 19H », cela tombe bien il est 18H10. Peine perdue les portes sont closes et toute une « bétaillère » suffoque déjà à l’intérieur, certains les joues collées contre la vitre tels de la vulgaire poiscaille derrière la paroi d’un aquarium. Je fonce alors à Charles de Gaulle Etoile. 18H30 tout va bien me dis-je mais là pas de chance « Le club RATP » fait relâche ( C’est vrai les pauvres déjà qu’ils bossent 28 heures par mois, faut bien qu’ils se reposent un peu!!!!). La bave aux lèvres, l’oeil fourbe je me dirige alors vers un guichet  » Traditionnel » et fait face à une jeune et charmante ingénue. Je ravale ma bave, prend l’oeil flatteur et coquin tout en relatant douceureusement tout mon embarras. Celle-ci immédiatement, un sourire aux lèvres, s’empare de mon Pass et va en ma compagnie le tester. Ce crétin de vieil égoïste, manié par une main si fine, si longue si gracieuse ne peut s’empêcher de biper de plaisir et moi de passer pour le dernier des benêts!!! Pataud et intrigué je me résous à rentrer chez moi.

 Arrivé devant une célèbre enseigne de discount à deux pas de mon domicile, muni d’une grande vivacité et clairvoyance, je décide d’aller faire moult emplettes ( Demain étant férié et mon frigo lui étant orphelin!). Les bras chargés de victuailles et trois quart d’heure de queue plus tard je sors ma superbe et utile carte bleue. Je tape mon code et ….trente secondes passent. Je fais risette à la caissière…..et quinze secondes supplémentaires plus tard celle-ci me dit à voix haute et forte; « Il est refusé le paiement, m’sieur »!!! L’ensemble des regards alors se portent sur moi. Je me met un brin à rougir, bafouille tant bien  que mal… » …approvisionné…mon compte! ». La caissière, le regard malin et en vieille routière à qui on ne la fait pas reprend  » Ben on va ressayer, si cela vous fait plaisir, M’sieur!!!!! » à peine cinq secondes plus tard alors que dans la queue, certains s’énervent et murmurent « s’il a pas les moyens, faut qu’il dégage » et « toujours les mêmes, ils payent pas de mine et pourtant ». La caissière tout sourire s’exprime de nouveau  » Paiement refusé, m’sieur ». Je deviens alors rouge comme une tomate. Dans la queue une vieille dame s’exprime  » Si c’est pas malheureux à cet âge là! » et la rombière, la caissière avec une voix tonitruante se fait un plaisir de m’achever;  » C’est pas grave m’sieur, on c’est ce que c’est et puis vous savez dans la quartier on est habitué….(Sans commentaire) Espèces? »…Espèce de cruche ai-je envie de dire! Ben non j’ai pas suffisamment d’espèces. Voilà comment je repars en rampant les murs, un paquet de pâtes à la main, c’est mieux que rien! Il y a des jours comme cela…où l’on ferait mieux de rester chez soi!!!

 Bien à vous

Saint-Poisseux

 



Le Snob

Le Snob dans chronique du quotidien snob1 

1/ LE SNOB EST SOLIDAIRE
Il était perso et roulait pour lui. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Le snob n’a jamais autant donné dans l’associatif. Il multiplie les cartes d’adhésion en tout genre : il défend son quartier, il aide tel commerçant à ne pas mettre la clé sous la porte, il met la main à la poche pour « alimenter » la bibliothèque de son arrondissement… Son combat actuel ? Réhabiliter les jardins communautaires de son quartier. Faites un petit tour dans le IIIe arrondissement, côté du Marché des Enfants-Rouges, le week-end, et vous verrez le snob en pleine action apprenant à sa marmaille à manier le sécateur avec dextérité dans un nouveau coin de verdure à sauver. Le snob se mobilise pour des causes justes. Le snob se rend utile.

2/ LE SNOB EST RADIN
Plus exactement, il fait attention à ses dépenses. Il traque la bonne affaire. Sa dernière trouvaille ? Le teambying, cette tendance venue d’outre-Atlantique qui consiste à acheter à plusieurs. L’idée : se regrouper pour tirer les meilleurs prix. Le snob surfe donc sur des forums de teambyers, se regroupe avec d’autres pour acheter ordinateur et voiture au rabais. « En fait, le snob aime court-circuiter la grande distribution », explique Vincent Grégoire. Une tendance confirmée par Frédéric Rouvillois : « Aujourd’hui, il n’y a rien de plus chic que de consommer du caviar de contrebande ! » L’habitat n’échappe pas à cette nouvelle règle. En teambyer confirmé, le snob achète un immeuble à plusieurs pour le diviser à parts égales ensuite. Moralité ? L’union fait la force. On est dans l’esprit de partage, de communauté. La famille Trigano et Philippe Starck mettent dans le mille avec leur nouvel hôtel Mama Shelter (« refuge de maman ») : un hôtel économique, façon auberge espagnole, niché dans le quartier de la Flèche d’or ? Zéro fausse note. Parions que le snob nouvelle génération fera de cet abri urbain son prochain QG.

3/ LE SNOB NE BRUNCHE PLUS, IL SLUNCHE
Has been, le bon vieux brunch du dimanche matin. Le snob a trouvé mieux : il slunche une abréviation de « souper » et de « brunch ». Il s’agit en fait d’un goûter géant organisé sur le coup de 17 heures le samedi ou le dimanche. Généralement, le buffet est « bio home made », of course, et tourne autour d’un thème : le blanc, la pomme, le radis…, que sais-je (à noter que le topinambour fait un grand come-back). Le comble du chic ? Y déguster son fromage au champagne. Pourquoi ce revirement ? Car le brunch coupait la journée. Or le snob veut pouvoir vaquer à ses nouvelles activités en toute liberté.

4/ LE SNOB FAIT LES POUBELLES
Avant, c’était chic de dire « J’ai déniché cette table années 70 chez le géant suédois du meuble » ou « Regarde la dernière petite robe H &M que j’ai dégotée, elle est très Courrèges, non ? ». Le snob va plus loin. Il n’hésite pas à retrousser ses manches et à salir ses Pierre Hardy pour fouiller dans les poubelles du voisin à la recherche de petits trésors : miroirs, banquettes, malles… C’est l’esprit récup qui prend le dessus, crise oblige. Les bons spots ? Le XVIe et le Ier.

5/ LE SNOB EST MONASTICO-BIO
Évidemment, il est écocitoyen dans l’âme, ça fait belle lurette qu’il a mis une brique dans le bac de ses toilettes pour économiser l’eau. Il connaît donc tous les Naturalia et marchés bio de la capitale, mais il a eu envie de pousser le vice encore plus loin… Son nouveau dada ? L’artisanat monastique. Je ne vous parle pas d’une nouvelle passion pour les sandales de Jésus, mais plutôt pour la confiture de prunes à l’ancienne ou le fromage de chèvre aux herbes élaborés avec amour par moines ou bonnes sœurs bien intentionnés. Zéro pesticide à l’horizon, traçabilité évidente et petites productions… Ses spots : Artisanat Monastique, 66, bis avenue Denfert-Rochereau, dans le XIVe et Monastica, 10, rue du Pont Louis-Philippe, dans le IVe. Pour faire toutes ces petites emplettes, le snob dégaine le it bag du moment : son sac de shopping bio en nylon signé Reisenthel.

6/LE SNOB NE JURE QUE PAR LE MIEL BÉTON
Depuis qu’il a été prouvé que le miel issu d’abeilles urbaines est plus riche que le miel de campagne, le snob se gave de miel béton. Incroyable mais vrai une abeille urbaine produit quatre à cinq fois plus de miel qu’une abeille campagnarde, affaiblie par les pesticides. La référence ultime du snob ? S’encanailler et aller acheter son miel béton dans le 9-3, à Saint-Denis, chez Olivier Darné. Chiquissime.

7/ LE SNOB SE LA JOUE OUVRIER
Crise oblige, le snob revient à des valeurs sûres. Entre autres, celle du travail. Une nouvelle tendance qu’il cultive jusque dans son look : le style ouvrier-travailleur prend le pas sur l’allure dandy. On sort les bleus de travail, les salopettes en jean, les chemises à carreaux, les bretelles et les gros gaudillots type Timberland. Preuve ultime de cette tendance : le très distingué Olivier Saillard, directeur des programmations du musées de la Mode et du Textile, à Paris, ne quitte plus son costume fait sur mesure chez Old England en bleu de travail.

8/ LE SNOB MIGRE
Il déserte ses quartiers de prédilection, type XVIe sud, Neuilly et le VIIe, pour investir le XVIIIe, car tous ses nouveaux restaurants fétiches sont là. Le snob fonce avaler un burger sur fond de pop US chez Floors (100, rue Myrha), il réserve des semaines à l’avance chez Guilo Guilo (8, rue Garreau), le nouveau restaurant japonais qui fait causer le Tout-Paris. En journée, accompagné de sa femme, il fait quelques achats au tout nouveau surplus A.P.C. du quartier (rue André-del-Sarte, XVIIIe) et boit un verre à l’une des nombreuses terrasses de l’avenue Trudaine (IXe). Là et nulle part ailleurs.

9/ LE SNOB EST CLEAN
Il n’a même jamais été aussi clean : l’alcool, la drogue, les pilules du bonheur, les champignons magiques…, tout ça, c’est de l’histoire ancienne. Place à la sobriété. no drog est son nouveau credo. C’est ce que Vincent Grégoire appelle la « Laura Smet attitude », soit : « J’ai touché à tout ça. J’ai fait mon mea culpa. Une nouvelle vie s’ouvre à moi. » Seul petit bémol : le snob reste fumeur. Pour contrecarrer les nouvelles lois sur le tabac, il organise chez lui des open appart soirées, où l’on joue avec les volutes. Joli pied de nez à toutes les nouvelles normes restrictives. Parce que le snob est un rebelle dans l’âme on l’oublie trop souvent.

10/ LE SNOB CIBLE SES SOIRÉES
Le snob ne sort plus beaucoup, il est devenu pantouflard, alors il sélectionne. Ses nouvelles adresses fétiches ? Le restaurant Unico. Le snob fait des pieds et des mains pour avoir une table dans ce restaurant argentin du XIe arrondissement (15, rue Paul Bert). Autres sorties recherchées et ultra-sélectes : les soirées « club sandwich », c’est-à-dire des soirées mensuelles à thème où se retrouvent tous les gens « de la fashion », comme on dit. Elles sont organisées à la Scala ou à l’Espace Pierre Cardin, et il faut bien sûr montrer patte blanche ! Évidemment, il va chez Régine, mais il commence un peu à se lasser.

 

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 



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