La Pauvritude

 

Allez ne soyons pas démodé en ce bel hiver 2008! Soyons pauvres, c’est tendance. Profitons de cette aubaine qu’est la récession! Fini les appartements bien chauffés, superbement décorés, optons donc pour la tente « Quechua » si pratique, si économique, si petite… Vous aimez les jardins du Luxembourg, quoi de plus facile que de la déplier devant ses grilles, vous ne débourserez pas un sou. Le fond de l’air est frais c’est réjouissant,  votre peau en sera toute revigorée. une petite faim? Quoi de plus simple que d’aller au resto….du coeur qui se feront un plaisir de vous sustenter. Une petite soif? Hormis le gros rouge fort drainant et tonique, les équipes de maraude du Secours Populaire ou de la croix rouge vous serviront le café à domicile! Envie d’uriner? La rue est à vous, vous êtes libres, pas de voisins, pas de charges, pas de compte bancaire, bref rien! Vous vous ferez de petits camarades forts sympathiques qui se feront un plaisir de partager vos effets sans que vous en ayez vous-même l’idée. Si vraiment le froid vous taraude, de joyeuses tablées endiablées et de doux matelas vermifugés vous attendent dans les centres d’urgence. N’hésitez-pas à appeler le 115, ils se feront une joie de vous répondre dans les quatre heures! Vous êtes malade, allez-donc aux urgences ou de douces infirmières aux mains gantées vous feront patienter une journée durant seulement si vos maux sont conséquents. Vous voyagerez dans le métro à votre aise, traînant derrière vous un exquis fumet de saleté, faisant de vous un privilégié et vous permettant d’accéder aux banquettes sans qu’aucun autre voyageur ne daigne venir vous importuner. Envie de prier pour ceux qui ont un petit coup de déprime? N’hésitez-pas à fouler les marches de votre ancienne paroisse, vous serez assurer de ne pouvoir jamais y pénétrer…Les  »voies » du Seigneurs sont impénétrables! En cas de grand froid, un gentil camarade n’hésitera pas l’espace d’une seconde, chrétiennement parlant, à vous bastonner avec moult joie afin de vous réchauffer; quelle bonne âme! Vous pourrez toute la journée durant ( Avec votre seul oeil valide, ben oui rappelez-vous! Vous avez été bastonné la nuit dernière) contempler vos chers contemporains et remarquerez le grand intérêt qu’ils portent à vous ignorer! Les plus généreux d’entre-eux n’hésiterons-pas avec ferveur à vous cracher dessus ou à vous insulter; N’en prenez-pas ombrage c’est une preuve d’affection certaine! Bref cette nouvelle vie ravira les plus réfractaires. Important avant d’entamer cette trépidante nouvelle expérience, pensez à vous faire licencier par votre employeur…bien qu’en règle générale celui-ci risque de vous prendre de vitesse puis attendez patiemment que votre conjointe vous quitte ( rassurez-vous cela ne tardera pas!), mettez-vous en condition, buvez vos économies, faites vous virer mano-militari de votre logement et n’oubliez-surtout pas préalablement de vous munir d’une tente ou de vieux cartons usagés gracieusement offert par votre ex-épicier avant de vous lancer dans cette belle expérience…. Bonne « pauvritude »***!

 

Saint-Sulpice

 

*** Merci à Ségolène « R » qui du haut de la muraille de Chine un beau jour de 2008 réinventa en un mot la langue de Molière!

 

 



Dieu et ses images , une histoire de l’Eternel dans l’art

 

Le livre d’art le plus passionnant de cette année est la somme d’une vie de recherches. Il n’émane pas d’un conservateur de musée, d’un membre de l’école des Annales, pas plus d’un structuraliste ou d’un psychanalyste. Il est celui d’un dominicain, professeur de théologie à l’université Marc-Bloch de Strasbourg et qui maîtrise toutes ces approches. François Bœspflug s’est intéressé à la manière dont les artistes occidentaux ont représenté le dieu des chrétiens depuis deux mille ans. Un programme démesuré qu’Internet et le développement de la numérisation ont toutefois permis de mener à bien.

Dans Dieu et ses images, une histoire de l’Éternel dans l’art publié chez Bayard (530 p., 149 €), on plonge dans les siècles, des catacombes romaines au Christ aux outrages (1983) de Georg Baselitz. Et on s’immerge dans un immense paradoxe : comment Dieu, pourtant réputé irreprésentable, immuable, est né, s’est développé, a varié, a grandi, a vieilli, voire est mort dans l’art.

Pour sa démonstration, l’auteur a convoqué plus de trois cents œuvres, principalement picturales. Bien sûr, certaines sont très connues, comme cette Adoration de la Sainte-Trinité, un somptueux panneau peint en 1511 par Albrecht Dürer, aujourd’hui visible au Kunsthistorisches Museum de Vienne. Mais d’autres sont de divines surprises issues de bibliothèques de palais épiscopaux ou de couvents allemands, français, italiens, espagnols, voire sud-américains.

François Bœspflug y suit les traces de solutions plastiques étonnantes pour exprimer, par exemple, la Trinité qui est l’expression du «Multiple en l’Un» : cette Trinité de trois personnages identiques à la silhouette christique vient du Mexique du XVIIIe siècle. Une composition tout à fait comparable à celle relevée dans ce missel franciscain enluminé en 1380, conservé à la BNF. D’un psautier de Cambridge est extraite une Trinité tricéphale. À rapprocher d’une fresque peinte en 1965 dans une chapelle de Yaoundé… «De telles représentations ont une durée de vie très longue», commente François Bœspflug, qui voit pour sa part, dans cette forte stabilité des formes, en dépit des passionnants soubresauts théologiques qu’il décrit très clairement, «le reflet de l’éternité de Dieu».

 

Bonne lecture

Saint-Sulpice

 

Dieu et ses images, une histoire de l’Éternel dans l’art publié chez Bayard (530 p., 149 €)



Paris vu d’en haut

 

Avenue des Champs-Elyées

Avenue Friedland

Avenue de la Grande Armée

Avenue Foch

Avenue de la Grande Armée

Avenue Marceau

Avenue Friedland

Avenue d’Iéna et Avenue Marceau

Avenue Victor-Hugo

Avenue Kléber

Avenue Foch

Rue de Rennes

Petit Pont

 

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 

 



Viaduc de Millau – France

 

Bien à vous,

Saint-Sulpice