Jacques Tati – Deux temps, Trois mouvements – Cinémathèque de Paris – 8 Avril au 2 Août 2009

Jacques Tati - Deux temps, Trois mouvements - Cinémathèque de Paris - 8 Avril au 2 Août 2009 dans EXPOSITIONS jacques-tati

 

En 2009, il aura 102 ans, le temps justement pour la Cinémathèque française de lui rendre hommage hors des commémorations obligées qu’il ne prisait guère. Un peu de retard… Quoi de plus normal pour celui qui a toujours pris un malin plaisir à entrer dans ses propres films à contretemps. L’année en tout cas que nous avons choisie pour honorer, au présent, son génie. 2009 donc, c’est le grand chambardement : exposition de 650 m2, films projetés en salle et dans le hall une signalétique joyeuse.

 

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 N’était-ce pas le plus grand souhait de Tati de voir tous les arts du spectacle investir les lieux mêmes du cinéma ? Et quel plus bel endroit à Paris pour accueillir une exposition consacrée au réalisateur de Playtime que ce bâtiment fascinant de la Cinémathèque française conçu par Frank Gehry, que jouxtent un jardin potager, un manège d’enfant et les tours que Dominique Perrault a dessinées pour la Très Grande Bibliothèque ?

 

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Les films de Jacques Tati sont désormais l’emblème même de la modernité. Espace, design, automobile, mode, architecture et sons interrogent dans ses films à la fois son présent et le nôtre. Désireuse de jouer avec Tati, la scénographie a donc été conçue par Macha Makeieff, à la fois dans le but de plaire, mais aussi de désorienter joyeusement le public, non sans penser, souvent, aux enfants visiteurs.

 

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 Elle part de cette modernité affichée, à la fois critiquée et magnifiée, pour remonter aux débuts de Tati au music-hall, là où tout le cinéma burlesque s’est inventé ; elle place le spectateur-acteur dans une suite d’impressions visuelles et sonores singulières, dans un espace réinventé qui imagine, de station en belvédère, une déambulation en deux temps, couleur et noir et blanc, avec matériaux, objets et décalages surprenants, ceux d’une modernité rêvée et du cinéma forain, et réunit différents types d’oeuvres d’art qui, esthétiquement, sont proches de l’univers filmique de Tati.

 

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 Des oeuvres qui interrogent le rapport de la société à l’espace, de la couleur au son, de l’abstraction au réel : des dessins de Saül Steinberg et de Pierre Etaix, des photographies d’Henri Cartier-Bresson et de Willy Ronis, des oeuvres de Raoul Dufy et de César (qui fit une apparition dans Les Vacances de Monsieur Hulot, et s’intéressa comme Tati aux compressions de voitures), une photographie architecturale de Dan Graham, une installation originale de Pierrick Sorin, un livre de Guillaume Cassar, une machine dynamique de Jean Tinguely, une création sonore de Pierre Henry, sans oublier une série de meubles typiques du modernisme de l’après-guerre édités par Domeau et Pérès et la collaboration enthousiaste de quelques écoles d’art contemporaines… Ces oeuvres, qui sont autant de résonances, sont confrontées, dans une épure assumée, à ce qui permet de documenter l’univers cinématographique de Jacques Tati : photographies rares, carnets de gags, maquette, archives provenant des Films de Mon Oncle et affiches (dont certaines font partie de la collection de la Cinémathèque française), costumes et accessoires, sans oublier croquis et aquarelles de son ami et collaborateur, Jacques Lagrange, qui fut son conseiller artistique des Vacances de Monsieur Hulot à Parade. Nombreux sont également les extraits des films de Tati, incluant quelques raretés, des courts métrages aux scènes coupées des Vacances de Monsieur Hulot, en passant par les publicités hilarantes, politiquement incorrectes et inconnues qu’il a réalisées pour des yaourts minceur !

 

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Cette immersion visuelle et sonore dans l’oeuvre de Tati n’exclut nullement un désir d’exégèse. Comment éprouver sans chercher à comprendre ? A quoi bon savoir s’il l’on n’a pas d’abord commencé par ressentir ? « Les 6 leçons du Professeur Goudet », dispensées sur 12 écrans au centre de l’exposition, font, elle aussi de façon ludique, oeuvre de pédagogie et abordent, par l’analyse de films et le recours aux archives, à la fois la formation de Tati, son travail sur le son, le rapport ambivalent qu’il entretenait aux Etats-Unis ou encore son souci permanent de la transmission.

 

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De fait, l’exposition fait la part belle à cette question majeure du cinéma de Tati, y compris en resituant, par la vidéo, ses oeuvres dans la dynamique de l’histoire du genre burlesque, en soulignant à la fois ce qu’il hérite des génies de l’âge d’or hollywoodien, et ce qu’il inspire à ses nombreux admirateurs et trop rares successeurs.

 

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Dans cet esprit, des entretiens ont été réalisés avec des personnalités du monde de l’art, dont le travail a été nourri par la connaissance des films de Tati. Ces témoignages exceptionnels de Michel Gondry, Wes Anderson, David Lynch, Elia Suleiman, Otar Iosseliani, Olivier Assayas, Jean-Jacques Annaud, Jean-Claude Carrière, Blanca Li, Sempé, Jean Nouvel, Dominique Perrault trouveront leur place en marge de l’exposition (sur la mezzanine et dans le catalogue), pour que la succession désirée par Tati s’accomplisse, et qu’en un sens il en soit de l’exposition comme de Playtime vu par son réalisateur : qu’elle commence « quand vous quitterez la salle »…

 

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Bonne Exposition,

Saint-Sulpice

 

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Métro Bercy lignes 6, 14 – Bus n°24, 64, 87 – En voiture : A4, sortie Pont de Bercy – Parkings : 77, rue de Bercy, Hôtel Mercure ou 8, boulevard de Bercy – Du 8 Avril au 2 Août 2009 -  Du lundi au samedi de 12h à 19h – Nocturne le jeudi jusqu’à 22h – Dimanche de 10h à 20h – Fermeture le mardi et le 1er mai – Tarifs: Plein tarif 8 €, Tarif réduit 6.5 €, Moins de 18 ans 4€, Forfait Atout prix / Carte Cinétudiant 5.5 €, Libre Pass Accès Libre

  

Nues – Willy Ronis – Galerie Guigon

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 Crédit Photo: © Willy Ronis – Galerie Guigon

 

Toutes ces femmes nues, quand il fait si froid dehors ! Dieu merci, elles sont encadrées, exposées sur les murs : clichés en noir et blanc, gravés dans le marbre par le photographe Willy Ronis.

 

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Crédit Photo: © Willy Ronis – Galerie Guigon

Les hommes se sont déplacés en nombre. Mais ne nous y trompons pas : nul voyeurisme dans leur regard ; rien de vulgaire. Ils sont venus rendre hommage à la beauté.

 

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Crédit Photo: © Willy Ronis – Galerie Guigon

 

 

Dès l’entrée, un panneau donne le ton : chut ! Le maître, presque centenaire, craint le bruit. L’atmosphère est intellectuelle. Un panneau retranscrit le texte de Philippe Sollers qui accompagne l’album de Willy Ronis, Nues.

 

 

 

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 Crédit Photo: © Willy Ronis – Galerie Guigon

 

L’écrivain endosse les habits de Barthes. C’est mieux qu’un col Mao : « Ces photos, écrit-il, sont des partitions. Ronis voulait être musicien. Il l’est, avec le cadrage, la lumière, l’ombre, les attitudes, les gestes. Il faut écouter ces photos si on veut les voir… »

 

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Jolie mise en lumière. Les cadres semblent des tableaux. Sculptées par l’objectif de l’artiste, les femmes y posent comme des chats, sereines et naturelles. Elles sont belles, comme la lumière. Leurs visages restent le plus souvent inconnus ; leurs corps sont des accords : parfaits.

 

 

Crédit Photo: © Willy Ronis – Galerie Guigon

 

À quoi songe ce couple en observant longuement un modèle renversé sur un lit froissé ? Mystère des correspondances. Légèrement à l’écart, un petit monsieur chauve, à la moustache grise, reçoit les hommages de ses fidèles. Il dédicace ses ouvrages, un peu comme on les bénit.

 

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Crédit Photo: © Willy Ronis – Galerie Guigon

Douceur d’une attitude en voie de disparition : la pudeur. Absence, rare, de provocation. Respect du corps féminin. Sur le livre d’or, une visiteuse a écrit : « Vous nous avez si bien regardées. » Son patronyme ne s’invente pas : Casanova. « Vous allez encore violer la loi », soupire la voix de Josyane Savigneau. Son ami Sollers vient de ficher une cigarette au bout de son fume-cigare : éternel allumeur.

 

 

Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

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Le nu provençal, Gordes – 1949 -  Crédit Photo: © Willy Ronis – Galerie Guigon

Galerie Guigon – 39, rue de Charenton – 75012 Paris – Du mercredi au samedi de 14h à 19h et le dimanche de 15h à 19h

 

 

Voir aussi:

- Willy Ronis, Hôtel de Ville, Joinville-le-Pont.

- Hommage à Willy Ronis.

- Willy Ronis vient de mourir.

 

A regarder aussi:

 

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A lire aussi:

 

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« J’aime mieux tâter un peu de tout, quitte à porter mon effort sur ce que je fais volontiers et refuser ce qui m’intéresse moins. Etre libre ? Oui, mais ça n’est pas tant la question de la liberté que le goût pour des choses diverses. » Ce goût, Willy Ronis le conserve toute sa vie, alliant ses travaux de commande et ses recherches personnelles avec l’enseignement de l’histoire et de la technique de la photographie. Il dit aussi : « je suis le contraire du spécialiste, je suis un polygraphe. »

- Willy Ronis par lui-même aux éditions Actes Sud – 63 pages – 13€

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J’ai la mémoire de toutes mes photos, elles forment le tissu de ma vie et pal Ibis, bien sûr, elles se font des signes par-delà les années. Elles se répondent, elles conversent, elles tissent des secrets. À partir d’une cinquantaine de photos, Willy Rouis dessine son autoportrait. On le suit dans ses voyages, ses virées dans les rues de Paris et sur les bords de la Marne, ses reportages aussi. Une photo, c’est un moment pris sur le vif, mais c’est aussi l’histoire d’un jour. Ce jour-là : UN autoportrait à la manière d’un Je me souviens. C’est avec émotion due ce livre feuillette à la fois son être le plus intime, son talent de photographe et son talent de conteur.

- Ce jour-là par Willy Ronis aux éditions Gallimard – 191 pages – 6,50€

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Des années 30 aux années 70, cinquante ans de corps féminins vus par Willy Ronis, accompagné de d’un texte original de Philippe Sollers. Willy Ronis voulait Sollers. Sollers n’attendait que ça. Il a dit oui pour Ronis. Immédiatement.
Le texte de Philippe Sollers aborde et souligne tout ce qui rend précieux et unique le travail de Willy Ronis sur le nu. Le photographe a saisi toutes les occasions de s’y livrer, tissant en quanrante ans une oeuvre secrète dont les plus beaux moments n’avaient jamais été réunis. On connaît sans doute le Nu provençal, une sorte d’instantané de vacances que Ronis transforme en éternité. On connaît moins ou pas du tout ces statues, ces déesses, ces corps filiformes des années 70, ces formes restaurées des années 90 devant les quelles Ronis retrouve l’audace formelle de sannées 30.
Il flirte avec les esthétismes : pleinarisme d’avant-guerre, femmes au tub de la fin du XIXe siècle, jeunes filles de la presse masculine des années 70 … Ces soixante nus sout tous bouleversants. C’est ce que clame Philippe Sollers : ‘Les nus de Willy Ronis, dans leur extraordinaire naturel, sont sacrés’.
Un délice pour les collectionneurs, les amateurs de photographie et les amoureux de l’écriture. 59 photographies.

- Nues par Willy Ronis & Philippe Sollers aux éditions Terre Bleue – 144 pages - 39€

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C’est en 1947 que je tombais amoureux de la Provence. Mon attachement à cette région fut tel que je décidais d’acheter un vieux mas à Gordes, village perché du Vaucluse, et d’y passer une partie de ma vie. Appareil en main, de l’après-guerre à la fin des années soixante-dix, j’arpentais ruelles étroites, marchés labyrinthiques et pincettes ombragées avec l’intention de restituer une Provence ancestrale, rappelant les coutumes issues d’un art de vivre qui a toujours su composer avec le soleil. Car le village provençal, théâtre idéal pour jouer avec la lumière, est conçu de manière à s’intégrer totalement au paysage, son élégance ne consistant à ne vouloir surprendre ni le ciel ni la terre. Ainsi les hommes se fondent-ils dans le décor un jour de marché ou à l’heure de midi, à l’ombre des platanes … Les images de Provence ne correspondent à aucune commande, mon unique motivation étant de me faire plaisir, et c’est dans ce cadre que je créais mon oeuvre fétiche, Le nu provençal. Si l’album se termine sur des vues de Marseille, ville métisse aux fortes saveurs, c’est pour mieux capter la beauté énigmatique de ces régions du soleil aux populations chaleureuses. En écho aux images, Edmonde Charles-Roux évoque cette Provence qu’elle connaît si bien. Sous sa plume, l’architecture et les dialectes locaux deviennent l’occasion d’une réflexion sensible sur la nature du paysage, l’âme de la pierre, l’essence du mas, la qualité du vent, l’odeur des lavandes et de l’ail sauvage.

- Provence par Willy Ronis & Edmonde Charles-Roux aux éditions Hoëbeke – 104 pages – 19,50€

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« À votre âge, à Noël, on n’avait qu’une orange. » La formule a fait le tour des sapins, effrayant les plus jeunes, faisant rire les adultes. Chez les Picouly, dans le nord de la banlieue parisienne, la menace est nettement plus radicale : « Cette année, il n’y aura pas de Noël », répète-t-on au jeune Daniel et à ses frères et soeurs. Pourtant, à force de l’entendre année après année sans jamais qu’elle se réalise, la prophétie perd de sa crédibilité et finit par prêter à rire. Un petit détail qui s’ajoute au grand rituel, à cette foule de préparatifs qui font commencer la fête bien avant la date officielle. La neige, les trottoirs encombrés devant les grands magasins, le mystère de la multiplication des pères Noël, la solennité de l’apprêtage du sapin - qui doit toucher le plafond, sinon c’est sûr, « il n’y aura pas de Noël » - l’ambiance est électrique, la plume est celle d’un enfant de 10 ans. Daniel Picouly livre un texte à la fois intime et témoin d’une époque, plaçant les mots justes sur les images de Robert Doisneau, Willy Ronis, Sabine Weiss et Janine Niepce. Un joli voyage dans les coulisses d’un rêve peuplé de rennes, de trains électriques, et de lutins. –Jocelyn Blériot et Lénaïc Gravis

- Vivement Noël par Willy Ronis & daniel Picouly aux éditions Hoëbeke – 90 pages – Prix non communiqué

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Les chats de Willy sont magnifiques, venez les rencontrer, faites-les entrer à votre tour dans votre vie. On ne comprend même pas comment il a réussi à les saisir au vol, à traquer leur vérité intime, à les faire exister dans leur plus haute simplicité. Il faut être un immense artiste pour laisser ainsi parler les chats, sans les trahir, sans exagérer, sans faire joli. Avoir été juste là, toujours à la bonne place, avec le geste prompt. c’est sans doute son secret et son art (…) Sur chaque photo, passe le grain de la vie, le souffle de l’air, l’odeur même des saisons, c’est incroyable. (…) Cette traversée d’un pan de la vie de Willy Ronis à travers le regard de ses chats est à la fois un pur moment de tendresse et une déclaration d’amour qu’il fait à la vie. Colette Felous

- Les chats de Willy Ronis par lui-même aux éditions Flammarion – 80 pages – 22€

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La découverte des photographies en couleurs de Willy Ronis sera à coup sûr une surprise pour beaucoup. Et c’est, de sa part, l’effet d’un don généreux que d’avoir bien voulu nous les donner à voir. Ce maître du noir et blanc a donc photographié en couleurs dès 1955, dès l’apparition du Kodachrome, film diapositive à la chromie si particulière, et si peu sensible à la lumière qu’il aurait dû, logiquement ; l’empêcher de faire, selon son style et son goût, des instantanés sur le fil du hasard, photos de rue, photos de foule, a fortiori photos de nuit… On verra qu’il n’en est rien et qu’il a su tirer le meilleur parti de la contrainte opposée. à la spontanéité de son regard. La couleur ici n’est en rien un prétexte, elle est une autre manière de voir, ni plus riche ni moins libre : elle est une façon différente de traiter de la lumière – la grande affaire de la photographie -, une autre  » métrique « , pas même un autre langage. Et Paris est bien plus qu’un sujet : c’est le matériau de l’auteur qui s’émeut au spectacle de la vie ordinaire côtoyée chaque jour dans sa ville, la vie banale et souriante des Parisiens à laquelle il confère une profondeur puisée à son émotion-même. Car ce qu’il importe de noter c’est que le photographe a, par les moyens qui lui sont propres, poursuivi de questionner l’âme populaire en ses reflets gais ou mélancoliques, en ses images frivoles ou graves, qu’il a touché du doigt – ou de l’œil – la beauté palpitante et la tendresse bonhomme de ce peuple bigarré, qui sont les  » débris et trésors  » poétiques de la Ville – que seul un grand artiste pouvait recueillir avec une telle constante bonté, en noir comme en couleurs.

- Paris-Couleurs par Willy Ronis aux éditions le temps qu’il fait – 117 pages - 35€

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Willy Ronis et Paris ? L’histoire tendre d’un amour jamais démenti, aussi fort qu’au premier jour, voilà bientôt un siècle… Né en 1910 dans le IXe arrondissement, l’artiste n’a en effet jamais cessé de photographier sa ville et le quotidien de ses habitants. Ce travail, entrepris à partir des années 1930, couvre tous les aspects de la vie parisienne. En plongeant dans ses archives, Willy Ronis a exhumé de nombreuses images inédites qu’il a organisées en séquences : la Seine et ses rives où on taquine le gardon, la rue, la nuit, les bistrots, les Parisiens au travail, le quartier des Halles, le jardin du Luxembourg, la rue de la Huchette… Sa sélection s’achève sur la ville d’aujourd’hui, les secteurs récents et ses arrondissements de prédilection. Cinquante ans après la parution de Belleville-Ménilmontant, son livre-culte sur la capitale, le photographe est retourné arpenter son quartier à la recherche du Paris perdu. Ici, comme aux abords du canal Saint-Martin, la métropole embaume encore la province. Consacré en 1979 par le Grand Prix national des Arts et Lettres pour la photographie, l’œuvre de Willy Ronis témoigne d’un art subtil du cadrage et de la lumière qui lui inspire des compositions rigoureuses, distanciées et singulièrement mélodieuses.

- Paris, éternellement par Willy Ronis aux éditions Hoëbeke – 157 pages – 33€

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Chaleureux, pittoresque et poétique, le quartier dont Willy Ronis est tombé amoureux en 1947 représente un témoignage hors pair sur un Paris disparu, celui d’une douceur de vivre modeste et insouciante. Emu par ces images, Dider Daeninckx a imaginé le récit d’un gars de Ménilmontant : longtemps exilé, l’homme revient sur ses pas et nous fait découvrir la légende du quartier.

- Belleville, Ménilmontant par Willy Ronis & Didier Daeninckx aux éditions Hoëbeke – 112 pages - 31€

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Willy Ronis, photographe de montagne ? Le dernier grand personnage de la photographie humaniste – il est né en 1910 – a commencé sa carrière professionnelle avec ses reportages sur les manifestations et les grèves de 1936, avant de connaître une célébrité tardive avec ses images d’un Paris aujourd’hui disparu. En soixante-dix ans, ses images sont devenues de véritables icônes poétiques, centrées surtout sur le travail des hommes, la vie quotidienne, la ville. Mais Willy Ronis avait un jardin secret. Un jardin secret qui s’étend des Alpes aux Vosges, via le Jura, en poussant des pointes jusqu’aux Cévennes, via la
Provence. Ce citadin se révèle ici amoureux des grands espaces et de la nature en nous offrant les photos, pour la plupart inédites, qu’il a prises au cours de ses innombrables expéditions en montagne, sa passion. Loin des villes et des usines qu’il a su magnifier comme personne, son talent s’y exprime tout aussi puissamment. La Montagne de Willy Ronis est une révélation : sous les pavés, les alpages.

- La Montagne de Willy Ronis par lui-même & Christian Sorq aux éditions Terre Bleue – 173 pages - 38€ 

GRANDS PHOTOGRAPHES – M ~ R

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Voici par catégorie l’ensemble de mes articles publiés. Espérant que cet index facilitera votre « navigation » au sein de mon blog. Bonne Lecture. Il vous suffit de cliquer sur l’article qui vous intéresse et vous n’avez plus qu’à le lire directement.

Toutes les images visibles sur ce site le sont dans un but éducatif et de valorisation de l’Artiste ainsi que de son travail. Si celui-ci ou un ayant droit refuse de les y voir figurer, elle seront retirées sur simple demande.

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 

Grands Photographes – de M à R

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Don Mc Cullin. 

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Steve Mac Curry.

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Michael Magill.

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Michael Magill – Partie 2.

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Michael Magill – Partie 3.

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David Maisel. 

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David Maisel – Partie 2. 

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David Maisel – Partie 3. 

Susanna Majuri.

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Susanna Majuri – Partie 2.

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Maleonn Ma Liang.

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Maleonn Ma Liang – Partie 2.

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Maleonn Ma Liang – Partie 3.

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René Maltête.

René Maltête – Partie 2.

René Maltête – Partie 3.

Charles Marville.

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Le Paris de Charles Marville – Partie 2.

Daniel Masclet.

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Raymond Meeks.

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Leonard Misonne. 

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Leonard Misonne – Partie 2. 

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Leonard Misonne – Partie 3. 

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Richard Misrach.

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Richard Misrach – Partie 2.

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Walfred Moisio.

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Walfred Moisio – Partie 2.

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Nickolas Muray. 

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James Nachtwey.

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Asako Narahashi.

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Asako Narahashi – Partie 2.

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Rui Palha. 

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Rui Palha – Partie 2. 

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Jyrki Parantainen.

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Robert et Shana ParkeHarrison – Partie 1. 

Robert et Shana ParkeHarrison – Partie 2. 

Robert et Shana ParkeHarrison – Partie 3. 

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Robert et Shana ParkeHarrison – Partie 4. 

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Robert et Shana ParkeHarrison – Partie 5. 

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Robert et Shana ParkeHarrison – Partie 6. 

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Robert et Shana ParkeHarrison – Partie 7. 

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Robert et Shana ParkeHarrison – Partie 8. 

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Robert et Shana ParkeHarrison – Partie 9. 

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Martin Parr. 

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Martin Parr – Partie 3. 

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Martin Parr – Partie 4. 

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Martin Parr – Partie 5. 

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Martin Parr – Partie 6. 

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Martin Parr – Partie 7. 

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Martin Parr – Partie 8.

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Jorma Puranen.

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Pedro Luis Raota.

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Liu Ren.

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Scott Rhea.

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Marc Riboud. 

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Marc Riboud – Partie 2. 

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Marc Riboud – Partie 3. 

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Martine Roch. 

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Alexandre Rodtchenko.

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Hommage à Willy Ronis.

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Willy Ronis – Partie 2. 

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Willy Ronis – Partie 3. 

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Willy Ronis – Partie 4. 

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Willy Ronis – Partie 6.

Willy Ronis – Partie 7. 

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Willy Ronis vient de mourir. 

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Victoria Ryan – Partie 2.

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Jacques Prévert – Paris la belle – Mairie de Paris

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L’exposition « Jacques Prévert, Paris la belle »  fait état du lien étroit entre Prévert et Paris, depuis sa petite enfance dans le quartier du jardin du Luxembourg jusqu’à son statut d’icône de Saint-Germain-des-Prés.

Fondamentalement populaire et singulière, l’oeuvre de Jacques Prévert est à redécouvrir dans son intégralité.

De sa jeunesse contestataire à son amitié avec Joan Miró, Alexander Calder ou Pablo Picasso, de son métier de scénariste à la complicité qu’il tisse avec de nombreux photographes.

Cette exposition, bâtie sur les archives personnelles du poète, révèle un homme dont l’esprit, plus de trente ans après sa disparition, reste d’une fraîcheur et d’une actualité sans conteste.

 

Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

Hôtel de Ville – Salle St-Jean – 5, rue Lobau – 75004 Paris – M° Hôtel de Ville – Du 24 octobre 2008 au 28 février 2009, tous les jours sauf dim et jours fériés de 10h à 19h – Entrée libre.

 

 

 Biographie de Jacques Prévert


 

Né le 4 février 1900 à Neuilly-sur-Seine, Jacques est le second fils de Suzanne et André Prévert. Son frère aîné, Jean, décède à 17 ans, de la fièvre typhoïde. Son second frère, Pierre, né en 1906, sera son complice artistique tout au long de sa vie. Sa mère, d’un naturel joyeux, lui apprend à lire dans des livres de contes. Son père, plus sombre, fait de la critique littéraire, dramatique et cinématographique et l’emmène au cinéma et au théâtre. C’est ainsi qu’il découvre les premiers comiques de l’écran, et surtout les feuilletons de Louis Feuillade. C’était, comme l’écrira plus tard Prévert, « la plus fastueuse des misères ». Après un passage d’un an par Toulon, toute la famille revient s’installer en 1907 à Paris, rue de Vaugirard, puis en 1908, rue Férou. Prévert est inscrit dans un établissement catholique, rue d’Assas, jusqu’en 1914. Mais au catéchisme, il préfère la mythologie grecque qui stimule son imaginaire et dès 1909, il commence à faire l’école buissonnière. À 15 ans, certificat d’études en poche, Prévert abandonne définitivement l’école et vit de petits boulots. Incorporé en 1920, il rejoint son régiment à Lunéville.

Pendant son service militaire, Jacques Prévert se lie avec Marcel Duhamel, traducteur, éditeur et futur créateur, en 1945, chez Gallimard, de La Série noire (dont Jacques Prévert a trouvé le nom). À la même époque, il devient également l’ami du peintre Yves Tanguy. Toute une communauté de peintres, de poètes et de bons copains se retrouve au début des années 1920 sous le toit de Duhamel, 54, rue du Château, à Montparnasse : Raymond Queneau, Pablo Picasso, Alberto Giacometti… L’adresse devient le repaire du groupe surréaliste. Le jeune Prévert est séduit par l’esprit contestataire et le souffle d’insoumission qui s’y expriment, avec pour cibles favorites le clergé, l’armée, la police, ou l’institution scolaire qui « brime l’enfance ». Mais en 1930, ne supportant pas les attitudes souvent autoritaires d’André Breton, Prévert s’éloigne du groupe. Il publie alors, dans un tract collectif intitulé « Un cadavre », un texte qui fait date : Mort d’un Monsieur, pamphlet aux jeux de mots habiles et vifs, adressé au « pape du surréalisme. Jacques Prévert et André Breton n’en resteront pas moins amis.C’est à Jacques Prévert que l’on doit l’invention du « cadavre exquis », ce jeu collectif qui consiste à composer une phrase ou un dessin sans tenir compte de ce que les autres ont fait, sur la même feuille. Témoins rares et exceptionnels de cette période clé de l’histoire de l’art, les quelques « cadavres exquis » présentés dans l’exposition sont une plongée dans l’univers surréaliste.

Au début des années 1930, Jacques Prévert écrit des sketches et des pièces contestataires d’agit-prop pour le groupe Octobre, troupe de théâtre créée en référence à la révolution soviétique de 1917. Le plus célèbre de ces textes, La Bataille de Fontenoy (présenté en 1933 aux Olympiades internationales du théâtre ouvrier à Moscou), moque les hommes politiques de l’époque. De 1932 à 1936, le groupe est très actif et se produit dans des usines en grève (Citroën), des manifestations, en pleine rue, ou encore dans des bars. Prévert est l’auteur principal, et Lou Bonin le metteur en scène. Les textes, en prise directe avec l’actualité nationale ou internationale, sont écrits à chaud et les représentations données après à peine une nuit de répétition. Aux côtés de Jacques Prévert et de son frère Pierre, on trouve Raymond Bussières, Marcel Mouloudji, Maurice Baquet, Margot Capelier, ou encore des futurs cinéastes Paul Grimault, Yves Allégret et Jean-Paul Le Chanois. Une équipe d’amis et de fidèles avec lesquels Prévert continuera de travailler par la suite. Le groupe se sépare le 1er juillet 1936, à la suite d’une dernière représentation de leur spectacle, Tableau des merveilles. Prévert se consacre alors pleinement au cinéma.

Jacques Prévert se fait connaître dans les années 1930 comme scénariste et dialoguiste de cinéma. Son premier scénario, écrit pour le film de son frère Pierre,  » L’affaire est dans le sac  » (1932), est une variation sur le burlesque. En 1933, il travaille avec Claude Autant-Lara (Ciboulette) puis, en 1935, il écrit les dialogues du film réalisé par Jean Renoir,  » Le Crime de M. Lange « . L’engagement politique et social de Prévert se fait sentir dans cette histoire d’imprimerie reprise en main par les ouvriers à la suite de la mort présumée de leur patron. C’est lors d’une représentation de  » La Bataille de Fontenoy  » par le groupe Octobre, que Jacques Prévert fait la connaissance du jeune réalisateur Marcel Carné, puis de son décorateur, Alexandre Trauner. Carné, séduit par l’humour de Prévert, lui demande d’écrire les dialogues de son prochain film,  » Jenny « . Nous sommes en 1936. Pendant plus de dix ans, le trio fonctionne à merveille. Il donne naissance à un nouveau style cinématographique, le « réalisme poétique », auquel Carné préfère l’appellation de « fantastique social », et enchaîne les chefs-d’oeuvre jusqu’à l’immédiate après-guerre :  » Drôle de drame « ,  » Le Quai des brumes « ,  » Le jour se lève « ,  » Les Visiteurs du soir « ,  » Les Enfants du paradis «  et  » Les Portes de la nuit « . Le style de Prévert se retrouve aussi dans des films de Christian-Jaque, Jean Grémillon, Paul Grimault ou Pierre Prévert. Il suffit souvent d’une réplique pour qu’il se révèle, mélange de poésie des faubourgs, de jeux de mots tendres et corrosifs. Aux succès reconnus viennent s’ajouter les films auxquels il a collaboré sans que son nom soit mentionné au générique  » Une femme dans la nuit  » d’Edmond T.Gréville en 1941, ou  » La Marie du port « , de Marcel Carné en 1949 , et des dizaines de projets jamais tournés.

Les Enfants du paradis

Réalisé par Marcel Carné pendant l’Occupation, et 1945, c’est à la fois un hymne à l’amour fou, le plus bel hommage qui soit au monde du spectacle et une preuve éclatante de pérennité de la création artistique par-delà les tourments de l’Histoire. Film de plus de trois heures, divisé en deux époques, porté par une distribution exceptionnelle (Arletty, l’actrice préférée de Carné et de Prévert, entourée de Jean-Louis Barrault, Pierre Brasseur, Marcel Herrand, Maria Casarès, etc.), Prévert signe le scénario, Alexandre Trauner dessine les décors, Joseph Kosma compose la musique (ces deux derniers dans la clandestinité, car ils sont juifs), et Marcel Carné fait le lien entre tous. Un film qui, lors de sa sortie en 1945 restera plus d’un an à l’affiche à Paris, et sera élu en 1979 par l’académie des César « meilleur film français de tous les temps », puis en 1990, par un jury de 500 professionnels du cinéma « plus grand film français de tous les temps ».

Principaux films écrits ou coécrits par Jacques Prévert


- 1932 :  » L’Affaire est dans le sac  « (Pierre Prévert).
- 1933 :  » Ciboulette «  (Claude Autant-Lara).
- 1935 :  » Le Crime de M. Lange «  (Jean Renoir).
- 1936 :  » Jenny (Marcel «  Carné).
- 1937 :  » Drôle de drame « (Marcel Carné).
- 1938 :  » Le Quai des brumes «  (Marcel Carné).
- 1939 :  » Le jour se lève  » (Marcel Carné).
- 1939-1941 :  » Remorques « (Jean Grémillon).
- 1942 :  » Les Visiteurs du soir  » (Marcel Carné).
- 1943 :  » Lumière d’été  » (Jean Grémillon).
- 1943 :  » Adieu… Léonard ! « (Pierre Prévert).
- 1943-1945 :  » Les Enfants du paradis  » (Marcel Carné).
- 1945 :  » Sortilèges  » (Christian-Jaque).
- 1946 :  » Les Portes de la nuit  » (Marcel Carné).
- 1947 :  » Voyage surprise  » (Pierre Prévert).
- 1948-1953 :  » La Bergère et le Ramoneur  » (Paul Grimault), version inachevée du Roi et l’Oiseau (1979).
- 1949 :  » Les Amants de Vérone «  (André Cayatte).
- 1956 :  » Notre-Dame de Paris  » (Jean Delannoy).


Au lendemain de la guerre, l’éditeur René Bertelé obtient de Prévert l’autorisation de rassembler en un recueil ses nombreux textes et poèmes parus depuis les années 1930 dans des revues littéraires. Sorti en mai 1946, Paroles est le premier livre signé Prévert. Il en a lui-même créé le graphisme, à partir d’une photo de graffiti de son ami Brassaï. Le succès est foudroyant. Le style joyeusement iconoclaste de Prévert et ses thèmes de prédilection, les bonheurs simples, la révolte et l’amour, séduisent autant le cercle de Saint-Germain-des-Prés que le grand public. En quelques semaines, les 5 000 exemplaires du premier tirage s’envolent. Une nouvelle édition enrichie est vite publiée, et ses poèmes sont traduits en anglais, en italien, en japonais… D’autres recueils suivront (Spectacle, Histoires, La pluie et le beau temps, Choses et Autres, Fatras…), dans lesquels aphorismes, dessins, collages, sketches voisinent avec les poèmes. Parallèlement à ses propres recueils, Prévert cosigne des ouvrages avec des photographes, des peintres ou des illustrateurs pour enfants (Jacqueline Duhême, Elsa Henriquez, Ylla…). Alors que le style de Prévert apparaît d’une grande simplicité, ses textes sont très écrits, très travaillés. En témoignent ses brouillons aux ratures multiples, qui disent sa recherche du mot le plus juste. Auteur populaire qui magnifie la rue, poète rebelle aux étiquettes, il signe, sur les sujets les plus graves ou les plus quotidiens, une poésie gaie qui s’adresse à tous et fera le tour du monde. C’est aussi une poésie engagée et satirique, en phase avec l’actualité, comme le montrent, dans ses dernières années, les textes qu’il rédige sur mai 68 ou pour dénoncer la guerre au Vietnam.

Avec le succès de Paroles, Jacques Prévert se confirme, avec Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir ou Boris Vian, comme l’une des figures majeures de Saint-Germain-des-Prés. Beaucoup de ses « poèmes » les plus connus sont aussi des chansons à succès, dont la musique est signée de compositeurs talentueux, par exemple Christiane Verger, son amie d’enfance, Henri Crolla et, bien sûr, Joseph Kosma. Elles sont interprétées en France par de grands artistes comme Yves Montand, Cora Vaucaire, Juliette Gréco, Marianne Oswald, Germaine Montero, Mouloudji, les Frères Jacques ou Édith Piaf.Les Feuilles mortes Écrite à l’origine par Prévert pour le film « Les Portes de la nuit «  de Marcel Carné (1946),  » Les Feuilles mortes «  est interprétée par plusieurs personnages, dont celui joué par Yves Montand. Traduite en anglais (Autumn Leaves), elle est reprise par Miles Davis, Keith Jarrett ou Nat King Cole. Chanson indémodable, à la fois grave, tendre et sensuelle, Les Feuilles mortes a fait l’objet de plus de600 interprétations différentes.

Les chansons de Jacques Prévert ont fait l’objet d’interprétations multiples. Les noms cités sont ceux des versions les plus connues.

 

-  » Barbara  » (Marcel Mouloudji).
-  » Chanson dans le sang  » (Jacques Prévert).
-  » La Chasse à l’enfant  » (Marianne Oswald).
-  » Cri du coeur  » (Édith Piaf).
-  » Deux escargots s’en vont à l’enterrement «  (Les Frères Jacques).
-  » En sortant de l’école  » (Yves Montand).
-  » Et puis après je suis comme je suis « (Juliette Gréco).
-  » Les Enfants qui s’aiment  » (Juliette Gréco).
-  » Les Feuilles mortes  » (Yves Montand).
-  » Page d’écriture «  (Les Frères Jacques).
-  » La Pêche à la baleine  » (Agnès Capri).
-  » Le tendre et dangereux visage de l’amour  » (Cora Vaucaire).


Tout au long de sa vie, Prévert se lie d’amitié avec de nombreux photographes installés à Paris : Brassaï (qui a signé la photo de la couverture originale de Paroles), Eli Lotar, Dora Maar ou Man Ray dans les années 1920, puis, après la guerre, Édouard Boubat, Peter Cornelius, Robert Doisneau, Izis ou Willy Ronis. Avec certains de ces artistes, Prévert arpente Paris. De nombreux clichés témoignent de ces balades entre amis, sources d’oeuvres à quatre mains où se dévoile un amour partagé de la capitale. Entre l’écriture et la photographie, Prévert et ses amis photographes multiplient les jeux de correspondance. Le plus remarquable de ces ouvrages reste certainement Grand Bal du printemps, qui signe une collaboration exceptionnelle avec Izis. Avec tendresse et poésie, les deux artistes immortalisent le Paris des années 1950. Un visage triste, un couple heureux, une fenêtre ouverte, un chien perdu, une affiche collée sur un arbre, suscitent chez l’un un texte, chez l’autre une photo. Une complicité qu’ils renouvelleront avec bonheur avec Charme de Londres, en 1952. En 1954, Prévert travaille avec le photographe André Villers, de trente ans son cadet, à un ouvrage étonnant qui mêle les photos de Villers et les découpages de Picasso. Les textes sont de Prévert, tout comme le titre : le livre s’intitule Diurnes « parce qu’il y en a marre des nocturnes ».
En 1957, Jacques Prévert expose pour la première fois à la galerie Maeght une série de collages. Ces collages sont drôles et inventifs : une gravure ancienne voisine avec une photo de presse, une carte postale avec un cliché de Brassaï, Robert Doisneau ou Willy Ronis.  Prévert se plaît à y inclure les personnes de son entourage, sa propre photo, ou des personnalités célèbres de l’histoire ou de l’actualité (Napoléon, le pape Pie XII). Outre son rejet de l’Église et de l’armée qui reste un sujet de prédilection, le regard qu’il porte sur la réalité passe du tendre au sombre, de l’onirisme au monstrueux. Inspirés de la tradition surréaliste et d’une grande liberté formelle, les collages jouent sur le détournement d’aphorismes ou d’expressions populaires, la relecture ou la réappropriation d’images existantes. Genre artistique insolite et inclassable, le collage pratiqué par Prévert est un prolongement direct de son écriture imagée. Citations, proverbes et associations d’idées font corps avec le texte. Cette pratique qui, chez lui, donne des résultats saisissants, est sans doute l’aspect le moins connu de son oeuvre que cette exposition se propose de faire découvrir. Proche de Picasso, mais également ami de nombreux peintres célèbres ou moins connus, Prévert a écrit des dizaines de textes sur les artistes les plus divers. Il a aussi cosigné des livres d’art avec notamment Picasso, Miró, Calder, Chagall ou Max Ernst.Ouvrages

-  » Paroles  » , Éditions Le Point du Jour, 1945. Couverture de Brassaï
-  » Spectacle « , Gallimard (Point du Jour), 1951
- –  » La pluie et le beau temps « , Gallimard (Point du Jour), 1955
-  » Histoires et Autres Histoires « , Gallimard (Point du Jour), 1963
-  » Fatras « , avec 57 images composées par l’auteur, Gallimard (Point du Jour), 1966
-  » Imaginaires « , avec des reproductions en couleurs des collages de Prévert, Éditions Albert Skira, 1970
-  » Choses et Autres « , Gallimard (Point du Jour), 1972

Ouvrages collectifs-  » Contes pour enfants pas sages  » , illustré par Elsa Henriquez, Le Pré aux Clercs, 1947
-  » Des Bêtes « , avec des photos d’Ylla, Gallimard (Point du Jour), 1950
-  » Guignol « , avec des dessins d’Elsa Henriquez, La Guilde du livre, Lausanne, 1952
- –  » Grand Bal du printemps « , avec des photos d’Izis, La Guilde du livre, Lausanne, 1951
-  » Lettre des îles Baladar « , avec des dessins d’André François, Gallimard (Point du Jour), 1952
-  » L’Opéra de la Lune « , avec des dessins de Jacqueline Duhême et une musique de Christiane Verger, La Guilde du livre, Lausanne, 1953
-  » Couleur de Paris « , avec des photos de Peter Cornelius, Edita S. A., Lausanne, 1961
-  » Diurnes « , avec des découpages de Pablo Picasso et des interprétations photographiques d’André Villers, Berggruen, 1962
-  » Les chiens ont soif « , avec des lithographies et des eaux-fortes de Max Ernst, Au pont des Arts, 1964
-  » Fêtes « , avec des reproductions en couleurs d’oeuvres d’Alexander Calder, Maeght, 1971
-  » Hebdromadaires « , entretiens avec André Pozner, Guy Authier, 1972
-  » Adonides « , avec gravures en couleurs et gaufrages de Miró, Maeght, 1978Recueils posthumes

-  » Soleil de nuit, «  sous la direction d’Arnaud Laster, Gallimard, 1980
-  » La Cinquième Saison  » , sous la direction d’Arnaud Laster et Danièle Gasiglia-Laster, avec la contribution de Janine Prévert, Gallimard, 1984
-  » Octobre  » – sketches et choeurs parlés pour le groupe Octobre (1932-1936), textes réunis et commentés par André Heinrich, Gallimard, 2007Chronologie de Jacques Prévert 1900 : naissance de Jacques Prévert le 4 février à Neuilly-sur-Seine.
1915 : Prévert quitte l’école et exerce divers petits métiers.
1924 : installation à Montparnasse dans la maison louée par Marcel Duhamel, 54, rue du Château. L’adresse devient le rendez-vous des surréalistes.
1930 : parution dans des revues des premiers textes de Prévert et rupture avec le mouvement surréaliste.
1932 : Prévert rejoint le groupe Octobre, troupe théâtrale d’agit-prop avec divers amis, dont Raymond Bussières, Jean-Louis Barrault et Maurice Baquet.
1935 : scénariste et dialoguiste du film de Jean Renoir,  » Le Crime de M. Lange  »
1937 :  » Drôle de drame «  de Marcel Carné.
1938 :  » Le Quai des brumes «  de Marcel Carné.
1939 :  » Le jour se lève  » de Marcel Carné.
1941 :  » Les Visiteurs du soir  » de Marcel Carné.
1944 :  » Les Enfants du paradis  » de Marcel Carné.
1945 : dernier film du duo Prévert-Carné,  » Les Portes de la nuit « .
1946 : publication de  » Paroles « .
1946 :  » Les Feuilles mortes  » (texte mis en musique par Joseph Kosma).
1950 :  » La Bergère et le Ramoneur « , dessin animé coécrit avec Paul Grimault. Celui-ci reprendra ce travail en 1979 pour  » Le Roi et l’Oiseau « .
1951 : publication de l’ouvrage  » Grand Bal du printemps «  en collaboration avec Izis.
1957 : exposition de soixante collages de Prévert à la galerie Maeght à Paris.
1966 : publication de  » Fatras «  accompagné de collages de l’auteur.
1972 : publication de son dernier recueil,  » Choses et autres « .
1977 : Jacques Prévert s’éteint le 11 avril.

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