Ara Güler – Lost Istanbul – Maison Européenne de la Photographie – Paris – 9 Septembre au 11 Octobre 2009

 Ara Güler - Lost Istanbul - Maison Européenne de la Photographie - Paris - 9 Septembre au 11 Octobre 2009 dans EXPOSITIONS arton659

Crédit Photo: © Ara Güler

La réputation d’Ara Güler le précède; véritable célébrité à Istanbul, il inspire respect et curiosité. Seigneur de la trempe des grands reporters d’autrefois, homme du monde, galant et affable, il est conscient d’être l’un des grands témoins de son époque. Après avoir fait plusieurs fois le tour du monde et laissé son empreinte sur chaque pierre de Turquie, Ara Güler n’aime plus voyager aujourd’hui, mais il voyage chez lui grâce à ses visiteurs du monde entier.
 

 20_ara_guler_11 dans EXPOSITIONS

Crédit Photo: © Ara Güler

À la fin des années 1940, il termine, selon les vœux de sa famille, ses études d’économie à l’Université d’Istanbul, tout en hésitant entre le théâtre, la peinture et le cinéma. Il commence parallèlement à faire de la photographie, sans imaginer en faire son métier.

 

Crédit Photo: © Ara Güler

« Ce qui n’était qu’un jeu gratuit au départ devait me réserver la plus grande satisfaction de ma vie : la découverte d’un langage, d’un moyen d’expression que l’on a longtemps côtoyé tout en ignorant les richesses et, qui plus est, la certitude de pouvoir s’exprimer par ce moyen. La confiance me revenait avec l’espoir d’avoir trouvé peut être ma voie en dehors des affaires… « (1) écrit-il dans la revue Camera à Roméo Martinez, en 1962.
 

1950galatasaraymeydanijx4

Crédit Photo: © Ara Güler

En 1948, à vingt ans, Ara Güler collabore, en tant que journaliste, au quotidien Yeni Istanbul, puis au magazine Hayat comme photographe. Au début des années 50, la Turquie, comme le reste de la Méditerranée, entre dans une phase de transition profonde.

 

Crédit Photo: © Ara Güler

Ara Güler photographie Istanbul, la Turquie, l’Anatolie, les sites archéologiques, les ruines d’Aphrodisias, les villages… Il appartient à la génération de photographes turcs qui ont joué un rôle capital dans la reconnaissance de leur pays à l’étranger.
 

035

Crédit Photo: © Ara Güler

Ara Güler devient également correspondant pour des titres étrangers comme société turque. On ressent d’ailleurs dans les images des années 50 et 60 la profonde nostalgie qui animait déjà Ara Güler à l’époque. Dans Istanbul. Souvenirs d’une ville(3) où des photos d’archive accompagnent les souvenirs d’enfance d’Orhan Pamuk, ce dernier parle de hüzün, mot d’origine arabe qui signifie à la fois mélancolie et tristesse, selon lui le « sentiment le plus fort et le plus permanent de l’Istanbul de ces derniers siècles ». Cet Istanbul, nocturne et brumeux, évoque le Valparaiso envoûtant de Serge Larrain.

 

20_ara_guler_13

Crédit Photo: © Ara Güler

En résulte une vision de la ville qui brille non des fastueux vestiges de l’Empire Ottoman, mais d’une autre lumière, celle des pavés luisants sous la pluie, des réverbères allumés à la tombée de la nuit, des phares de voitures qui remontent vers Beyoglu et des ferries s’éloignant dans le brouillard le long du Bosphore.

 

20_ara_guler_6

Crédit Photo: © Ara Güler

L’univers d’Ara Güler, étonnant conteur, est riche de références issues de la littérature, de la peinture et du cinéma, d’où viennent la plupart de ses amis.  » Notre monde a été créé par des artistes, je les ai cherchés partout et photographiés « (4).

 

kacak-albums-ara-guler-picture83-ara41

Crédit Photo: © Ara Güler

Les beaux portraits de Chagall, Calder, Bill Brandt, Orson Welles, Elia Kazan, Fellini, Bertrand Russel, Yasar Kemal, Orhan Pamuk, présents dans les archives avec des centaines d’autres artistes et intellectuels, révèlent un autre aspect de son travail et de son talent.
 

20_ara_guler_1

Crédit Photo: © Ara Güler

Si l’œuvre d’Ara Güler s’inscrit dans la grande tradition humaniste, son réalisme poétique lui confère une force et une singularité particulières. Ses images ne sont pas seulement une documentation historique sur Istanbul.

 

20_ara_guler_7

Crédit Photo: © Ara Güler

 En effet, ses clichés de la ville habitée par la mélancolie, ses portraits d’une présence surprenante l’imposent comme une des figures majeures de la photographie du siècle dernier.

 

20_ara_guler_9

Crédit Photo: © Ara Güler

Aujourd’hui, Ara Güler se voue à transmettre le message de son « Istanbul perdu » à travers les livres et les expositions qu’on ne finit pas de lui consacrer. Depuis l’Ara Café (café installé au rez-de-chaussée de la maison où il a grandi), il regarde, amusé, le monde s’agiter autour de lui, les visiteurs se succéder et sa notoriété prospérer. Source Texte: Laura Serani, Commissaire de l’exposition. 


20_ara_guler_12

Crédit Photo: © Ara Güler

(1) Camera numéro 2, Paris, 1962
(2) Jimmy Fox, ancien Rédacteur en chef de Magnum Photos de 1974 à 2000. Hommage à Ara Güler pour son 70e anniversaire, publié par Ilker Maga. « Edition.M » Istanbul.
(3) Istanbul. Souvenirs d’une ville d’Orhan Pamuk. Gallimard 2003
(4) Le photographe d’Istanbul, Ara Güler. Un film de Erdal Buldun et A.Özdil
Savasci
 

Biographie d’Ara Güler

Ara Güler (16 août 1928, Istanbul) est un photographe photojournaliste turc d’origine arménienne.

Élevé dans un milieu d’artistes, Ara Güler débute sa carrière de journaliste en 1950 au journal Yeni Istanbul, alors qu’il est étudiant en économie. En 1958, lorsque Time ouvrit un bureau en Turquie, Güler fut le premier correspondant au Proche-Orient pour ce magazine.

Dans les années 1960, il publia pour les magazines les plus célèbres tels Stern, Paris-Match ou The Sunday Times.

Par ses rencontres avec Henri Cartier-Bresson et Marc Riboud, il fut encouragé à rejoindre l’Agence Magnum qu’il quitta quelques années plus tard.

En 1961, il fut accepté comme le seul membre turc de l’American Society for Media Photographers.

Güler est allé photographier dans de très nombreux pays autour du monde, tels l’Iran, le Kazakhstan, l’Inde, le Kenya, la Nouvelle-Guinée ou Bornéo. mais il a surtout photographié en profondeur la Turquie son pays d’origine et principalement Istanbul. A tel point qu’il est surnommé l’oeil d’Istanbul.

Güler est aussi un photographe portraitiste, qui a saisi les personnalités les plus diverses, de Winston Churchill à Ansel Adams en passant par Bertrand Russell ou Pablo Picasso.

 

Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

- Lost Istanbul – Maison Européenne de la Photographie – 5 à 7 Rue de Fourcy – 75004 Paris – Tél: 01.44.78.75.00 – Métro: Saint-Paul, Ligne 1 ou Pont-Marie, Ligne 7 - Parkings publics: Parc Baudoyer, Parc Pont-Marie, Parc Lobau ( Un stationnement est réservé aux visiteurs handicapés moteur devant le 2 rue de Jouy ) – Du 9 Septembre au 11 Octobre 2009 – Ouvert tous les jours de 11 heures à 20 heures, sauf les lundis, mardis et jours fériés. Accès à la billetterie jusqu’à 19 heures 30 - Tarifs: Plein 6.50€, Réduit, 3.50€ – Plus de 60 ans, famille nombreuse, étudiant, enseignant, demandeur d’emploi, bénéficiaire de l’aide sociale et du RMI, Maison des artistes, les abonnés des lieux partenaires. Gratuité aux moins de 8 ans en individuel, personne handicapée , accompagnateur de groupe, personnel de la Ville de Paris, carte presse et tous les mercredis dans la tranche horaire 17 à 20 heures. 

A lire:

a-redim300-eb56e

 Istanbul · Ara Güler est un témoignage photographique sur la vie quotidienne de la capitale culturelle turque des années 1940 aux années 1980. Les sujets choisis par l’artiste reflètent, avec un esthétisme poétique et sensible, l’oscillation entre tradition et modernité de cette ville, carrefour de l’Europe et de l’Asie, qui fut autrefois Byzance, puis Constantinople. Ces remarquables photographies en noir et blanc sont accompagnés d’un texte inédit d’Orhan Pamuk, autre grande figure de la culture turque. Nés tous deux à Istanbul, les deux hommes, dans leur jeunesse, voulaient devenir peintre. Et, chacun à leur manière, ils dépeignent ici leur ville natale et capturent, par l’image ou par les mots, son âme mélancolique. - Istanbul par Ara Güler & Orhan Pamuk aux éditions du Pacifique – 184 pages – 35€

 

aa-3-0466b

 

Alors étudiant en économie, Ara Güler débute sa carrière de journaliste en 1950 au journal Yeni Istanbul. En 1958, le Time ouvre un bureau en Turquie et Güler devient le premier correspondant de ce magazine au Proche-Orient. Par la suite, il publie pour les magazines les plus célèbres tels Stern, Paris-Match ou le Sunday Times, et devient en 1961 le seul membre turc de l’American Society for Media Photographers. Güler a travaillé dans de nombreux pays autour du monde, du Kazakhstan à la Nouvelle- Guinée en passant par l’Iran, l’Inde, le Kenya… mais il a surtout photographié en profondeur la Turquie, et principalement Istanbul, à tel point qu’il est surnommé l’oeil d’Istanbul. Cet ouvrage est publié à l’occasion de la Saison de la Turquie en France (2009), avec le soutien de Culturesfrance, de la Maison Européenne de la Photographie et de la Ville de Paris

- Ara Güler, Photographe par lui-même aux éditions de l’Oeil - 5.50€

A regarder aussi:

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

Missak Manouchian, les Arméniens dans la Résistance en France – Mairie du 4e – Paris – Du 14 au 26 Septembre 2009

Missak Manouchian, les Arméniens dans la Résistance en France - Mairie du 4e - Paris - Du 14 au 26 Septembre 2009 dans EXPOSITIONS 

L’exposition retrace les actions de la résistance arménienne en France en replaçant dans le contexte national et international Missak et Mélinée Manouchian, la Deuxième Guerre mondiale et l’engagement des Arméniens dans la Résistance en France, les Arméniens dans la Libération de Paris et du pays, la résistance arménienne saluée par la poésie et les lieux de mémoire. Cette exposition rassemble des documents exceptionnels et inédits (films d’archives, lettres de fusillés, photographies, interviews) et rend hommage à l’implication profonde des Arméniens dans le combat pour la libération de la France, leur pays d’accueil.

 

Biographie de Missak Manouchian

180px-Bundesarchiv_Bild_146-1983-077-09A%2C_Franz%C3%B6sischer_Widerstandsk%C3%A4mpfer dans EXPOSITIONS

 Missak Manouchian ou Michel Manouchian, est un militant communiste de la MOI et commissaire militaire des FTP-MOI de la région parisienne, né le 1er septembre 1906 à Adıyaman, dans l’actuelle Turquie, et mort le 21 février 1944, fusillé au fort du Mont-Valérien.

Missak Manouchian est né dans une famille de paysans arméniens du village d’Adıyaman en Turquie. Enfant, il perd son père, probablement tué par des militaires turcs lors du génocide arménien. Sa mère meurt quelque temps après, victime de la famine qui suivit. Il est alors recueilli, avec son frère Karabet, dans un orphelinat du protectorat français de Syrie. En 1925, ils débarquent à Marseille où Missak exerce le métier de menuisier qu’il a appris à l’orphelinat. Puis les deux frères décident d’aller à Paris, mais Karabet tombe malade. Missak se fait alors embaucher aux usines Citroën comme tourneur, afin de subvenir à leurs besoins. Karabet décède en 1927 et Missak est licencié au moment de la grande crise économique du début des années 1930. Il gagne alors sa vie en posant pour des sculpteurs. Missak écrit des poèmes et, avec son ami arménien Semma, il fonde deux revues littéraires, Tchank (l’Effort) et Machagouyt (Culture), où ils publient des articles concernant la littérature française et arménienne ; ils traduisent Baudelaire, Verlaine et Rimbaud en arménien. À la même époque, Missak et Semma s’inscrivent à la Sorbonne comme auditeurs libres et y suivent des cours de littérature, de philosophie, d’économie politique et d’histoire.

 

 20_manouchian22

 

En 1934, Missak adhère au parti communiste. En 1935, il est élu secrétaire du Comité de Secours pour l’Arménie (HOC) qui relève en fait de la MOI (main d’œuvre immigrée). Il devient alors un militant permanent. C’est là qu’en 1935 il rencontre Mélinée qui deviendra sa compagne. À la même époque, il est également responsable du journal Zangou (nom d’un fleuve arménien).

Au moment de la guerre de 1939-1940, il semble qu’en tant qu’étranger, il ait été affecté dans une usine de la région de Rouen, en qualité de tourneur. Mais rentré à Paris, après la défaite de juin 1940, il reprend ses activités militantes, devenues illégales puisque le parti communiste est interdit depuis septembre 1939. Il est arrêté au cours d’une rafle anticommuniste avant le 22 juin 1941, date de l’invasion de l’URSS par les Allemands. Interné au camp de Compiègne, il est libéré au bout de quelques semaines, aucune charge n’étant retenue contre lui.

Il devient alors responsable politique de la section arménienne clandestine de la MOI dont on ne connaît guère l’activité jusqu’en 1943. En février 1943, Manouchian est versé dans les FTP-MOI, groupe des Francs-tireurs et partisans – Main-d’œuvre immigrée de Paris : il s’agit de groupes armés constitués en avril 1942 sous la direction du Juif bessarabien Boris Holban. Le premier détachement où il est affecté comporte essentiellement des Juifs roumains et hongrois et quelques Arméniens. Le 17 mars, il participe à sa première action armée, à Levallois-Perret, mais son indiscipline lui vaut un blâme et une mise à l’écart.

En juillet 1943, il devient commissaire technique des FTP-MOI parisiens puis en août, il est nommé commissaire militaire, à la place de Boris Holban qui avait été démis de ses fonctions pour raisons disciplinaires. Joseph Epstein, responsable d’un autre groupe de FTP-MOI, était devenu le responsable de l’ensemble des Francs-tireurs et partisans de la région parisienne. Il est donc le supérieur hiérarchique de Manouchian qui, lui-même, a sous ses ordres trois détachements, soit au total une cinquantaine de militants. On doit mettre à son actif l’exécution (par Marcel Rayman, Léo Kneler et Celestino Alfonso), le 28 septembre 1943, du général Julius Ritter, adjoint pour la France de Fritz Sauckel, responsable de la mobilisation de la main-d’œuvre (STO) dans l’Europe occupée par les nazis. Les groupes de Manouchian accomplissent près de trente opérations en plein Paris d’août à la mi-novembre 1943.

La Brigade spéciale n° 2 des Renseignements généraux avait réussi deux coups de filet en mars et juillet 1943. À partir de là, elle put mener à bien une vaste filature qui aboutit au démantèlement complet des FTP-MOI parisiens à la mi-novembre avec 68 arrestations dont celles de Manouchian et Joseph Epstein. Au matin du 16 novembre 1943, Manouchian est arrêté en gare d’Évry Petit-Bourg. Sa compagne Mélinée parvient à échapper à la police. Missak Manouchian, torturé, et vingt-trois de ses camarades sont livrés aux Allemands de la Geheime Feldpolizei (GFP) qui exploitent l’affaire à des fins de propagande.

 

400px-Affiche_rouge

 

La fameuse Affiche rouge, éditée par les Allemands et placardée à 15 000 exemplaires, présente Manouchian en ces termes : «  Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés ».
Mais l’affaire de l’Affiche rouge, placardée sur les murs de Paris par l’ennemi, produit l’effet contraire à celui escompté : pour toute la Résistance, elle devient l’emblème du martyre. Les soutiens de sympathisants se multiplient.

Les vingt-deux hommes sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944. Olga Bancic est décapitée à la prison de Stuttgart le 10 mai 1944.

 

 

 

Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

- Mairie du 4e – 2, Place Baudoyer – 75004 Paris – Salle Jean Mouly, Rez de chaussée, fond de cour – Du 14 au 26 Septembre 2009 – Lundi au Vendredi de 11h à 18h  (19h le Jeudi), Samedi 10h à 12h  et 14h à 17h, fermeture le dimanche – Tarif: Entrée libre.

 

A voir aussi:

 

Aug_20090803_09_27_58

 

Dans Paris occupé par les Allemands, l’ouvrier poète Missak Manouchian prend la tête d’un groupe de très jeunes juifs, Hongrois, Polonais, Roumains, Espagnols, Italiens, Arméniens, déterminés à combattre pour libérer la France qu’ils aiment, celle des Droits de l’Homme. Dans la clandestinité, au péril de leur vie, ils deviennent des héros. Les attentats de ces partisans étrangers vont harceler les nazis et les collaborateurs. Alors, la police française va se déchaîner, multiplier ses effectifs, utiliser filatures, dénonciations, chantages, tortures…

 

Image de prévisualisation YouTube

Vingt-deux hommes et une femme seront condamnés à mort en février 1944. Dans une ultime opération de propagande, ils seront présentés comme une Armée du crime, leurs visages en médaillon sur un fond rouge placardés sur les murs de toutes les villes du pays. Ces immigrés, morts pour la France, entrent dans la légende. C’est cette belle et tragique histoire que raconte le film. - L’Armée du Crime – Durée: 2h19 – Un film de Robert Guédiguian avec Simon Abkarian, Virginie Ledoyen, Ariane Ascaride et Jean-pierre Darroussin – Sortie Nationale le 16 Septembre 2009.

 

A lire aussi:

 

 arton14331-8ac20

 

Arménien, résistant, Manouchian eut une vie qui ne se limitait pas à L’affiche rouge. Didier Daeninckx nous offre ici une histoire dans l’Histoire et le portrait bouleversant d’un héros qui jusqu’à la mort resta follement amoureux de la vie.

21 février 1944. A quelques heures de son exécution par les Allemands, Missak Manouchian écrit une lettre bouleversante à sa femme Mélinée. Janvier 1955. Louis Dragère, journaliste à L’Humanité, est missionné par le parti communiste pour retracer le parcours de ce héros de la Résistance à Paris. C’est ainsi qu’il exhume l’ultime lettre de ce communiste arménien engagé, qui contient de nombreux points de suspension, preuves d’une curieuse censure.
De rencontres en découvertes d’archives inédites, Dragère comble les blancs au fur et à mesure d’une enquête passionnante où se croisent Jacques Duclos, Louis Aragon, l’ancien chef des Francs-tireurs et partisans Charles Tillon, le peintre Krikor Bedikian ou encore Henri Krasucki. Et se dessine peu à peu le profil étonnant d’un homme bien éloigné de l’image véhiculée par l’Affiche rouge.
Daeninckx joue à la frontière ténue qui sépare le romancier de l’historien. Il signe ici le premier livre consacré à la mémoire d’un personnage encore trop peu honoré, Missak Manouchian, héros d’une population immigrée engagée dans la Résistance.

Didier Daeninckx a fait irruption dans les librairies en 1984 avec Meurtres pour mémoire. Depuis, il a signé une quarantaine de romans et de recueils de nouvelles. Il a aussi écrit des ouvrages en collaboration avec Willy Ronis, Tardi, Mako ou Tignous.

- Missak par Didier Daeninckx aux éditions Perrin – 300 pages – 17€

 

img_pres_long_2609

 

Ils étaient jeunes, à peine sortis de l’adolescence, beaux, courageux bien sûr, et juifs pour la plupart. Ils étaient vingt-trois et vingt-deux d’entre eux furent fusillés par les nazis le 21 février 1944 au mont Valérien, tandis que la seule femme du groupe, Olga Bancic, sera décapitée quelques mois plus tard à Stuttgart. L’affiche aux couleurs de sang, placardée sur les murs de France par la propagande allemande, montrait leurs visages torturés et les stigmatisait comme une repoussante « armée du crime ». De leur combat héroïque, Aragon fit un poème chanté par Léo Ferré. Un mythe était né. Ce récit superbe évoque le monde d’où ils venaient : le 11e arrondissement de Paris, quartier populaire juif et rouge, les bals du 14-Juillet, les jeunesses communistes, le yiddish qu’ils apprenaient après l’école. Et surtout la France qu’ils aimaient tant. Immigrés certes, étrangers évidemment, mais français, très français, comme plus personne n’ose l’être aujourd’hui.

En veilleur inlassable doublé d’un essayiste brillant, Benoît Rayski, dont le père dirigeait la section politique des FTP-MOI, l’organisation militaire du Parti communiste pour les étrangers, ressuscite, le temps d’un livre, ce monde englouti, bouleversant de chaleur et de générosité. Un voyage qui permet de capter un peu de la lumière qui illuminait les vingt-trois de l’Affiche rouge.

- L’affiche rouge par Benoît Rayski aux éditions Denoël – 13€

arton13922-a27d3

 

« J’avais depuis longtemps le désir de réaliser un film sur un héros, un vrai, si possible mort jeune et beau, quand j’appris l’histoire de Thomas Eleck, dit Tommy, un lycéen parisien, Juif hongrois, qui combattit le nazisme aux côtés du groupe Manouchian, et figura sur la fameuse Affiche rouge. En découvrant Gabriel, un adolescent d’aujourd’hui lui ressemblant comme un frère, je crus tenir le comédien idéal pour incarner Tommy, soixante ans plus tard.

J’étais loin de me douter qu’au fil du tournage se nouerait entre le défunt et son interprète une intrigue bouleversante, invisible à l’écran. Ce roman secret que je suis encore seul à connaître, le voici. » Alain Blottière.

- Le tombeau de Tommy par Alain Blottière aux éditions Gallimard – 224 pages - 16.50€

Photos Passion |
stella-x-hudgens |
laeticia972et77 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Captures d'écrans de la gui...
| harleyquinn
| Snow et rando en montagne