Paris d’Antan – 9ème partie

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Métropolitain – Ligne 6 – Boulevard Pasteur vers 1910

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Muséum d’histoire naturelle – Jardins des Plantes vers 1910

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Impasse des Trois-Soeurs vers 1910

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Fontaine Saint-Michel vers 1910

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Eglise Saint-Julien le Pauvre vers 1910

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Boulevard Edgar-Quinet vers 1910

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L’Assemblée Nationale ( Chambre des Députés) vers 1910

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Hôtel Lamoignon au coin des Rues Pavée et des Francs-Bourgeois vers 1900

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Angle Rue des Dunes et Avenue Simon Bolivar vers 1935

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Rue Geoffroy Marie vers 1910

 

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 

Voir aussi:

- Paris d’Antan – Partie 8. 

- Paris d’Antan – Partie 7. 

- Paris d’Antan - Partie 6.

- Paris d’Antan – Partie 5.

- Paris d’Antan – Partie 4.

- Paris d’Antan – Partie 3.

- Paris d’Antan – Partie 2.

- Paris d’Antan – Partie 1. 

Fête des Vendanges de Montmartre 2009 – Paris – 7 au 11 Octobre 2009

Fête des Vendanges de Montmartre 2009 - Paris - 7 au 11 Octobre 2009 dans Evenementiel 

 

Evénement unique à Paris, la Fête des Vendanges de Montmartre attire chaque année près de 350 000 personnes. Cette fête est bien sûr celle du vin et du goût avec ses grands rendez-vous traditionnels mais depuis trois ans, elle aussi celle d’une autre culture…

 

  dans Evenementiel

 

Cette année « Montmartre fête les Trois Baudets », en hommage à Jacques Canetti, le fondateur de la salle mythique et immense directeur artistique qui a lancé Brel, Brassens, Gainsbourg… L’occasion de célébrer le renouveau de ce lieu pilote de la chanson francophone depuis février dernier.

 

 

 

Sous le parrainage d’un grand admirateur de Jacques Canetti, Charles Aznavour, et d’une amoureuse de Montmartre, Anaïs, nous retracerons, à travers des expositions, des concerts, des balades, des chorales, une université Canetti, le parcours d’exception du créateur du Théâtre des Trois Baudets.

 

 

 

Comme toujours, l’esprit d’entraide soufflera sur les pentes de Montmartre grâce à l’action du Comité des Fêtes et d’Actions Sociales du 18e qui reversera les bénéfices de la vente des 1 500 bouteilles de la cuvée de la vigne du Clos Montmartre au profit des oeuvres sociales du 18e arrondissement.

 

 

 

Devenus aujourd’hui incontournables, les 3 grands rendez-vous de la Fête des Vendanges de Montmartre nous feront encore rêver. Venus de toute la France et au-delà de nos frontières, 1500 participants seront là pour le Ban des Vendanges et le Grand Défilé des confréries, auquel se joindront les petits trains des fanfares et des quartiers du 18e, rendant un hommage haut en couleurs au vin et à la vigne du Clos Montmartre.

 

 
 

Le feu d’artifice sera encore là pour nous éblouir. Une création pyromusicale en hommage à Jacques Canetti avec des archives sonores inédites, un moment de féérie. Pour clôturer ces 5 jours de fête, les amoureux se retrouveront place des Abbesses, près du mur des je t’aime, où Daniel Vaillant, maire du 18e, sera présent pour la désormais célèbre cérémonie des non-demandes en mariage et déclarera officiellement les couples qui le souhaiteront « Fiancés pour l’éternité».

 

 

 

Nous aurons la chance d’accueillir sur scène des artistes a signé par Canetti, qui sont heureux de pouvoir lui dire « Merci Monsieur Canetti » comme Anne Sylvestre ou Magali Noël.
 

 

Nous recevrons aussi des artistes trop jeunes pour avoir travaillé avec lui, mais qui admirent l’homme: François Morel, Anne Roumanoff, La Grande Sophie, Jeanne Cherhal, Clarika, Oxmo Puccino, Féfé et d’autres surprises.
 

 

Les jeunes talents, chers à Canetti, seront particulièrement mis en avant dans cette édition, sur la scène du Trianon ou celle des Trois Baudets, et aussi dans les apéros-découverte. Nos coups de coeur sont Carmen Maria Vega, Madjo, Karimouche, Koumekiam, Bob Godin, Twin Twin et DJ Jonah.

 

 

 

Le Parcours du Goût et ses différents villages sera cette année plus varié qu’il ne l’a jamais été, 1200m² et plus de 120 stands autour du Sacré- Coeur, avec les Villages des Régions, du Monde et de l’Eau. Autre étape incontournable de ce parcours : l’Ecole du Goût, proposée par Metro Cash & Carry France, partenaire officiel de la Fête des Vendanges. Un paradis de la découverte, ludique et pédagogique, avec des ateliers tous gratuits !

 

 
Nouveautés 2009 à ne pas manquer : les visites gratuites de la vigne de Montmartre ! Le Parcours du Vin Blanc à la Goutte d’Or avec le cru Viré-Clessé renouera avec la tradition viticole oubliée de ce quartier, dont le vignoble produisait un vin blanc doré qu’affectionnait le Roi Saint-Louis.

 

 

 

La Fête des Vendanges de Montmartre, c’est aussi bien sûr celle des enfants. Le Grand Bal des P’tits Poulbots à la mairie du 18e sera cette année animé par les Z’Imbert et Moreau. Les enfants du quartier de La Chapelle rendront un hommage particulier au grand Boris Vian avec une création scénique autour de Zaza Fournier pour interpréter « Mon Abécédaire en musique ». La grande chorale des enfants des écoles du 18e nous fera partager la belle aventure musicale des chanteurs des Trois Baudets.

 

 

 

Pour en savoir plus sur cet évènement: Fête des Vendanges 2009

 

 

 

Historique des Vignes de Montmartre

A la fin du XVème siècle, ruinées par les guerres, les Dames de Montmartre sont contraintes de vendre leurs terrains. Vignerons et laboureurs s’installent donc et cultivent de beaux vignobles : le Sacalie, la célèbre Goutte d’Or, le Clos Berthaud, la Sauvageonne, la Vigne de Bel-Air. 

En 1576, la bourgeoisie marchande mène une grande offensive pour réduire le nombre des tavernes dans la capitale : les vins sont notamment soumis à des droits d’octroi pour entrer dans Paris et l’habitude s’instaure de franchir les enceintes de la ville pour boire. Guinguettes et cabarets fleurissent alors sur la Butte au fil des ans.

 

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Avec l’annexion de Montmartre à Paris en 1860, les vignobles disparaissent peu à peu. Gérard de Nerval veut en 1854 acheter la dernière vigne. En 1910, on peut encore voir deux treilles du vignoble de Montmartre rues Damrémont et Lepic.

En 1929, le peintre Francisque Poulbot et quelques amis écrivains et artistes sauvent de l’expansion immobilière un terrain municipal en y plantant quelques ceps de vigne. En 1933, on poursuit la plantation avec plus de trois mille plants de Thomery et trois plans de Morgon.

L’année suivante commence la traditionnelle fête des vendanges qui se poursuit chaque année. Sont invités des vedettes, les notables de Montmartre, mais aussi les délégations des provinces françaises,et les chevaliers du taste-vin de toutes régions.pour fêter « le Clos Montmartre » aujourd’hui seul vrai vignoble de Paris.

 

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 

 

 

A regarder aussi:

 

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A lire aussi:

 

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Francisque Poulbot (1879-1946) s’est installé dans le « maquis » de Montmartre à son retour de service militaire en 1901, et ne l’a plus quitté. Artiste protéiforme, il s’est rendu célèbre en créant le personnage du gosse montmartrois, frondeur et sensible en dépit de sa misère. Sa renommée s’est étendue lorsqu’il s’est engagé dans les combats pour la sauvegarde de la Butte et de son esprit qu’il a incarné pendant un demi-siècle. Il est devenu un symbole. A travers la vie et l’oeuvre de cet arpenteur infatigable, et les portraits de ses nombreux et talentueux amis, nous découvrons les charmes et les secrets du Montmartre de légende.

- Poulbot, gosse de Montmartre par Jean-Marc Tarrit aux éditions Magellan et Cie – 148 pages – 20€

Willy Ronis – Hôtel de ville – Joinville-le-Pont

Willy Ronis - Hôtel de ville - Joinville-le-Pont dans EXPOSITIONS deena_bg

Nu à la fenêtre, Paris – 1955 - Crédit Photo: © Willy Ronis

 

Fringant du haut de ses 98 printemps, bien que cloué dans son fauteuil roulant, Willy Ronis, l’un des plus grands photographes humanistes avec Robert Doisneau ou Edouard Boubat (…), était présent hier soir pour inaugurer une rétrospective de son oeuvre présentée à la mairie de Joinville.

 

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Pluie place Vendôme, Paris – 1947 - Crédit Photo: © Willy Ronis

 

« Vous l’avez vu, ces photos ne sont pas des photos-chocs, lance-t-il à la cantonade, ce sont simplement des photos de piétons qui regardaient autour d’eux avec un oeil amical. Cela a été un honneur de photographier mes contemporains. »

 

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Carrefour Sèvres-Babylone, Paris 1959 - Crédit Photo: © Willy Ronis

 

Accrochés dans la grande salle des fêtes de la mairie, différents clichés, puisés dans « mes soixante-quinze ans de photo » précise l’artiste, révèlent tous une ambiance différente mais toujours poignante.

 

 

 

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Venise – 1959 - Crédit Photo: © Willy Ronis

 

« Et si certaines photos vous posent des problèmes, n’hésitez pas à me demander, je vous en dévoilerai les secrets avec grand plaisir », a souri Willy Ronis pour conclure son court discours devant une foule de plusieurs centaines de personnes.

 

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Crédit Photo: © Willy Ronis
A partir d’aujourd’hui et jusqu’au 23 mai, le public pourra ainsi découvrir ou redécouvrir 63 clichés pris de 1936 à 1998 en France et à l’étranger.

 

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Paris – 1952 – Crédit Photo: © Willy Ronis

 

Au programme : des photos très connues comme « les Amoureux de la Bastille », « le Nu provençal », « la Péniche aux enfants » (…), accompagnées d’un texte racontant les circonstances de la prise de vue.

 

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Rue Muller – Crédit Photo: © Willy Ronis

 

 

« Ce sont souvent de petites histoires qui croquent un moment de vie et qui sont de véritables témoignages sur son époque », explique un fan du photographe.

 

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Aubagne – 1947 - Crédit Photo: © Willy Ronis

 

 

Des représentants de la municipalité se sont même rendus chez lui à Paris pour lui parler de la présentation de l’exposition.

 

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Crédit Photo: © Willy Ronis

 

 

De l’avis de l’un d’entre eux, ils ont rencontré « un homme adorable, très courtois et sensible ».

 

Amoureux de la Colonne Bastille, Paris – 1957 - Crédit Photo: © Willy Ronis

 

 

L’exposition ne serait pas complète sans des clichés des bords de Marne qui ont beaucoup inspiré l’artiste à ses débuts, en témoignent les « Chez Maxe » (1947), une ancienne guinguette de Joinville, « Créteil vue du pont » (1961)…

 

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Crédit Photo: © Willy Ronis

 

 

« La Partie de tarot » a été prise à Nogent en 1991, à l’époque où sa femme, Marie-Anne, était hospitalisée à la Maison des artistes, située à Nogent.

 

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Crédit Photo: © Willy Ronis

 

 

En 2004, le conseil général du Val-de-Marne avait organisé une exposition réunissant tous les clichés pris sur les bords de Marne à Champigny.

 

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Crédit Photo: © Willy Ronis

 

 

Originalité de la rétrospective : quelques amis de Willy Ronis, parmi lesquels les photographes Janine Niepce, décédée en 2007, Denis Brihat, Ralph Gibson, le cinéaste Patrice Noia (…), ont accepté de donner leur avis sur certains clichés qu’ils aimaient.

 

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Crédit Photo: © Willy Ronis

 

 

Ces commentaires sont des textes inédits. A voir absolument.

 

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Rue Rambuteau – 1956 - Crédit Photo: © Willy Ronis

 

 

 

Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

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Crédit Photo: © Willy Ronis
Hôtel de ville – 23, Rue de Paris – 94340 Joinville-le-Pont – du 29 Avril au 23 Mai 2009 - Salle des fêtes de l’hôtel de ville – Tarif: Entrée libre.

 

 

 

 

 

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Vigneron Girondin, Cavignac – 1945 - Crédit Photo: © Willy Ronis

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Crédit Photo: © Willy Ronis

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Crédit Photo: © Willy Ronis

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Vincent, Aéromodéliste, Gordes – 1949 - Crédit Photo: © Willy Ronisvincentsleeping_bgCrédit Photo: © Willy Ronistoschool_bg

Crédit Photo: © Willy Ronis

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Ménilmontant – 1959 - Crédit Photo: © Willy Ronis

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La Ciotat – 1947 - Crédit Photo: © Willy Ronis

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Crédit Photo: © Willy Ronis

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Avenue Simon Bolivar, Paris – 1949 - Crédit Photo: © Willy Ronis

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Chez Victor, bistrot guinguette, impasse Compans à Belleville, Paris – 1955 - Crédit Photo: © Willy Ronis

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Crédit Photo: © Willy Ronis

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Crédit Photo: © Willy Ronis

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Rue Laurence Savart, 1948 - Crédit Photo: © Willy Ronis

 

Biographie de Willy Ronis

 

Willy Ronis est né en 1910, dans le 9e arrondissement de Paris. Sa mère, juive lituanienne, et son père, juif ukrainien, sont venus en France pour fuir les pogroms. Ils sont tous deux mélomanes, et elle est pianiste. Son père, ouvrier retoucheur dans un studio photo, ouvre son propre studio boulevard Voltaire. L’exposition s’ouvre sur un portrait agrandi de Willy bébé.Willy Ronis a 16 ans quand son père lui offre un appareil photo, un Kodak 6,5 x 11 cm. Sa première photo de Paris est une photo de la Tour Eiffel. Mais sa première vocation d’être musicien. Il rêve d’être compositeur. Il réalise quelques autoportraits. Sur l’un, il pose avec son Kodak, sur l’autre avec son violon.Le jeune Willy commence des études de droit qui ne le passionnent pas. Quand il rentre du service militaire, en 1932, son père est malade et lui demande de l’aider ou même de le remplacer au studio. Mais ce qui l’intéresse, en photo, c’est l’extérieur, la rue. Il déteste le travail de studio, la photo d’identité, les mariages et les communions.

 

Willy Ronis travaille donc pendant quatre ans dans le studio de son père. En même temps, il commence à silloner les rues de Paris. Rue Muller, de nuit, il photographie le pavé luisant et une ligne de halos de réverbères (1934). Déjà, ce sont les gens simples qui l’intéressent, comme les clochards sous les ponts ( Sous le Petit Pont, 1934) ou des ouvriers la nuit, à la lumière d’un brasero. Très jeune il est sensible aux sujets sociaux. Il raocnte qu’il a été fortement impressionné quand il a entendu, dans un wagon de métro, un groupe d’ouvriers qui chantaient  » la jeune garde ».

Dès 1934, il photographie les manifestations ouvrières, la Fête de l’Humanité à Garches, le 20e anniversaire de la mort de Jean Jaurès, une manifestation au Mur des Fédérés.

1936, année du Front populaire, est une année charnière. En juin, son père meurt, le studio, en faillite, est abandonné à ses créanciers. Exit, donc, la photo de studio. Un mois plus tard, Willy Ronis est au défilé du 14 juillet à la Bastille. Il prend une petite fille, le poing levé, sur les épaules de son père. La photo paraît dans l’Humanité un mois plus tard, marquant ses débuts dans le métier de photographe indépendant.

Jusqu’à la guerre, Ronis parcourt Paris, accumulant des archives. Il aime photographier les gens mais, timide, il ne s’approche jamais beaucoup, ne les prend pas de face. Il aime particulièrement les personnages isolés dans une foule, un peu mélancoliques, comme cette fille dans le métro aérien (1939).

En 1938, il fait un reportage sur une grève à l’usine Javel-Citroën, pour le magazine Regards. Il s’attache au quotidien de la grève, les parties de foot ou de dames, la gamelle et la couture qui meublent les journées d’occupation. Une photo de ce reportage, exposée à l’Hôtel de Ville, est restée inédite pendant des années : Rose Zehner, perchée sur un chaise pour haranguer ses collègues, le doigt tendu, était trop sombre pour être publiée. Il l’a exhumée quarante ans plus tard et elle est devenue une de ses photos les plus célèbres.

Willy Ronis a d’ailleurs retrouvé Rose Zehner, bien des années après. aussi : sa cousine l’a reconnue quand la photo a été publiée dans un livre et elle a contacté le photographe.
Pendant la guerre, Willy Ronis fuit Paris : il ne veut pas porter l’étoile jaune. Il passe en zone libre. Dans le midi, il rencontre Jacques Prévert, vit de petits boulots.

Quand Willy Ronis retrouve sa ville natale, fin 1944, le travail ne manque pas. Il commence par couvrir le retour des prisonniers, la liesse du 8 mai 1945.

»La reprise de l’activité après la Libération fut assez fascinante. Le public avait une folle soif d’images et, pendant quelques années, la photographie pour la page imprimée connut une période de grande fertilité », se souvient le photographe.

C’est dans une ambiance où « on se sentait porté par une chaleur de cœur », comme disait Henri Cartier-Bresson, que s’épanouit ce qu’on a appelé l’école humaniste française, autour du Groupe des XV et de l’agence Rapho, que Willy Ronis rejoint à cette époque. On y trouve Robert Doisneau, Edouard Boubat, Izis.

Ce courant s’impose au niveau international, avec une exposition au MoMA de New York (1953) et l’exposition itinérante The Family of Man, organisée par Edward Steichen en 1955.

Willy Ronis effectue des commandes pour les magazines Regards et Point de Vue, et aussi Time, Life ou Picture Post. Il ne fait pas d’actualité, mais toujours des sujets de société, sur les « bohémiens » de Montreuil aux filles lumineuses ou sur les forts des Halles.

A Paris, Ronis préfère les quartiers populaires. Mais il nous montre aussi Sèvres-Babylone dans la brume, sous le store de l’hôtel Lutetia, ou la place Vendôme sous la neige. Et il nous livre toujours des personnages perdus, comme une enfant toute seule avec des sacs et des valises à la gare Montparnasse.

Hors commande, Willy Ronis continue son travail personnel à Paris. A la fin des années 40, un ami de sa femme, Daniel Pipart, peintre rue de Ménilmontant, lui fait découvrir le quartier de Belleville et Ménilmontant, qu’il ne connaissait pas.

C’est le coup de foudre : il va parcourir le quartier dans tous les sens, et y prendre des photos qui sont parmi les plus belles qui aient été faites à Paris.

»J’y allais en motocyclette et je me promenais comme dans une ville étrangère. Chez Victor, en haut de l’impasse Compans, on poussait un portail et on était en plein ciel. Un vrai jardin s’avançait en terrasse, avec des gloriettes et un jeu de boules à trois couloirs. On découvrait, plein nord, un panorama s’étendant du Sacré-Cœur aux gratte-ciels de Bobigny, avec, par beau temps, à l’horizon, la forêt de Senlis », raconte-t-il.

Mieux que personne, il a su capter la poésie qui émane de ce quartier, du côté campagnard qu’il avait encore à l’époque, de la lumière sur ses pentes, de ses cafés et de ses habitants, de ses gamins et de ses artisans.

Willy Ronis aimerait faire un livre de ces images de Belleville mais aucun éditeur n’en veut. L’ouvrage est finalement publié en 1954 : il est très remarqué mais fait un flop commercial. Réédité trois fois depuis, c’est devenu un classique de la photo.

Les années 60 et 70 sont moins fastes pour les photographes humanistes. Le regard idéaliste qu’ils portaient sur l’homme n’est plus à la mode. De plus, Willy Ronis est exigeant et ne veut pas que ses photos soient publiées n’importe comment. Après de mauvaises surprises, il demande à pouvoir contrôler les légendes.

Les commandes sont moins nombreuses, il fait de la pub, de la mode, du reportage industriel, ce qui ne le passionne pas. En 1972, Willy Ronis décide de quitter Paris pour Gordes, puis l’Isle-sur-la-Sorgue. Pendant ses années provençales, il enseigne et photographie le Midi.

Après quelques années d’oubli, les photographes humanistes parisiens seront redécouverts dans les années 80, avec la mode rétro qui remet au goût du jour les images du vieux Paris. Willy Ronis publie en 1980 Sur le fil du hasard, qui le remet sur le devant de la scène.

A 95 ans, Willy Ronis n’est pas un homme tourné vers le passé. Si ses photos incarnent un Paris d’une autre époque, si on est touché par le côté rétro de ses images, il a toujours, lui, photographié son époque.

Quand il fait des photos dans les années 70, 80, c’est le nouveau Paris qui l’intéresse: les cabines téléphonique en forme de bulle à la nouvelle station de RER des Halles, le Centre Pompidou, la pétanque dans les nouveaux espaces de la rue Vercingétorix, après les démolitions des années 80, la sieste à La Défense. l’endroit même où, en 1938, il couvrait la grève des ouvriers de Citroën, il photographie en 1994 les enfants qui jouent dans les jets d’eau du nouveau parc qui a remplacé les usines Citroën, dans le 15e. A Belleville, il photographie une aire de jeux toute neuve en 1981.

Loin de tout fétichisme, Willy Ronis a conservé peu de tirages d’époque. La plupart des tirages exposés à l’Hôtel de Ville sont donc des tirages modernes, pour certains de photos inédites. Il a largement ouvert ses archives pour l’exposition. On y trouve quelques raretés, comme ces photos couleur des années 50.

Des photos qui nous montrent un Paris qu’on imagine, aujourd’hui, plutôt en noir et blanc. La photo de la promenade du dimanche près des fortifs, en couleur, est une curiosité. Tout comme le rouge vif de la cordonnerie de la rue Tholozé.
Ce qui intéresse Willy Ronis, c’est de voir comment ses frères et sœurs parisiens vivent. Pendant 75 ans, il s’est promené dans les rues, dans les manifestations, dans les usines, dans les parcs, photographiant ces « gens » ordinaires.

Des anonymes figuraient sur ses clichés devenus célèbres. Willy Ronis adore retrouver ses sujets. Souvent, ils sont devenus des copains. A ce jour, il en a retrouvé 23, qui se sont reconnus ou qui ont été reconnus par leurs proches, comme la petite fille au bonnet phrygien du 14 juillet 1936, les amoureux de la Bastille ou Rose Zehner, la gréviste de Citroën.

La première, Suzanne Trompette, avait 7 ans en 1936. Elle a découvert la photo avant guerre, puis à la télé, lors du 60e anniversaire du Front populaire. Elle a été interviewée pour l’émission « Les cent photos du siècle » diffusée sur Arte en 2000.

Les Amoureux de la Bastille ont été pris en haut de la colonne de Juillet en 1957. Lors d’une exposition, en 1988, quelqu’un est venu voir Ronis et lui a dit qu’il connaissait bien Riton et Marinette. Depuis des années, ils tenaient un bistrot à quelques centaines de mètres de la Bastille. Dans le café, ils avaient un poster de la fameuse photo, et l’ont accueilli chaleureusement.

Rose Zehner, c’est sa cousine qui l’a reconnue quand la photo a été reproduite dans l’Humanité, après sa parution dans le livre Sur le fil du hasard en 1980. Elle écrit à Ronis par l’intermédiaire du journal. Ils s’envoient des lettres et se téléphonent, avant de se rencontrer, en 1982, 44 ans après la photo. Un film a été tourné autour des retrouvailles du photographe avec cette femme qu’il qualifie de « personnage fabuleux ».

Lors de la belle exposition du Pavillon des Arts de Paris, en 1996, Willy Ronis –il avait déjà, à l’époque, 86 ans- avait déclaré : « Maintenant, je vais, c’est certain, retourner sur le terrain. Car il ne faut surtout pas s’arrêter. Cela pourrait, paraît-il, être extrêmement dangereux ».

Pourtant en 2001, Willy Ronis a posé son appareil photo. « Je me suis trouvé subitement handicapé dans mes capacités de me mouvoir. Je ne pouvais plus bien marcher, je ne pouvais plus courir et ce qui m’intéressait le plus –aller au-devant de l’événement- c’était fini », explique-t-il. Ses dernières photos sont des nus, qui ne demandent pas de courir.

A 95 ans, si Willy Ronis n’a plus bon pied, il a toujours bon œil, comme le montre le petit film projeté dans le cadre de l’exposition, où il raconte et explique ses photos.

Et s’il ne prend pas de nouvelles photos, les anciennes continuent de l’occuper. « Je travaille beaucoup, j’expose en France et à l’étranger. Je vois des tas d’amis. J’imaginais terminer mes jours en faisant des photographies comme un simple amateur. Je me trompais : le métier ne me lâche pas. »

Voir aussi:

- Nues, Willy Ronis, Galerie Guigon.

- Hommage à Willy Ronis.

- Willy Ronis vient de mourir.

 

A regarder aussi:

 

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A lire aussi:

 

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« J’aime mieux tâter un peu de tout, quitte à porter mon effort sur ce que je fais volontiers et refuser ce qui m’intéresse moins. Etre libre ? Oui, mais ça n’est pas tant la question de la liberté que le goût pour des choses diverses. » Ce goût, Willy Ronis le conserve toute sa vie, alliant ses travaux de commande et ses recherches personnelles avec l’enseignement de l’histoire et de la technique de la photographie. Il dit aussi : « je suis le contraire du spécialiste, je suis un polygraphe. »

- Willy Ronis par lui-même aux éditions Actes Sud – 63 pages – 13€

 

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J’ai la mémoire de toutes mes photos, elles forment le tissu de ma vie et pal Ibis, bien sûr, elles se font des signes par-delà les années. Elles se répondent, elles conversent, elles tissent des secrets. À partir d’une cinquantaine de photos, Willy Rouis dessine son autoportrait. On le suit dans ses voyages, ses virées dans les rues de Paris et sur les bords de la Marne, ses reportages aussi. Une photo, c’est un moment pris sur le vif, mais c’est aussi l’histoire d’un jour. Ce jour-là : UN autoportrait à la manière d’un Je me souviens. C’est avec émotion due ce livre feuillette à la fois son être le plus intime, son talent de photographe et son talent de conteur.

- Ce jour-là par Willy Ronis aux éditions Gallimard – 191 pages – 6,50€

 

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Des années 30 aux années 70, cinquante ans de corps féminins vus par Willy Ronis, accompagné de d’un texte original de Philippe Sollers. Willy Ronis voulait Sollers. Sollers n’attendait que ça. Il a dit oui pour Ronis. Immédiatement.
Le texte de Philippe Sollers aborde et souligne tout ce qui rend précieux et unique le travail de Willy Ronis sur le nu. Le photographe a saisi toutes les occasions de s’y livrer, tissant en quanrante ans une oeuvre secrète dont les plus beaux moments n’avaient jamais été réunis. On connaît sans doute le Nu provençal, une sorte d’instantané de vacances que Ronis transforme en éternité. On connaît moins ou pas du tout ces statues, ces déesses, ces corps filiformes des années 70, ces formes restaurées des années 90 devant les quelles Ronis retrouve l’audace formelle de sannées 30.
Il flirte avec les esthétismes : pleinarisme d’avant-guerre, femmes au tub de la fin du XIXe siècle, jeunes filles de la presse masculine des années 70 … Ces soixante nus sout tous bouleversants. C’est ce que clame Philippe Sollers : ‘Les nus de Willy Ronis, dans leur extraordinaire naturel, sont sacrés’.
Un délice pour les collectionneurs, les amateurs de photographie et les amoureux de l’écriture. 59 photographies.

- Nues par Willy Ronis & Philippe Sollers aux éditions Terre Bleue – 144 pages - 39€

 

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C’est en 1947 que je tombais amoureux de la Provence. Mon attachement à cette région fut tel que je décidais d’acheter un vieux mas à Gordes, village perché du Vaucluse, et d’y passer une partie de ma vie. Appareil en main, de l’après-guerre à la fin des années soixante-dix, j’arpentais ruelles étroites, marchés labyrinthiques et pincettes ombragées avec l’intention de restituer une Provence ancestrale, rappelant les coutumes issues d’un art de vivre qui a toujours su composer avec le soleil. Car le village provençal, théâtre idéal pour jouer avec la lumière, est conçu de manière à s’intégrer totalement au paysage, son élégance ne consistant à ne vouloir surprendre ni le ciel ni la terre. Ainsi les hommes se fondent-ils dans le décor un jour de marché ou à l’heure de midi, à l’ombre des platanes … Les images de Provence ne correspondent à aucune commande, mon unique motivation étant de me faire plaisir, et c’est dans ce cadre que je créais mon oeuvre fétiche, Le nu provençal. Si l’album se termine sur des vues de Marseille, ville métisse aux fortes saveurs, c’est pour mieux capter la beauté énigmatique de ces régions du soleil aux populations chaleureuses. En écho aux images, Edmonde Charles-Roux évoque cette Provence qu’elle connaît si bien. Sous sa plume, l’architecture et les dialectes locaux deviennent l’occasion d’une réflexion sensible sur la nature du paysage, l’âme de la pierre, l’essence du mas, la qualité du vent, l’odeur des lavandes et de l’ail sauvage.

- Provence par Willy Ronis & Edmonde Charles-Roux aux éditions Hoëbeke – 104 pages – 19,50€

 

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« À votre âge, à Noël, on n’avait qu’une orange. » La formule a fait le tour des sapins, effrayant les plus jeunes, faisant rire les adultes. Chez les Picouly, dans le nord de la banlieue parisienne, la menace est nettement plus radicale : « Cette année, il n’y aura pas de Noël », répète-t-on au jeune Daniel et à ses frères et soeurs. Pourtant, à force de l’entendre année après année sans jamais qu’elle se réalise, la prophétie perd de sa crédibilité et finit par prêter à rire. Un petit détail qui s’ajoute au grand rituel, à cette foule de préparatifs qui font commencer la fête bien avant la date officielle. La neige, les trottoirs encombrés devant les grands magasins, le mystère de la multiplication des pères Noël, la solennité de l’apprêtage du sapin - qui doit toucher le plafond, sinon c’est sûr, « il n’y aura pas de Noël » - l’ambiance est électrique, la plume est celle d’un enfant de 10 ans. Daniel Picouly livre un texte à la fois intime et témoin d’une époque, plaçant les mots justes sur les images de Robert Doisneau, Willy Ronis, Sabine Weiss et Janine Niepce. Un joli voyage dans les coulisses d’un rêve peuplé de rennes, de trains électriques, et de lutins. –Jocelyn Blériot et Lénaïc Gravis

- Vivement Noël par Willy Ronis & daniel Picouly aux éditions Hoëbeke – 90 pages – Prix non communiqué

 

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Les chats de Willy sont magnifiques, venez les rencontrer, faites-les entrer à votre tour dans votre vie. On ne comprend même pas comment il a réussi à les saisir au vol, à traquer leur vérité intime, à les faire exister dans leur plus haute simplicité. Il faut être un immense artiste pour laisser ainsi parler les chats, sans les trahir, sans exagérer, sans faire joli. Avoir été juste là, toujours à la bonne place, avec le geste prompt. c’est sans doute son secret et son art (…) Sur chaque photo, passe le grain de la vie, le souffle de l’air, l’odeur même des saisons, c’est incroyable. (…) Cette traversée d’un pan de la vie de Willy Ronis à travers le regard de ses chats est à la fois un pur moment de tendresse et une déclaration d’amour qu’il fait à la vie. Colette Felous

- Les chats de Willy Ronis par lui-même aux éditions Flammarion – 80 pages – 22€

 

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La découverte des photographies en couleurs de Willy Ronis sera à coup sûr une surprise pour beaucoup. Et c’est, de sa part, l’effet d’un don généreux que d’avoir bien voulu nous les donner à voir. Ce maître du noir et blanc a donc photographié en couleurs dès 1955, dès l’apparition du Kodachrome, film diapositive à la chromie si particulière, et si peu sensible à la lumière qu’il aurait dû, logiquement ; l’empêcher de faire, selon son style et son goût, des instantanés sur le fil du hasard, photos de rue, photos de foule, a fortiori photos de nuit… On verra qu’il n’en est rien et qu’il a su tirer le meilleur parti de la contrainte opposée. à la spontanéité de son regard. La couleur ici n’est en rien un prétexte, elle est une autre manière de voir, ni plus riche ni moins libre : elle est une façon différente de traiter de la lumière – la grande affaire de la photographie -, une autre  » métrique « , pas même un autre langage. Et Paris est bien plus qu’un sujet : c’est le matériau de l’auteur qui s’émeut au spectacle de la vie ordinaire côtoyée chaque jour dans sa ville, la vie banale et souriante des Parisiens à laquelle il confère une profondeur puisée à son émotion-même. Car ce qu’il importe de noter c’est que le photographe a, par les moyens qui lui sont propres, poursuivi de questionner l’âme populaire en ses reflets gais ou mélancoliques, en ses images frivoles ou graves, qu’il a touché du doigt – ou de l’œil – la beauté palpitante et la tendresse bonhomme de ce peuple bigarré, qui sont les  » débris et trésors  » poétiques de la Ville – que seul un grand artiste pouvait recueillir avec une telle constante bonté, en noir comme en couleurs.

- Paris-Couleurs par Willy Ronis aux éditions le temps qu’il fait – 117 pages - 35€

 

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Willy Ronis et Paris ? L’histoire tendre d’un amour jamais démenti, aussi fort qu’au premier jour, voilà bientôt un siècle… Né en 1910 dans le IXe arrondissement, l’artiste n’a en effet jamais cessé de photographier sa ville et le quotidien de ses habitants. Ce travail, entrepris à partir des années 1930, couvre tous les aspects de la vie parisienne. En plongeant dans ses archives, Willy Ronis a exhumé de nombreuses images inédites qu’il a organisées en séquences : la Seine et ses rives où on taquine le gardon, la rue, la nuit, les bistrots, les Parisiens au travail, le quartier des Halles, le jardin du Luxembourg, la rue de la Huchette… Sa sélection s’achève sur la ville d’aujourd’hui, les secteurs récents et ses arrondissements de prédilection. Cinquante ans après la parution de Belleville-Ménilmontant, son livre-culte sur la capitale, le photographe est retourné arpenter son quartier à la recherche du Paris perdu. Ici, comme aux abords du canal Saint-Martin, la métropole embaume encore la province. Consacré en 1979 par le Grand Prix national des Arts et Lettres pour la photographie, l’œuvre de Willy Ronis témoigne d’un art subtil du cadrage et de la lumière qui lui inspire des compositions rigoureuses, distanciées et singulièrement mélodieuses.

- Paris, éternellement par Willy Ronis aux éditions Hoëbeke – 157 pages – 33€

 

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Chaleureux, pittoresque et poétique, le quartier dont Willy Ronis est tombé amoureux en 1947 représente un témoignage hors pair sur un Paris disparu, celui d’une douceur de vivre modeste et insouciante. Emu par ces images, Dider Daeninckx a imaginé le récit d’un gars de Ménilmontant : longtemps exilé, l’homme revient sur ses pas et nous fait découvrir la légende du quartier.

- Belleville, Ménilmontant par Willy Ronis & Didier Daeninckx aux éditions Hoëbeke – 112 pages - 31€

 

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Willy Ronis, photographe de montagne ? Le dernier grand personnage de la photographie humaniste – il est né en 1910 – a commencé sa carrière professionnelle avec ses reportages sur les manifestations et les grèves de 1936, avant de connaître une célébrité tardive avec ses images d’un Paris aujourd’hui disparu. En soixante-dix ans, ses images sont devenues de véritables icônes poétiques, centrées surtout sur le travail des hommes, la vie quotidienne, la ville. Mais Willy Ronis avait un jardin secret. Un jardin secret qui s’étend des Alpes aux Vosges, via le Jura, en poussant des pointes jusqu’aux Cévennes, via la
Provence. Ce citadin se révèle ici amoureux des grands espaces et de la nature en nous offrant les photos, pour la plupart inédites, qu’il a prises au cours de ses innombrables expéditions en montagne, sa passion. Loin des villes et des usines qu’il a su magnifier comme personne, son talent s’y exprime tout aussi puissamment. La Montagne de Willy Ronis est une révélation : sous les pavés, les alpages.

- La Montagne de Willy Ronis par lui-même & Christian Sorq aux éditions Terre Bleue – 173 pages - 38€ 

 

Robert Franck – Un regard étranger – Musée du Jeu de Paume – Paris

 Robert Franck - Un regard étranger - Musée du Jeu de Paume - Paris dans EXPOSITIONS

 Crédit photo: © Robert Franck

Frank est né à Zurich en 1924.

 

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 Crédit photo: © Robert Franck

 

La Suisse est trop petite pour lui, il rêve de nouveau monde. « Je ne savais pas ce que je voulais, mais je savais ce que je ne voulais pas. » Partir… L’Amérique ! Alexey Brodovitch, le directeur artistique du Harper’s Bazaar l’engage à New York.

 

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 Crédit photo: © Robert Franck

 

Frank va et vient entre les deux continents, les deux cultures, l’Amérique et l’Europe. Il reviendra aux États-Unis en 1955, car la Fondation Guggenheim parraine son idée de « reportage américain », béni par Walker Evans, le père de la photographie qui fit rimer américaine avec humaine.

 

 

 Crédit photo: © Robert Franck

 

Le voici sur les routes avec sa femme, Mary, leurs deux enfants et son Leica.

 

 

 Crédit photo: © Robert Franck

 

700 pellicules au total seront utilisées entre avril 1955 et juin 1956 pour montrer une Amérique loin d’être triomphante et qui rappelle celle des années 30 de Dorothea Lange et de Walker Evans.

 

 

 Crédit photo: © Robert Franck

 

 Sa photographie annonce d’une certaine manière la nouvelle génération des Winogrand et Arbus.

 

 

 Crédit photo: © Robert Franck

 

Celle de la Beat Generation, de la route, d’Allen Ginsberg et la vision poétique de la vie sans douceur, du monde défait qui se découvre sous les publicités vantant la solidité.

 

 

 Crédit photo: © Robert Franck

 

 Robert Delpire, ami français et supporter, publie en 1958 « Les Américains ».

 

 

 Crédit photo: © Robert Franck

 

Frank, qui voulait une préface signée Kerouac, fit rééditer l’ouvrage en 2008 et l’occasion de ce cinquantième anniversaire oblige à regarder ces clichés avec une autre distance.

 

 

 Crédit photo: © Robert Franck

 

 

En 1949, Frank croquait Paris, dans une tradition… parisienne : les rues si typiques de notre capitale, les autobus à plate-forme et les voyageurs saisis sur le très vif.

 

 Crédit photo: © Robert Franck

 

Un regard étonné, des passants pressés, des accordéonistes aveugles.

 

 

 Crédit photo: © Robert Franck

 

Dans cette seconde partie de la rétrospective, Frank ajoute encore à la nostalgie.

 

 

 Crédit photo: © Robert Franck

 

 Noir clair, blanc sombre, gris Paris.

 

 

 Crédit photo: © Robert Franck

 

 Rien à voir avec le dynamisme délirant de ses films, dont le dingo « Pull My Daisy ».

 

 

 Crédit photo: © Robert Franck

 

 Frank choisit l’image, à travers son Leica ou sa caméra pendant les années 60.

 

 

 Crédit photo: © Robert Franck

 

Il regarde et fait regarder. Sans concession.

 

 

 Crédit photo: © Robert Franck

 

Les plus grands musées du monde ont acheté ses oeuvres, de nombreuses distinctions l’ont honoré.

 

 

 Crédit photo: © Robert Franck

 

Il vit à New York. À ne pas rater, les projections de ses films, dont What I Remember From My Visit With Stieglitz. Les deux photographes se rencontraient et attendaient le soleil…

 

 

 Crédit photo: © Robert Franck

 

Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

« Robert Frank, un regard étranger » – Musée du Jeu de Paume – 1, Place de la Concorde - 75008 Paris - Jusqu’au 22 Mars 2009 - Mardi de 12h à 21h, Mercredi au Vendredi de 12h à 19h – Samedi et Dimanche de 10h à 19h – Fermeture le Lundi - Tarifs: Plein 6€, Réduit 4€ – Accés: Métro: Lignes 1,8,12 – Bus 24, 42, 72, 73, 84, 94

 

A voir aussi: Robert Franck – Les Américains.

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