Jean-Baptiste Camille Corot – Musée des beaux-Arts de Reims

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Peindre la nature pour Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875) était tout sauf une partie de campagne.

 

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 Premier à sortir de l’atelier pour écumer, après l’Italie, les provinces françaises, l’éclaireur de Barbizon et de Ville-d’Avray traquait passionnément non seulement le paysage mais aussi l’état d’âme qu’il semble refléter.

 

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Fixer à la fois son instantanéité et son intemporalité à travers ses lumières subtiles et changeantes était un bonheur pour cet artiste formé dans la tradition classique et inspiré par le réalisme hollandais autant que par l’école anglaise de Constable.

 

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Son secret ? Il reprenait son travail une fois rentré au chaud.

 

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 Là, il s’agissait de faire jouer le souvenir, la réminiscence, choses aussi vraies et utiles en art que le moment présent.

 

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 Le résultat a impressionné les impressionnistes, ses élèves, comme Camille Pissarro ou Berthe Morisot, et d’autres grandes signatures.

 

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 Pour Monet, «il y a un seul maître, Corot. Nous ne sommes rien en comparaison, rien».

 

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 Quant à Renoir, il saluait cette touche épaisse et rapide qui, sans jamais idéaliser son sujet, réussit si bien à en capturer l’atmosphère.

 

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 Jusqu’au moindre jeu de lumière dans un feuillage, un reflet dans l’eau, le caractère informe d’un rocher de Fontainebleau, «la couleur d’une pierre» ou la texture d’un mur.

 

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 «Allez tous les ans peindre au même endroit ; copiez le même arbre», conseillait Corot à Redon. Degas, lui, estimait qu’il était encore plus grand portraitiste que paysagiste.

 

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Une telle fortune critique suffirait à consacrer l’auteur quasi symboliste de Lac, effet de nuit. Mais le début du XXe siècle l’a également beaucoup regardé, ainsi que le rappelle David Liot, cocommissaire d’une exposition sur ce thème au Musée des beaux-arts de Reims, une institution dont il est le directeur.

 

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En partenariat avec le Louvre et son directeur du département des peintures, Vincent Pomarède, il a accroché une trentaine de ces paysages à demi rêvés, souvent baignés de halos argentés ou dorés, en regard d’une quarantaine d’œuvres de maîtres ultérieurs. L’ensemble confirme magistralement ce que disent les manuels d’histoire de l’art quand ils parlent de Corot comme «dernier des classiques et premier des modernes».

 

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Sept sections thématiques ponctuent la visite. Par exemple, les Pins à Cagnes, de Renoir, ou Arbres et maisons, de Cézanne, répondent à L’Étang à l’arbre penché, leur aîné respectivement de cinquante-quatre et vingt ans, dans la partie intitulée «Rideaux d’arbres, rideaux de scènes». Encore plus intéressant : ce choix de retenir Pignon de ferme à Oehle de 1906, très géométrique, de Mondrian. Il révèle ce qu’il doit à Cour d’une boulangerie près de Paris, réalisé par Corot entre 1865 et 1870.

 

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Dans une autre section dite «Muses, nymphes et musique», une Algérienne couchée sur le gazon, de Corot, est à peine moins languide et orientale que l’Odalisque à la culotte rouge peinte par Matisse un demi-siècle plus tard. Dans les années 1910, Juan Gris et Picasso scrutèrent aussi Corot, mais ce sont Derain et Lhote qui seront les plus redevables.

 

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Dernière surprise, en fin de parcours, dans une salle toute jaune, des feuilles de Corot sont présentées avec d’autres de Kandinsky. «J’interprète autant avec mon cœur qu’avec mon œil», écrivait le premier tandis que le second, qui cherchait à transcender les formes naturelles pour ne retenir que la pure sensibilité, approuvait. Par-delà les époques, dans leurs maladresses qui trahissent une recherche fébrile et dans leur sujet vide de toute anecdote, ces esquisses fraternisent.

 

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En addenda, une pièce du musée présente encore une vingtaine de Corot, car Reims possède le deuxième fonds du peintre après le Louvre.

Biographie de Jean-Baptiste Camille Corot

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Né le 17 juillet 1796 et décédé le 22 février 1875, Jean-Baptiste Camille Corot fut un peintre impressionniste de renom. Véritable maître de la peinture, Camille Corot sera l’un des plus importants en ce qui concerne le mouvement impressionniste. Véritablement passionné par les voyages, ce dernier partir aux quatre coins de la France et de l’Italie. Considéré comme le Père fondateur du mouvement impressionniste, Camille Corot suscitera beaucoup d’admiration auprès de ses compères tels que Claude Monet. Camille Corot sera à la frontière entre deux mouvements. Il commencera son oeuvre artistique sous le mouvement néo-classique et assistera à la naissance de l’impressionnisme. Ce mouvement apportera une véritable touche de modernité. L’impressionnisme apparaîtra comme une véritable révolution dans le monde de l’art. Il marque une rupture complète avec le mouvement néoclassique. Les codes ne sont plus les mêmes. Il y a une véritable volonté de se détacher des normes trop restrictives en termes de peinture néoclassique. Camille Corot sera alors l’un des dignes représentants de cette rupture dans le monde de l’art.  Au travers des ses peintures, Camille Corot dépeindra des paysages sans anecdotes et complètement baignés aignés de lumière. La représentation de la nature sera alors une des inspirations des peintres impressionnistes. Issu d’une famille de commerçants aisés, Jean-Baptiste Camille Corot effectuera des études au sein du collège de Rouen. Ce passionné de peinture rejoindra par la suite l’atelier du peintre Achille Etna Michallon. C’est à ses côtés que Camille Corot s’initiera au néoclassicisme. Par la suite, le jeune peintre rejoindra l’atelier de Jean Victor Bertin et découvrira le village de Barbizon, au sein duquel la célèbre Ecole de Barbizon prendra place quelques temps après. Entre 1830 et 1845, le peintre Camille Corot sillonnera les régions de la France à la recherche de paysages purs. Entre la Normandie, la Provence, l’Auvergne, le Limousin, la Bretagne ou encore la Bourgogne, ses voyages se succèderont. A partir des années 1850, Camille Corot se professionnalise véritablement au travers de sa peinture. Il offrira alors des oeuvres telles que « Nymphe couchée », « Femme cueillant des fleurs », « Le Quai des Paquis à Genève », « Souvenir de Montefontaine » ou encore « Prairie aux deux grands arbres ». Camille Corot acquière rapidement une certaine notoriété auprès de nombreux artistes. Il sera alors amené à travailler avec des peintres tels que Eugène Lavieille, Eugène Boudin, Berthe Morisot ou encore François Louis Français. A l’heure actuelle, les oeuvres de Camille Corot sont exposées un peu partout dans le monde.

Bien à vous,

Saint-Sulpice

«De Corot à l’art moderne, souvenirs et variations» – jusqu’au 24 mai 2009 au Musée des beaux-arts de Reims – 8, rue Chanzy – 51100 Reims – Tél: 03.26.35.36.00, catalogue Hazan, 216 p., 39 €.

Giorgia Fioro – Le Don 2000 – 2009 – MEP – Paris

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Quelle force entraîne les foules de pèlerins à travers les plus hautes montagnes et l’étendue infinie des déserts ? Qu’ont donc en commun ceux qui lèvent les mains au ciel et ceux qui frappent le front contre le sol ? Pourquoi certains sont-ils nus et d’autres couverts jusqu’aux yeux, d’autres rasés, polis comme des amandes, ou bien avec des cheveux longs mêlés à la barbe dans d’immenses turbans ? Qui habite les corps transpercés des flagellants, qui les membres couverts de cendre, qui se cache sous la peau, peinte ou tatouée de dessins enchevêtrés, qui derrière les masques, qui derrière le voile ? L’extase, la transe, la contemplation et la méditation mènent-elles à une perception indicible de la mort, ou bien à une réalité physique déchirante ? À travers l’expérience directe, sans intentions encyclopédiques, j’ai pendant huit ans suivi la voie d’un projet photographique autour d’un cheminement personnel : le Don. […]

 

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(Extrait du texte “Le Don 2000 2009”, in Le Don, Actes Sud, 2009)

 

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[…] Giorgia Fiorio a fixé ces moments particuliers de l’existence au cours desquels l’être humain cherche le sens de la vie, une ou la vérité, de même qu’un salut ; mais elle a aussi émis l’hypothèse d’un lien entre tous ces moments. Un mystère commun qui se loge dans le corps des sujets qu’elle photographie. Que celui-ci, selon le type de communautés religieuses ou spirituelles à laquelle le sujet appartient, reste absolument immobile ou dessine au contraire toutes sortes de gestes, qu’il soit ignoré, comme transparent, ou bien objet de lacérations, voire de mutilations, qu’il s’anime de furieux tremblements ou encore exprime la sérénité. Car c’est bien de l’expression qu’il s’agit ici, et en toile de fond d’un langage, du langage. Le corps qui irradie dans les images de sa présence souvent exceptionnelle, au delà de l’humain, fait signe par lui-même ou bien en se combinant avec d’autres. Il dialogue avec des éléments de la nature – l’eau, le feu, la terre, la pierre -, ou l’acier des instruments qui caractérisent certains rites ; il s’inscrit dans des paysages, cherche parfois à s’y fondre. Seul ou associé à d’autres, il prend part à un mouvement, développe une séquence dont la photographie fixera un instant significatif. Celle-ci nous le fait imaginer silencieux, ou à l’inverse pris dans un vacarme assourdissant. “Le Don” de Giorgia Fiorio est le récit d’une confrontation avec tous ces corps qui sont autant de signes, de “fragments de discours” pour reprendre une formule de Roland Barthes. Elle ne cherche pas à les rendre plus lisibles, ni même à les expliquer. Elle nous laisse libres de la suivre sur les chemins de leur mystère, ou bien de les appréhender autrement, les regarder comme une forme pure, une soudaine dépense d’énergie, un éclat de lumière. […]

Gabriel Bauret
(Extrait du texte “Sur les chemins du mystère”, in Le Don, Actes Sud, 2009)

www.giorgiafiorio.org

 

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Dans le cadre des conférences organisées par l’association Gens d’Images, une rencontre avec Girogia Fiorio est proposée à la Maison Européenne de la Photographie, en présence de Sylvaine Lecœur, agent de la photographe, le jeudi 26 mars à 18 heures 30. Pour plus d’informations, reportez-vous à la rubrique « Les rencontres/Les conférences données par le Service Culturel de la MEP « .

Visites : Des visites commentées de l’exposition sont proposées pour les abonnés, les groupes, les enseignants et les scolaires. Pour plus d’informations, reportez-vous à la rubrique « Les rencontres/Les visites commentées des expositions ».

 

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Programmation de films : La MEP propose une programmation consacrée à Giorgia Fiorio, chaque samedi et dimanche à 15 heures et 17 heures 30. Pour plus d’informations, reportez-vous à la rubrique « Les actualités/Les films ».

Catalogue : Un livre est publié par Actes Sud. Pour plus d’informations, reportez-vous à la rubrique « Des livres et des films/Les éditions ».

 

Bonne Exposition,

Saint-Sulpice

 

Fiorio

 

Maison Européenne de la Photographie ( MEP ) – 5~7, Rue de Fourcy – 75004 Paris – Tel: 01.44.78.75.00 - Du 4 Février au 5 Avril 2009 - Métro Saint-Paul ou Pont-Marie – Bus: 67, 69, 96 ou 76 – Ouvert tous les jours de 11 heures à 20 heures, sauf les lundis, mardis et jours fériés. Accès à la billetterie jusqu’à 19h30 – Tarifs: Plein 6,50€ & Réduit 3.50€  Plus de 60 ans, famille nombreuse, étudiant, enseignant, demandeur d’emploi, bénéficiaire de l’aide sociale et du RMI, Maison des artistes, les abonnés des lieux partenaires. Gratuité aux moins de 8 ans en individuel, personne handicapée , accompagnateur de groupe, personnel de la Ville de Paris, carte presse et tous les mercredis dans la tranche horaire 17 à 20 heures

 

Katerina Belkina ( Tumanova )

 Katerina Belkina ( Tumanova ) dans Artistes: Peintres & sculpteurs, etc... Hi_by_KaterinaBelkina

 

 Freud a défini l’appareil photographique comme un instrument permettant de fixer des impressions visuelles fugitives, au sens d’une matérialisation de souvenirs et de traces mnésiques. Cette idée de Freud s’applique parfaitement aux explications que Belkina fournit pour commenter sa passion pour le monde enfantin, un de ces thèmes préférés : « les contes de fées m’ont torturée depuis mon enfance, sans répit, en m’aspirant dans leurs profondeurs.

 

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Crédit Photo: © Katerina Belkina

Quand un enfant vit dans un monde de fées, d’elfes et autres créatures irréelles (ou peut être réelles) et, qu’en grandissant, il s’aperçoit que le monde qui l’entoure est différent de cet imaginaire, il commence à le créer lui-même. Comme ça naissent les fous.. ou les musiciens.. ou les peintres. Un monde magique a été créé autour de moi depuis mon enfance grâce à mes parents, des gens à l’imagination incroyable ».

 

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Crédit Photo: © Katerina Belkina

Belkina, à travers ses photographies, se pose en honorable héritière de cette imagination débordante. Les mondes de Belkina sont multiples. Elle se sent à l’aise en jonglant aussi bien avec les codes de la peinture impressionniste, qu’avec les procédés des surréalistes, en plongeant dans les contes de fées et exprimant ses pressentiments du futur.

 

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Crédit Photo: © Katerina Belkina

Souvent, elle accompagne ses photos par des petits textes, très poétiques, profonds, drôles, qui le mieux expliquent ses oeuvres.

 

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Crédit Photo: © Katerina Belkina

La série « Peintures », un habile hommage aux grands références de la peinture du XX siècle, déroute le spectateur, car les frontières entre ses deux arts picturaux sont presque effacées. Voici la recette d’une telle photographie réussie, proposée par Belkina :

 

Crédit Photo: © Katerina Belkina

« Pour se sentir Manet dans ses Folies Bergères, sans y aller, il faudra aux Russes : premièrement, un Théâtre Bolchoi (qui ne capitule pas avant la 31ème représentation du Lac des Cygnes, premier acte) ; deuxièmement, une planche couverte d’un film imitant le marbre ; troisièmement, Olia, l’étudiante (à nourrir et divertir à l’aide d’une conversation pleine d’esprit) ; quatrièmement, des nippes tirées d’un placard du magasin de dentelle, ainsi que des fils, des aiguilles, cinquièmement, du vin blanc mousseux « champanskoe Soviètskoe » – 6 bouteilles, des mandarines de Tanger  -1 kilo ; sixièmement, pour le miroir, du papier aluminium (qui se décolle tout le temps du mur), de la colle, des ciseaux, Photoshop, un crayon pour ajouter des haut-de-forme sur les crânes des spectateurs. Et, j’allais oublier… le génie d’Edouard ».

 

Crédit Photo: © Katerina Belkina

Ou, la série « Herbier », où les femmes sont comparées aux fleurs et aux feuillages. « La série « Herbier » contient en soi une idée de grande tristesse et d’autres plus neutres : on y parle de l’éphémère en même temps que de la permanence de la beauté dans la nature ; quelque chose est là, indéfini, qu’il faut sécher, ou alors il faudra attendre le printemps suivant.

 

Crédit Photo: © Katerina Belkina

On y parle à la fois de la répétition et de l’occurrence unique, de l’influence de sa nature sur sa destinée. Dans un herbier, on trouve des fleurs, pas de cactus (même s’ils donnent une bonne tequila). Un pavot, lui, aura plus de choix (soit être séché, soit être mangé dans un gâteau, soit.. devinez). »

 

 

Crédit Photo: © Katerina Belkina

Le mouvement, les transformations, les métaphores inattendues et surprenantes sont caractéristiques du travail de Belkina. Pour elle, « tout peut changer à chaque seconde ; tout est enchaînement sans dénouement ». La Pastèque, « inspirée d’un désir inépuisable, renaissant à chaque lever du soleil », est un clin d’oeil à Méliès. Les Carottes Volantes nous expliquent « le monde submarino-cosmique qui évolue. L’air en vol et l’eau – deux éléments qui ne me laissent pas tranquille dans mes rêves ».

 

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Crédit Photo: © Katerina Belkina

 Man Ray avait évoqué le pouvoir que la photographie a de rendre visible ce qui avant elle était resté sans image dans le subconscient. Belkina, à travers ses images, arrive dans sa manière très convaincante à nous présenter et à expliquer son univers issu des coins les plus cachés du subconscient, à traduire les expressions et les sens humains, comme, par exemple la musique et le goût, dans la langue de l’image :

 

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Crédit Photo: © Katerina Belkina

« Par quoi commence la musique ? Par mon humeur, peut-être ? C’est un point de vue. Et le goût?

 

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Crédit Photo: © Katerina Belkina

Par un morceau dans la bouche? Peut-être pas.

 

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Crédit Photo: © Katerina Belkina

un morceau ou par une goutte dans la tête, qui y coulent, minuscules boules de mercure ou vastes Océans salés, citrons ovales et acides, nuages sucrés et collants qui ont imprégné de tes histoires les lettres desséchées par le temps ».

 

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Crédit Photo: © Katerina Belkina

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Crédit Photo: © Katerina Belkina

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Crédit Photo: © Katerina Belkina

 

 

 Bien à vous,

Saint-Sulpice

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