Joseph Roth « L’exil à Paris 1933 ~ 1939″ – Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme – Paris

Joseph Roth

Joseph Roth au Café Le Tournon, Paris, 1938
©Sammlung Senta Lughofer, Linz

 

Cette exposition documentaire permettra de redécouvrir Joseph Roth, un des plus grands écrivains autrichiens du XXe siècle.
À travers des manuscrits, des correspondances, des éditions originales, des photographies et des documents audiovisuels, le parcours insistera sur ses années parisiennes, son travail d’écrivain, son engagement actif dans le milieu des exilés opposants au nazisme et sa fidélité nostalgique à la monarchie habsbourgeoise.

Dans son ample œuvre littéraire, Joseph Roth, né en 1894 à Brody en Galicie, une région de l’empire austro-hongrois (aujourd’hui en Ukraine), évoque abondamment le déclin de l’Autriche impériale et royale et le monde juif d’Europe de l’Est dont il est issu. On connaît surtout de lui La Marche de Radetzky, qui offre l’un des tableaux les plus poignants de la fin des Habsbourg et Le Poids de la Grâce (ou Job, l’Histoire d’un Homme simple).
Après ses années de formation à Vienne, il s’établit à Berlin, comme journaliste pour Vorwärts, puis comme correspondant de la Frankfurter Zeitung. Le jour de l’avènement du IIIe Reich, il quitte l’Allemagne pour la France, où il a déjà effectué plusieurs séjours. Réfugié à Paris, il évolue au sein d’un milieu germanophone antinazi et dénonce le pouvoir hitlérien dans des articles véhéments. Il soutient à reculons la résistance du régime autoritaire autrichien face au nazisme, et défend ardemment le retour de la monarchie des Habsbourg, convaincu que cela seul pourrait sceller l’union de tous les Autrichiens et faire barrage à l’Allemagne hitlérienne. Parmi ses amis, figurent Soma Morgenstern, Stefan et Friderike Zweig, Heinrich Mann, Ludwig Marcuse, Schalom Asch, Egon Erwin Kisch, Stefan Fingal et Blanche Gidon – sa traductrice. Installé à l’hôtel Foyot, rue de Tournon, il continue de voyager à travers l’Europe, y compris en Autriche.

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Admirable chroniqueur, il laisse de très nombreux articles écrits pour des journaux allemands à Paris et publie plusieurs romans et nouvelles : L’Antéchrist, Le Poids de la Grâce, La Crypte des Capucins, La Légende du saint buveur… Devenu sévèrement alcoolique, il mène une vie misérable, épuisé physiquement et éprouvé moralement, et meurt à Paris le 27 mai 1939. Cette exposition a été conçue par Heinz Lunzer, directeur du Literaturhaus de Vienne jusqu’en 2007, et Victoria Lunzer-Talos, ancienne responsable de la bibliothèque d’histoire de l’art à l’Université de Vienne.  L’exposition est soutenue par le Forum culturel autrichien.

 

 Chronologie

30 janvier 1933
Roth part à Paris, comme prévu, avec Andrea Manga Bell et ses deux enfants. Ils habitent d’abord à l’hôtel Jacob puis, à partir de mars, à l’hôtel Foyot où ils avaient déjà résidé auparavant.

30 janvier 1933
Allemagne : le président du Reich, Paul Hindenburg, nomme Adolf Hitler, chef du NSDAP, chancelier du Reich.
Dans un bref délai, de nouvelles lois sont promulguées pour renforcer les pouvoirs du parti au pouvoir et restreindre les droits d’une partie des citoyens. Ces lois conduisent à la discrimination, à l’interdiction professionnelle, à l’arrestation, la captivité et au meurtre des opposants et, en particulier, des juifs. Le gouvernement d’Hitler développe de nouvelles méthodes de manipulation intensive de l’opinion publique à l’aide des médias. Au fil des ans, les autres grandes puissances comme la France et l’Angleterre laissent agir les gouvernants allemands ; l’Italie fasciste soutient la politique de l’Allemagne et ses visées expansionnistes, qu’elle concrétise pour sa part en Abyssinie et en Albanie. Bien que Roth soit citoyen autrichien, il ne peut – ni ne veut – plus se rendre en Allemagne, d’autant plus qu’il est connu pour son opposition véhémente aux nazis. Il traverse alors une crise financière et d’identité. Andrea Manga Bell, avec laquelle Roth a déjà vécu à Berlin, le suit avec ses deux enfants. Roth s’engage dans l’aide aux réfugiés d’Allemagne.

Février 1933
Discussion sur la qualité de la traduction française de La marche de Radetzky par Blanche Gidon avec l’intéressée et Pierre Bertaux, spécialiste des littératures française et allemande, qui tient lieu de mentor à Roth.

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Sur le champ de bataille de Solferino, le sous-lieutenant Von Trotta sauve la vie de l’empereur d’Autriche.
Cet acte lui vaut d’être anobli. Arrachés à leur condition de paysans slovènes, les membres de la famille Von Trotta voient leur destin bouleversé. Sur trois générations, l’auguste faveur se transforme en une malédiction irrémédiable… Un requiem sur la chute de la monarchie austro-hongroise..

Printemps 1933
Chez les éditeurs néerlandais Querido et Allert de Lange, des sections allemandes sont créées pour servir de maison d’édition aux exilés. Elles sont toutes les deux dirigées par des collaborateurs de haut niveau de l’éditeur berlinois Kiepenheuer qui se sépare de ses auteurs juifs. Par l’intermédiaire de la société Orcovente, fondée en Suisse, les droits d’auteur pour l’étranger de Roth peuvent être sauvés. Grâce à Hermann Kesten et Walter Landauer (Allert de Lange) et Fritz Landshoff Querido), Roth entre en relations d’affaires avec les deux éditeurs. Roth travaille à la nouvelle Le chef de gare Fallmerayer qui paraît dans un recueil avec des nouvelles d’autres auteurs de langue allemande en exil, édité par Hermann Kesten. Roth commence à travailler pour différentes revues d’exilés, entre autres, Das neue Tagebuch et le Pariser Tagblatt, puis son successeur, la Pariser Tageszeitung.

10 mai 1933
À Berlin, les nazis brûlent des livres d’auteurs « interdits ». La première liste d’ouvrages interdits par le troisième Reich comprend tout l’œuvre déjà publié de Roth. Avec cette mise au ban, il perd une grande partie de son public en tant qu’auteur et journaliste.

2 juillet 1933
Offres diverses. L’éditeur américain Ben Huebsch (Viking Press) vend les droits cinématographiques du livre Hiob (en français Le poids de la grâce). Ce n’est pas Roth, à Paris, mais l’éditeur Kienpenheuer, à Berlin, qui perçoit les honoraires, à l’indignation de l’auteur.

27 juillet 1933
Contrat avec l’éditeur Allert de Lange pour le livre Les juifs et leurs antisémites (qui deviendra L’Antéchrist).

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Deux textes importants en apparence contradictoires. Le premier, Juifs en errance, semble couler naturellement de la plume d’un humaniste entreprenant la défense de la culture propre aux juifs de l’Est, culture qui leur colle à la peau même s’ils vivent loin de leur terre natale. Le second, l’Antéchrist, semble être l’œuvre d’un imprécateur, contempteur de toutes les « modernités » aliénantes, annonciateur de la « catastrophe ».

Joseph Roth tenait tout particulièrement aux deux essais ici réunis. Inventaire poétique et lucide d’un univers que l’écrivain savait menacé, celui des bourgades juives d’Europe centrale et orientale, Juifs en errance analyse les raisons de sa lente désagrégation : la pauvreté qui pousse les habitants du shtetl à l’exode, la tentation de l’assimilation, le rêve sioniste. En véritable passeur de culture, le juif assimilé Roth, porte un regard bienveillant sur ces juifs à l’idiome étrange, vêtus de caftans, que l’on croise dans certains quartiers de Vienne, de Berlin ou de Paris. D’une toute autre nature, et par son sujet et par sa langue, qui semble celle d’un prophète des temps modernes, L’Antéchrist est lui aussi une profession de foi humaniste et une interrogation inquiète sur le devenir de l’Europe. Dans cet étrange réquisitoire contre les phénomènes de l’âge technique, on peut lire l’angoisse profonde d’un intellectuel épris de cosmopolitisme qui voit son monde sombrer dans l’exacerbation des nationalismes et le chaos infernal des dictatures.

Août 1933
Roth passe quelques jours chez Stefan et Friederike Zweig à Salzbourg. Il se rend ensuite à Rapperswill en Suisse. En septembre, il rencontre à Zürich Dorothy Thompson, la traductrice de la version anglaise de Hiob.

Automne 1933
Parution des traductions américaine et norvégienne de La marche de Radetzky et de la traduction britannique de Hiob ( Le poids de la grâce ).

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 » L’Oeuvre de Joseph Roth est faite d’ironie, de dérision, d’humour et d’une infinie compassion pour ses personnages.
Une grande liberté d’expression alliée à une précision méticuleuse, une extrême rigueur, en font l’un des plus grands prosateurs de la langue allemande. Il a ce goût viennois de la plaisanterie, de la pointe amère et sceptique. Mais il a aussi un côté  » prophète  » qui s’exprime en particulier dans Le Poids de la Grâce, et qui l’apparente parfois à Isaac B. Singer. 13 romans, 8 récits, 3 volumes d’essais et de reportages et un millier d’articles…Voilà ce qui nous reste aujourd’hui de Joseph Roth. A un enfant qui lui posa un jour la question :  » Pourquoi écris-tu toujours ?  » il répondit simplement :  » Pour que le printemps revienne « .

 

Fin novembre 1933
Roth achève à Rapperswill le roman Tarabas qui doit paraître avant Noël chez l’éditeur Querido. À Amsterdam, Roth négocie le contrat d’un nouveau roman. Dans la revue d’exilés Die Sammlung, éditée par Klaus Mann (Querido, 1933-1935), paraît un extrait de Tarabas.

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Une fable puissante sur les premiers jours de la révolution Russe.

Décembre 1933
Corrections de Tarabas. À Amsterdam, Roth souffre de défaillances (vraisemblablement physiques) et se rend ivre à un rendez-vous avec Gerard de Lange. Il rentre à Paris et s’installe à l’hôtel Foyot. Il doit terminer Les juifs et leurs antisémites avant le 31 mars 1934 pour assurer ses revenus des trois prochains mois. Le livre, qui prend pour titre définitif L’Antéchrist en janvier, est achevé dans les délais. À Vienne, Friederike Roth est internée à l’hôpital psychiatrique Am Steinhof ; elle vivait déjà en institution fermée depuis 1930 après avoir été soignée chez des particuliers à Berlin et à Vienne.

Janvier-février 1934
Roth, malade, ne peut écrire et demande de l’argent à Stefan Zweig.

Février-juin 1934
La guerre civile en Autriche conduit à l’interdiction des partis de gauche. En avril, le Parlement est dissout, le gouvernement du chancelier Engelbert Dollfuß gouverne par ordonnances et modifie la constitution. En mai, la nouvelle constitution entre en vigueur et fonde l’État « corporatiste ». Après plusieurs attentats, les nazis autrichiens tentent un putsch le 25 juillet 1934 : il échoue mais Dollfuß est assassiné. Kurt Schuschnigg devient chancelier. Les putschistes nazis sont exécutés mais les militants « illégaux » et certains hauts dignitaires gouvernementaux, comme le vice-chancelier Starhemberg poursuivent la politique d’intimidation et d’idéologisation de la population dans un sens favorable à l’extrême-droite.

Mars 1934
La traduction du roman La marche de Radetzky par Blanche Gidon paraît chez l’éditeur parisien Plon.

Printemps 1934
Travail à des nouvelles qui doivent paraître en recueil. Le buste de l’empereur et Triomphe de la beauté, traduites en français, sont publiées en revue. Le roman Tarabas, un hôte sur cette terre, paraît chez l’éditeur Querido. Négociations au sujet de parutions en anglais. Les dettes de Roth s’accumulent. Un nouveau roman doit être terminé pour octobre. Roth part à Marseille où il souhaiterait travailler quelques jours dans le calme.

11 juillet 1934
Roth part à Nice avec Andrea Manga Bell où, dans un premier temps, invités par Kesten, ils partagent la maison du 119, promenade des Anglais avec Hermann et Toni Kesten ainsi que Heinrich Mann et Nelly Kröger. Roth écrit le roman Les Cent jours. Il rencontre Stefan et Friederike Zweig, Ludwig Marcuse, Schalom Asch, René Schickele, Valeriu Marcu et d’autres émigrés. Il redemande sans cesse de l’argent à Zweig. La situation s’aggrave avec Landshoff et les éditions Allert de Lange. Roth espère être soutenu par Huebsch, qui est un ami de Zweig. Négociations infructueuses avec les éditeurs-agents anglais Gollancz et Holroyd-Reece.

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 « Les Cent-Jours: parenthèse étrange, qui voit le retour du drapeau tricolore et de la Marseillaise, période trouble, que fait revivre Joseph Roth, dans l’intimité d’un empereur assailli par les doutes. Car les vivats de la foule vont, il le sait, au Bonaparte créé par l’imagerie populaire, à ce général audacieux, auquel il ne ressemble plus. C’est de cette image glorieuse qu’est éprise en secret Angéline, une lingère du palais, qui lie résolument son sort à celui de son maître.
De ces destins croisés, Roth suggère qu’ils ont la même grandeur : la conclusion de ce roman émouvant servi par une prose enthousiaste et lyrique, est qu’il n’y a pas de grande ou de petite Histoire. En revanche, il y a l’importance que les événements revêtent aux yeux de ceux qui les vivent. L’amour d’Angéline vaut la conquête de l’Europe, et la mort de son fils, la défaite de l’empereur. Une fois encore, Roth livre le fruit de ses réflexions sur l’Histoire, qui n’est jamais chez lui une entité abstraite, mais toujours, se fait chair. »

Septembre 1934
Les contacts avec les cercles monarchistes autour d’Otto de Habsbourg et des clercs catholiques exilés d’Allemagne et d’Autriche s’intensifient. L’Antéchrist paraît aux éditions Allert de Lange, à Amsterdam, avec de grossières fautes d’impression selon Roth.

1er-22 septembre 1934
Triomphe de la beauté, traduit par Blanche Gidon, paraît en quatre épisodes dans la revue renommée Les nouvelles littéraires.

 15 septembre 1934
Kesten quitte Nice. Roth et Manga Bell emménagent dans la maison voisine, 121 promenade des Anglais.

18 septembre 1934
La situation financière de Roth s’aggrave : il écrit 10 à 12 heures par jour. Le séjour de son épouse Friederike à l’hôpital Am Steinhof n’est payé que jusqu’en octobre. Roth sollicite à nouveau le soutien financier de Zweig. Les beaux-parents, encouragés par Roth, préparent leur émigration en Palestine.

Septembre 1934
Roth ne termine pas dans les délais la rédaction du roman Les Cent jours.

2 octobre 1934
Blanche Gidon prévoit une traduction française de L’Antéchrist qui ne sera pas réalisée.

Janvier-février 1935
Toujours à Nice, Roth emménage à l’hôtel Imperator, boulevard Gambetta. Comme à son habitude, après une période (souvent courte) de satisfaction concernant sa dernière œuvre, Roth se met à la dénigrer : il estime que L’Antéchrist est un échec parce qu’il a été écrit trop vite (il ne trouve un accueil favorable qu’en Hollande).

15 février 1935
Roth essaie de rédiger lentement et soigneusement son roman Les Cent jours, bien que le délai de remise du manuscrit soit déjà largement dépassé. Il craint de perdre l’éditeur américain Huebsch. Les éditions Allert de Lange ne versent plus d’avance.

Printemps 1935
Négociations éditoriales à Amsterdam. Roth assiste à une soirée du cabaret Pfeffermühle (Le moulin à poivre), dirigé par Erika Mann, et en sort enthousiasmé.

6-14 mai 1935
La Pariser Zeitung publie Triomphe de la beauté.

14-30 mai 1935
Séjour à Vienne, hôtel Bristol. Roth souhaite engager une procédure de divorce.

Juin 1935
Grâce à l’intervention de Soma Morgenstern et de Walter Landauer, Friederike Roth est admise gratuitement à l’hôpital Mauer-Öhling à Amstetten. Roth abandonne ses projets de divorce. Il se rend à Nice et Marseille puis rentre à Paris (hôtel Foyot). Décès de l’éditeur Gerard de Lange, favorable à Roth et souvent enclin à lui accorder des avances. Roth doit à sa maison deux romans : Les Cent jours (achevé) et L’habitué (qui deviendra Confession d’un assassin, prêt d’être achevé).

Août 1935
Après s’être libéré de ses obligations, Roth veut se séparer d’Allert de Lange avec l’aide de Stefan Zweig. Sur la suggestion de ce dernier, il envisage d’entrer en rapport avec la maison d’édition Herbert Reichner de Vienne à condition d’obtenir une garantie de revenus pour un an. Roth envisage un grand roman sur l’ambiance de son enfance, sous le titre Fraises.

28 juillet-1er août 1935
Le buste de l’empereur est publié dans le Pariser Tagblatt.

Octobre 1935
Roth entame une collaboration avec la revue autrichienne Der Christliche Ständestaat (L’État corporatiste chrétien) commence ; par ailleurs, Roth publie des articles, entre autres dans les revues Das neue Tagebuch et Wiener Montagszeitung. Le roman Les Cent jours paraît aux éditions Allert de Lange.

18 octobre 1935
Roth ne croit pas au succès des Cent jours. Dans une lettre à Zweig, il tire un bilan : il n’est un auteur reconnu qu’en Hollande ; en Suisse, les revues importantes ne tiennent pas compte de lui ; en Autriche, il est assis entre deux chaises ; en France, il est brouillé avec Gabriel Marcel, directeur de collection aux éditions Plon, à cause de l’échec de la traduction de L’Antéchrist. Il redemande à Zweig de l’aider en prenant des contacts en son nom et en écrivant aussi à Huebsch.

Automne-Hiver 1935
Roth séjourne à Paris, toujours à l’hôtel Foyot. Il rencontre des difficultés avec tous les éditeurs publiant les exilés. Il n’est plus question pour lui de travailler avec Allert de Lange ou Querido ; il n’a engagé que de vagues négociations avec des éditeurs anglais et américains. L’éditeur français Grasset serait disposé à reprendre son nouveau roman si de Lange ne pose pas de conditions excessives. Roth appelle Landauer à l’aide. Sa relation avec Manga Bell l’étouffe – au moins financièrement –, provoquant de violentes scènes entre eux.

Mars 1936
Séjour à Amsterdam, à l’Eden Hotel. D’âpres négociations avec Landauer (Allert de Lange) et Landshoff (Querido) n’aboutissent à aucun contrat ni à aucun versement d’honoraires. Querido ne versera d’argent qu’à la réception d’un manuscrit achevé, ce à quoi Roth rétorque que l’éditeur a reçu le manuscrit de sa meilleure nouvelle, Léviathan (composition et premières épreuves en 1936, première parution en livre seulement en 1940). La vie à Amsterdam est trop chère, mais il s’y fixe et travaille au roman L’habitué (titre définitif : Confession d’un assassin). L’ouvrage est achevé dans ses grandes lignes mais Roth, insatisfait, « fait du remplissage ». L’état psychique de sa femme Friederike connaît une courte amélioration : il en résulte de nouveaux soucis pour lui trouver un lieu d’accueil gratuit.

30 mars 1936
Un nouveau contrat entre Roth et Querido est enfin conclu. Manga Bell séjourne chez une amie du couple à Rapperswill. Un nouveau roman doit paraître en juin. Les épisodes qui devaient constituer le grand roman Les fraises sont recyclés sous l’empire de la nécessité. Zweig conseille à de nombreuses reprises de convertir des idées de roman en scénarii pour le cinéma.

Mai 1936
Roth est toujours à Amsterdam ; il est malade et écrit à Stefan Zweig pour le supplier de venir l’aider. Nouveau contact avec Blanche Gidon à laquelle il promet de confier la traduction du roman fraîchement composé. Roth et Andrea Manga Bell se séparent définitivement.

11 mai 1936
Toujours à l’Eden Hotel à Amsterdam. Roth corrige en deux semaines les épreuves du roman Confession d’un assassin qui n’a pas donné matière au scénario de film envisagé. Zweig envoie à Roth 3 000 francs qu’il a reçus d’un éditeur hollandais. Roth emprunte 50 guldens à l’hôtel. Son état physique se détériore : toux, jambes gonflées ; il boit du lait « pour se désintoxiquer » et ne supporte plus aucun aliment solide.

29 mai 1936
Dans une lettre, Roth déclare qu’il boit du vin, plus de schnaps (ce qu’il décrit à Zweig comme un régime), qu’il ne possède que deux costumes et six chemises et qu’il lave lui-même ses mouchoirs. Il a dépensé par anticipation une bonne partie de l’argent promis par Zweig et souhaiterait, une fois les corrections achevées, se rendre à Bruxelles, s’il peut obtenir un visa, car la vie y est moins chère.

12 juin 1936
Roth donne une conférence sur le thème « Foi et progrès » dans la librairie de l’éditeur Allert de Lange à Amsterdam. Il souffre de solitude après sa séparation. Depuis des années, il vit au jour le jour, sans réserve financière, et contracte donc de lourdes dettes. Landauer l’aide de ses propres deniers.

24 juin 1936
Roth attend à Amsterdam son visa qui devrait en fait lui être délivré en Autriche. Après réception du document, il part pour Bruxelles, où il descend à l’hôtel Siru.

juillet 1936
Roth accepte une invitation de Zweig à Ostende. Il y retrouve Hermann Kesten, Egon Erwin Kisch et Ernst Toller. Il fait la connaissance de l’écrivain Irmgard Keun, émigrée en 1935.

Juillet 1936
Séjour à Ostende, hôtel de la Couronne. Roth essaie à nouveau de vendre ses nouvelles les plus récentes à divers éditeurs, ce qu’il ne peut faire qu’avec l’accord de l’éditeur Querido ; échec de la démarche. Début de la relation avec Irmgard Keun. Sous l’influence de Zweig, Roth refuse de consulter un médecin : son état ne s’améliore pas ; il ne mange qu’une fois par jour.Il travaille au roman Les fausses mesures. L’éditeur Viking Press (Huebsch) résilie son contrat : Roth perd toutes ses chances d’être publié dans les pays anglophones.

1er août 1936
Visite à Otto de Habsbourg à Stenokerzeel (Belgique).

8 août 1936
Landauer refuse de verser de l’argent à la livraison d’un nouveau manuscrit car le montant des avances autorisées est largement dépassé.

4 septembre 1936
Roth répond à l’invitation de son vieil ami Heinrich Wagner à venir le voir à Calais, avant que ce dernier ne parte pour Londres.

Septembre 1936
Le roman Confession d’un assassin, racontée en une nuit paraît chez Allert de Lange.

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Sem Semjonowitsch Golubtschick se croit fils illégitime du prince Krapotkin, et se lance dans une quête éperdue pour être reconnu par ce père indifférent. Il est alors amené à faire partie de l’Okhrana, police secrète du tsar. Bourreau de dissidents et victime de ses passions, il va commettre l’irréparable. Roman écrit en 1936, par J. Roth qui a fui l’Autriche en 1933 et s’est réfugié à Paris.

28 octobre 1936
Signature, à Amsterdam, d’un contrat entre Roth et Cornelis Johannes Vos, représentant d’un petit éditeur catholique, De Gemeenschap. La date de remise du roman La 1002e nuit est par la suite plusieurs fois repoussée. Roth obtient un droit de regard particulier sur la vente des droits dérivés de ses œuvres. Il obtient de son nouvel éditeur, à partir de décembre, une avance mensuelle de 125 florins. Le vol d’un de ces paiements par son secrétaire à Amsterdam défraie la chronique.

Novembre 1936
Roth voyage à Bruxelles et Zürich avec Irmgard Keun et Paula Grübel.

22 novembre-16 décembre 1936
Séjour à Vienne avec Irmgard Keun, à l’hôtel Bristol. Roth travaille au roman La crypte des Capucins.

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Le narrateur, François Ferdinand, parent des Trotta de La Marche de Radetzky, a connu une jeunesse insouciante dans la Vienne de la  » Belle Epoque « . Mais la guerre qui l’entraîne aux confins de l’Empire où il sera fait, un temps, prisonnier des Russes, provoque l’écroulement de son pays, la débâcle de sa fortune et de ses illusions. Ce dernier roman, grave et mélancolique, écrit à la première personne, apparaît comme le testament-confession de l’auteur..

Décembre 1936
Par l’intermédiaire de son contact à Vienne (sa belle-sœur Hedy Pompan), Roth envoie à l’éditeur De Gemeenschap les cent premières pages du Conte de la 1002e nuit.

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À un chah de Perse saisi de tenace mélancolie, le chef de ses eunuques conseille un voyage dans la vieille Europe. Ainsi, pour la première fois depuis des siècles, le descendant des envahisseurs orientaux revient à Vienne, en voyage officiel cette fois. Il jette bientôt son dévolu sur une ravissante comtesse, exige de passer une nuit avec elle. Les autorités, police, militaires, s’emploient à satisfaire son caprice. Mais c’est dans une maison close aménagée pour l’occasion, auprès d’une prostituée qui ressemble à la comtesse, que sera habilement guidé le potentat ravi.
Commencé à la manière d’un conte oriental, le récit prend bientôt sa véritable dimension de roman viennois, roman d’une société naïve et cynique, corrompue et promise à la mort. Cette 1002e nuit est bien l’une des dernières fêtes viennoises célébrée par la littérature.

 

Hiver 1936-1937
Invité par le Pen-Club polonais, Roth, accompagné d’Irmgard Keun, entreprend une tournée de conférences qui les mène à Lemberg (Lvov), Varsovie, Vilna et autres villes. Jour de l’an chez des parents à Lemberg. Irmgard Keun rapporte que Roth se portait nettement mieux « chez lui » : il boit moins et mange avec appétit.

28 mars 1937
Une version de la conférence paraît dans la revue Der christliche Ständestaat sous le titre La superstition du progrès. Roth donne sa conférence dans la salle de l’association viennoise d’artistes Hagenbund.

15 avril 1937
Roth répond à une invitation de Friederike Zweig à Salzbourg, où il réside à l’hôtel Stein.

Pentecôte 1937
Le roman Les fausses mesures paraît chez l’éditeur Querido à Amsterdam.

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8-22 mai 1937
Vienne, hôtel Bristol. Roth se porte candidat pour une bourse de l’American Guild for German Cultural Freedom, fonds de soutien aux intellectuels émigrés, auprès duquel il joue également le rôle de conseiller. Il repart peu après pour Salzbourg.

Juin 1937
Bruxelles, hôtel Cosmopolite. Le Conte de la 1002e nuit ne paraît pas. Roth travaille au roman La crypte des Capucins pour continuer à recevoir des avances et corrige en même temps le précédent roman. L’éditeur De Gemeenschap s’impatiente. Roth demande à Blanche Gidon de s’entremettre pour lui afin d’obtenir le versement d’une avance de la revue Candide ; il soupçonne l’éditeur Allert de Lange de retenir des honoraires qui lui étaient destinés.
Un périodique américain souhaite publier des nouvelles de Roth, mais ses papiers sont toujours chez Manga Bell et chez son avocat Samuel Feblowicz à Paris. Il sollicite également l’aide de Blanche Gidon sur ce point. Querido cesse de défendre les intérêts de Roth en France. Roth espère que Blanche Gidon pourra faire publier Les fausses mesures par des éditeurs français ; il estime que ce roman est plus réussi que Confession d’un assassin.

Juillet 1937
Hermann Kesten invite Roth à Ostende. Un accord entre l’Allemagne et l’Autriche doit pacifier les relations entre les deux pays : les attentats nazis diminuent et des sympathisants nazis sont nommés à des postes officiels et au gouvernement. Les tentatives d’intégration de Schuschnigg ont aussi peu d’effet que ses déclarations sur l’indépendance de l’Autriche et les différences foncières avec le troisième Reich.

22 juillet 1937
Décès à Vienne de Karl Tschuppik, ami très proche. Roth déplore deux nécrologies. Il déplore la perte de nombreux proches dans les dernières années.

4 août 1937
L’éditeur zurichois Niehans propose à Roth de collaborer à la revue bimestrielle Maß und Wert à laquelle participent, entre autres, Thomas Mann, Konrad Flake, Ferdinand Lion (et, à partir de 1939, Golo Mann et Emil Oprecht). Il refuse l’honoraire « dérisoire ».

8 août 1937
Bruxelles. Le gérant des éditions De Gemeenschap étant en congé, Roth ne perçoit pas son versement mensuel. L’hôtel exige d’être payé, Roth n’a plus rien, « excepté des timbres » ; il demande à nouveau de l’argent à Stefan Zweig. Il ne voit pas d’issue et cherche à allonger les délais de remise de ses manuscrits.

Octobre 1937
Paris, hôtel Foyot.

2 novembre 1937
L’hôtel Foyot, résidence de Roth depuis de longues années, est détruit. Il emménage d’abord à l’hôtel Paris-Dinard, tout proche. À partir du printemps 1938, il réside à l’hôtel de la Poste, 18 rue de Tournon, juste en face de l’emplacement de l’hôtel Foyot. Y habitent également Soma Morgenstern et Jean Janès ainsi que, temporairement, Stefan Fingal.


12 Février 1938

Un entretien entre Hitler et Schuschnigg à Berchtesgaden démontre la position de faiblesse de Schuschnigg et laisse présager l’Anschluß. Contre la propagande nazie, Schuschnigg essaie de démontrer l’attachement de la population à l’Autriche en appelant à un référendum sur la liberté et l’indépendance de l’Autriche, le 13 mars 1938. Alors que l’influence nazie est très forte au sein du gouvernement (de nouveaux ministres sont des nazis déclarés, comme Arthur Seyß-Inquart), Schuschnigg ne tente qu’un timide rapprochement en direction des dirigeants sociaux-démocrates.

24 février-2 mars 1938
Roth se rend pour la dernière fois à Vienne, pour le compte des légitimistes autrichiens. Il descend à la pension-hôtel Atlanta. Le dernier discours de Schuschnigg devant le Parlement, retransmis à la radio, inspire à Roth son article « Victoria victis » qui paraît dans le dernier numéro de Der Christliche Ständestaat. Roth essaie d’être reçu par le chancelier Schuschnigg pour plaider en faveur d’une prise du pouvoir par Otto de Habsbourg, sans résultat. L’offre du prétendant Otto de Habsbourg d’assumer la responsabilité du gouvernement en Autriche afin de faire échec à la menace de l’annexion allemande est rejetée par Schuschnigg. Les chances de réussite d’une telle entreprise, si elle avait été réalisée, sont généralement jugées assez faibles.

2 mars 1938
Roth quitte Vienne.

11 mars 1938
Démission de Schuschnigg imposée par l’Allemagne. Arthur Seyß-Inquart forme un gouvernement provisoire.

13 mars 1938
Les troupes d’Hitler entrent en Autriche ; l’Anschluß est accompli. Très rapidement, les lois nazies entrent en vigueur en Autriche. L’émigration de nombreux persécutés commence. D’éminents opposants à l’Allemagne (également issus du camp conservateur) sont internés et envoyés en camp de concentration. La France et de l’Angleterre n’expriment pas l’opposition espérée.

16 mars 1938
Paris, hôtel de la Poste.
Après une présentation de Pierre Bertaux, Roth tient à la radio française un discours sur l’annexion de l’Autriche.
Contact avec Hubertus zu Löwenstein et poursuite de l’activité politique en faveur de l’American Guild for German Cultural Freedom. Roth assiste des émigrés et participe à des actions caritatives. En raison des événements politiques, Roth persuade l’éditeur De Gemeenschap d’avancer la sortie du roman La crypte des Capucins et de retarder la publication de Le conte de la 1002e nuit, bien qu’elle soit complètement corrigée et déjà imprimée à quelques exemplaires.

28 mars- 4 avril 1938
Réunions organisées par le Comité de défense des écrivains allemands et le Congrès international pour la défense de la culture en faveur de l’Autriche. Roth participe activement à ces deux manifestations.

13 juin 1938
Cérémonie commémorative organisée par le Comité de défense des écrivains allemands en l’honneur de l’auteur autrichien Ödon von Horváth, mort à Paris le 1er juin. Roth figure parmi les orateurs.

30 septembre 1938
Avec les accords de Munich, l’Angleterre, la France et l’Italie concèdent à l’Allemagne l’annexion du pays des Sudètes.

Fin de l’automne 1938
Roth se rend à Amsterdam pour rencontrer l’éditeur de Lange. Il écrit La légende du saint buveur. Il est épuisé, physiquement et intellectuellement. Il aurait emprunté à l’hôtelier l’argent de son billet de retour à Paris.

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Dans cette longue nouvelle écrite en 1939 peu avant sa mort, le portrait d’un clochard empreint d’ironie et d’humour, proche de l’auteur.

Fin décembre 1938
Le roman La crypte des Capucins paraît chez l’éditeur De Gemeenschap, à Bilthoven.

21 janvier 1939
Dorothy Thompson, présidente du PEN-Club américain, invite Roth à la World’s Fair qui se tient à New York du 5 au 10 mai 1939. Roth accepte mais ne part pas.

15 février-1er mai 1939
Une série d’articles de Roth paraît dans la revue monarchiste Die Österreichische Post sous le titre Journal noir et jaune (Schwarz-gelbes Tagebuch). À partir de février 1939, Roth exprime de violentes divergences avec la direction de la revue (sans sortir des limites de la correspondance privée). La crypte des Capucins paraît en feuilleton dans cette revue.

Printemps 1939
Roth travaille à un essai sur Georges Clemenceau. Mauvaise santé ; ses amis Soma Morgenstern, Ludwig Marcuse, Stefan Fingal et Jean Janès le soutiennent. Il rencontre souvent Blanche Gidon et Friederike Zweig.

11 mars 1939
Pour le premier anniversaire de l’annexion de l’Autriche, Roth participe à plusieurs rassemblements. Une grande manifestation de la Ligue de l’Autriche vivante (dont Roth est vice-président avec Franz Werfel et Emil Alphons Rheinhardt) se tient à la salle Adyar.

16 mars 1939
Hitler annonce la formation du Reichsprotekorat de Bohême-Moravie, qui fait partie du Grand Reich. Il poursuit ainsi sa politique d’annexion, soulevant pour la première fois des protestations officielles sans, toutefois, aucune sanction.

27 avril 1939
Contrat de Roth avec l’éditeur de Lange pour la nouvelle La légende du saint buveur en lieu et place de l’essai sur Clemenceau.

9 mai 1939
Roth promet à la Guild for German Cultural Freedom un article qui ne paraîtra jamais.

24 mai 1939
Roth apprend au café Le Tournon la nouvelle du suicide d’Ernst Toller à New York : il s’effondre. Alertés par l’hôtelière, Blanche Gidon, Friederike Zweig et Soma Morgenstern le font transporter à l’hôpital Necker.

27 mai 1939
Roth meurt à 5 h 55 à l’hôpital Necker.

30 mai 1939
Roth est enterré à 16 heures au cimetière de Thiais.
Les papiers de Roth qui se trouvent à l’hôtel sont rassemblés et conservés par différentes personnes.

Juin 1939
La légende du saint buveur paraît aux éditions Allert de Lange.

3 juin 1939
Représentation unique, au théâtre Pigalle, de l’adaptation théâtrale de Hiob, réalisée par Victor Clerment, sur une musique d’Erich Zeisl.

Août-septembre 1939
Pacte de non-agression entre l’Allemagne et l’Union soviétique. Le 1er septembre, l’Allemagne attaque la Pologne sans déclaration de guerre préalable. L’Angleterre et la France déclarent la guerre à l’Allemagne le 3 septembre, après l’expiration d’un ultimatum. La Deuxième guerre mondiale commence.

Décembre 1939
Le conte de la 1002e nuit est publié dans sa version définitive par l’éditeur De Gemeenschap.

Printemps 1940
La nouvelle Leviathan est imprimé par l’éditeur Querido mais n’est vraisemblablement pas mise en vente.

Juillet 1940
Friederike Roth est transférée à l’hôpital psychiatrique de Niedernhart près de Linz, où elle est euthanasiée.

Source : Joseph Roth im Exil in Paris 1933 / 1939, de Heinz Lunzer et Victoria Lunzer-Talos (victoria.lunzer -at- univie.ac.at), 2008. Merci à François W. pour la traduction. Ce livre n’existe actuellement qu’en allemand. Une exposition lui est associée, qui viendra peut-être un jour à Paris. www.literaturhaus.at/veranstaltungen/roth_exil/presseinfo/  – Source texte: Terre d’écrivains

Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

Joseph Roth « L’exil à Paris 1933 ~ 1939″ – Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme – Hôtel de Saint-Aignan – 71, Rue du Temple – 75003 Paris – Tel: 01.53.01.86.60- Métro : Rambuteau, Hôtel de Ville, Bus : 29, 38, 47, 75, RER : Châtelet-Les Halles, Parking : Pompidou, Beaubourg, Hôtel de Ville, Baudoyer - Du 17 Juin au 4 Octobre 2009 - Du lundi au vendredi : 11h00 à 18h00, Dimanche : 10h00 à 18h00, Fermeture des caisses à 17 h 15 - Nocturnes exceptionnelles jusqu’à 21h, les jeudis 25 juin, 10 et 24 septembre 2009 (fermeture des caisses à 20h15) - Tarifs: Plein: 6,80€, Réduit: 4,50€, Groupes de 10 à 25 personnes: 5,00€ par personne -

Whatever Works de Woody Allen

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Comédie de et réalisée: par Woody Allen

Avec: larry David, Evan Rachel Wood, Ed Begley Junior…

Durée: 1h32mn

Année: 2009

 

Boris Yellnikoff est un génie de la Physique qui a raté son mariage, son prix Nobel et même son suicide. Désormais, ce brillant misanthrope vit seul, jusqu’au soir où une jeune fugueuse, Mélody, se retrouve affamée et transie de froid devant sa porte. Boris lui accorde l’asile pour quelques nuits. Rapidement, Mélody s’installe. Les commentaires cyniques de Boris n’entament pas sa joie de vivre et peu à peu, cet étrange couple apprend à cohabiter. Malgré son esprit supérieur, Boris finit par apprécier la compagnie de cette simple jeune femme et contre toute attente, ils vont jusqu’à se marier, trouvant chacun leur équilibre dans la différence de l’autre.

 

 

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 Un an plus tard, leur bonheur est troublé par l’arrivée de la mère de Mélody, Marietta. Celle-ci a fui son mari, qui l’a trompée avec sa meilleure amie. Découvrant que sa fille est non seulement mariée, mais que son époux est un vieil excentrique bien plus agée qu’elle, Marietta s’évanouit. Pour détendre l’atmosphère, Boris emmène Mélody et sa mère au restaurant avec un ami, Léo Brockman…

 

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Bon film,

Saint-Sulpice

 

Whatever Works de Woody Allen – Sortie nationale le 1 Juillet 2009

Contre la Barbarie – Klaus Mann

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Klaus Mann, fils de Thomas et neveu de Heinrich, n’a pas attendu que les nazis soient au pouvoir pour éprouver un dégoût absolu envers eux. Il s’exprime dès le début des années 30 avec un naturel sarcastique et blessé, comme un souffle de l’esprit au cœur, et ses articles de combat rappellent d’abord ceci : avoir raison tout de suite, c’est-à-dire trop tôt, comprendre ce qui se joue quand trop peu de monde veut le voir ou le croire, est une étrange épreuve, pleine de solitude et de masochisme.

Mann sait qu’il est un exilé, un homme qui doit «faire ses preuves face à notre peuple et aussi face au monde» (et encore, ajoutera-t-on, face à son père et à son oncle). Il ne cesse donc de rabâcher la vérité tantôt sur des sourds, tantôt sur des lâches. Puis, quand elle finit par l’emporter, la guerre froide s’installe et pour d’autres raisons il se tue. La vérité aide peut-être à vivre, mais, comme l’écrivain, c’est un animal hors du terrier, fragile et instinctif, palpitant la chamade, une bête non pas cachée, mais isolée. Il n’y a qu’au début, en 1925, que Mann se trompe par optimisme désespéré, lorsqu’il exprime sa «conviction sacrée» que l’Allemagne est «le sol où, après bien des peines et des luttes, l’avenir a enfin le droit de naître», puisque «c’est le pays qui fait le plus d’efforts». Pour une fois, son espoir le trompe sur la vérité. Ensuite, ils s’unissent.

Ces articles furent pour la plupart écrits en exil (après 1933), par un homme déchu de sa nationalité allemande (en 1934) jusqu’à son suicide cannois en 1949. Entre-temps, il était devenu américain. Ils sont publiés dans les journaux ou prononcés en conférence, d’abord en Europe, ensuite aux Etats-Unis, enfin en tant qu’engagé dans les troupes américaines. C’est le dernier versant de la montagne très peu magique de l’auteur, qu’on pouvait déjà aborder par le versant autobiographique (le Tournant), romanesque (le Volcan, Mephisto) ou quotidien (son Journal). On y retrouve d’ailleurs des phrases, des idées, des thèmes qu’on avait lus, d’une manière ou d’une autre, sur les autres versants. Ainsi peut-on vérifier la cohérence et les vertus, immédiates et non retouchées, de son combat contre les nazis et la «révolution nihiliste», pour la tolérance et la démocratie. A une époque où rien de tout cela n’allait de soi.

L’engagement de l’intellectuel et de l’artiste paraissent à Mann plus qu’une nécessité, un état : «Plus une œuvre est passionnante, engagée, « artistique », plus sa faculté d’amender le monde sera grande.» Il n’est pas certain qu’amender soit le mot juste, élargir ou approfondir conviendraient mieux, mais en 1930, quand il écrit ça, le monde va devenir assez coupable pour mériter – ou pour exiger – cet amendement. Les lettres, ouvertes ou non, que Mann écrit aux intellectuels allemands méritent là-dessus d’être méditées. De combien d’hommes allant à la soupe nous répète-t-on toujours ce que Mann en exil doit entendre à propos des artistes s’accommodant du nazisme : «Oui, en apparence il collabore un peu avec eux. Mais il est resté quelqu’un de fondamentalement correct.» Les sociétés corrompues sont comme ça, elles nous expliquent sans cesse que ceux qu’elles avilissent sont des gens formidables, courageux, qui gagnent à être connus. Et le nazisme est avant tout une corruption de l’esprit. C’est pourquoi Mann l’éprouve et le dénonce aussiphysiquement.

On ne peut oublier comment, dans le Tournant, il décrit Hitler, en 1932, dévorant des tartelettes à la fraise dans un salon de thé munichois tout en défendant la pureté de sang d’une actrice qu’il aime : «Il n’était certainement pas réjouissant d’être assis près d’une pareille créature ; et cependant je ne pouvais me rassasier de la vue de cette gueule répugnante.» C’est que le dégoût de Mann n’est pas un caprice plastique, mais une nausée face à des hommes qui, dans tout ce qu’ils sont et font, dégradent l’homme par absence de vérité : «Même quand il serait plus simple de recourir à la vérité, un nazi préfère d’instinct recourir au mensonge […]. On dirait que ces gens sont affligés d’une sorte de répugnance physique face à la vérité. Nous savons d’ailleurs qui donne l’exemple. Il y a quelqu’un qui ne cesse de rabâcher le mot « paix », mais qu’entend-il exactement par là ? Eh bien, comme chaque fois qu’ils ouvrent la bouche : le contraire de ce qu’ils disent.» En 1934, c’est bien vu.

 

Bonne lecture,

Saint-Sulpice

 

Klaus Mann –  Contre la barbarie (1925-1948) – Préface de Michel Crépu – traduit de l’allemand par Dominique-Laure Miermont et Corinna Gepner Phébus, 368 pages – 23€.

 

 

 

 

 

Valadon ~ Utrillo – 6 Mars au 15 Septembre 2009 – Pinacothèque de paris

Valadon ~ Utrillo - 6 Mars au 15 Septembre 2009 - Pinacothèque de paris dans EXPOSITIONS utrillo-valadon-w

 

 Pour la première fois un ensemble complet de la période blanche (1910-1914) de Maurice Utrillo, est rassemblé pour cette exposition exceptionnelle.

 

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 Cette période artistique est caractéristique par l’utilisation de plâtre dans sa peinture.

 

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Celui-ci revendique ainsi son identité montmartroise, puisque c’est de la butte que l’on extrayait le gypse de Paris, depuis des générations.

 

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 Utrillo n’appartient à aucune école, à aucun mouvement, c’est un autodidacte ayant reçu les conseils avisés de sa mère Suzanne Valadon.

 

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 Artiste de talent mais aussi homme fragile, souffrant d’un problème d’alcoolisme dès son plus jeune âge et dont il a toujours eu du mal à se débarrasser. Il fut souvent vu écumant les cabarets de Montmartre et les cafés de Montparnasse avec ses amis Modigliani et Soutine.

 

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Cette exposition est aussi l’occasion de découvrir Suzanne Valadon, cette femme de caractère était un personnage marquant de la vie de bohème de la butte.

 

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 C’est surtout cet aspect romanesque de sa vie qui frappe notre esprit. D’abord acrobate de cirque puis modèle de Puvis de Chavanne, de Renoir et de Degas, elle fut aussi la maitresse de Toulouse-Lautrec, d’Eric Satie…

 

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Cette vie libérée ne doit pourtant pas occulter la talentueuse artiste reconnue et encouragée par ses pairs dès ses premiers pas d’artiste, et évoluant dans cet univers strictement masculin.

 

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En confrontant les œuvres de ces deux artistes nous évoquerons la relation passionnelle et compliquée d’une mère et son fils mais aussi le dialogue de deux artistes.

 

 

 

Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

Pinacothèque de Paris – Du Vendredi 6 Mars au Mardi 15 Septembre 2009 - Tous les jours de 10h30 à 18h.Vendredi 1er mai et mardi 14 juillet de 14h à 18h. Nocturnes tous les premiers mercredis du mois jusqu’à 21h + les mercredis 25 mars, 29 avril, 27 mai et 24 juin.
8, Place de la Madeleine – 75008 Paris – Tarifs: de 7 à 11.30€

 

Biographie Suzanne Valadon

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1865-1938

Marie-Clémentine Valade naît le 23 novembre 1865 à Bessines-sur-Gartempe de père inconnu. Sa mère, Madeleine Valade, 34 ans, est lingère. Elle avait été mariée à un certain Coulaud, condamné comme faussaire et envoyé au bagne, avec qui elle avait eu d’autres enfants.

En 1870 sa mère part avec elle à Paris dont elles vivront le siège lors de la guerre avec la Prusse puis les frayeurs de la Commune. Madeleine travaille le jour comme femme de ménage et le soir comme repasseuse. Il lui reste donc peu de temps pour s’occuper de sa fille, qu’elle confie d’abord à une concierge, puis à sa fille majeure et, pour finir, au monastère Saint-Jean à Montmartre. Marie-Clémentine suivra quand même des cours dans une école religieuse mais on supporte mal sa curiosité et son indiscipline. Dès 1877 elle quitte l’école et commence à travailler en occupant plusieurs petits emplois. Elle réalise son rêve d’enfant en devenant trapéziste au cirque ambulant «Molier». Mais à 15 ans, une chute malheureuse met fin à sa carrière. Il ne lui reste que le dessin comme passe-temps. Pour aider sa mère, elle porte le linge repassé chez les clients. C’est à cette occasion qu’elle fait la connaissance du peintre Puvis de Chavannes, dont elle devient le modèle. Elle pose également pour Renoir qui devient aussi son amant. A partir de 1881 elle fréquente le milieu artistique de Montmartre où elle a vite plusieurs admirateurs. D’abord un certain Boissy, chansonnier, puis Miguel Utrillo y Molins, un aristocrate espagnol, homme de lettres et critique d’art.

Quand, à 18 ans, elle attend un enfant, elle ne sait pas qui est le père. Son fils Maurice naît le 26 décembre 1883. Assez vite elle laisse sa mère s’occuper de l’enfant pendant qu’elle gagne sa vie comme modèle pour Renoir, puis pour Steinler, Henner et Zandomeneghi. A cette époque elle fait des dessins, surtout des portraits, à la mine de plomb, du fusain et du sanguin. Miguel Utrillo qui s’intéresse à l’enfant vient régulièrement en visite chez les Valade, mais Maurice le déteste. En 1886 Marie-Clémentine et sa mère déménagent rue de la Tourlaque, dans la maison où Henri de Toulouse-Lautrec loue un atelier. Très vite ils font connaissance. Sa petite taille (1,54 m), à peine plus grande que lui, plaît beaucoup à Toulouse-Lautrec et elle devient son modèle ainsi que sa maîtresse. Elle l’accompagne partout pendant ses escapades nocturnes et c’est Toulouse-Lautrec qui lui donne le prénom de Suzanne parce qu‘elle pose nue pour des peintres âgés. Après avoir découvert par hasard quelques dessins faits par Suzanne, il lui conseille de les montrer à Degas. Celui-ci est enthousiaste et Suzanne devient son élève et sa protégée. Comme lui, elle sera toute sa vie portraitiste. Quand, en 1888, Toulouse-Lautrec apprend que Susanne veut l’épouser il rompt avec elle. Suite à cette rupture elle tente de se suicider.

En 1892 Suzanne devient d’abord la maîtresse du compositeur Eric Satie puis de son ami Paul Mousis. A la même époque elle commence la peinture à l’huile. Miguel Utrillo reconnaît Maurice comme son fils malgré que ce dernier le déteste. En 1896 Suzanne épouse Paul Mousis et ils s’installent au 12 de la rue Cortot en haut de la butte Montmartre. La situation financière confortable de son mari lui permet de se consacrer entièrement à la peinture et sa carrière d’artiste connaît un essor : en plus de la peinture, Degas lui enseigne la gravure et elle expose régulièrement. Maurice vit toujours avec sa grand-mère mais à treize ans il boit déjà, il est insupportable, maussade et se sent rejeté par sa mère.

Suzanne a une vie rangée à côté de son mari, tout en s’occupant de la peinture. A seize ans Maurice doit être interné à Sainte Anne suite à ses problèmes avec la boisson. Quand il revient, Suzanne l’oblige à peindre pour l’occuper, mais il continue à boire, ce qui lui apporte régulièrement des problèmes. Finalement il est mis à la porte par son beau-père. Suzanne demande à André Utter, un ami de son fils, électricien et peintre amateur de 28 ans de poser pour son tableau  Adam et Ève où elle se représente elle-même en tant qu’ Eve. Peu de temps après, Suzanne, âgée de 44 ans, quitte son mari après 13 ans de mariage pour aller vivre avec André Utter. Suzanne Valadon, Maurice Utrillo et André Utter forment la fameuse « trinité maudite » connue pour ses excentricités autodestructrices qui choquent l’entourage.

Bien que les critiques soient favorables à l’œuvre de Suzanne et qu’elle fasse des expositions, elle ne vend pas beaucoup. Les peintures de Maurice Utrillo sont plus en demande, mais généralement il les échange contre de la boisson. En 1912 il est de nouveau dans un institut pour désintoxication. La guerre éclate et André Utter, soldat, est envoyé dans l’Ain.
Après la mort de sa mère, Suzanne se retrouve seule et privée de ressources. Elle fait les moissons en Beauce où les femmes remplacent les paysans mobilisés ou vend des gouaches en échange de nourriture. En 1914 elle épouse André Utter. Quand la guerre est finie Suzanne reprend ses activités picturales. Elle expose, entre autre, chez Berthe Weill mais ne vend pas beaucoup, au contraire de son fils. Maurice fait encore un séjour dans un asile, dont finalement il s’évade. Suzanne et André décident de le faire vivre de nouveau chez eux, sous leur surveillance. Ils ne réussissent pas de l’empêcher de boire, mais depuis qu’Utter gère les affaires d’Utrillo, ils ont de nouveau de l’argent.

Suzanne est sollicitée de tous les côtés pour exposer et le trio vit une vie de luxe grâce à la vente des tableaux d’Utrillo qui atteint des chiffres jamais vus. Ils achètent même un château dans l’Ain. Utrillo est laissé dans le château sous la surveillance du concierge, tandis que Suzanne et André retournent à Paris. Vu le succès de l’oeuvre de Suzanne, une rétrospective est organisée, puis en 1932 une importante exposition avec un catalogue préfacé par Edouard Herriot. Mais les ventes sont quasiment nulles.
Maurice vit de nouveau à Paris sous la surveillance de sa mère et de son beau-père. Mais le mariage de Suzanne va mal et Utter l’abandonne pour s’installer dans un grenier rue Cortot. En 1935 elle est hospitalisée suite à une crise aiguë d’urémie qui la laisse dans un état d’exténuation. C’est pendant cette période que la veuve d’un banquier belge, Lucie Valore, vient lui tenir compagnie.
Devant les inquiétudes de Suzanne qui se demande qui s’occupera de son fils après sa mort, Lucie dit qu’elle est prête à l’épouser. L’idée amuse d’abord Suzanne, puis elle commence à se rendre compte qu’elle perdrait tout le confort auquel elle s’est habituée. Utter en apprenant la nouvelle proteste violemment mais sans résultat : Maurice Utrillo, devenu catholique en 1933, épouse Lucie deux ans après.

Suzanne se retrouve seule et recommence à visiter des bistrots. C’est là qu’elle rencontrera son dernier grand ami, le peintre Gazi. Suzanne vieillit, sa production diminue et elle meurt d’une congestion cérébrale le 17 avril 1938. Utrillo, pris d’une crise nerveuse, n’assistera pas aux obsèques qui sont menées par André Utter.

 

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Biographie Maurice Utrillo

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Né un jour de Noël , rue du Poteau à Montmartre, un quartier de Paris, Utrillo est un des rares peintres célèbres de Montmartre qui y soit né. C’est le fils de Marie-Clémentine Valadon, qui troqua son prénom contre celui de « Suzanne », qu’elle jugeait plus élégant, et d’un père inconnu. Elle devint le modèle de Puvis de Chavannes, Pierre-Auguste Renoir (qui l’appelait Maria), de Toulouse-Lautrec et de bien d’autres peintres Montmartrois. C’est en les observant qu’elle apprit à peindre et se lança dans ses premiers dessins (son fils était un de ses modèles préférés quand il acceptait de tenir la pose). On lui présenta le maître Edgar Degas qui lui apprit quelques techniques, l’encouragea à peindre et fut son premier acheteur.

L’enfance de Maurice se déroula auprès de sa grand-mère, à qui sa mère l’avait confié. Ses sentiments d’abandon et de solitude le firent sombrer progressivement dans l’alcool, qui provoqua chez lui de nombreux troubles (violence, démence). Ses études en furent affectées. À partir de l’âge de 18 ans, il fit plusieurs séjours à l’asile. Cependant, ses occupations thérapeutiques le sauvèrent et contribuèrent peut-être à révéler son génie. En tout cas, il reçut les encouragements de sa mère lorsqu’elle pensa découvrir en lui un nouveau talent. Maurice Utrillo fit alors la rencontre du peintre Alphonse Quizet et commença à peindre régulièrement à partir de 1910 et parvint à vivre de sa peinture. Il produisit des centaines de toiles en plusieurs décennies et fut beaucoup plagié (il existe une multitude de faux et d’œuvres douteuses).

Dès les années 1920, il devint un peintre célèbre et le gouvernement français le décora de la croix de la Légion d’honneur en 1929.

Il épousa en 1935 Lucie Valore avec laquelle il s’installa au Vésinet. Elle joua un rôle dans la gestion des finances du couple et surveilla Maurice afin d’éviter sa rechute dans l’alcoolisme.

 

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Il mourut le 5 novembre 1955 à Dax où il était en cure avec son épouse et fut enterré au cimetière Saint-Vincent à Montmartre, Paris, face au Lapin Agile.

 

 

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