Edvard Munch ou l’anti-cri – Pinacothèque de Paris – Paris – 19 Février au 18 Juillet 2010

 Edvard Munch ou l'anti-cri - Pinacothèque de Paris - Paris - 19 Février au 18 Juillet 2010 dans EXPOSITIONS Paris_Art_Moderne

 

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Edvard Munch (1863-1944) est connu exclusivement pour une seule œuvre : le Cri. Travail certes emblématique, mais si peu représentatif de l’ensemble de  son œuvre. La notoriété exagérée de ce tableau a eu pour conséquence d’occulter la réelle dimension et le vrai message de l’artiste.

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Soirée sur l’Avenue Karl-Johann – 1892 - Crédit Peinture: © Edvard Munch

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Il est étonnant de constater si tôt dans l’Histoire de l’art un artiste se détacher de toutes les conventions auxquelles nous avaient habitué les artistes et les mouvements précédents.

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Songe d’une nuit d’été: La voix - 1893 - Crédit Peinture: © Edvard Munch

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 Il est prodigieux de remarquer dès les années 1880 Munch s’attaquer aux couches de couleur, de le voir véritablement labourer la surface picturale ou encore laisser son œuvre sous la pluie et la neige, transférer des photographies et des films muets à l’intérieur de ses toiles et de ses œuvres graphiques.

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 La Madone - 1894 - Crédit Peinture: © Edvard Munch

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 Surprenant encore la transgression avec laquelle il supprime les frontières entre les supports et les techniques, dans ses gravures, dessins, peintures, sculptures, collages, photographies et films.  Il s’inscrit dans la lignée de William Turner et de Gustave Courbet, Il est le chaînon manquant entre les artistes tels que Pablo Picasso, Georges Braque, Jean Dubuffet et Jackson Pollock dans l’histoire du Modernisme. C’est par ces dépassements sans limite pour l’époque et surtout par son attachement aux qualités matérielles de la peinture et des supports que Munch laisse une œuvre bouleversante d’une force incomparable.

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 La Puberté - 1893 - Crédit Peinture: © Edvard Munch

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Bonne exposition,

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Saint-Sulpice

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- Edvard Munch ou l’anti-cri – Pinacothèque de Paris – 28, Place de la Madeleine – 75008 Paris – Tél: 01.42.68.02.01 – Métro: Station Madeleine sur les lignes 8, 12 & 14 – Bus: 24,42,52,84,94 arrêt Madeleine et 24,42 arrêt Madeleine-Vignon – Stations Vélib: Face au 4, Boulevard Malesherbes ~ 4, Rue Godot de Mauroy & 4, Place de la Madeleine – Parkings: Madeleine-Tronchet Vinci, Rue Chauveau-Lagarde & Rue Caumartin - Du 19 Février au 18 Juillet 2010 - Ouverture du musée tous les jours de 10h30 à 18h00. (fermeture des caisses à 17h15). Samedi 1er mai 2010 et Mercredi 14 juillet 2010, ouverture de 14h à 18h. (fermeture des caisses à 17h15). Nocturne tous les mercredis jusqu’à 21h00 (à l’exception du 14 juillet) (fermeture de la billetterie à 20h15). Durant les nocturnes, le service des publics organise des activités culturelles : Table-ronde, lectures, débats, projections de films, autant de propositions qui sont une façon de découvrir autrement les expositions – Tarifs: Plein 10€, Réduit: 8€. 

Robert Doisneau, Du Métier à l’Oeuvre – Fondation Henri Cartier-Bresson – Paris – 13 Janvier au 18 Avril 2010

Robert Doisneau, Du Métier à l'Oeuvre - Fondation Henri Cartier-Bresson - Paris - 13 Janvier au 18 Avril 2010 dans EXPOSITIONS pop_expophoto_1c

Le nez au carreau – 1953 - Crédit photo: © Atelier Robert Doisneau & Fondation Henri Cartier-Bresson

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Longtemps Robert Doisneau a été perçu comme le chantre du pittoresque parisien. Illustrateur de génie, il a su comme personne saisir l’image agréable, l’anecdote inattendue : on a reconnu en lui le professionnalisme et la poésie simple de l’instantané. Mais l’œuvre de Robert Doisneau est infiniment plus complexe.

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Le vélo de Tati – 1949 - Crédit photo: © Atelier Robert Doisneau & Fondation Henri Cartier-Bresson

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L’exposition de la Fondation Cartier-Bresson propose une sélection d’une centaine d’épreuves originales, choisies en majorité parmi les trésors de son atelier et dans diverses collections publiques ou privées. Les images présentées ont été réalisées entre 1930 et 1966 à Paris et dans sa banlieue. Cette relecture tend à montrer comment Robert Doisneau est passé « du métier à l’œuvre »*, avec une gravité insoupçonnée, en inscrivant sur la pellicule un monde dont il voulait prouver l’existence.

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Bidonville à Ivry - 1946 - Crédit photo: © Atelier Robert Doisneau & Fondation Henri Cartier-Bresson

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Le catalogue, publié en français par Steidl est accompagné d’une introduction d’ Agnès Sire et d’une relecture mise à jour de l’étude que le critique d’art Jean-François Chevrier avait consacrée à Doisneau en 1983. Cet ouvrage présente un visage inédit du célèbre photographe qui prétendait photographier pour  survivre  ; l’œuvre ainsi abordée prend un sens différent, par la sélection remarquable, exigeante et sensible qui est proposée. On percevra naturellement que c’est   ce sentiment d’insuffisance de l’enregistrement photographique (..) constitutif d’un art qui procède de l’émotion, qui, allié à un besoin de réalisme, fait la force des images de Doisneau.

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Jeux Africains - 1945 - Crédit photo: © Atelier Robert Doisneau & Fondation Henri Cartier-Bresson

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Une grande complicité le liait à Henri Cartier-Bresson ; aussi enfantins l’un que l’autre dans leurs rires, ils ne manquaient cependant pas de se consulter sérieusement dès que le métier l’exigeait. Notre amitié se perd dans la nuit des temps, écrivait HCB en 1995, nous n’aurons plus son rire plein de compassion, ni les réparties percutantes de drôlerie et de profondeur. Jamais de redite, chaque fois la surprise. Mais sa bonté profonde, l’amour des êtres et d’une vie modeste, est pour toujours dans son œuvre.

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Cachan - 1948 - Crédit photo: © Atelier Robert Doisneau & Fondation Henri Cartier-Bresson

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  Ils n’avaient pas la même conception de la photographie,   l’imparfait de l’objectif  de Doisneau se conjuguant mal avec l’imaginaire d’après nature d’un Cartier-Bresson, plutôt adepte de la rigueur, influencé par la peinture et le dessin et hostile au recadrage.

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Football, Choisy le Roi - 1945 - Crédit photo: © Atelier Robert Doisneau & Fondation Henri Cartier-Bresson

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 La revue Le midi illustré , rapporte que lors des obsèques de Robert Doisneau ,  Cartier-Bresson a jeté dans la tombe de son copain une moitié de pomme, puis a croqué l’autre dans un geste de communion profane, posture qui en dit long sur la fraternité simple des deux hommes.

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La voiture fondue - 1944 - Crédit photo: © Atelier Robert Doisneau & Fondation Henri Cartier-Bresson

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Comme tous les familiers de la rue, Doisneau a su fixer cette gravité rayonnante qui isole un être humain de la foule, ces moments de grâce qui rassemblent des passants dans « l’illusion d’un instant » comme dans une géométrie de rêve. Jean-François Chevrier

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Source texte: Fondation Henri Cartier-Bresson

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Biographie de Robert Doisneau

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Le diplôme de graveur-lithographe en poche, Robert Doisneau est formé à la photographie par André Vigneau. Il devient rapidement photographe indépendant pour l’agence Rapho. Il vend ses clichés à des magazines aussi divers que Le Point, Vogue, La Vie ouvrière… et reçoit le prix Kodak en 1947 et le prix Niepce en 1956. Ce ‘braconnier de l’éphémère’ est célèbre pour ses clichés d’écoliers et d’individus croisés dans les rues de Paris, tel le couple s’échangeant ‘Le Baiser de l’hôtel de ville’. Mais ces oeuvres emplies de légèreté et d’humanisme font parfois oublier le caractère révolté du photographe, s’évertuant à traduire par images sa haine de la guerre, ses inquiétudes vis-à-vis du capitalisme et de ses méfaits dans la banlieue. Il a immortalisé Braque, Picasso, Giacometti, Léger, Carné… Une exposition au MOMA de New York en 1951 le consacre au niveau international. Deux films lui rendent hommage : ‘Le Paris de Robert Doisneau’ de François Porcile en 1973, et ‘Bonjour monsieur Doisneau’ de Sabine Azéma en 1992.

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Robert Doisneau par Henri Cartier-Bresson - Paris, 1986 - Crédit photo: © Magnum Photos & Fondation Henri Cartier-Bresson

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Bonne exposition,

Saint-Sulpice

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- Du Métier à l’Oeuvre – Fondation Henri Cartier-Bresson – 2, Impasse Lebouis – 75014 Paris – Tél: 01.56.80.27.00 – Métro: Gaité, ligne 13, sortie n°1, vers la rue de l’Ouest & Edgard Quinet, ligne 6, vers la rue de la Gaité – Bus: Ligne 28 et 58 arrêt Losserand-Maine & Ligne 88, arrêt Jean Zay – Maine – Vélib: Avenue du Maine, rue de l’Ouest - Du 13 Janvier au 18 Avril 2010Du Mardi au Dimanche de 13h00 à 18h30,  le Samedi de 11h00 à 18h45, nocturne le Mercredi jusqu’à 20h30. Dernière entrée 30 mn avant la fermeture – Tarifs: Plein, 6€ – Réduit, 3€; chômeurs, moins de 26 ans, plus de soixante ans, presse – Gratuit pour les Amis de la Fondation et en nocturne le mercredi (18h30 – 20h30)

Londres par John Thomson sous l’ère Victorienne – Partie 2

 Londres par John Thomson sous l'ère Victorienne - Partie 2 dans Photographies du monde d'autrefois 283152

Ouvriers - Crédit photo: © John Thomson

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Sergents recruteurs - Crédit photo: © John Thomson

 

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Whitechapel  - Crédit photo: © John Thomson

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Bohémiens - Crédit photo: © John Thomson

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Rescapés d’inondation  - Crédit photo: © John Thomson

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Mendiante – 1877-78  - Crédit photo: © John Thomson

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 Crédit photo: © John Thomson

 

 Biographie de John Thomson

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John Thomson (le 14 juin 1837 – le 7 octobre 1921) était un photographe écossais novateur, géographe et voyageur. Il fut l’un des premiers photographes à voyager en Extrême-Orient. En 1862, John Thomson quitte l’Angleterre pour rejoindre son frère William établi à Singapour comme horloger et photographe. Il ouvre un studio de photographie à Penang, puis à Singapour, où il prend deux assistants chinois qui l’accompagneront dans ses tribulations. Il explore les villages ruraux et les rues des villes, et se plaît à photographier les gens dans leurs activités quotidiennes. De 1864 à 1866, Thomson visite l’Inde et Ceylan pour photographier les décombres d’une région ravagée par un cyclone, avant de se rendre en Thaïlande. En 1867 Thomson s’installe à Hong-Kong où il se marie. Il forme le projet de photographier le peuple chinois. de retour de ses expéditions en 1872, John Thomson photographie avec un talent inouï le petit peuple et la rue Londonienne. Cela consolide sa réputation et il est désormais considéré comme le précurseur du photoreportage. Il est nommé photographe de la famille royale britannique par la Reine Victoria en 1881 et se fait décerner la même année par celle-ci la Royal Warrant. En 1910 il se retire à Edimbourg et meurt d’une crise cardiaque en octobre 1921 à l’âge de 84 ans.

 

 Londres sous l’ère Victorienne

 

Sous l’ère Victorienne, Londres était la plus grande et la plus prodigieuse ville du monde. La révolution industrielle, entraînant un afflux massif de population vers la capitale, avait radicalement changé le visage de Londres, pour le meilleur et pour le pire. La population londonienne était passée d’environ 1 million en 1800 à 4,5 millions en 1880. Cette croissance dépassait largement la capacité de Londres à assurer la satisfaction des besoins essentiels de ses habitants, et la ville était encore en pleine expansion, en particulier grâce au développement des transports et du chemin de fer. C’était un lieu de contrastes choquants. L’expansion des quartiers les plus riches se conjuguait avec la multiplication de taudis surpeuplés où les pauvres vivaient dans des conditions effroyables, lorsqu’ils n’étaient pas à la rue ou dans les « workhouses ». Ces foyers pour miséreux n’étaient guère plus que des prisons, où l’on ne se rendait qu’en dernière extrémité.

De tels contrastes n’étaient pas sans créer des tensions sociales. Les épidémies étaient fréquentes, et le taux de mortalité, très élevé. Riches et pauvres se retrouvaient ensemble dans des rues sales, souillées de boue et de crottin de cheval. L’atmosphère était chargée de suie et malodorante en raison du chauffage au charbon et des installations sanitaires déficientes. Les pickpockets, les prostituées, les ivrognes, les mendiants et les vagabonds de toutes sortes se mêlaient à la foule haute en couleur. La nuit, les principales artères étaient faiblement éclairées par des lampadaires à gaz, tandis que les autres rues n’étaient souvent pas éclairées du tout…

 

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 

Voir aussi:

- Londres par John Thomson sous l’ère Victorienne – les métiers de rue.

- La Chine de John Thomson – Partie 1.

- La Chine de John Thomson – Partie 2.

- La Chine de John Thomson – Partie 3.

- La Chine de John Thomson – Partie 4.

- La Chine de John Thomson – Partie 5.

 

A regarder:

 

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A lire:

 

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«  Plus nous avancions, plus le pays devenait impraticable, et plus les précipices devenaient larges et profonds.  » Loin des clichés chinois du XIXe, le photographe pionnier John Thomson (1837-1921) explore Taiwan, île encore inconnue en proie aux conflits tribaux, où il rencontre et photographie les Pepohoans. Il nous livre un récit très moderne qui témoigne d’une approche ethnographique sensible. Texte extrait de Voyage en Chine, publié en feuilleton dans Le Tour du Monde en 1872.

- Taïwan par John Thomson aux éditions Magellan & Cie – 77 pages - 6€

 

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- L’Empire de Chine : premiers voyages premières images, 1868-1872 par John Thomson aux éditions Albin Michel - 38€

 

 

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Dans le n°12 de la Revue du « Monde Chinois », consacrée en grande partie à John Thomson, vous trouverez les gravures de 1875, les magnifiques phototypies de 1873, les plaques négatives originales de 1871, les précieux albumens originaux de la Société de géographie (que Thomson avait offertes à l’anarchiste géographe Elisée Reclus pour sa « Géographie universelle », et qui serviront également à réaliser les gravures du « Tour du Monde » de Charton) et les copieux et précieux textes de John Thomson en marge de ses photos. Emma Thomson 
- John Thomson dans la revue du « Monde Chinois » N°12  » Où va Taïwan » aux éditions Institut Choiseul - 29€ 

 

A lire aussi:

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Londres Victorien – Un Monde Cloisonné de Jean-Pierre Navailles:

Ville monstre ou Reine des cités , les surnoms dont est gratifié Londres au XIXe siècle reflètent la fascination mêlée de répulsion qu’exerce ce prototype de la mégapole moderne. Pour aborder la Babylone anglaise, les guides de voyage et les souvenirs de visiteurs offrent leur lot de conseils pratiques et d’impressions saisies sur le vif.Même s’il se cantonne aux itinéraires balisés par le Baedeker – en réservant la visite du Palais de Cristal et du musée de Madame Tussaud pour les jours de pluie – le touriste voit défiler un panorama extraordinairement varié depuis son poste d’observation, à l’impériale de l’omnibus. Presque sans transition la richesse la plus flamboyante succède à la misère la plus abjecte, et le promeneur découvre les cloisonnements sociaux autant avec son nez qu’avec les yeux.Ville de contrastes, par excellence, Londres inspire les romanciers et les artistes du noir et blanc, Dickens et Doré en tête. Dans leurs monumentales enquêtes, Henry Mayhew et Charles Booth scrutent à la loupe la vie foisonnante de la capitale britannique et la dissèquent avec le goût de la taxinomie qui caractérise les sociologues victoriens. De la chambre qu’il occupe à l’hôtel Savoy, Claude Monet guette les trouées de lumière sur la Tamise et le Parlement. Mais dans leur vie quotidienne les Londoniens n’éprouvent assurément pas le même attrait que le peintre pour les somptueuses mystifications du brouillard. Et si tous les hôtes de passage s’extasient devant l’immensité de la ville, la majesté de ses parcs, le confort de ses clubs, certains, comme Jules Vallès, s’y sentent doublement en exil ou battent précipitamment en retraite, vaincus par le smog et le spleen.

 

 

Londres 1851-1901, L’ère victorienne ou le triomphe des inégalités:

 

Une impression d’immensité et d’écrasement. Le bruit, les odeurs, la foule, la violence des contrastes. L’argent et la misères, Belgravia et Whitechapel. 1851. Plus grand port du monde, Londres est la métropole impériale d’une Angleterre orgueilleuse et la Babylone enfouie d’une société insultante, inégalitaire. Les grandioses fêtes impériales et les « saisons » des gens biens nés apportent à la cité des brumes un éclat de rêve pendant que Sherlock Holmes traque dans les bas-fonds crimes et perversions, révélant ainsi aux nantis la profondeur de leurs peurs. Ville de tous les luxes, de toutes les déchirures, Londres est, entre 1851 et 1901, le révélateur de la supériorité écrasante du Royaume-Uni, première nation industrielle, et le creuset d’une société conformiste, aux pulsions inavouées. Elle préfigure d’autres ruptures, d’autre inégalités plus proches de nous.

 

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Les bas-fonds de Londres: Crime et prostitution sous le règne de Victoria de Kelloy Chesney:

 

Prostituées, cambrioleurs, détrousseurs, étrangleurs, une plongée dans l’univers des Bas-fonds de Londres au xixe siècle. Au fil de cette analyse de la violence et de la misère des masses laborieuses, une question se pose : cette jungle urbaine « sans égouts, sans police, sans freins, sans école » suffit-elle à expliquer l’endémie des crimes ? S’appuyant sur une impressionnante documentation, l’historien britannique Kellow Chesney révèle l’envers du décor d’un Londres mythique, les ruelles effrayantes de Whitechapel, où sévissait Jack l’Éventreur, et les misérables trottoirs de l’East End, arpentés par Oliver Twist. Un tableau passionnant de l’antisociété, qui explore les techniques des pickpockets, les structures de la pègre, l’économie des paris et des combats d’animaux, les chasses incessantes et souvent infructueuses de Scotland Yard.

 

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Histoire de Londres de Bernard Oudin:

 

Retrace l’histoire de Londres depuis l’Antiquité à travers une série de récits mettant en scène des événements historiques, des faits divers ou des personnages emblématiques d’une période.

L’Histoire est aussi faite d’histoires: épisodes surprenants, événements inattendus, modes de vie pittoresques, voire excentriques, personnages hauts en couleur. Ce sont quelques-unes de ces histoires, les unes célèbres, les autres mal connues, que ce livre raconte. Epreuves surmontées dans la douleur, du grand incendie de 1666 aux heures sombres du Blitz; énigmes historiques, du meurtre des enfants d’Edouard à l’identité de Jack l’Eventreur; faits divers sortant de l’ordinaire, des crimes sensationnels aux apparitions de fantômes; scandales sexuels ou mondains, d’Oscar Wilde à John Profumo; événements culturels, du théâtre élisabéthain à l’explosion des années 1960; entreprises étonnantes, de la première exposition universelle en 1851 à la construction du premier métro.Il s’en dégage des images contrastées où, aux légendaires brouillards et aux ambiances glauques de l’East End et du quartier des docks, s’opposent la richesse de la City, l’élégance et le raffinement du West End, le faste des traditions monarchiques. Positives ou négatives, ces images véhiculent une part d’insolite et d’étrangeté, qui a marqué Londres durablement et qui, aujourd’hui encore, lui colle à la peau. Peu de villes ont autant stimulé l’imagination, inspiré les romanciers et les artistes, montré une personnalité aussi fascinante, pour ne pas dire magique. Une magie dont ces histoires londoniennes sont le reflet.

Michael Kenna, Rétrospective – BNF – Paris – 13 Octobre 2009 au 24 Janvier 2010

 Michael Kenna, Rétrospective - BNF - Paris - 13 Octobre 2009 au 24 Janvier 2010 dans EXPOSITIONS preview_gd2_kenna

 

Grand voyageur, Michael Kenna est né en 1953 à Widnes, petite ville industrielle du Lancashire. A l’écart des modes, il bâtit, depuis plus de trente ans, un corpus consacré à la représentation du paysage. Du paysage romantique de ses débuts aux épures graphiques de ses récentes séries, il explore un paysage enclos dans la délicatesse du petit format, un paysage désert.

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Tilted Poles ~ Poteaux inclinés Rhyl, Clwyd, Wales – 1984 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Ses paysages invitent à une relation intime avec l’image. Ils sont, comme ceux d’Atget, dépourvus de toute présence humaine. L’homme ne s’y inscrit qu’ »en creux », d’une manière allusive, par les traces que son activité imprime sur le monde. Sous l’objectif du photographe, les lignes géométriques des jardins formels du XVIIIe siècle français ou russe rappellent que le paysage ne se confond pas avec la nature, mais qu’il est avant tout le fruit d’une construction culturelle que la photographie bouscule avec humour.

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 Wilshire Park Tree ~ Arbre, Wilshire Park Portland, Oregon, U.S.A – 2004 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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La rhétorique du clair et du sombre, savante et raffinée, qui gouverne cette œuvre, révèle une vision du monde étrange et personnelle. Kenna a toujours privilégié le noir et blanc. Épaisseur nocturne ponctuée de rares éclairages, brumes, fumées des usines, caractérisent les œuvres de jeunesse d’où émane un romantisme sombre lié à l’ère industrielle.

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Night Walk ~ Promenade nocturne Richmond, Surrey, England – 1983  - Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Le « pays noir » issu du XIXe siècle industriel, au ciel charbonneux, parcouru de voies ferrées, surplombé de hauts fourneaux, les structures massives des centrales électriques, voisinent avec les brumes mystérieuses de la campagne anglaise.

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The Rouge, Study 100 ~ The Rouge, étude 100 Dearborn, Michigan, U.S.A – 1995 - Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Kenna, qui a passé sa jeunesse dans une ville vouée à l’industrie chimique, saisit l’univers de la classe ouvrière au moment du déclin de l’industrie. Il explore la ville sombre immortalisée par les récits de Jack London, ses vastes bâtiments utilisant la brique, le verre et la fonte et ses fabriques désaffectées en voie de démolition.

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Mill Demolition ~ Fabrique en cours de démolition – Huddersfield, Yorkshire, England – 1984 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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La série The Rouge est consacrée à l’usine automobile Ford de Dearborn (Michigan), un univers fermé sur lui-même, fonctionnant à plein régime 24h/24. Ce site fut l’un des plus importants du début du XXe siècle, tant par ses dimensions que par ses techniques de production.

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The Rouge, Study 17 ~ The Rouge, étude 17 – Dearborn, Michigan, U.S.A – 1993 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Kenna fait appel aux prises de vues nocturnes et poses longues qui « gomment » la présence humaine. L’activité incessante de l’usine reste perceptible grâce à la construction serrée de l’image, la mise en valeur de détails ou de larges perspectives.

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Ratcliffe Power Station, Study 31 ~ Centrale électrique de Ratcliffe, étude 31 – Nottinghamshire, England – 1987 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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 La série consacrée à la centrale électrique de Ratcliffe met l’accent sur les tours de refroidissement monumentales, leur qualité sculpturale et le rythme de leur agencement tout en laissant planer un doute sur leur menace potentielle. Dans sa série sur la fabrique de dentelles de Calais, Kenna s’attache, fait rare, aux intérieurs en se concentrant sur les instruments et les détails des machines outils qu’il perçoit comme des sculptures et des natures mortes.

Enclin à rechercher la quiétude des campagnes et des îles, Kenna ne dédaigne aucunement la ville moderne.
Il a consacré de nombreuses photographies aux mégapoles des États-Unis, d’Amérique du sud ou aux cités proliférantes de pays en pleine croissance, en Chine ou dans les Emirats.

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 Chrysler Building, Study 2 ~ Chrysler Building, étude 2 – New York, U.S.A – 2006- Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Le tissu urbain des grandes mégapoles, leur architecture ascensionnelle à la plastique surprenante et futuriste, leur débauche d’éclairage électrique offrent d’infinies possibilités de recherche graphique.

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 Empire State Building, Study 4 ~ Empire State Building, étude 4 – New York, U.S.A – 2007 - Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Les photographies de New York, Rio de Janeiro ou Shanghai s’appuient sur une ligne imaginaire : l’horizon n’appartient ni au ciel ni à la terre, mais est ici brutalement matérialisé. Le ciel butte contre la barre crénelée des architectures et des gratte-ciels.

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Manhattan Skyline, Study 1 ~ L’Horizon de Manhattan, étude 1 – New York, U.S.A – 2006 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Kenna accorde un grand intérêt à la présence des ponts, aux jeux de reflets avec les fleuves qu’ils surplombent. Ce thème revient à maintes reprises, le pont étant perçu comme axe de la ville et symbole de la valeur unifiante de l’occupation humaine.

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Golden Gate Bridge, Study 5 / Golden Gate Bridge, étude 5 – San Francisco, California, U.S.A – 1989 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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 Le génie des lieux: Dans le travail de Kenna, la mémoire est un thème sous-jacent, celle du temps, des atmosphères. Aussi hante-t-il des lieux où atmosphère, forme et substance des éléments, éclat ou fluidité de la lumière entrent en résonance avec le récit du passé et la puissance du sacré.

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 One Hundred and Four Birds ~ Cent quatre oiseaux – Prague, Czechoslovakia – 1992 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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 Kenna restitue la valeur sacrée originelle du Mont-Saint-Michel, des pyramides de Gizeh ou de l’Île de Pâques. Les rivages et les îles inspirent à ce contemplatif solitaire des marines où le pittoresque s’efface devant la puissance des éléments naturels… La mer, les rivages de tous continents, jouent un rôle de premier plan dans l’œuvre de Kenna. Cet éloge du ciel et de l’eau trouve ses éléments fondateurs dans la tradition esthétique anglaise : études de ciel de Constable, mers et naufrages de Turner, théorie du paysage de Ruskin. Kenna photographie digues, rivages, îles, rochers, et bords de mer de tous les continents. Sous l’objectif du photographe se dévoile la puissance universelle de la nature et des éléments : les mouvements des astres surplombent la surface calme ou tourmentée de l’océan, la force du vent pousse les nuages ou déchaîne les vagues.

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 Red Morning ~ Matin rouge – Hanga Nui, Easter Island, Chile – 2001 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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L’approche de Kenna rend perceptible ce qui demeure de la puissance originelle du cosmos avant qu’il n’ait été domestiqué par l’homme.

Regards sur les jardins: Le paysage est une construction culturelle, une découpe dans la continuité du visible et la création sépare les notions de paysage et de nature. Le paysage est autant le fruit du projet de son concepteur que du spectateur.

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 Homage to Atget ~ Hommage à Atget - Parc de Sceaux, France – 1988 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Le surplus de trouble, l’étrange impression de décalage qu’engendrent les photographies de Kenna naîssent du même vide de représentation humaine qui caractérise l’univers d’Atget. Pour le jardinier, comme pour le photographe, le paysage est une construction dont la nature est le matériau brut. La tâche du jardinier consiste à ordonner, agencer, rendre lisible le chaos végétal et minéral, à en faire un objet de délectation. Les jardins « formels » classiques de France, de Russie (Tsarskoie Selo) ou d’Angleterre (Bowood) sont perçus comme des milieux apprivoisés, géométriquement élaborés, émanations d’une volonté humaine.

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 Allée d’Honneur ~ Allée d’honneur Courances, France – 1995 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Kenna, avec son humour coutumier, joue des symétries impeccables, des sculptures végétales. La taille impeccable des végétaux prend un aspect hirsute, les labyrinthes n’ont plus d’issues. Le romantisme nervalien s’accorde au non-sens de Lewis Carroll.

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  Above the Abreuvoir ~ Au-dessus de l’abreuvoir Marly, France – 1996 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Le désert de Retz, permet au photographe d’aborder le thème des fausses ruines, motif de prédilection des jardiniers du XVIIIe siècle. Il réalise sur ce sujet une de ses séries les plus mélancoliques.

Voyages en Asie: Ses œuvres les plus récentes, fruits de ses voyages au Japon, en Corée, en Chine, tendent à la stylisation et à l’épure. Le graphique s’y substitue subtilement au figuratif.

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 Huangshan Mountains, Study 1 ~ Monts Huang Shan, étude 1 Anhui, China – 2008 - Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Dans sa recherche de l’épure, sa dialectique du vide et du plein, de l’apparaître et du disparaître, Kenna s’inscrit dans la continuité de l’art chinois de la peinture de paysage. Ses images sont plus allusives que descriptives. Son modèle revendiqué est littéraire : « En photographie, je suis plus proche du haïku de Bashô que de Joyce ».

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 Last Light ~ Crépuscule Tai-O, Lantau Island, Hong Kong, China – 2007 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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 Des temps de pose de plusieurs minutes à plusieurs heures, des prises de vues nocturnes ou à la lumière de l’aube ou du crépuscule engendrent des contrastes de texture et de matière qui, autant que la qualité et le raffinement de ses tirages aux sels d’argent, constituent la marque de son style. Il en naît une qualité intemporelle et une parfaite homogénéité visuelle qui permettent à ses œuvres anciennes et récentes de voisiner harmonieusement. Une narration paysagère s’offre ainsi à la libre imagination des spectateurs. Kenna n’impose aucun message, sa vision est avant tout personnelle et s’enracine dans la liberté du voyageur solitaire. « Source texte: BNF »

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 Toya Lake Boulder ~ Rocher, lac ToyaSobetsu, Hokkaido, Japan – 2004 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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 Pour en savoir plus sur cet extraodinaire photographe: Michael Kenna.

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Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

- Michael Kenna, Rétrospective – Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, Galerie de photographie – 58, Rue de Richelieu – 75002 Paris - Métro : Bourse, Pyramides – Du 13 Octobre 2009 au 24 Janvier 2010 - Du Mardi au Samedi 10h-19h, Dimanche 12h-19h, fermé Lundi et jours fériés – Tarifs : Plein 7 € – Réduit:  5 € – réservations FNAC, tél. : 0892 684 694 (0,34 euros TTC/mn), www.fnac.com

 

A regarder:

 

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A lire:

 

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Anne Biroleau est conservateur général au département des Estampes et de la Photographie de la BNF, où elle est chargée de la photographie du XXIe siècle. Elle a été commissaire associé et a participé aux catalogues des expositions Le corps du visible (Rencontres internationales de la photographie, Arles, 1999) et  » Eloge de l’ombre  » (musée de Kawasaki, 2000 ; musée de Yamaguchi, janvier-février 2001, avec catalogue). Elle a assuré le commissariat des expositions  » Minot – Gormezano. Le chaos et la lumière. 1983-2001  » (en collaboration avec Sylvie Aubenas, BNF, 2003, avec catalogue BNF / Gallimard),  » Portraits / Visages. 1853-2003  » (en collaboration avec Sylvie Aubenas, BNF, 2003, avec catalogue BNF / Gallimard),  » Stéphane Couturier. Mutations  » (BNF, 2004, avec catalogue),  » Mario Giacomelli. Métamorphoses  » (BNF, 2005),  » Jean-Louis Garnell  » (BNF, 2005),  » Sebastiao Salgado. Territoires et vies  » (en collaboration avec Dominique Versavel, BNF, 2005, avec catalogue),  » Roger Ballen, dans la chambre d’ombres  » (BNF, 2006),  » Cari de Keyzer, Trinity  » (BNF, 2008),  » 70′s. Le choc de la photographie américaine  » (BNF, 2008, avec catalogue).

- Michael Kenna – Rétrospective par Anne Biroleau aux éditions de la BNF – 231 pages – 49€

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- Retrospective Two par Michael Kenna aux éditions Nazraeli Press ( En Langue Anglaise ) – 172 pages – 70€

 

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- Michael Kenna, A Tweny Year Retrospective par Peter C.Bunnell & Ruth Bernhard aux éditions Nazraeli Press ( En langue Anglaise ) – 168 pages – 53€

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