Chapeaux: une Anthologie – Victoria and Albert Museum – Londres

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Un miroir, une pile de chapeaux de toutes les tailles et un panneau Try me (essayez-moi) : ce n’est pas un épisode d’_Alice au pays des merveilles_ mais le coin essayage bondé de l’exposition Chapeaux : une anthologie, du Victoria & Albert Museum (V & A), à Londres. Dans ce mini-salon, les visiteurs font la queue, tournent et retournent les chapeaux sur leur tête.

 

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Première vraie rétrospective mondiale con sacrée au chapeau, l’exposition a été conçue par un des chapeliers les plus courus du moment, l’Anglais Stephen Jones. Érudit et passionné, il a réuni dans une présentation thématique trois cents pièces de tous les styles. Une plongée dans un monde fascinant qui souligne la riches se d’inspiration d’un accessoire qui a toujours sa place dans nos dressings.

 

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TÊTES COURONNÉES ET CHAPELIERS FOUS

L’exposition comporte un volet « clients », qui présente des pièces portées par des stars et des collectionneurs célèbres. Le béret de Marlene Dietrich ou un modèle Balmain porté par Ava Gardner voisinent ici avec des créations appartenant à Boy George, Dita Von Teese ou encore Anna Piaggi, célèbre rédactrice du Vogue Italie. Ces adeptes poussent l’attrait stylistique du chapeau à l’extrême et réveillent l’intérêt du spectateur pour cet accessoire. Mais pas de clients flamboyants sans créateurs à l’imagination fertile. Dans ce registre, l’Angle terre est en première ligne.

 

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Stephen Jones est le roi du genre et s’emploie de puis les années 80 à redonner au chapeau une place sur les têtes en utilisant des matériaux inattendus, pour créer des modèles quasi surréalistes : donnez-lui des bâtonnets d’Esquimau, il en fait un oiseau pour Galliano ! Aujourd’hui, il signe les couvre-chefs des collections Dior, Louis Vuitton, Giles ou Comme des Garçons, label japonais avec lequel il a imaginé un parfum, livré dans… une mini-boîte à chapeau. Il a passé deux ans avec Orio le Cullen, conservatrice du département mode et textile au V & A, à parcourir le monde pour nourrir son exposition.

 

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Une aventure qui l’a mené jus qu’aux archives de la Warner, à Los Angeles, où ils ont retrouvé les chapeaux de My Fair Lady imaginés par Cecil Beaton. L’exposition présente aussi des pièces d’un autre chapelier anglais célèbre, Philip Treacy. Sur les traces de ces ténors, une jeune génération talentueuse est aujourd’hui prête à prendre la relève. Elle compte des créateurs comme Nasir Mazhar, qui signe les chapeaux cubes de Gareth Pugh ou de Noel Stewart.

 

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FAUT-IL ÊTRE ANGLAIS ET EXCENTRIQUE POUR PORTER DES CHAPEAUX ?

Il est vrai que la culture britannique a gardé un lien plus étroit avec cet accessoire. « Ici, on s’habille beaucoup en fonction des événements, explique Orio le Cullen, alors qu’en France les gens ont une attitude plus détendue envers ces codes vestimentaires. »

Ajoutez à cela des icônes royales chapeautées en toute occasion, des événements hippiques ultra-habillés et des musiciens dandys à borsalino comme Pete Doherty, et on comprend pourquoi les Anglais sont plus accros aux chapeaux que les Français, même quand ils ne sont pas excentriques ; car il n’y pas que les pièces d’exception qui soient à la mode aujourd’hui.

 

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Le couvre-chef nouvelle génération dépasse désormais le cadre de l’anecdote et correspond aussi à une réalité artisanale. Sa fabrication suit des règles très particulières qui ajoutent à son pouvoir d’attraction. Derrière chaque chapelier anglais, il y a donc un atelier et, en France, la Maison Michel illustre, au cœur de Paris, la magie de la naissance d’un chapeau.

 

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DES MODISTES AUX MODEUSES

Fondée en 1936, la chapellerie Michel appartient depuis le milieu des années 90 à la maison Chanel, dont elle réa lisait les chapeaux. Elle représente désormais un des métiers d’art rattachés à la griffe, et produit aussi des pièces pour des créateurs comme Sonia Rykiel ou Kris Van Assche. Au fond d’une cour de la rue Sainte-Anne, la Maison Michel est dans sa bulle. Tout y est unique, des employés au matériel. En haut d’un escalier de guingois, on accède aux trois ateliers : celui des chapeliers, celui des modistes et celui dit des chapeaux mous. Ici, pas de créatures de mode glamour mais des artisans passionnés par un métier qui se perd puisqu’il ne reste que trois écoles en France qui préparent à un CAP de modiste. Les tâches sont précisément réparties en fonction des techniques.

 

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Dans l’officine des chapeliers, les artisans sont des hommes qui travaillent sur des formes en bois, tirées des archives de la mai son, qui en compte environ trois mille. Les pièces en feutre ou en paille sont patiemment façonnées sur ces formes, puis passées dans un four fabriqué pour la maison. Les finitions se feront chez les modistes, qui réalisent aussi des chapeaux, mais sans l’aide de formes. Une fois achevés, les chapeaux sont rangés dans des boîtes rondes à l’ancienne, de vrais délices rétro prêts à séduire les amatrices d’accessoires rares et d’artisanat de luxe. Mais le pouvoir d’attraction du chapeau ne se résume ni à un savoir-faire ni à un look. Il sait aussi s’adapter aux mutations sociales et touche souvent à la psychologie de chacun. Il ne se pose pas sur le crâne pour rien.

 

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EXERCICE DE STYLE

Quelle que soit l’époque, le chapeau n’a jamais quitté notre univers visuel. « Les créateurs, stylistes et photographes ont continué à exploiter ses qualités visuel les fortes », explique Oriole Cullen. Pourtant, il s’est fait plus rare dans la « vraie vie ». « Il est sorti de l’étiquette vestimentaire à la fin des années 50, explique Ludovic Kornetzky, responsable commercial et artistique de la Maison Michel. Après l’abandon du corset qui a liberé le corps, elle s’est libéré la tête en délaissant le chapeau. » Ni pièce utilitaire ni obligation sociale, le chapeau est devenu pur effet de style.

« Ils font partie du langage vestimentaire moderne, affirme Stephen Jones. Aujourd’hui, ils sont un divertissement plus qu’une nécessité. Je voudrais qu’ils soient compris comme un moyen de s’amuser et une forme d’expression personnelle. » Pour trouver et garder sa place il doit s’adapter aux exigences pratiques du moment. Ensuite seulement, il devient l’instrument d’un jeu de rôle

 

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Aujourd’hui, le chapeau a changé de proportions. « Désormais il est plus un accessoire de cheveux, explique Læticia Crahay, créatrice des accessoires Chanel d’une ligne de prêt-à-porter pointue pour la Maison Michel. Il est à la fois plus branché et plus facile à porter, et il finit une silhouette aussi efficacement qu’une paire de chaussures. » Elle invente donc des modèles pour jeunes femmes modernes : bandeaux métalliques pour retenir un chignon fouillis, canotier de paille, mini-béret de coton… Et comme le chapeau ne sert à rien, il peut servir à tout.

 

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« Je ne pense pas qu’il ait de fonction fixe, assure Orio le Cullen. » Jeu de mode, le chapeau est aussi un jeu de rôle. « Il peut refléter le caractère de celui qui le porte, analyse Stephen Jones, ou le dissimuler complètement. C’est un passeport pour un autre monde. » Quand, en pleine crise, on a envie de s’évader, on a là l’accessoire idéal. Et ce n’est pas une question de prix. Selon Stephen Jones, ce qui compte, c’est l’attitude : « Même un simple béret basque porté avec chic devient le plus élégant des chapeaux.

(1) Jusqu’au 31 mai.

 

Victoria  & Albert Museum  – Cromwell Road – UK1000 Londres – Tel. 00 44 20 7942 2000 -  Mardi 24 février au Dimanche 31 mai 2009 -
- Du samedi au jeudi de 10h00 à 17h30 – Vendredi de 10h00 à 21h30 – Tarifs:  Plein tarif : 5.9 £ Tarif réduit : 4 £

Portraits d’antan

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« La Reine de Mohély » – 1863 – Désiré Charnay

La mission française s’achève en octobre 1863 dans l’île de Mohéli. La jeune reine Jumbe-Souli, de confession musulmane, reçoit la délégation dans ses appartements. Elle se présente à ses hôtes en compagnie de sa vieille nourrice et d’une confidente ; derrière elle, un simple voile tendu masque sa chambre à coucher. Charnay immortalise par cette admirable composition l’entrevue avec la reine, dont le regard dégage un « doux éclat mélancolique ».

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Nouvelle Calédonie. « Canaque de St-Vincent. Côte Sud-Ouest » – 1871 – Ernest Robin

En 1866, Ernest Robin débarque à Nouméa dans l’intention de créer un studio photographique. Dès les premiers mois de son arrivée, il manifeste de l’intérêt pour les populations autochtones et réalise bientôt ses premiers reportages photographiques. Il embarque sur des navires qui font le cabotage de port en port et peut ainsi en peu de temps connaître les principales tribus côtières.

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Nouvelle Calédonie. « Indigènes de la tribu de Néfoué. Canala. Côte Est » – 1874 – Ernest Robin

Ernest Robin n’hésite pas à s’aventurer dans des villages à l’écart, rarement visités par les Blancs ; il s’y fait le familier de ces populations, qui acceptent assez volontiers de poser pour la photographie. Comme le souligne un légendage géographique précis, Robin tient à montrer les différentes tribus canaques qu’il a visitées du Nord au Sud de l’île. Des quinze années passées en Nouvelle-Calédonie, il rapporte un ensemble de clichés qui constitue un reportage ethnologique d’un grand intérêt.

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« Le Khalifa de la tribu des Chaanba Mouadhi » – 1888-1889 – Victor Deporter

Deporter décrit avec précision l’organisation et la vie de la tribu des Chaanba, fière mais isolée au milieu d’un territoire immense et exposée à l’hostilité des tribus environnantes parmi lesquelles les Touareg. Dans la conviction qu’il a de la nécessité de créer un poste militaire permanent à El Goléa, préalable au renforcement de la présence française dans cette région, il considère les contacts avec les chefs chaanba comme primordiaux.

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« Cavalier du Makhzen d’El Goléa » – 1888-1889 – Victor Deporter

Propriétaires des jardins et du ksar d’El Goléa, les Chaanba Mouadhi passent les mois les plus chauds de l’année dans l’oasis avant de reprendre le reste du temps leur vie nomade, qu’ils n’abandonneraient pour rien au monde. Cavaliers endurants, rompus à la vie rude du désert, chasseurs de gazelles et de mouflons, ces fins connaisseurs du Sahara sont les guides indispensables pour la connaissance de l’Extrême Sud algérien.

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« Griot de Sénoudébou » – 1882 – Pierre Delanneau

Le capitaine de cavalerie Pierre-Léon Delanneau (1846-1913) participe aux trois missions menées par le lieutenant-colonel Borgnis-Desbordes au Soudan entre 1880 et 1883. Cet officier, chargé en 1882 du relevé cartographique de plusieurs itinéraires suivis dans le haut bassin du Sénégal, pratique par ailleurs fort bien la photographie et rapporte un ensemble de clichés pour le ministère de la Marine et des Colonies, qui les transmet en 1883 à la Société de géographie.

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« Indigènes du Bambouk » – 1882 – Pierre Delanneau

Dans leur avancée vers le fleuve Niger, les expéditions françaises sont confrontées à la diversité ethnique de ces régions, sur laquelle ils vont bientôt s’appuyer pour assurer leur pénétration au Soudan. Delanneau réalise plusieurs portraits d’ambassadeurs ou de chefs locaux mais il photographie aussi les habitants des villages. Souvent sont indiqués le « type ethnique » ou la région d’origine et parfois la profession, griot, pasteur, guerrier, chasseur.

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 « Olphu Séga interprète toucouleur et ses sœurs » – 1882 – Pierre Delanneau

La nécessité de disposer d’interprètes est vitale et se retrouve dans les photographies prises par Delanneau : Mamadou Alpha, interprète maure, Abdoulaye Diack, interprète peul. Olphu Séga, l’interprète du poste de Bakel, un temps au service des Français, participera à la résistance toucouleur et sera fusillé en 1886.

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« Femmes de Sénoudébou » – 1882 – Pierre Delanneau

Sénoudébou, localité du Bondou, un petit pays au sud du fleuve Sénégal, est choisi par les Français pour l’édification d’un fort dans la vallée de la Falémé. Delanneau, qui a cartographié la route de Khayes à Bakel par Sénoudébou, connaît bien cette région. Ses photographies des habitants témoignent d’un réel soin dans les prises de vues. Plusieurs, réinterprétées en gravure, ont été reproduites dans l’ouvrage Les Pionniers du Soudan, de Jacques Méniaud, en 1931.

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Mirza et son batcha – 1882 – Henri Moser

Grâce à la bienveillance du gouverneur russe du Turkestan, le général Tchernaieff, Henri Moser peut se rendre en 1882 à Tachkent puis à Boukhara. Discrètement surveillé par l’espion officiel de l’émir de Boukhara, Mirza-Ichane-Hakim, Moser est convié à des spectacles organisés pour délasser les voyageurs, orchestres, ballets, clowns et batcha. Tout homme de condition se doit d’avoir un batcha : « C’est généralement un garçon de neuf à dix-huit ans, efféminé, parfois vraiment beau, caractérisé par deux longues mèches de cheveux qui s’échappent de dessous son bonnet ; il chante, il improvise même et avant tout il danse. »

Bien à vous,

Saint-Sulpice

François Rousseau – Du 4 Février au 5 Avril 2009 – MEP – Paris

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Photographe de mode et de publicité, François Rousseau s’est inspiré du roman de Patrick Grainville, L’Atelier du peintre, pour mener à bien ce projet photographique. Découvert à sa sortie en 1998, ce roman illustre parfaitement, à ses yeux, un mythe de Los Angeles qui va l’habiter, l’aimanter pendant des années.

 

 

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 Se destinant d’abord à la peinture, François Rousseau est frappé par le rapport du peintre et de ses modèles qui, de tous les milieux, viennent poser dans l’atelier.

 

 

 

Comme si les modèles attendaient du maître leur naissance même, leur vraie nomination.

 

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Aujourd’hui, vingt ans après, le photographe qu’il est devenu, lui aussi aux prises avec ses modèles, a renoué avec le roman des commencements.

 

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 Il l’a incarné et en a réinventé visuellement les personnages, les épisodes-clés. Tout un théâtre où Los Angeles est mis en scène, dans la diversité de ses corps déchus et glorieux.

 

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“L’Atelier du peintre de Patick Grainville raconte l’histoire passionnée et tragique d’un peintre européen, d’un Maître ayant quitté son pays pour s’installer et fonder un atelier de peinture à Venice Beach (Los Angeles). Cet atelier a ceci de particulier qu’il a pour étudiants d’anciens délinquants des quartiers défavorisés.

 

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Une communauté vit dans l’Atelier : les femmes sont avec les femmes, les hommes avec les hommes, l’hétérosexualité au centre est totalement fantasmée car elle n’est présente qu’au travers de la fameuse toile de Jan Van Eyke, Les époux Arnolfini, que le maître cherche à reproduire en faisant poser ses élèves mais sans succès…

 

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 Je me suis emparé de ce récit et l’ai utilisé comme structure à mon projet :

 

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 une série d’environ 100 photographies, des compositions, des mises en scène de nus.

 

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Le processus de narration appliqué à mes séries photographiques permet de collaborer avec mes modèles sur de longues périodes et en profondeur.

 

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J’ai appréhendé la composition de mes images comme un peintre, en prenant le temps nécessaire.”
François Rousseau

 

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Ce projet est accompagné d’un triptyque vidéo de Luc Maes intitulé L’Atelier photographique et d’une musique, Life Class, composée par Mikael Karlsson.

 

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Cette composition musicale pour orchestre de chambre, qui constitue une pièce majeure du projet, est diffusée tous les jours à 17 heures.

 

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Ce projet a reçu le soutien de IMPACT DIGITAL et IC LAB (New York), du Ministère de la Culture, de Profoto, Yoonik, Relais Graphique, Epson et de la galerie Pierre-Alain Challier.

 

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Parallèlement à l’exposition de la Maison Européenne de la Photographie, la galerie Pierre-Alain Challier présente la suite du projet, l’Atelier, du 3 février au 7 mars 2009.

 

 

Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

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Maison Européenne de la Photographie ( MEP ) – 5~7, Rue de Fourcy – 75004 Paris – Tel: 01.44.78.75.00 - Du 4 Février au 5 Avril 2009 - Métro Saint-Paul ou Pont-Marie – Bus: 67, 69, 96 ou 76 – Ouvert tous les jours de 11 heures à 20 heures, sauf les lundis, mardis et jours fériés. Accès à la billetterie jusqu’à 19h30 – Tarifs: Plein 6,50€ & Réduit 3.50€  Plus de 60 ans, famille nombreuse, étudiant, enseignant, demandeur d’emploi, bénéficiaire de l’aide sociale et du RMI, Maison des artistes, les abonnés des lieux partenaires. Gratuité aux moins de 8 ans en individuel, personne handicapée , accompagnateur de groupe, personnel de la Ville de Paris, carte presse et tous les mercredis dans la tranche horaire 17 à 20 heures.

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Scott Fitzgerald – Correspondances

 

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Famille Fitzgerald, père et fille. Quatre ans d’une correspondance émouvante, pudique et drôle. Au début, elle a 15 ans ; à la fin, il meurt. Elle veut lui plaire. Lui : « Ne t’efforce pas d’être spirituelle ; sois naturelle et vraie. » Elle minaude un peu, raconte sa vie au collège, ses dépenses (« Treize dollars pour m’être fait photographier, douze pour une permanente »), ses occupations (« regarder les garçons »), ses blagues, ses projets (« sortir et danser »). Lui conseille et gronde, c’est son rôle. Il lui demande de ne pas trop aller aux matchs de football et veut savoir qui l’invite aux bals d’étudiants.

Il surveille ses études, ses fréquentations, son budget, ses débuts d’écrivain. Il sent bien qu’elle ne l’écoute pas, il insiste, puis se lasse : « Commets tes propres bêtises. Je te dirai seulement : “Je t’en prie, n’exagère en rien !” » Entre eux, il y a l’ombre de Zelda, hospitalisée et qu’il faut ménager. Scott demande à sa fille de ne pas lui montrer ses lettres – « Je t’écris si librement ». L’air de rien, il lui fait des confidences déchirantes. Les entend-elle ? La dernière lettre de Scottie restera sans réponse : elle est écrite le 21 décembre 1940, jour de la mort de son père.

Bonne lecture,

Saint-Sulpice

 

Scott et Scottie Fitzgerald – Correspondances – Editions Bernard Pascuito – 250 pages – 22,90€ 

 

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