Kandinsky – Centre Georges Pompidou – Paris

Kandinsky - Centre Georges Pompidou - Paris dans EXPOSITIONS ART-AKANDINSKY 

 

Sur le mur vierge de peinture, un homme réservé et sûr de son fait regarde le visiteur, ses lunettes pincées sur le nez, le dos bien droit dans son gilet cintré, le col tenu par une cravate noire.

 

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 «Le peintre W. Kandinsky, un des plus importants représentants de la peinture russe actuelle, qui s’est installé à Berlin comme beaucoup d’autres artistes russes», mentionne le Berliner Illustrierte Zeitung, le 15 janvier 1922, sous ce portrait choisi par l’artiste pour marquer son retour de Moscou à Berlin.

 

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Aujourd’hui comme hier, les présentations de cet original, devenu un classique de la pein­ture, se font avec une certaine réserve.

 

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 Comme d’ailleurs Vassily Kandinsky le goûtait, «ce monsieur qui mettait une distance avec ses contemporains», souligne, après trente ans de vie commune, son exégète émérite, Christian Derouet, le commissaire français de cette rétrospec­tive internationale.

 

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 «Montrer Kandinsky à grande échelle», c’est retracer une vie européenne où les artistes se côtoient, où les disciplines s’entremêlent.

 

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 Voyage en cent tableaux, de Paris à Munich d’avant la Grande Guerre, de Moscou la révolutionnaire au Bauhaus de Weimar et Dessau, de Berlin des Années folles à Neuilly l’occupée où le peintre meurt, en décembre 1944, usé par la maladie, trois mois après la Libération de Paris.

 

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«Montrer tout Kandinsky», c’est faire entendre le vocabulaire musical du peintre en s’appuyant sur ses tableaux mythiques, ses Improvisations et ses Compo­sitions fougueuses et splendides, numérotées comme des sonates ou des fugues en couleurs.

 

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 Elles sont presque toutes là, à quelques exceptions près comme Composition VI, exposée l’an dernier dans Traces du sacré, ou Composition VII ( galerie Tetriakov, ­Moscou) dont on ne voit ici que deux grandes esquisses.

 

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 Par un jeu de murs en grisé, cette rétrospective éclaire la chronologie dense d’une carrière commencée tardivement, malmenée par les guerres, les exils et les retours.

 

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 Elle souligne les liens avec Paris de ce Russe polyglotte qui ne parla jamais anglais.

 

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Le Tableau avec archer du MoMA, l’Improvisation 7 (Sturm) de la galerie Tetriakov et l’Improvisation 9 de Stuttgart marquent ainsi l’importance de la période Murnau. L’Impression III (Konzert) note l’influence de la musique, et Lyrique le mouvement du cavalier emporté par la couleur bleue.

 

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 Didactique et grand public, la scénographie laisse parler la peinture, cette reine d’un autre siècle. Spacieuse et limpide, elle veut le plus possible «laisser respirer» chaque tableau, souvent seul invité sur un mur entier où le cartel est placé très haut, comme un accent. Lire, mais après voir et ressentir.

 

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« Réunir les trois plus grandes collections au monde de Kandinsky, c’est un très vieux rêve de Beaubourg», rappelle Alfred Pacquement, directeur du Musée national d’art moderne, dont la bibliothèque s’appelle justement Kandinsky, par fidélité à l’une de ses grandes donatrices.

 

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 Grâce au fonds créé par sa ­veuve, Nina, puis à son legs en 1980, le Centre ­Pompidou s’enorgueillit de son ensemble majeur de Kandinsky, enrichi depuis par le soutien fervent de la Société Kandinsky. Elle permet de combler les manques de cet héritage miraculeux pour un musée français (acquisition des aquarelles et des dessins de la collection Alexandre Kojève, en 2001).

 

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Cette célébration de la peinture sur le chemin nouveau de l’abstraction a déjà séduit le public de Munich (Städtische Galerie im Lenbachhaus und Kunstbau), fière de célébrer «l’un des derniers grands artistes du XXe forgés en sa ville ».

 

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 Après Paris, elle devrait faire salle comble, cet automne, au Guggenheim de New York, dont les collections Kandinsky sont presque aussi célèbres que la rotonde blanche de Frank Lloyd Wright.

 

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Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

Du 8 avril au 10 août 2009, au Centre Pompidou – Musée ouvert tous les jours (sauf le mardi et le 1er mai) de 11h à 22h. Nocturnes le jeudi jusqu’à 23h – Tarifs: Plein 12€ & Réduit 9€www.centrepompidou.fr

William Blake – Petit Palais – 2 Avril au 28 Juin 2009 -Paris

William Blake - Petit Palais - 2 Avril au 28 Juin 2009 -Paris dans EXPOSITIONS blake_1794_europe

 

Pour la première fois en France, le Petit Palais présente une rétrospective très complète de William Blake, le plus romantique des peintres anglais.

 

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 Initiée par le musée de la Vie romantique.

 

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 Cet hommage veut rendre justice à celui qui fût à la fois un poète visionnaire et un graveur d’exception.

 

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Près de deux siècles après sa mort, Blake s’inscrit au sommet du génie britannique.

 

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 Quelques 130 œuvres, exceptionnellement prêtées par les principaux musées d’outre manche, affirment l’intensité de son inspiration, applaudie en France par André Gide avant André Breton et les surréalistes.

 

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William Blake est le plus célèbre mais aussi le plus secret des génies d’Outre-Manche.

 

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 Mieux qu’aucun autre, Blake exprime l’inspiration hallucinée propre au romantisme anglais.

 

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A l’instar de Newton, l’une de ses plus célèbres compositions, Blake inscrit l’homme dans un cercle céleste au milieu des nuées, le mesure et se mesure à l’univers cosmique à l’aune d’un compas.

 

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Intransigeant, excentrique, solitaire, Blake proclame avec éclat son exaltation passionnée.

 

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 Il privilégie jusqu’au vertige le trait néoclassique pour nourrir les pages les plus héroïques de la Bible et de Shakespeare comme de Milton et de la Divine Comédie de Dante.

 

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« L’inspiration et la vision étaient, sont et seront toujours, j’espère, mon Elément, mon Refuge éternel »
William Blake

 

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L’exposition du Petit Palais est la première rétrospective en France sur William Blake et regroupe quelques cent cinquante dessins, gravures, enluminures, livres et aquarelles exceptionnellement prêtés par les principaux musées britanniques : Fitzwilliam Museum (Cambridge), British Museum, British Library, Tate, Victoria & Albert Museum (Londres), City Art Gallery (Birmingham), National Gallery of Scotland (Edimbourg), University Library (Glasgow), City Art Gallery et Whitworth Art Gallery (Manchester), Bodleian Library (Oxford), de quelques collectionneurs privés ainsi que par le musée du Louvre et le Philadelphia Museum of Art.

 

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Biographie de William Blake

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Il était fils d’un bonnetier et, dès l’enfance, montra d’étonnantes dispositions pour le dessin et la poésie. Il est envoyé à dix ans dans une école de dessin, où il composera ses premiers poèmes. Devenu élève du graveur James Basire à quatorze ans, il fut chargé de dessiner les antiquités de l’abbaye de Westminster et des autres vieux édifices, milieux qui ne manquèrent pas d’exercer une vive influence sur son imagination mélancolique.Trop pauvre pour faire face aux frais d’impression de ses œuvres, il se fit son propre éditeur et imagina d’y appliquer son écriture mise en relief par la morsure sur des plaques de cuivre. Il publia ainsi ses Songs of Innocence, ornés de ses dessins (1789, pet. in-8), œuvre singulière, qui eut du succès, ce qui l’encouragea à donner successivement, sous la même forme: Books of prophecy (1791) ; Gates of paradise (1793) ; America, a prophecy (1793, in-fol.); Europe, a prophecy (1794, in-fol.) ; Songs of Experience (1794).

En même temps, il faisait figurer, à plusieurs expositions de l’Académie royale, des peintures allégoriques, historiques et religieuses. Il publia The Marriage of Heaven and Hell (in-4), satire du Heaven and Hell de Swedenborg, en 1790. En 1797, il entreprit une édition illustrée par lui des Nuits d’Young, qu’il laissa inachevée, puis il alla vivre, à Felpham, auprès du poète William Hayley, faisant des dessins pour celui-ci, et peignant quelques portraits, et ne revint à Londres qu’au bout de trois ans. Ses quarante dessins gravés par Schiavonetti pour une édition du poème The Grave (1808, gr. in-4) de Blair furent très admirés ; de même que sa grande estampe le Pèlerinage de Canterbury (1809).

Entre-temps, il continuait de composer, d’illustrer et d’imprimer des poèmes étranges, empreints d’un mysticisme obscur : Jérusalem, ( And did those feet in ancient time ), the emanation of the Geant Albion; Milton, a poem (1804); Job (1826), etc. Le plus original est le dernier : c’est aussi celui dont les gravures sont les plus finies. Tous ces volumes sont aujourd’hui fort recherchés, surtout les exemplaires coloriés par l’artiste lui-même. Blake est devenu membre de la Royal Society le 14 mai 1807. Sa mort interrompt l’illustration de The divine comedy (1825-1827) de Dante.

 

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Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

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Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris – Avenue Winston Churchill – 75008 Paris – Tél. : 01.53.43.40.00 – Ouvert tous les jours, de 10h à 18h sauf les lundis et jours fériés. Ouvert le jeudi jusqu’à 20h (uniquement exposition temporaire -Métro 1 Champs-Élysées – Clémenceau, Métro 13 Champs-Élysées – Clémenceau, Métro 8 Invalides, Métro 13 Invalides, Rer C Invalides, Bus 42 , Bus 72 , Bus 73 , Bus 80 , Bus 93 – Du 2 avril au 28 juin 2009 - Tarifs: Plein 8€, Réduit 6€, 14 à 26 ans 4€. Moins de 14 ans Gratuité.

Jean-Baptiste Camille Corot – Musée des beaux-Arts de Reims

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Peindre la nature pour Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875) était tout sauf une partie de campagne.

 

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 Premier à sortir de l’atelier pour écumer, après l’Italie, les provinces françaises, l’éclaireur de Barbizon et de Ville-d’Avray traquait passionnément non seulement le paysage mais aussi l’état d’âme qu’il semble refléter.

 

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Fixer à la fois son instantanéité et son intemporalité à travers ses lumières subtiles et changeantes était un bonheur pour cet artiste formé dans la tradition classique et inspiré par le réalisme hollandais autant que par l’école anglaise de Constable.

 

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Son secret ? Il reprenait son travail une fois rentré au chaud.

 

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 Là, il s’agissait de faire jouer le souvenir, la réminiscence, choses aussi vraies et utiles en art que le moment présent.

 

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 Le résultat a impressionné les impressionnistes, ses élèves, comme Camille Pissarro ou Berthe Morisot, et d’autres grandes signatures.

 

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 Pour Monet, «il y a un seul maître, Corot. Nous ne sommes rien en comparaison, rien».

 

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 Quant à Renoir, il saluait cette touche épaisse et rapide qui, sans jamais idéaliser son sujet, réussit si bien à en capturer l’atmosphère.

 

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 Jusqu’au moindre jeu de lumière dans un feuillage, un reflet dans l’eau, le caractère informe d’un rocher de Fontainebleau, «la couleur d’une pierre» ou la texture d’un mur.

 

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 «Allez tous les ans peindre au même endroit ; copiez le même arbre», conseillait Corot à Redon. Degas, lui, estimait qu’il était encore plus grand portraitiste que paysagiste.

 

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Une telle fortune critique suffirait à consacrer l’auteur quasi symboliste de Lac, effet de nuit. Mais le début du XXe siècle l’a également beaucoup regardé, ainsi que le rappelle David Liot, cocommissaire d’une exposition sur ce thème au Musée des beaux-arts de Reims, une institution dont il est le directeur.

 

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En partenariat avec le Louvre et son directeur du département des peintures, Vincent Pomarède, il a accroché une trentaine de ces paysages à demi rêvés, souvent baignés de halos argentés ou dorés, en regard d’une quarantaine d’œuvres de maîtres ultérieurs. L’ensemble confirme magistralement ce que disent les manuels d’histoire de l’art quand ils parlent de Corot comme «dernier des classiques et premier des modernes».

 

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Sept sections thématiques ponctuent la visite. Par exemple, les Pins à Cagnes, de Renoir, ou Arbres et maisons, de Cézanne, répondent à L’Étang à l’arbre penché, leur aîné respectivement de cinquante-quatre et vingt ans, dans la partie intitulée «Rideaux d’arbres, rideaux de scènes». Encore plus intéressant : ce choix de retenir Pignon de ferme à Oehle de 1906, très géométrique, de Mondrian. Il révèle ce qu’il doit à Cour d’une boulangerie près de Paris, réalisé par Corot entre 1865 et 1870.

 

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Dans une autre section dite «Muses, nymphes et musique», une Algérienne couchée sur le gazon, de Corot, est à peine moins languide et orientale que l’Odalisque à la culotte rouge peinte par Matisse un demi-siècle plus tard. Dans les années 1910, Juan Gris et Picasso scrutèrent aussi Corot, mais ce sont Derain et Lhote qui seront les plus redevables.

 

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Dernière surprise, en fin de parcours, dans une salle toute jaune, des feuilles de Corot sont présentées avec d’autres de Kandinsky. «J’interprète autant avec mon cœur qu’avec mon œil», écrivait le premier tandis que le second, qui cherchait à transcender les formes naturelles pour ne retenir que la pure sensibilité, approuvait. Par-delà les époques, dans leurs maladresses qui trahissent une recherche fébrile et dans leur sujet vide de toute anecdote, ces esquisses fraternisent.

 

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En addenda, une pièce du musée présente encore une vingtaine de Corot, car Reims possède le deuxième fonds du peintre après le Louvre.

Biographie de Jean-Baptiste Camille Corot

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Né le 17 juillet 1796 et décédé le 22 février 1875, Jean-Baptiste Camille Corot fut un peintre impressionniste de renom. Véritable maître de la peinture, Camille Corot sera l’un des plus importants en ce qui concerne le mouvement impressionniste. Véritablement passionné par les voyages, ce dernier partir aux quatre coins de la France et de l’Italie. Considéré comme le Père fondateur du mouvement impressionniste, Camille Corot suscitera beaucoup d’admiration auprès de ses compères tels que Claude Monet. Camille Corot sera à la frontière entre deux mouvements. Il commencera son oeuvre artistique sous le mouvement néo-classique et assistera à la naissance de l’impressionnisme. Ce mouvement apportera une véritable touche de modernité. L’impressionnisme apparaîtra comme une véritable révolution dans le monde de l’art. Il marque une rupture complète avec le mouvement néoclassique. Les codes ne sont plus les mêmes. Il y a une véritable volonté de se détacher des normes trop restrictives en termes de peinture néoclassique. Camille Corot sera alors l’un des dignes représentants de cette rupture dans le monde de l’art.  Au travers des ses peintures, Camille Corot dépeindra des paysages sans anecdotes et complètement baignés aignés de lumière. La représentation de la nature sera alors une des inspirations des peintres impressionnistes. Issu d’une famille de commerçants aisés, Jean-Baptiste Camille Corot effectuera des études au sein du collège de Rouen. Ce passionné de peinture rejoindra par la suite l’atelier du peintre Achille Etna Michallon. C’est à ses côtés que Camille Corot s’initiera au néoclassicisme. Par la suite, le jeune peintre rejoindra l’atelier de Jean Victor Bertin et découvrira le village de Barbizon, au sein duquel la célèbre Ecole de Barbizon prendra place quelques temps après. Entre 1830 et 1845, le peintre Camille Corot sillonnera les régions de la France à la recherche de paysages purs. Entre la Normandie, la Provence, l’Auvergne, le Limousin, la Bretagne ou encore la Bourgogne, ses voyages se succèderont. A partir des années 1850, Camille Corot se professionnalise véritablement au travers de sa peinture. Il offrira alors des oeuvres telles que « Nymphe couchée », « Femme cueillant des fleurs », « Le Quai des Paquis à Genève », « Souvenir de Montefontaine » ou encore « Prairie aux deux grands arbres ». Camille Corot acquière rapidement une certaine notoriété auprès de nombreux artistes. Il sera alors amené à travailler avec des peintres tels que Eugène Lavieille, Eugène Boudin, Berthe Morisot ou encore François Louis Français. A l’heure actuelle, les oeuvres de Camille Corot sont exposées un peu partout dans le monde.

Bien à vous,

Saint-Sulpice

«De Corot à l’art moderne, souvenirs et variations» – jusqu’au 24 mai 2009 au Musée des beaux-arts de Reims – 8, rue Chanzy – 51100 Reims – Tél: 03.26.35.36.00, catalogue Hazan, 216 p., 39 €.

« Richter en France » – 7 Mars au 1 Juin 2009 – Musée de Grenoble

 

 

Le Musée de Grenoble consacre une exposition à l’artiste allemand Gerhard Richter.

 

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 Une de plus ? Certes, à 75 ans, il est considéré comme un des grands peintres de la seconde moitié du XXe siècle, mais on le voit bien souvent : sa dernière rétrospective a eu lieu en janvier 2008, au musée Frieder Burda de Baden-Baden, en Allemagne.

 

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 Alors, une telle exposition était-elle nécessaire ?

 

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 Oui, car elle est aussi un hommage à la sagacité de nos conservateurs de musée et de nos directeurs de FRAC, trop vite vilipendés pour leurs achats impulsifs.

 

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 Les quarante oeuvres réunies ici, soit l’ensemble des Richter des collections publiques françaises, témoignent au contraire de la justesse des choix effectués depuis trente ans.

 

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Saluons d’abord l’intuition de Daniel Abadie qui, lorsqu’il était conservateur au Centre Pompidou, a organisé la première exposition de Richter dans un musée français, en 1977.

 

 

 

 D’après Guy Tosatto, le directeur du Musée de Grenoble, il s’agissait toutefois d’un malentendu : « Abadie voyait en Richter un hyperréaliste. »

 

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 Rien d’étonnant de la part d’un peintre qui, formé dans les académies rigoureuses d’Allemagne de l’Est, fait ce qu’il veut de son pinceau.

 

 

 

 Tour à tour, voire simultanément, abstrait et figuratif, sa peinture déroute.

 

 

 

 « Mais cela me semble normal, confiait-il au Monde le 28 janvier 2008. Un homme ne se comporte pas toujours de la même façon, ne s’habille pas toujours de la même façon, tout en restant le même. C’est ce que je fais. Depuis Picasso et Picabia, c’est désormais un phénomène normal que d’employer des méthodes différentes… » Ce qui, si on ose dire, le rend apte à satisfaire tout le monde.

 

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« Quand ils se sont intéressés à Richter, Xavier Douroux (le directeur du Consortium de Dijon) voyait en lui un artiste conceptuel et Bernard Ceysson (l’ancien responsable du Musée d’art moderne de Saint-Etienne) un abstrait lyrique », explique Guy Tosatto.

 

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 Chacun trouve ainsi midi à sa porte. Une ambiguïté qui permet à cette exposition de retracer, en filigrane, une histoire du goût institutionnel français.

 

 

 

 On en a la démonstration dès les premières salles de l’exposition.

 

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 Un grand monochrome gris, pour les adeptes du minimalisme, jouxte un portrait de l’oncle Rudi, souriant dans son uniforme de la Wehrmacht.

 

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 Une oeuvre complexe puisque, par-delà son sujet autobiographique, elle est la photo d’un tableau lui-même peint d’après photo. L’art qui se mord la queue.

 

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 En vis-à-vis dans la même salle, Ubersicht (1998), sorte d’organigramme égrenant les grandes phases de l’histoire de l’art, des grottes de Lascaux à un certain Gerhard Richter, ravira les amateurs de conceptuel.

 

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Au fil de l’exposition, l’oeil saute ainsi d’un genre à l’autre, avec pourtant la sensation d’une surprenante unité.

 

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 Abstraits ou figuratifs, ce sont toujours des Richter. Lui-même, lorsqu’il quitte l’Allemagne de l’Est au début des années 1960, est tiraillé entre plusieurs influences. Nourri à la mamelle du réalisme socialiste, il passe à l’Ouest, persuadé que la modernité réside dans l’abstraction, l’art informel, et atterrit en plein pop art.

 

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On serait dérouté à moins. Sans privilégier une école, il les embrasse toutes, et en fait du Richter. C’est ainsi que lorsqu’il offre à Beaubourg en 1984 la grande toile 1024 Farben (1973), les conservateurs du Centre Pompidou pensent tenir une oeuvre conceptuelle. « Elle n’est plus perçue du tout comme cela aujourd’hui« , sourit Guy Tosatto.

 

 

Et le sourire du directeur du Musée de Grenoble de s’agrandir quand il parle, chose rare dans sa profession, de gros sous. Car Richter a été très généreux avec notre pays. Ainsi, parvenu au faîte de la gloire, il négocie lui-même avec son marchand pour que le Carré d’art de Nîmes puisse acquérir, en 1996, Blumen pour la somme de 300 000 francs alors que la galerie en réclamait 1,5 million.

 

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D’autre part, les institutions ont su acheter très tôt.

 

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 A petit prix. Ainsi, dit Tosatto Kerze, une bougie peinte en 1982, fut acquise environ 40 000 francs (plus près de 100 000 francs, d’après un ancien responsable des lieux) par le FRAC Rhône-Alpes en 1984, à la galerie Durand-Dessert, son premier marchand parisien.

 

 

 

40 ou 100 000 francs, cela n’a guère d’importance : en 2001, une toile équivalente a été vendue aux enchères à New York pour 5,3 millions de dollars (4,59 millions d’euros) et, une autre en février 2008 à Londres pour l’équivalent de 9,4 millions d’euros !

 

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 Chiffres dont devraient se souvenir ceux qui, vouant les « institutionnels » aux gémonies, bouffent du directeur de FRAC à chaque repas.

 

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Biographie de Gerhard Richter

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Après une formation initiale de peintre décorateur, il est admis à l’Académie des Beaux-arts de Dresde à sa seconde candidature où il obtient une maîtrise, diplôme qui lui permet de bénéficier d’un atelier pour trois ans. Son intérêt pour la peinture abstraite, Jackson Pollock et Lucio Fontana en particulier, motive son passage à l’Ouest. Finalement établi à Düsseldorf, il est l’élève de Karl-Otto Götz et rencontre Sigmar Polke, Blinky Palermo et le futur galeriste Konrad Fischer-Lueg.

Il peint la première œuvre de son catalogue en 1962 : Tisch (Table), une huile peinte d’après une photographie de presse. À la fois photographe du quotidien et peintre, il reproduit sur la toile les sujets de ses photos. Paysages, natures mortes et scènes intimes parsèment ainsi une œuvre par ailleurs essentiellement constituée d’œuvres abstraites qu’il nomme, invariablement, Abstraktes Bild (Toile abstraite). Les sources documentaires du travail de Gerhard Richter: les photos de presse, ses propres photos, les clichés d’amateur qu’il collectionne, ont été réunis pour former un atlas exposé pour la première fois en 1972.

Parallèlement à ses expositions personnelles, il exerce une activité de professeur dans plusieurs écoles d’Art, notamment à Hambourg, Düsseldorf ou Halifax (Nouvelle-Écosse, Canada) et reçoit de nombreuses récompenses dont le Junger Western Art à Recklinghausen en 1967, le prix Arnold Bode à la Documenta de Cassel en 1981, le prix Oskar Kokoschk à Vienne en 1985, le Prix Wolf des Arts en Israël en 1994/95 et le Praemium Imperiale au Japon en 1997.

En 1957, son premier mariage l’unit à Marianne Eufinger, la future Ema de son Akt auf einer Treppe (Nu dans l’escalier, référence au célèbre Nu descendant un escalier de Marcel Duchamp). Sa fille Betty, née en 1966, aura trois toiles à son prénom: deux peintes en 1977 (deux gros plans de visage) et une en 1988 (la tête tournée).

Deuxième mariage en 1982 avec le sculpteur Isa Genzken, sujet de deux portraits en 1990 (Isa).

Il se marie enfin en 1995 avec Sabine Moritz qui donnera naissance à leur fils Moritz, la même année ; tous deux seront les modèles de la série S. mit Kind (S. avec enfant). Enfin, il peindra son seul autoportrait connu en 1996, Selbstportrait.

Il vit et travaille désormais à Cologne

 

Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

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« Richter en France » – Musée de Grenoble5, Place de Lavalette – Tél. : 04.76.63.44.44 – Du mercredi au lundi, de 10 heures à 18 h 30 – 7 Mars au 1er juin 2009 - Tarifs: Plein 5€, réduit 3€, étudiant 2€, Gratuité les premiers dimanche de chaque mois et pour les – de 18 ans.

 

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