Exposition Jacques Tati, La Villa Arpel – Le Cent-Quatre – Paris

Exposition Jacques Tati, La Villa Arpel - Le Cent-Quatre - Paris dans EXPOSITIONS

 

 

En écho à l’exposition « Jacques Tati, deux temps, trois mouvements » à la Cinémathèque française, le CENTQUATRE nous propose la visite de la Villa Arpel, célèbre décor du film désormais culte Mon Oncle. A découvrir en entrée libre, du 10 avril au 3 mai 2009.

 

j05 dans EXPOSITIONS

 

A une époque où triomphent les arts ménagers et le confort moderne, où l’on assiste aux débuts de la domotique, Jacques Tati imagine, invente avec son complice Lagrange, l’inoubliable Villa Arpel.

 

 100146

 

Décor du film Mon Oncle, elle fut montée en 1956 aux Studios de La Victorine, près de Nice, avant d’être détruite à la fin du tournage. Recréée pour la 1e fois à l’échelle réelle au salon Futur Intérieur en janvier 2007, la voilà installée en grandeur nature et accessoirisée dans la Halle Curial du CENTQUATRE. Et éclairée comme au cinéma ! Rien n’y manque…La Villa Arpel est la représentation de la Modernité selon Tati, l’objet de toutes les interrogations, toutes les maladresses de monsieur Hulot l’inadapté.

 

 tati2

 

Passé le jardin rectiligne rose et bleu, façon Villa Noailles, le plan d’eau et ses nénuphars de plastique, le garage et la Chevrolet bel Air 1956 de monsieur Arpel, on découvrira la cuisine robotisée high tech, immaculée de Madame, la chambre très fonctionnelle du petit Gérard, le vaste salon et son canapé haricot, ses fauteuils coquetiers…
On entendrait presque madame Arpel : « C’est si pratique. Tout communique! » Tel un chemin de ronde visuelle (extraits de Mon Oncle, et d’archives publicitaires de l’époque) et sonore (bande-son du film et extraits musicaux), le parcours amusera autant les enfants que les adultes.

 

G_336464_art

 

Biographie de Jacques Tati

Une carrière cinématographique commencée en 1932 avec Oscar, champion de tennis, court-métrage dont Tati a écrit le scénario, qu’il interprète, mais dont la mise en images a été confiée à Jack Forrester. L’année précédente, Jacques Tati, né Tatischeff, a débuté sur les planches avec un spectacle de pantomimes sportives. Car le sport, en particulier le rugby, est son loisir favori depuis l’adolescence ; dans les vestiaires, après les matches, il en mimait devant ses coéquipiers pliés de rire, les diverses phases de jeu, les interventions de l’arbitre, les réactions du public.

Dans les années 30, il trouve l’occasion de reprendre, devant la caméra, quelques-unes de ses pantomimes : sur le tennis dans l’Oscar déjà cité, la lutte dans On demande une brute de Charles Barrois (1934), ou la boxe dans Soigne ton gauche de René Clément (1936), le plus connu des courts-métrages – il y en a eu cinq avec Gai dimanche de Jacques Berr (1935) et Retour à la terre, le premier signé Tati en 1938 – qu’il interpréta avant la guerre. Mais l’essentiel, en ce début de carrière, demeure le music-hall où Tati s’est taillé une solide réputation. Avec son numéro, ‘Impressions sportives », il a fait le tour des scénes françaises et européennes ; il fallait le présenter au Radio City Music Hall de New York lorsqu’en septembre 1939, il doit revêtir l’uniforme…

Après la guerre, Tati apparaît dans Sylvie et le fantôme (1945) – il est le fantôme – et dans Le Diable au corps (1947) d’Autant-Lara. Il investit ses cachets dans L’Ecole des facteurs (1947), ultime brouillon du film auquel il pense depuis son Retour à la terre où sévissait déjà un impayable facteur rural. Ce film, c’est Jour de fête que Tati réalise et interprète en 1949 et que les distributeurs, maîtres de la sortie en salles, ne trouveront pas drôle… Heureusement, une projection surprise, à Neuilly, connaît un triomphe grâce auquel Jour de fête peut enfin rencontrer un immense public, surpris et ravi de rire autant.

« C’est alors que j’ai eu l’idée de présenter M. Hulot, personnage d’une indépendance complète, d’un désintéressement absolu et dont l’étourderie, qui est son principal défaut, en fait, à notre époque fonctionnelle, un inadapté ». Avec son « visage à la Prévert sur le corps de De Gaulle » (Michèle Manceaux), M. Hulot, alias Jacques Tati, va promener sa silouhette dégingandée sur la plage des Vacances de M. Hulot (1953) ; arbitrer dans Mon oncle (1953) l’éternel conflit de l’ancien et du nouveau ; plonger avec le courage de l’inconscience dans l’univers cybernétique de Playtime (1968) et affronter dans Trafic (1970) l’hydre automobile aux cent gueules de chauffards.

 

Tati avait coutume de dire aux apprentis cinéastes : « Le cinéma, c’est un stylo, du papier et des heures à observer le monde et les gens ». Pour écrire ses films, du premier au dernier gag et en prévoir tous les rouages ; pour imaginer, sur la bande-son, le moindre bruit, sa modulation, son intensité, son rythme ; pour faire exister, avec un visage, des vêtements, une silouhette et des signes particuliers, le plus humble des personnages, à peine entrevu sur l’écran, Tati avait besoin de temps et le prenait. Quatre ans entre Jour de fête et Les Vacances…, cinq entre Les Vacances… et Mon oncle, dix entre Mon oncle et Playtime.

Il avait aussi besoin d’argent : il engloutit des millions dans l’édification du gigantesque décor futuriste de Playtime. Le tournage s’y prolongea des mois ; le légendaire perfectionnisme du cinéaste ne fut pas responsable de tous les retards, car il fallut souvent attendre l’arrivée d’argent frais ! Et lorsque apparurent enfin sur l’écran géant de l’Empire ces images bourrées de gags dans leurs moindres recoins, certains crièrent à la démesure, à la mégalomanie… Vaincu par l’incompréhension d’une critique pressée et par les mises en demeure de ses créanciers, Tati dut tailler dans le vif, couper des séquences entières. Rien n’y fit, car le public n’était plus au rendez-vous. Déjà gorgé de télévision et bombardé d’images choc montées au pas de charge, il avait perdu cette patience qui lui avait permis, dix ans auparavant, de s’introduire en douceur dans le monde nonchalant de M. Hulot.

Confronté à l’échec de son entreprise prométhéenne, Tati trouva quelque réconfort dans les louanges prodiguées par certains confrères, en particulier celles de François Truffaut qui lui écrivit : « C’est un film qui vient d’une autre planète où l’on tourne les films différemment. Playtime, c’est peut-être l’Europe de 1968 filmée par le premier cinéaste martien, « leur » Louis Lumière ! Alors il voit ce que l’on ne voit plus et il entend ce que l’on n’entend plus et filme autrement que nous ». 

Après Trafic qui ne lui permis pas de renouer avec le succès ni d’éponger ses dettes, Tati se voit offrir, par la télévision suédoise, l’opportunité de réaliser un film avec les moyens tehniques et financiers des productions télévisuelles. C’est Parade (1974) où Tati revient au cirque et au music-hall de ses débuts. En bon M. Loyal, il présente une succession d’attractions entre lesquelles il reprend ses pantomimes d’autrefois : le footballeur, le pêcheur à la ligne, le tennisman, la cavalier… Ce sera son dernier film.

Après Playtime, cette oeuvre titanesque, aura eu raison de celui qui avait cru possible de faire tenir le monde dans un écran, d’y faire entrer à sa suite des millions de spectateurs et de y les laisser retrouver leur chemin, armés d’intelligence, de sensibilité et de la certitude qu’au terme du voyage, un éclat de rire les délivrerait de l’angoisse.

 

s-160

 

Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

4-104-rue-aubervilliers-pompes-funebres
 

Le CENT QUATRE – 104, Rue d’Aubervilliers & 5, Rue Curial – 75019 Paris – Tél: 01.53.35.50.00 -  Du 10 Avril au 3 Mai 2009 - Du mardi au samedi de 11h à 23h – Les dimanches et lundis de 11h à 20h – Fermeture des ateliers le lundi - RER lignes B et D – Métro lignes 2, 5, 7 – station Stalingrad (bd de la Villette, sortie n°2), ligne 7 – stations Crimée ou Riquet – Bus ligne 54 – station Riquet – lignes 54, 60 – stations Crimée/Curial – navette “la Traverse” – stations Riquet ou Curial/Archereau -Tarifs: Accès gratuit

La Princesse de Clèves – Madame de Lafayette

La Princesse de Clèves - Madame de Lafayette simile

 

La Princesse de Clèves fut publié en mai 1678, sans nom d’auteur, chez l’éditeur Claude Barbin.

Au dix-septième Siècle, être auteur dans la bonne société n’était pas une qualité dont on pouvait se glorifier. La Princesse de Clèves qui fut par la suite attribué à Mme de Lafayette peut être considéré comme une œuvre collective. Il est probable qu’elle se soit fait conseiller par  l’un ou plusieurs des auteurs suivants : son ami La Rochefoucauld; Segrais, qui avait publié en 1656, Les Nouvelles françaises ou les Divertissements de la Princesse Aurélie ; Huet, un théoricien qui avait publié de l’origine des romans . On évoqua aussi Mme de Sévigné, une amie intime de Mme de Lafayette .

 

 lafayettenb

Madame de Lafayette

 

S’il est difficile de reconnaître la part de chacun dans ce roman, les historiens ont acquis la quasi certitude que ce fut Mme de Lafayette qui fut l’architecte de cet ouvrage. C’est elle qui y insuffla son énergie et qui assura la cohérence de ce roman écrit entre 1672 à 1677

Le nom de l’auteur n’apparaîtra sur la couverture de ce roman qu’en 1780, soit plus de 100 ans après sa parution.

Résumé de La Princesse de Clèves

La Princesse de Clèves est composée en 4 parties

Première partie

L’action se déroule, en 1558, à la cour du roi Henri II durant les dernières années de son règne. Autour du roi, princes et princesses rivalisent d’élégance et de galanterie.

Mlle de Chartres, jeune orpheline de seize ans, élevée par sa mère selon de rigoureuses règles de morale, parait pour la première fois au Louvre. Le prince de Clèves, honnête homme d’une grande droiture morale, tombe amoureux d’elle dès qu’il l’aperçoit. Ebloui par sa beauté, il la demande en mariage. Mlle de Chartres n’a aucune expérience de l’amour et l’épouse sans être amoureuse de lui.

Alors qu’elle est mariée, Mme de Clèves rencontre, à la cour, le duc de Nemours. Naît entre eux un amour immédiat et partagé. Mme de Chartres découvre cette passion naissante et met en garde sa fille du danger de ce désir illégitime. Avant de mourir, Mme de Chartres conjure sa fille de lutter contre l’amour coupable que lui inspire le duc de Nemours . Ayant perdu le soutien de sa mère, et afin d’éviter M. de Nemours, qu’elle ne peut s’empêcher d’estimer, Mme de Clèves décide de se retirer à la campagne. M. de Clèves reste à Paris, car il doit consoler l’un de ses amis, M. de Sancerre.

 

 la_princesse_de_cleves

 

Seconde partie

Mme de Clèves vit en sa maison de Coulommiers. Elle apprend la mort de Mme de Tournon et est attristée de la disparition de cette jeune femme qu’elle trouvait belle et vertueuse. De retour de Paris, M. de Clèves lui apprend que son ami Sancerre était amoureux depuis près de deux ans de Mme de Tournon et que cette dernière lui avait secrètement promis ainsi qu’à M. d’Estouville de les épouser . C’est seulement le jour de sa mort que M. de Sancerre apprend la perfidie. Le même jour, il connait une douleur immense en apprenant la mort de sa bien-aimée et en découvrant les lettres passionnées que cette dernière a adressées à M. d’Estouville. La princesse de Clèves est troublée par les propos que son mari a tenu a son ami Sancerre et qu’il lui répète :  » La sincérité me touche d’une telle sorte que je crois que si ma maîtresse et même ma femme, m’avouait que quelqu’un lui plût, j’en serais affligé sans en être aigri. »

A la demande de M. de Clèves, Mme de Clèves rentre à Paris . Elle ne tarde pas à se rendre compte qu’elle n’est pas guérie de l’amour qu’elle éprouve pour le duc de Nemours. Elle est en effet émue et pleine de tendresse pour cet homme, qui par amour pour elle, renonce aux espérances d’une couronne. Si elle ne parvient pas à maîtriser ses sentiments, elle est bien décidée à tout faire pour maîtriser ses actes. Elle souhaite à nouveau fuir celui qu’elle aime, mais son mari lui intime l’ordre de ne changer en rien sa conduite.

 

 18981641

 

Puis Nemours dérobe sous ses yeux son portrait. Elle se tait, craignant à la fois de dévoiler publiquement la passion que ce prince éprouve pour elle et d’avoir à affronter une déclaration enflammée de cet amoureux passionné. Nemours qui s’est aperçu que la princesse de Clèves avait assisté à ce vol et n’avait pas réagi, rentre chez lui, savourant le bonheur de se savoir aimé.

Lors d’un tournoi, Nemours est blessé. Le regard que lui adresse alors Mme de Clèves est la preuve d’une ardente passion. Puis une lettre de femme égarée et dont elle entre en possession laisse supposer que Nemours a une liaison . Elle découvre alors la jalousie.

 

 anne_deste-ferrare_duch_guise_1549_duch_nemours_1566.1234568250

 

Troisième partie

Le Vidame de Chartres, oncle de la princesse de Clèves et ami intime de M. de Nemours est lui aussi très contrarié par cette lettre. Car la lettre qu’a lue la princesse de Clèves et qu’elle croyait adressée à Nemours, d’où sa jalousie, lui appartenait. Et le fait qu’elle circule entre toutes les mains de la Cour le contrarie énormément. En effet cette lettre risque de déshonorer une femme extrêmement respectable et de lui valoir, à lui, Vidame de Chartres, la colère de la Reine qui en a fait son confident et qui n’accepterait pas cette aventure sentimentale.

Le Vidame de Chartres souhaite que le duc de Nemours indique être le destinataire de cette lettre et aille la réclamer à la reine dauphine qui l’a maintenant entre les mains. Il lui donne pour cela un billet sur lequel figure son nom , qu’une amie de sa maîtresse lui a donné, et qui permettra à Nemours de se justifier auprès de celle qu’il aime.

M. de Nemours rend visite à Mme de Clèves et lui apprend la demande au Vidame de Chartres. Il parvient également grâce au billet que lui a donné son ami à lui prouver qu’il n’est pas compromis dans cette aventure sentimentale. Il parvient ainsi à dissiper la jalousie de la Princesse. En présence de M. de Clèves, les deux amants, pour satisfaire une demande royale, réécrivent de mémoire une copie de la lettre qui a semé le trouble. Mme de Clèves goûte le plaisir de ce moment d’intimité , mais reprend conscience de la passion qu’elle ressent, malgré elle, pour cet homme. Elle décide de repartir à la campagne, malgré les reproches de son mari, qui ne comprend guère son goût pour la solitude.

 

 18981642

 

Elle avoue alors, les yeux remplis de larme, qu’elle est éprise d’un autre homme, et que pour rester digne de lui, elle doit quitter la cour. M. de Nemours assiste, caché et invisible, à cet aveu. M. de Clèves est dans un premier temps tranquillisé par la franchise courageuse de son épouse. Puis aussitôt , il commence à ressentir une vive jalousie et presse son épouse de mille questions auxquelles elle ne répond pas. Elle ne lui dévoilera pas le nom de son rival. M. de Nemours, assistant dans l’ombre à cette scène, reste lui aussi dans l’expectative. Le roi demande alors à M. de Clèves de rentrer à Paris.

Restée seule , Mme de Clèves est effrayée de sa confession, mais se rassure , en estimant qu’elle a ainsi témoigné sa fidélité à son mari.

M. de Nemours s’est enfui dans la forêt et se rend compte que cet aveu lui enlève tout espoir de conquérir celle qu’il aime. Il éprouve pourtant une certaine fierté d’aimer et d’être aimé d’une femme si noble . Il commet surtout l’imprudence de raconter au Vidame de Chartres, l’histoire qu’il vient de vivre. Il a beau raconter cette histoire en termes très vagues, son compagnon devine que cette histoire est la sienne. Clèves apprend de son côté que celui que sa femme n’a pas voulu nommer, n’est autre que M. de Nemours. Puis en raison de l’imprudence de Nemours, l’information de vient publique. Ne sachant que ce dernier a été témoin de cet aveu, M et Mme de Clèves se déchirent en se soupçonnant l’un l’autre d’avoir trahi le secret de leur discussion. Nemours et M et Mme de Clèves que la fatalité a jeté les uns contre les autres sont alors soumis aux soupçons, remords, reproches et aux plus cruels des troubles de la passion.

Le roi, lui , meurt, lors d’un tournoi.

 

 18981643

 

Quatrième partie

Alors que la Cour se rend à Reims pour le sacre du nouveau roi, Mme de Clèves se retire à nouveau à la campagne, cherchant dans la solitude l’impossible tranquillité. Nemours la suit , épié par un espion que Clèves a dépêché sur place. De nuit, Nemours observe la princesse de Clèves alors qu’elle contemple d’un air rêveur un tableau le représentant. Il est fou de bonheur. Encouragé par cette marque d’amour, Nemours se décide à rejoindre celle qu’il aime. Il avance de quelques pas et fait du bruit. Pensant le reconnaître, la princesse se réfugie immédiatement dans un autre endroit du château. Nemours attend en vain dans le jardin , et au petit matin, il se rend dans le village voisin pour y attendre la nuit suivante.

La présence du duc de Nemours auprès de la princesse a été racontée à Clèves par son espion. Sans même laisser le temps à son interlocuteur de lui donner plus de précisions, Clèves est persuadé qu’il a été trahi. Il meurt de chagrin, non sans avoir fait « à la vertueuse infidèle d’inoubliables adieux » et l’avoir accablée de reproches.

La douleur prive la princesse de toute raison . Elle éprouve pour elle-même et M. de Nemours un véritable effroi. Elle refuse de voir M. de Nemours, repensant continuellement à la crainte de son défunt mari de la voir épouser M. de Nemours.

Le Vidame de Chartres réussit tout de même à organiser une entrevue secrète entre les deux amants. Elle le regarde avec douceur , mais lui conseille de rechercher ailleurs une destinée plus heureuse. Puis elle sort sans que Nemours puisse la retenir.

La princesse tentera d’apaiser sa douleur en s’exilant dans les Pyrénées. Elle mourra quelques années plus tard en succombant à une maladie de langueur.

Bonne lecture,

Saint-Sulpice

 

« Richter en France » – 7 Mars au 1 Juin 2009 – Musée de Grenoble

 

 

Le Musée de Grenoble consacre une exposition à l’artiste allemand Gerhard Richter.

 

  dans EXPOSITIONS

 

 Une de plus ? Certes, à 75 ans, il est considéré comme un des grands peintres de la seconde moitié du XXe siècle, mais on le voit bien souvent : sa dernière rétrospective a eu lieu en janvier 2008, au musée Frieder Burda de Baden-Baden, en Allemagne.

 

 RichterG2

 

 Alors, une telle exposition était-elle nécessaire ?

 

 12518w_emblemearthly_confrontation1

 

 Oui, car elle est aussi un hommage à la sagacité de nos conservateurs de musée et de nos directeurs de FRAC, trop vite vilipendés pour leurs achats impulsifs.

 

 artwork_images_424427346_466228_gerhard-richter

 

 Les quarante oeuvres réunies ici, soit l’ensemble des Richter des collections publiques françaises, témoignent au contraire de la justesse des choix effectués depuis trente ans.

 

 artwork_images_423817074_305104_gerhard-richter

 

Saluons d’abord l’intuition de Daniel Abadie qui, lorsqu’il était conservateur au Centre Pompidou, a organisé la première exposition de Richter dans un musée français, en 1977.

 

 

 

 D’après Guy Tosatto, le directeur du Musée de Grenoble, il s’agissait toutefois d’un malentendu : « Abadie voyait en Richter un hyperréaliste. »

 

 artwork_images_424427346_466233_gerhard-richter

 

 Rien d’étonnant de la part d’un peintre qui, formé dans les académies rigoureuses d’Allemagne de l’Est, fait ce qu’il veut de son pinceau.

 

 

 

 Tour à tour, voire simultanément, abstrait et figuratif, sa peinture déroute.

 

 

 

 « Mais cela me semble normal, confiait-il au Monde le 28 janvier 2008. Un homme ne se comporte pas toujours de la même façon, ne s’habille pas toujours de la même façon, tout en restant le même. C’est ce que je fais. Depuis Picasso et Picabia, c’est désormais un phénomène normal que d’employer des méthodes différentes… » Ce qui, si on ose dire, le rend apte à satisfaire tout le monde.

 

 artwork_images_733_218311_gerhard-richter

 

« Quand ils se sont intéressés à Richter, Xavier Douroux (le directeur du Consortium de Dijon) voyait en lui un artiste conceptuel et Bernard Ceysson (l’ancien responsable du Musée d’art moderne de Saint-Etienne) un abstrait lyrique », explique Guy Tosatto.

 

gerhard-richter

 

 Chacun trouve ainsi midi à sa porte. Une ambiguïté qui permet à cette exposition de retracer, en filigrane, une histoire du goût institutionnel français.

 

 

 

 On en a la démonstration dès les premières salles de l’exposition.

 

 kuspit8-5-30

 

 Un grand monochrome gris, pour les adeptes du minimalisme, jouxte un portrait de l’oncle Rudi, souriant dans son uniforme de la Wehrmacht.

 

 artwork_images_424427346_466254_gerhard-richter

 

 Une oeuvre complexe puisque, par-delà son sujet autobiographique, elle est la photo d’un tableau lui-même peint d’après photo. L’art qui se mord la queue.

 

 gerhard-richter

 

 En vis-à-vis dans la même salle, Ubersicht (1998), sorte d’organigramme égrenant les grandes phases de l’histoire de l’art, des grottes de Lascaux à un certain Gerhard Richter, ravira les amateurs de conceptuel.

 

Gerhard-Richter-Abstract-Painting--1992-80993

 

Au fil de l’exposition, l’oeil saute ainsi d’un genre à l’autre, avec pourtant la sensation d’une surprenante unité.

 

 CRI_57131

 

 Abstraits ou figuratifs, ce sont toujours des Richter. Lui-même, lorsqu’il quitte l’Allemagne de l’Est au début des années 1960, est tiraillé entre plusieurs influences. Nourri à la mamelle du réalisme socialiste, il passe à l’Ouest, persuadé que la modernité réside dans l’abstraction, l’art informel, et atterrit en plein pop art.

 

 300_nm-richter-pr01

 

On serait dérouté à moins. Sans privilégier une école, il les embrasse toutes, et en fait du Richter. C’est ainsi que lorsqu’il offre à Beaubourg en 1984 la grande toile 1024 Farben (1973), les conservateurs du Centre Pompidou pensent tenir une oeuvre conceptuelle. « Elle n’est plus perçue du tout comme cela aujourd’hui« , sourit Guy Tosatto.

 

 

Et le sourire du directeur du Musée de Grenoble de s’agrandir quand il parle, chose rare dans sa profession, de gros sous. Car Richter a été très généreux avec notre pays. Ainsi, parvenu au faîte de la gloire, il négocie lui-même avec son marchand pour que le Carré d’art de Nîmes puisse acquérir, en 1996, Blumen pour la somme de 300 000 francs alors que la galerie en réclamait 1,5 million.

 

 GD6397306@Gerhard-RichterAbs-8894

 

D’autre part, les institutions ont su acheter très tôt.

 

 richter

 

 A petit prix. Ainsi, dit Tosatto Kerze, une bougie peinte en 1982, fut acquise environ 40 000 francs (plus près de 100 000 francs, d’après un ancien responsable des lieux) par le FRAC Rhône-Alpes en 1984, à la galerie Durand-Dessert, son premier marchand parisien.

 

 

 

40 ou 100 000 francs, cela n’a guère d’importance : en 2001, une toile équivalente a été vendue aux enchères à New York pour 5,3 millions de dollars (4,59 millions d’euros) et, une autre en février 2008 à Londres pour l’équivalent de 9,4 millions d’euros !

 

 RichterDead1ToteL

 

 Chiffres dont devraient se souvenir ceux qui, vouant les « institutionnels » aux gémonies, bouffent du directeur de FRAC à chaque repas.

 

Gerhard%20Richter_1024%20farben_kl

 

Biographie de Gerhard Richter

Gerhard_Richter_by_Lothar_Wolleh

 

Après une formation initiale de peintre décorateur, il est admis à l’Académie des Beaux-arts de Dresde à sa seconde candidature où il obtient une maîtrise, diplôme qui lui permet de bénéficier d’un atelier pour trois ans. Son intérêt pour la peinture abstraite, Jackson Pollock et Lucio Fontana en particulier, motive son passage à l’Ouest. Finalement établi à Düsseldorf, il est l’élève de Karl-Otto Götz et rencontre Sigmar Polke, Blinky Palermo et le futur galeriste Konrad Fischer-Lueg.

Il peint la première œuvre de son catalogue en 1962 : Tisch (Table), une huile peinte d’après une photographie de presse. À la fois photographe du quotidien et peintre, il reproduit sur la toile les sujets de ses photos. Paysages, natures mortes et scènes intimes parsèment ainsi une œuvre par ailleurs essentiellement constituée d’œuvres abstraites qu’il nomme, invariablement, Abstraktes Bild (Toile abstraite). Les sources documentaires du travail de Gerhard Richter: les photos de presse, ses propres photos, les clichés d’amateur qu’il collectionne, ont été réunis pour former un atlas exposé pour la première fois en 1972.

Parallèlement à ses expositions personnelles, il exerce une activité de professeur dans plusieurs écoles d’Art, notamment à Hambourg, Düsseldorf ou Halifax (Nouvelle-Écosse, Canada) et reçoit de nombreuses récompenses dont le Junger Western Art à Recklinghausen en 1967, le prix Arnold Bode à la Documenta de Cassel en 1981, le prix Oskar Kokoschk à Vienne en 1985, le Prix Wolf des Arts en Israël en 1994/95 et le Praemium Imperiale au Japon en 1997.

En 1957, son premier mariage l’unit à Marianne Eufinger, la future Ema de son Akt auf einer Treppe (Nu dans l’escalier, référence au célèbre Nu descendant un escalier de Marcel Duchamp). Sa fille Betty, née en 1966, aura trois toiles à son prénom: deux peintes en 1977 (deux gros plans de visage) et une en 1988 (la tête tournée).

Deuxième mariage en 1982 avec le sculpteur Isa Genzken, sujet de deux portraits en 1990 (Isa).

Il se marie enfin en 1995 avec Sabine Moritz qui donnera naissance à leur fils Moritz, la même année ; tous deux seront les modèles de la série S. mit Kind (S. avec enfant). Enfin, il peindra son seul autoportrait connu en 1996, Selbstportrait.

Il vit et travaille désormais à Cologne

 

Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

bebe-3


« Richter en France » – Musée de Grenoble5, Place de Lavalette – Tél. : 04.76.63.44.44 – Du mercredi au lundi, de 10 heures à 18 h 30 – 7 Mars au 1er juin 2009 - Tarifs: Plein 5€, réduit 3€, étudiant 2€, Gratuité les premiers dimanche de chaque mois et pour les – de 18 ans.

 

La Russie d’Andrei Konchalovsky – 18 Février au 3 Mars 2009 – Le Lincoln -Paris

La Russie d'Andrei Konchalovsky - 18 Février au 3 Mars 2009 - Le Lincoln -Paris 009

 

Cette rétrospective mettra en lumière non seulement le talent varié du cinéaste mais aussi son rapport étroit avec sa culture et son pays.

Cette rétrospective sera l’occasion de (re)découvrir 7 de ses films réalisés en Russie :

Le Bonheur D’Assia (1967)

 

 f51_2

 

La kolkhozienne Assia est courtisée par un brave garcon, mais elle est enceinte d’un bon à rien. La moisson a lieu et les deux hommes se battent pour elle. Elle accouche seule et refuse d’épouser celui qu’elle aimait le plus, le père de l’enfant, qui réalise trop tard l’amour qu’il éprouvait. Assia demeure libre et heureuse…

————————————————————————————————————————–

Le Nid De Gentilshommes (1969)

 

 Précédé de Nid de gentilhomme

 

Fidèle adaptation du roman de Tourguéniev

 

————————————————————————————————————————–

Oncle Vania (1970)

 

uncle_vanya_02

 

Cette adaptation d’Andrei Mikhalkov Konchalovski respecte scrupuleusement l’oeuvre de Tchekhov.

 

 ————————————————————————————————————————-

 

Sibériade (1978)

 

 Siberiade

 

Dans un petit village de Sibérie, accroché aux berges d’un fleuve, trois quart de siècle 1900-1970 passent sur deux familles, où tout bouleversement vient du fleuve. C’est par lui qu’arrive la révolution, que partent les soldats pour la guerre, que débarquent les pétroliers…

————————————————————————————————————————–

- Le Cercle Des Intimes (1991)

 

Le cercle des intimes, le film

 

 

 

 

Moscou, 1939. Ivan Sanchine est le projectionniste de la salle de cinéma du KGB. Il vit avec sa femme, Anastasia, dans un appartement collectif. Un jour, un officier supérieur conduit Ivan au Kremlin où on lui confie soudain la charge de projeter des films pour Staline et le cercle de ses proches : Beria, Molotov, Kalinine, Kaganovitch. Mais Anastasia lui porte préjudice en s’occupant de Katya, une petite juive dont les parents ont été arrêtés.

 ————————————————————————————————————————

- Riaba Ma Poule (1994)

 

 riaba_poule_aff

 

Assia vit seule avec sa poule Riaba, refusant les demandes en mariage de Tchirkounov, le propriétaire de la scierie. Scierie qu’elle trouve bien trop bruyante, à tel point qu’elle décide d’y mettre le feu et finit en prison. Mais à sa sortie, elle découvre un trésor dans son poulailler. Qu’importe la propriété commune, elle le gardera !

—————————————————————————————————————————

- La Maison De Fous (2002).

 

La maison de fous, le film

 

 

 

 

Janna est pensionnaire dans un asile en Tchétchénie. Un matin, à son réveil, le personnel médical a disparu. Elle trouve alors refuge auprès de son accordéon et de Bryan Adams. Elle se sent en sécurité dans ce monde imaginaire. Un jour, des soldats tchétchènes investissent les lieux. Janna tombe amoureuse de l’un d’entre eux : Ahmed, mais craint de briser le cœur de Bryan Adams si jamais elle l’épouse. A l’arrivée des Russes, la jeune femme ne peut que jouer de l’accordéon et prier pour le retour de la paix.

—————————————————————————————————————————

A l’occasion de cette rétrospective sortira en salles le dernier film d’Andrei Konchalovsky, Gloss, le 25 février 2009.

 

Gloss
Galia, jeune ouvrière dans une usine de province, rêve de devenir mannequin. Elle quitte, un beau jour, ses parents alcooliques et son petit ami fruste et violent et monte à Moscou. Elle se fait embaucher, au culot, par un grand couturier qui la prend comme petite main, puis lui fait faire des ménages chez un homme qui dirige une agence de jolies filles qu’il marie à des oligarques. Galia, qui ne pense qu’à faire carrière, avance dans ce monde du luxe et de l’argent et parviendra à ses fins.

 

 

Programmation pour la semaine du 18 au 24 Février 2009

Le bonheur d’Assia (1h40)
Mercredi, séances à 13h45 – 15h45 – 17h45 – 19h45 – 21h45

Le nid des Gentilhommes (1h55)
Jeudi, séances à 13h50 – 16h05 – 18h20 – 20h30

Oncle Vania (1h30)
Vendredi, séances à 13h55 – 15h55 – 17h55 – 19h55 – 21h55

Sibériade (4h30)
Samedi, séances à 13h45 & 18h45

Le cercle des intimes (2h17)
Dimanche, séances à 14h10 – 17h00 – 20h00

Riaba ma poule! (1h57)
Lundi, séances à 13h45 – 16h00 – 18h15 – 20h30

La Maison des Fous (1h49)
Mardi, séances à 13h45 – 15h50 – 17h55

Mardi 24 Février à 20h00 en avant première: Gloss

 

Bon festival,

Saint-Sulpice

 

- Cinéma Le Lincoln – 14, Rue Lincoln – 75008 Paris – M° Georges V & Franklin Roosevelt -Tel: 01.42.25.45.80 

 

 Biographie d’Andrei Konchalovsky
 

 Andrei Konchalovsky

 

 

 

 

Né à Moscou en 1937, le cinéaste est le fils du couple d’écrivains Sergeï Mikhalkov et Natalia Konchalovskaïa. Initialement destiné à une carrière de pianiste, il interrompt ses études musicales et intègre l’Ecole de Cinéma de Moscou (VGIK) sous la direction de Mikhaïl Romm.

Il a réalisé plusieurs grands chef-d’oeuvres du cinéma russe, dont « Le Premier maître » (1964) « Le Bonheur d’Assya » (1967) et adapta les classiques russes d’Ivan Tourgueniev et Anton Tchekhov, avant de réaliser l’épique « Siberiade » qui remportera un franc succès au Festival de Cannes 1979.

A partir de 1980, Konchalovsky réalise des films aux Etats-Unis dont « Runaway Train » (1985), « Tango & Cash » (1989), outre des films historiques pour la télévision américaine dont « L’Odyssée » (1997) et « Le Lion en Hiver » (2003).

Son long-métrage « La Maison de fous » (2002) décrivant la vie d’un asile psychiatrique en Tchétchénie, lui a aussi valu le Lion d’Argent au festival de Venise. En 2007, il écrit et réalise « Gloss », son seizième long métrage.
 

1234

Photos Passion |
stella-x-hudgens |
laeticia972et77 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Captures d'écrans de la gui...
| harleyquinn
| Snow et rando en montagne