Jacques Tati – Deux temps, Trois mouvements – Cinémathèque de Paris – 8 Avril au 2 Août 2009

Jacques Tati - Deux temps, Trois mouvements - Cinémathèque de Paris - 8 Avril au 2 Août 2009 dans EXPOSITIONS jacques-tati

 

En 2009, il aura 102 ans, le temps justement pour la Cinémathèque française de lui rendre hommage hors des commémorations obligées qu’il ne prisait guère. Un peu de retard… Quoi de plus normal pour celui qui a toujours pris un malin plaisir à entrer dans ses propres films à contretemps. L’année en tout cas que nous avons choisie pour honorer, au présent, son génie. 2009 donc, c’est le grand chambardement : exposition de 650 m2, films projetés en salle et dans le hall une signalétique joyeuse.

 

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 N’était-ce pas le plus grand souhait de Tati de voir tous les arts du spectacle investir les lieux mêmes du cinéma ? Et quel plus bel endroit à Paris pour accueillir une exposition consacrée au réalisateur de Playtime que ce bâtiment fascinant de la Cinémathèque française conçu par Frank Gehry, que jouxtent un jardin potager, un manège d’enfant et les tours que Dominique Perrault a dessinées pour la Très Grande Bibliothèque ?

 

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Les films de Jacques Tati sont désormais l’emblème même de la modernité. Espace, design, automobile, mode, architecture et sons interrogent dans ses films à la fois son présent et le nôtre. Désireuse de jouer avec Tati, la scénographie a donc été conçue par Macha Makeieff, à la fois dans le but de plaire, mais aussi de désorienter joyeusement le public, non sans penser, souvent, aux enfants visiteurs.

 

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 Elle part de cette modernité affichée, à la fois critiquée et magnifiée, pour remonter aux débuts de Tati au music-hall, là où tout le cinéma burlesque s’est inventé ; elle place le spectateur-acteur dans une suite d’impressions visuelles et sonores singulières, dans un espace réinventé qui imagine, de station en belvédère, une déambulation en deux temps, couleur et noir et blanc, avec matériaux, objets et décalages surprenants, ceux d’une modernité rêvée et du cinéma forain, et réunit différents types d’oeuvres d’art qui, esthétiquement, sont proches de l’univers filmique de Tati.

 

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 Des oeuvres qui interrogent le rapport de la société à l’espace, de la couleur au son, de l’abstraction au réel : des dessins de Saül Steinberg et de Pierre Etaix, des photographies d’Henri Cartier-Bresson et de Willy Ronis, des oeuvres de Raoul Dufy et de César (qui fit une apparition dans Les Vacances de Monsieur Hulot, et s’intéressa comme Tati aux compressions de voitures), une photographie architecturale de Dan Graham, une installation originale de Pierrick Sorin, un livre de Guillaume Cassar, une machine dynamique de Jean Tinguely, une création sonore de Pierre Henry, sans oublier une série de meubles typiques du modernisme de l’après-guerre édités par Domeau et Pérès et la collaboration enthousiaste de quelques écoles d’art contemporaines… Ces oeuvres, qui sont autant de résonances, sont confrontées, dans une épure assumée, à ce qui permet de documenter l’univers cinématographique de Jacques Tati : photographies rares, carnets de gags, maquette, archives provenant des Films de Mon Oncle et affiches (dont certaines font partie de la collection de la Cinémathèque française), costumes et accessoires, sans oublier croquis et aquarelles de son ami et collaborateur, Jacques Lagrange, qui fut son conseiller artistique des Vacances de Monsieur Hulot à Parade. Nombreux sont également les extraits des films de Tati, incluant quelques raretés, des courts métrages aux scènes coupées des Vacances de Monsieur Hulot, en passant par les publicités hilarantes, politiquement incorrectes et inconnues qu’il a réalisées pour des yaourts minceur !

 

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Cette immersion visuelle et sonore dans l’oeuvre de Tati n’exclut nullement un désir d’exégèse. Comment éprouver sans chercher à comprendre ? A quoi bon savoir s’il l’on n’a pas d’abord commencé par ressentir ? « Les 6 leçons du Professeur Goudet », dispensées sur 12 écrans au centre de l’exposition, font, elle aussi de façon ludique, oeuvre de pédagogie et abordent, par l’analyse de films et le recours aux archives, à la fois la formation de Tati, son travail sur le son, le rapport ambivalent qu’il entretenait aux Etats-Unis ou encore son souci permanent de la transmission.

 

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De fait, l’exposition fait la part belle à cette question majeure du cinéma de Tati, y compris en resituant, par la vidéo, ses oeuvres dans la dynamique de l’histoire du genre burlesque, en soulignant à la fois ce qu’il hérite des génies de l’âge d’or hollywoodien, et ce qu’il inspire à ses nombreux admirateurs et trop rares successeurs.

 

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Dans cet esprit, des entretiens ont été réalisés avec des personnalités du monde de l’art, dont le travail a été nourri par la connaissance des films de Tati. Ces témoignages exceptionnels de Michel Gondry, Wes Anderson, David Lynch, Elia Suleiman, Otar Iosseliani, Olivier Assayas, Jean-Jacques Annaud, Jean-Claude Carrière, Blanca Li, Sempé, Jean Nouvel, Dominique Perrault trouveront leur place en marge de l’exposition (sur la mezzanine et dans le catalogue), pour que la succession désirée par Tati s’accomplisse, et qu’en un sens il en soit de l’exposition comme de Playtime vu par son réalisateur : qu’elle commence « quand vous quitterez la salle »…

 

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Bonne Exposition,

Saint-Sulpice

 

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Métro Bercy lignes 6, 14 – Bus n°24, 64, 87 – En voiture : A4, sortie Pont de Bercy – Parkings : 77, rue de Bercy, Hôtel Mercure ou 8, boulevard de Bercy – Du 8 Avril au 2 Août 2009 -  Du lundi au samedi de 12h à 19h – Nocturne le jeudi jusqu’à 22h – Dimanche de 10h à 20h – Fermeture le mardi et le 1er mai – Tarifs: Plein tarif 8 €, Tarif réduit 6.5 €, Moins de 18 ans 4€, Forfait Atout prix / Carte Cinétudiant 5.5 €, Libre Pass Accès Libre

  

Exposition Jacques Tati, La Villa Arpel – Le Cent-Quatre – Paris

Exposition Jacques Tati, La Villa Arpel - Le Cent-Quatre - Paris dans EXPOSITIONS

 

 

En écho à l’exposition « Jacques Tati, deux temps, trois mouvements » à la Cinémathèque française, le CENTQUATRE nous propose la visite de la Villa Arpel, célèbre décor du film désormais culte Mon Oncle. A découvrir en entrée libre, du 10 avril au 3 mai 2009.

 

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A une époque où triomphent les arts ménagers et le confort moderne, où l’on assiste aux débuts de la domotique, Jacques Tati imagine, invente avec son complice Lagrange, l’inoubliable Villa Arpel.

 

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Décor du film Mon Oncle, elle fut montée en 1956 aux Studios de La Victorine, près de Nice, avant d’être détruite à la fin du tournage. Recréée pour la 1e fois à l’échelle réelle au salon Futur Intérieur en janvier 2007, la voilà installée en grandeur nature et accessoirisée dans la Halle Curial du CENTQUATRE. Et éclairée comme au cinéma ! Rien n’y manque…La Villa Arpel est la représentation de la Modernité selon Tati, l’objet de toutes les interrogations, toutes les maladresses de monsieur Hulot l’inadapté.

 

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Passé le jardin rectiligne rose et bleu, façon Villa Noailles, le plan d’eau et ses nénuphars de plastique, le garage et la Chevrolet bel Air 1956 de monsieur Arpel, on découvrira la cuisine robotisée high tech, immaculée de Madame, la chambre très fonctionnelle du petit Gérard, le vaste salon et son canapé haricot, ses fauteuils coquetiers…
On entendrait presque madame Arpel : « C’est si pratique. Tout communique! » Tel un chemin de ronde visuelle (extraits de Mon Oncle, et d’archives publicitaires de l’époque) et sonore (bande-son du film et extraits musicaux), le parcours amusera autant les enfants que les adultes.

 

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Biographie de Jacques Tati

Une carrière cinématographique commencée en 1932 avec Oscar, champion de tennis, court-métrage dont Tati a écrit le scénario, qu’il interprète, mais dont la mise en images a été confiée à Jack Forrester. L’année précédente, Jacques Tati, né Tatischeff, a débuté sur les planches avec un spectacle de pantomimes sportives. Car le sport, en particulier le rugby, est son loisir favori depuis l’adolescence ; dans les vestiaires, après les matches, il en mimait devant ses coéquipiers pliés de rire, les diverses phases de jeu, les interventions de l’arbitre, les réactions du public.

Dans les années 30, il trouve l’occasion de reprendre, devant la caméra, quelques-unes de ses pantomimes : sur le tennis dans l’Oscar déjà cité, la lutte dans On demande une brute de Charles Barrois (1934), ou la boxe dans Soigne ton gauche de René Clément (1936), le plus connu des courts-métrages – il y en a eu cinq avec Gai dimanche de Jacques Berr (1935) et Retour à la terre, le premier signé Tati en 1938 – qu’il interpréta avant la guerre. Mais l’essentiel, en ce début de carrière, demeure le music-hall où Tati s’est taillé une solide réputation. Avec son numéro, ‘Impressions sportives », il a fait le tour des scénes françaises et européennes ; il fallait le présenter au Radio City Music Hall de New York lorsqu’en septembre 1939, il doit revêtir l’uniforme…

Après la guerre, Tati apparaît dans Sylvie et le fantôme (1945) – il est le fantôme – et dans Le Diable au corps (1947) d’Autant-Lara. Il investit ses cachets dans L’Ecole des facteurs (1947), ultime brouillon du film auquel il pense depuis son Retour à la terre où sévissait déjà un impayable facteur rural. Ce film, c’est Jour de fête que Tati réalise et interprète en 1949 et que les distributeurs, maîtres de la sortie en salles, ne trouveront pas drôle… Heureusement, une projection surprise, à Neuilly, connaît un triomphe grâce auquel Jour de fête peut enfin rencontrer un immense public, surpris et ravi de rire autant.

« C’est alors que j’ai eu l’idée de présenter M. Hulot, personnage d’une indépendance complète, d’un désintéressement absolu et dont l’étourderie, qui est son principal défaut, en fait, à notre époque fonctionnelle, un inadapté ». Avec son « visage à la Prévert sur le corps de De Gaulle » (Michèle Manceaux), M. Hulot, alias Jacques Tati, va promener sa silouhette dégingandée sur la plage des Vacances de M. Hulot (1953) ; arbitrer dans Mon oncle (1953) l’éternel conflit de l’ancien et du nouveau ; plonger avec le courage de l’inconscience dans l’univers cybernétique de Playtime (1968) et affronter dans Trafic (1970) l’hydre automobile aux cent gueules de chauffards.

 

Tati avait coutume de dire aux apprentis cinéastes : « Le cinéma, c’est un stylo, du papier et des heures à observer le monde et les gens ». Pour écrire ses films, du premier au dernier gag et en prévoir tous les rouages ; pour imaginer, sur la bande-son, le moindre bruit, sa modulation, son intensité, son rythme ; pour faire exister, avec un visage, des vêtements, une silouhette et des signes particuliers, le plus humble des personnages, à peine entrevu sur l’écran, Tati avait besoin de temps et le prenait. Quatre ans entre Jour de fête et Les Vacances…, cinq entre Les Vacances… et Mon oncle, dix entre Mon oncle et Playtime.

Il avait aussi besoin d’argent : il engloutit des millions dans l’édification du gigantesque décor futuriste de Playtime. Le tournage s’y prolongea des mois ; le légendaire perfectionnisme du cinéaste ne fut pas responsable de tous les retards, car il fallut souvent attendre l’arrivée d’argent frais ! Et lorsque apparurent enfin sur l’écran géant de l’Empire ces images bourrées de gags dans leurs moindres recoins, certains crièrent à la démesure, à la mégalomanie… Vaincu par l’incompréhension d’une critique pressée et par les mises en demeure de ses créanciers, Tati dut tailler dans le vif, couper des séquences entières. Rien n’y fit, car le public n’était plus au rendez-vous. Déjà gorgé de télévision et bombardé d’images choc montées au pas de charge, il avait perdu cette patience qui lui avait permis, dix ans auparavant, de s’introduire en douceur dans le monde nonchalant de M. Hulot.

Confronté à l’échec de son entreprise prométhéenne, Tati trouva quelque réconfort dans les louanges prodiguées par certains confrères, en particulier celles de François Truffaut qui lui écrivit : « C’est un film qui vient d’une autre planète où l’on tourne les films différemment. Playtime, c’est peut-être l’Europe de 1968 filmée par le premier cinéaste martien, « leur » Louis Lumière ! Alors il voit ce que l’on ne voit plus et il entend ce que l’on n’entend plus et filme autrement que nous ». 

Après Trafic qui ne lui permis pas de renouer avec le succès ni d’éponger ses dettes, Tati se voit offrir, par la télévision suédoise, l’opportunité de réaliser un film avec les moyens tehniques et financiers des productions télévisuelles. C’est Parade (1974) où Tati revient au cirque et au music-hall de ses débuts. En bon M. Loyal, il présente une succession d’attractions entre lesquelles il reprend ses pantomimes d’autrefois : le footballeur, le pêcheur à la ligne, le tennisman, la cavalier… Ce sera son dernier film.

Après Playtime, cette oeuvre titanesque, aura eu raison de celui qui avait cru possible de faire tenir le monde dans un écran, d’y faire entrer à sa suite des millions de spectateurs et de y les laisser retrouver leur chemin, armés d’intelligence, de sensibilité et de la certitude qu’au terme du voyage, un éclat de rire les délivrerait de l’angoisse.

 

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Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

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Le CENT QUATRE – 104, Rue d’Aubervilliers & 5, Rue Curial – 75019 Paris – Tél: 01.53.35.50.00 -  Du 10 Avril au 3 Mai 2009 - Du mardi au samedi de 11h à 23h – Les dimanches et lundis de 11h à 20h – Fermeture des ateliers le lundi - RER lignes B et D – Métro lignes 2, 5, 7 – station Stalingrad (bd de la Villette, sortie n°2), ligne 7 – stations Crimée ou Riquet – Bus ligne 54 – station Riquet – lignes 54, 60 – stations Crimée/Curial – navette “la Traverse” – stations Riquet ou Curial/Archereau -Tarifs: Accès gratuit

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