Helen Levitt – Hommage

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

Helen Levitt est morte dans son sommeil dimanche 29 mars 2009, à New York, sa ville natale, dont elle avait saisi la beauté avec son Leica.

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 Elle avait 95 ans et n’avait guère changé sa philosophie de l’art de vivre en solo.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 Elle préférait s’occuper de ses chats, lire un bon policier ou jouer au gin-rami plutôt que de s’afficher au vernissage de ses multiples expositions.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 

La Fondation Henri Cartier-Bresson, à Paris, lui avait rendu un vibrant hommage en septembre 2007.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 Et son galeriste, Laurence Miller, avait alors souligné combien cette femme, réputée peu commode, était exigeante : «Helen est plus viscérale qu’intellectuelle.

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Crédit photo: © Helen Levitt

 Elle n’a jamais eu aucun plan de carrière ni le moindre désir d’être célèbre, même si elle est reconnue comme un maître de la photographie. Elle est la doyenne des artistes de ma galerie.»

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

Née le 31 septembre 1913 à Brooklyn, Helen Levitt abandonne tôt ses études.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 

 Premier job chez un photographe commercial, dans le Bronx, où cette fille d’immigrants se familiarise avec la chambre noire, avant de portraiturer les amis de sa mère.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 

 Choc en avril 1935, lorsqu’elle découvre les photographies d’Henri Cartier-Bresson, de Walker Evans et de Manuel Alvarez Bravo, accrochées à la galerie Julien Levy, sur Madison Avenue, au pied de Central Park.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 

 Dès lors, comme eux, cette autodidacte retiendra l’intuition comme matière première de ses photographies, mais s’abstiendra de toute incursion dans le photojournalisme.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 

 Par timidité, précisera-t-elle, et manque d’attrait pour la technique.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

De fait, elle inventera son propre monde, arpentant sans a priori les quartiers populaires de New York, vite rénovés en confettis poétiquement mystérieux. Ce qui l’intéresse, ce n’est pas de témoigner de l’Amérique sous Roosevelt, c’est de ravir, à Spanish Harlem ou dans le Lower East Side, les passages secrets de la rue.

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 Les enfants frondeurs, leurs gribouillages à la craie, leurs graffitis de bagatelle.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 La bizarrerie du trafic des piétons face aux voitures.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 La solitude des gens réfugiés à leurs fenêtres.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 Et la chorégraphie de la vie à l’emporte-pièce, entre comédie à l’italienne et documentaire à la Rossellini.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

La reconnaissance ne tarde pas. «Personne ne la surpassait», lancera John Szarkowski, le conservateur chargé de la photographie au Museum of Modern Art, lorsqu’il lui accorde une exposition personnelle en 1943 :

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 elle a 30 ans. Y sera dévoilé l’un de ses clichés les plus reproduits : trois gosses en route pour Halloween, ravis sur le perron, avec leurs masques de fortune.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 

Photographe du seuil, toujours en retrait, Helen Levitt n’importune pas ses modèles.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 Pas de message social, pas d’état des lieux, mais une empathie certaine, visible lorsqu’elle séjourne au Mexique, comme assistante de Luis Buñuel, en travail de commande pour le Museum of Modern Art.

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 Ses instantanés dévoilent des ouvriers aux couleurs de cendre, pétrifiés par leur labeur.

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 Ce voyage mexicain (en 1941) sera sa seule escapade hors de Manhattan.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 

Ses confrères l’admirent. Walker Evans, par exemple (elle l’accompagnera dans le métro quand il fera ses photos incognito). L’écrivain James Agee aussi. Ils réaliseront ensemble, avec Janice Loeb, In The Street, un bijou de quatorze minutes monté en 1952, version live de ses images immobiles.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 

Un moment tentée par le cinéma, Helen Levitt revient à ses premières amours en 1959.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 Coup d’éclat : elle s’initie à la couleur grâce à des bourses de la Fondation Guggenheim.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 Tout a changé, les trottoirs se vident de leurs locataires, effondrés devant la télévision, qu’importe !

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 

 Helen Levitt continue à traquer les dessous candides de sa ville natale.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 Des poules devant un parterre de chaises sous plastique.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

Les croqueurs de pastèques.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 Les ladies en bigoudis.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 Le surpeuplement des cabines téléphoniques.

 

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 Et une banquise d’enfants en goguette, ses sujets fétiches, prêts à en découdre avec les passants.

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

Même si la photographe se sentait «vacillante», Helen Levitt a su imposer avec force sa vision d’un New York d’en bas, loin des miradors de la réussite.

 

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

 

 

 Son unique credo : «La beauté est dans la réalité elle-même.»

 

 

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Crédit photo: © Helen Levitt

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 

Voir aussi:

- Helen Levitt – Partie 1.

- Helen Levitt – Partie 2.

- Helen Levitt – Partie 3.

- Helen Levitt – Partie 4.

Berenice Abbott

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Manhattan Skyline II, from Weehawken, New-Jersey - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Pike and Henry Streets, Manhattan - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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 Daily News Building, 42nd Street between Second and Third Avenue, Manhattan - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Seventh Avenue, looking south from 35th street, Manhattan - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Financial District Rooftops, Looking Southwest from roof of 60 Wall Tower, Manhattan – Crédit Photo: © Berenice Abbott

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40th Street between Sixth and Seventh Avenues, Manhattan – Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Night View -1938 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Fifth Avenue House -1938 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Flatiron Building -1938 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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 Abrahan de Peyster Statue -1939 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Manhattan skyline, South street and jones lane, East River - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Canyon, Stone & William - 1936 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Canyon, Broadway & Exchanging place - 1936 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Looking Toward, Wall Street - 1936 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Crédit Photo: © Berenice Abbott

 

 

Biographie de Berenice Abbott

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À dix-neuf ans, Berenice Abbott fuit une enfance malheureuse dans une famille décomposée en rejoignant l’université de l’Ohio et rapidement les Beaux Arts de la ville de New York où elle fréquente Greenwich Village et ses cercles d’artistes et d’intellectuels. Elle y rencontre Man Ray, la baronne Elsa von Freytag-Loringhoven ou encore Marcel Duchamp. Après quelques essais en sculpture et en peinture, elle se lance dans l’aventure du voyage en embarquant vers Paris en mars 1921. Là, elle travaille dans l’atelier d’Emile Bourdelle, puis dans l’atelier de Constantin Brancusi.

Elle est bientôt rejointe par d’autres Américains mais elle reste sans revenu et sans vocation. Elle tente sa chance dans la sculpture et la danse à Berlin, sans réussite, et étudie à la Kunstschule avant de revenir à Paris. Man Ray lui propose de devenir son assistante. Il lui apprend les techniques du tirage en laboratoire pour lesquelles elle se montre douée puis celle de la prise de vue. Les portraits qu’elle fait de ses amis plaisent et elle réussit à en tirer quelques revenus. La concurrence avec Man Ray l’oblige à le quitter rapidement.

Le studio qu’elle ouvre alors avec l’aide de Peggy Guggenheim connaît le succès. André Gide, Jean Cocteau, James Joyce, Marie Laurencin, Pierre de Massot, André Maurois, Djuna Barnes, la baronne Murat y sont photographiés.

Après avoir découvert Eugène Atget en 1925 grâce à Man Ray, elle lui achète quelques tirages. En 1927, elle se décide à lui demander de poser pour elle. Quand elle vient lui présenter ses photos, il est trop tard. Le photographe dont elle admirait tant l’œuvre était mort peu après la séance. Elle profite de sa bonne situation financière pour acheter toutes les archives négligées d’Atget. Elle ne cessera de défendre son œuvre par des livres et des expositions, ce sera un déchirement quand, plus tard, elle devra vendre 50% des droits. De par les articles et les livres qu’elle a publié sur le travail d’Atget, Berenice Abbott a contribué à faire connaître son œuvre.

 

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En 1929, au cours d’un passage à New York, elle est surprise par les changements : la ville qu’elle habitait huit ans auparavant est en train de disparaître. Cet étonnement sera à l’origine de son premier projet photographique d’envergure : Changing New York qui aboutira en 1937 avec une exposition au Museum of Modern Art de New York. Mais la vie à New York n’est pas aussi aisée qu’elle le pensait et sa renommée parisienne ne lui sert à rien en Amérique où la concurrence entre photographes est plus rude qu’ailleurs. Berenice Abbott n’appartient pas au cercle des admirateurs d’Alfred Stieglitz qui domine alors le microcosme photographique imposant le modèle pictorialiste.

La crise de 1929 et la Grande Dépression qui suit réduisent considérablement ses revenus. Les financements, pourtant modestes, qu’elle sollicite pour Changing New York lui sont partout refusés, malgré les expositions intermédiaires qui lui apportent une reconnaissance limitée.

En 1935, un poste d’enseignement de la photographie lui assure un revenu fixe et son projet est enfin reconnu par le Federal Art Project. Elle peut alors s’y engager pleinement et le projet débouche en 1937 sur une exposition au Museum of the City of New York, suivi d’un portfolio dans le magazine Life et d’un livre en 1939. Forte de ce succès elle continue à valoriser l’œuvre d’Atget et découvre celle d’un autre photographe dédaigné des pictoralistes : Lewis Hine.

Son refus d’appartenir aux cénacles, la jalousie des autres photographes, les restrictions budgétaires et son esprit d’indépendance la poussent à démissionner en 1939 quand son programme est interrompu.

Elle s’intéresse désormais à la photographie scientifique estimant que, alors que la majorité en ignore tout, la science domine le monde contemporain. Elle fait le pari que la photographie doit contribuer à la culture scientifique des Américains, mais elle sera bien seule à défendre cette conviction. Déjà oubliée de la mode photographique, elle repart en quête de financements, vivant dans l’intervalle de maigres commandes. C’est le lancement de Spoutnik par l’URSS en 1957 qui lui donnera raison. Les États-Unis, craignant d’être dépassés par les Soviétiques, décident de financer davantage de projets scientifiques. Berenice Abbott obtient de collaborer avec le Massachusetts Institute of Technology et peut en quelques années réaliser les photos auxquelles elle pense depuis vingt ans.

Sa santé fragile l’oblige à quitter New York pour s’établir dans le Maine, elle y réduit peu à peu ses activités photographiques pour se consacrer à l’écriture : The World of Atget est publié en 1964, suivi d’ouvrages techniques. Elle tombe à peu près dans l’oubli qu’elle a tenté d’éviter à Atget puis Hine, quand, dans les années 1970, son œuvre bénéficie du regain d’intérêt général pour la photographie. Elle reçoit de nombreux prix et honneurs. C’est avec une part d’amertume qu’elle apprécie ce succès tardif.

L’œuvre de Berenice Abbott illustre une conception de la photographie qu’elle résume en défendant Changing New York pour lequel elle expliquait : « Le rythme de la ville n’est ni celui de l’éternité ni celui du temps qui passe mais de l’instant qui disparaît. C’est ce qui confère à son enregistrement une valeur documentaire autant qu’artistique. »

L’essence de la photographie repose sur ce rapport au temps. Le rôle de la photographie est d’enregistrer cet instant qui disparaît que Roland Barthes appellera le ça a été. La photographie dans son rapport au temps fonctionne toujours au passé, comme représentation d’un temps devenu passé. Pourtant les images d’Abbott, comme celles de Lewis Hine et d’Eugène Atget ne sont pas seulement nostalgiques : le passé, en arrière, fixé sur photographie, est à sa place.

C’est pourquoi aussi la photographie requiert de l’« authenticité »: le ça a été se perd dans la photographie manipulée ou à prétention artistique telle que la pratiquent les pictorialistes. La photographie telle que la conçoit Berenice Abbott doit marcher d’elle-même. Débutante elle disait les photos viennent bien. En 1951, elle continue à déranger les photographes intellectualistes en déclarant It has to walk alone. Selon Abott, la photographie ne doit pas chercher à imiter la peinture par des compositions ou des manipulations savantes, elle doit continuer à chercher son essence dans ce rapport à l’instant.

 

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 

A regarder:

 

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A lire:

 

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Berenice Abbott s’est d’abord lancée comme portraitiste à Paris et plus tard à New York. Elle nous a ensuite offert un travail magistral sur la ville de New-York mais aussi sur la Route n°1 et le Maine. Abbott fut novatrice également dans le domaine de l’équipement photographique, pionnière dans l’enseignement des techniques photographiques et la première à découvrir et révéler le fabuleux et précurseur de la photographie, Eugène Atget.

 - Berenice Abbott par Ron Kurtz et Hank O’Neal aux éditions Steidl Verlag ( En langue Anglaise ) - 548 pages – 115€

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- Changing New-York, une ville en mouvement 1935~1939 par Berenice Abbott aux éditions Hazan eds – 176 pages - Prix non indiqué

Paris capitale photographique 1920-1940 – Jeu de Paume Hôtel de Sully – 10 Février au 24 Mai 2009 – Paris

 Paris capitale photographique 1920-1940 - Jeu de Paume Hôtel de Sully - 10 Février au 24 Mai 2009 - Paris dans EXPOSITIONS bouqueret_Breslauer1

 

 

Dès le début des années 1920, Paris s’affirme comme nouveau lieu de promotion des avant-gardes et sans aucun doute, comme carrefour de la nouvelle photographie en Europe.

 

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 Si la capitale française devient à l’époque ce lieu de rencontres et d’échanges pour des photographes de nationalités et d’horizons divers, c’est parce qu’elle représente alors un modèle de modernité et un espoir économique au lendemain de la Première Guerre mondiale.

 

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 Mais c’est aussi et parce qu’elle s’avère être aux yeux de nombreux émigrants contraints à l’exil, un lieu de refuge pour les libertés politiques ou confessionnelles.

 

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La photographie en France connaît ainsi une période de rayonnements individuels et collectifs. Les photographes français comme Jacques-André Boiffard, Florence Henri, Maurice Tabard, Roger Schall, Henri Cartier-Bresson, Emmanuel Sougez, Pierre Boucher et René Zuber parmi de nombreux autres, côtoient des artistes étrangers devenus parisiens par affinité ou par la force des évènements.

 

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 Citons les Allemands Germaine Krull, Erwin Blumenfeld, Marianne Breslauer, Ilse Bing, les Hongrois Ergy Landau, André Kertész, Rogi André, André Steiner, François Kollar, Gisèle Freund ou Brassaï, les Russes Hoyningen-Huene, Rudomine, les Américains Man Ray et Berenice Abbott, le Belge Raoul Ubac ainsi que le Lituanien Moses Vorobeichic dit Moï Ver, etc. Longue est la liste de ces photographes-artistes, bien souvent en double rupture : expatriés rompant avec un pays, artistes d’avant-garde rompant avec une tradition.

 

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Serait-il exagéré de parler d’une « École de Paris photographique » pour rallier sous un même terme générique une production issue de références et de pratiques diverses ?

 

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 C’est cette France de l’entre-deux-guerres, ce foyer de création où se côtoient une multitude d’écoles photographiques, qui caractérisent pour l’essentiel l’exceptionnelle collection réunie par l’historien et collectionneur Christian Bouqueret.

 

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 Auteur de nombreux ouvrages thématiques consacrés à l’histoire de la photographie tels que Des années folles aux années noires, la nouvelle vision en France, Histoire de la photographie en images et d’ouvrages monographiques sur Laure Albin-Guillot, Raoul Ubac, Germaine Krull, Roger Parry, René Zuber, Jean Moral…, Christian Bouqueret dévoile sa propre collection pour l’exposition qui sera présentée à l’Hôtel de Sully.

 

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Ce projet, la première exposition d’une telle ampleur sur cette période charnière, rassemble une sélection de plus d’une centaine de vintages d’une quarantaine de photographes ayant travaillé à Paris entre 1920 et 1939 ainsi que plusieurs documents originaux (revues, livres).

 

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 Elle propose un regard érudit et passionné sur la richesse formelle de cette « nouvelle vision photographique en France ».

 

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Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

Jeu de Paume – Hôtel de Sully – 62, Rue Saint-Antoine – 75004 Paris – Métro : Saint Paul (ligne 1) et Bastille (lignes 1, 5, 8) – Bus : 69, 76 – Renseignements : 01.42.74.47.75 – Du 10 Février au 24 Mai 2008 - Mardi à vendredi : 12h à 19h Samedi et dimanche : 10h à 19h Fermeture le lundi Fermeture des caisses 30 minutes avant la fermeture du bâtiment Fermeture des salles 5 minutes avant la fermeture du bâtiment Fermeture le 25 décembre, le 1er janvier, le 1er mai, le 1er novembre et le 11 novembre – Tarifs: Entrée : 5 €  – Tarif réduit : 2,50 € La vente des billets se termine une demi-heure avant la fermeture des espaces d’expositions. Les « mardis jeunes » : entrée gratuite pour les étudiants et les moins de 26 ans le dernier mardi de chaque mois, de 17h à 19h

Grace Kelly

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 C’est le 12 novembre 1929, au lendemain du jeudi noir annonçant la Grande Dépression américaine, que naquit la petite Grace Kelly à Philadelphie. Grace Kelly est la troisième d’une famille de quatre enfants. Issue d’une famille aisée où les activités sportives prédominent puisque son père, Jack Kelly, est un ancien athlète olympique qui fit fortune dans le bâtiment. Sa mère est d’origine prussienne et issue d’une famille princière. La famille est d’origine Irlandaise. Le grand-père a construit une fortune familiale, réalisant le « rêve américain ». Elle est la fille des « rois de la brique » de Philadelphie, émigrants irlandais et catholiques. Grace est éduquée au couvent des dames de l’Assomption de Philadelphie. Après avoir obtenu son diplôme en 1947 à l’aube de ses dix-huit ans, elle quitte Philadelphie pour la fabuleuse cité de New-York afin de rentrer à l’Académie d’arts dramatiques et travaille en parallèle comme mannequin (Coca-Cola et colgate) et participe également à de nombreuses émissions de télévision pour financer ses études avant de tenter l’aventure hollywoodienne. 

 

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En 1949 elle récolte les fruits de sa patience et de sa détermination en décrochant un rôle à Broadway dans une pièce d’August Strindberg intitulé  » Le père ».  Deux ans plus tard, en 1951 Grace Kelly débute avec un petit rôle, au cinéma dans « Fourteen Hours  » (Quatorze heures) de Henry Hathaway.  

Mais la consécration elle l’obtient un an plus tard en 1952 et Grace Kelly  accède à la célébrité avec  un western  ’Le train sifflera trois fois’ du réalisateur Fred Zinnemann, puis s’impose dans « Mogambo » de John Ford en 1953 où elle parvient à s’affirmer face à Ava Gardner et  Clark Gable. Grace est nommée pour l’Oscar du meilleur second rôle féminin. Le célèbre réalisateur Alfred Hitchcock trouve en elle une muse parfaite et la prend sous sa coupe pour en faire une de ces égéries. Elle obtient les rôles principaux dans  »Le crime était presque parfait » et « Fenêtre sur cour » au cours de l’année 1954.  

 

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En 1955, elle tourne « La Main au collet », comédie policière dont le tournage s’effectue sur la Côte d’Azur. Grace Kelly reçoit l’Oscar de la meilleure actrice pour son interprétation d’une femme tourmentée dans « Une fille de province » et invitée d’honneur du Festival de Cannes ou elle y rencontre le Prince Rainier Grimaldi IIIde Monaco, mais Grace retourne au Etats-Unis pour des obligations professionnelles . 

                      Ils se revoient en décembre 1956 à New-York et le Prince Rainier est invité pour le réveillon de Noël chez les Kelly. Leur relation provoqua un tas de rumeurs. La presse à sensations prétendait que non seulement le prince aimait les belles actrices (comme la française Gisèle Pascal avant Grace), mais qu’il s’assurait en plus de leur fertilité pour assurer un héritier à la principauté. Mais Grace n’écoute pas les rumeurs. La même année, l’annonce officielle du mariage, est célébrée dans les salons du Waldorf-Astoria à New-York. Le 6 janvier les fiançailles sont célébrées aux Etats-Unis puis à Monaco le 12 avril. Le Prince Rainier Grimaldi III accueille Grace Kelly, qui vient d’arriver des Etats-Unis au port de Monaco. Le 18 avril Grace Kelly épouse le Prince Rainier dans la cathédrale de Monaco tapissée de lilas et de lys blancs. Elle devient princesse Grace de Monaco parée d’une robe de princesse confectionnée par quarante six mètres de taffetas, quatre vingt dix mètres de tulle et deux cent vingt dix mètres de dentelle de valenciennes le tout offert par la Metro Goldwyn Mayer. la cérémonie princière est suivie par plus de 30 millions de téléspectateurs à travers le monde.  

 

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                     Le 23 janvier 1957, vingt et un coups de canon annoncent la naissance de Caroline Louise Marguerite (3,730 Kg et 51 cm), le prénom a été choisi en mémoire de l’épouse du prince Florestan 1er décédée en 1879. Petite anecdote, la bibliothèque du palais est transformée en salle d’accouchement pour cette événement.  Suit le 14 mars 1958 la naissance d’Albert Alexandre Louis Pierre, Albert est le prénom  de son arrière grand père puis 1 Février 1965 c’est au tour de Stéphanie Marie Élisabeth de naître!

 

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                     Grace Kelly récompensé par la médaille de Cérès, décernée par les Nations-Unies, pour son action des oeuvres de bienfaisance en 1977. Ayant pratiqué le scoutisme pendant son adolescence, la Princesse s’implique personnellement dans les activités du Mouvement. A partir de 1958, elle fut Présidente d’Honneur de l’Association des Guides de Monaco. En 1967, sur l’initiative de la Princesse fut fondée l’Association « Monaco – U.S.A. », afin de promouvoir une meilleure connaissance et une plus large compréhension entre les deux pays au moyen d’échanges culturels. Avec le « Garden Club », créé en 1968, la Princesse voulut encourager la connaissance des plantes et des fleurs et œuvrer à la sauvegarde des sites naturels. La principale activité de ce club est d’organiser le Concours International de Bouquets qui a lieu chaque année pendant la première semaine de mai.

                      Le 13 septembre 1982 à 10 heures accident sur la route de la Turbie.Victime d’un accident vasculaire cérébral la princesse trouve la mort au volant de sa voiture dans un virage de la corniche reliant Nice à Monaco. Sa fille Stéphanie passagère est légèrement blessée. Le 14 septembre à 22 heures 30 survient brutalement l’annonce officielle du décès de Grace Kelly. Le 18 septembre, la princesse Grace est inhumée dans la cathédrale Saint-Nicolas de Monte-Carlo dans la chapelle des princes souverains.

 

Grace Kelly

 

 

 

 

 

 Biographie de Grace Kelly


Après des petits rôles au cinéma avec entre-autre en 1951 ‘Quatorze heures’ de Henry Hathaway , elle connaît la célébrité en 1952 avec un western ‘Le train sifflera trois fois’, puis s’affirme avec le film ‘Mogambo’dans lequel elle donne la réplique à Ava Gardner et Clark Gable. En 1953, Grace Kelly rencontre Alfred Hitchcock et devient l’interprète principale de ‘Le crime était presque parfait’ et ‘Fenêtre sur cour’. En 1955, elle reçoit l’Oscar de la meilleure actrice pour son rôle dans ‘Une fille de province’. On la verra par la suite dans  ‘Green Fire’ de Andrew Marton, ‘les Ponts du Toko-Ri’ de Mark Robson en 1954 puis retour au célèbre Alfred Hitchcock en 1956 avec ‘la main au collet’. La même année elle enchaîne ‘Le cygne’ de Charles Vidor et  ‘Haute société’ de Charles Walters. En 1966 elle tourne dans un film de Terence Young ‘Opération Opium’. On la retrouve en 1977 dans un documentaire de Robert Dornhelm ‘Les enfants de la rue du Théâtre’ sur les ballets du Kirov dont elle est la narratrice puis en 1982 pour son dernier rôle dans un court-métrage du même réalisateur ‘remanié‘ inachevé avec la mort de Grace.

 

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 

Voir aussi:- Grace Kelly – Partie 1.

- Grace Kelly – Partie 2.

- Grace Kelly – Partie 3.

- Grace Kelly – Partie 4.

- Grace Kelly – Partie 5.

 

A regarder:

 

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A lire:

 

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 » Grace Kelly, les images d’une vie  » est l’ouvrage photographique le plus ambitieux consacré à la vie de celle qui, après avoir conquis Hollywood, devint princesse. Un livre hommage pour une personnalité hors du commun. Plus de 180 photographies et documents, souvent inédits, pour (re)découvrir sa vie : ses racines, son enfance, sa filmographie, son mariage royal, et l’intimité de sa vie de princesse. Passionnée, talentueuse, Grace fut l’actrice préférée d’Alfred Hitchcock. Elle marqua Hollywood de sa courte et fulgurante carrière (elle reçut l’oscar de la meilleure actrice à l’âge de 25 ans), mais aussi de son incomparable allure. Grace. Un prénom qui lui va comme un gant, tant elle incarne une élégance naturelle. Mais réduire Grace à sa beauté serait une erreur grossière. Car la plus célèbre des princesses fut aussi une philanthrope engagée. Toute sa vie elle s’est battue pour défendre ce qui lui était cher : la cause des plus démunis, la Croix Rouge, et le rayonnement de la principauté. Conte de fée, destin tragique, le parcours de la princesse Grace est unique. Il était une fois  » Grace Kelly, les images d’une vie « …

- Grace Kelly, les images d’une vie par Yann-Brice Dherbier et Pierre-Henri Verlhac aux éditions Phyb – 208 pages – 33€

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