L’Enceinte de Thiers – Paris

 

Louis Bonnier, architecte, membre de la Commission du Vieux Paris, inspecteur général des services techniques d’architecture et d’esthétique de la Ville de Paris, commanda à Charles Lansiaux un reportage photographique sur les fortifications de Paris. Ce reportage fut entrepris juste avant et au début des démolitions de l’enceinte, du 23 juillet 1919 au 6 mars 1920. En effet, le déclassement de l’enceinte fortifiée, dite de Thiers, fut autorisé par la loi du 19 avril 1919.

Les tirages originaux des photographies de Charles Lansiaux sont conservés aux Archives de Paris et cotés VO4/70/…

 

Quelques images extraites du reportage…
 

L'Enceinte de Thiers - Paris dans Photographies du Paris d'hier et d'aujourd'hui

Pont National, chemin de fer de la petite ceinture. Quartier de Bercy, 12e arrondissement – Crédits photo : Mairie de Paris

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 dans Photographies du Paris d'hier et d'aujourd'hui

Route de Saint Mandé, quartier Bel Air, 12e arrondissement – Crédits photo : Mairie de Paris

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Quartier de la gare, 13e arrondissement. Au loin le pont National – Crédits photo : Mairie de Paris

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Quartier de la Maison Blanche au niveau de la porte d’Italie, 13e arrondissement – Crédits photo : Mairie de Paris

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Quartier du Petit Montrouge, vue de la porte d’Arcueil, 14e arrondissement – Crédits photo : Mairie de Paris

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Quartier de la Santé, chemin de fer de Sceaux, 14e arrondissement – Crédits photo : Mairie de Paris

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Quartier Saint-Lambert, ouvriers au travail. 15e arrondissement – Crédits photo : Mairie de Paris

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Démolition des fortifications, quartier Saint-Lambert, 15e arrondissement – Crédits photo : Mairie de Paris

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Jardins dans les fossés des fortifications, quartier Saint-Lambert. 15e arrondissement – Crédits photo : Mairie de Paris

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Fossés inondés, quartier d’Auteuil. 16e arrondissement – Crédits photo : Mairie de Paris

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Historique de l’enceinte de Thiers

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L’enceinte de Thiers est une enceinte de Paris créée au milieu du XIXe siècle et maintenant disparue. La défense de Paris s’appuyait également sur un système de forts plus ou moins éloignés de la capitale.

Construction de 1841 à 1844, suite à une loi due à Thiers.
Zone enclose 7802 hectares. L’enceinte recouvrait à peu près les boulevards des Maréchaux actuels, avec un glacis s’étendant jusqu’à l’emplacement du boulevard périphérique.
Disparition détruite de 1919 à 1929.

Louis-Philippe, proclamé roi des Français en 1830, était convaincu que la clé de la défense du territoire était d’empêcher Paris de tomber trop facilement aux mains des armées étrangères comme en 1814. Aussi conçut-il le projet de construire autour de la capitale une enceinte de fortifications qui rendraient la ville imprenable.

Un premier projet fut présenté à la Chambre des députés au début de 1833 par le maréchal Soult, président du Conseil et ministre de la Guerre. Il suscita d’emblée une très vive résistance de la part de la gauche, dont les orateurs soupçonnèrent – ou feignirent de soupçonner – de la part du gouvernement des arrière-pensées de politique intérieure : on affirmait que les fortifications étaient en réalité destinées non à défendre la France, mais à menacer les Parisiens au cas où ils viendraient à se révolter contre le pouvoir royal.

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Les fortifications Porte de Versailles

 

Détail de la muraille, du fossé et du talus de défense

 

Cette enceinte de 33 kilomètres, familièrement désignée par le terme « les fortif’ », était constituée de 94 bastions, 17 portes, 23 barrières, 8 passages de chemins de fer, 5 passages de rivières ou canaux et 8 poternes, dont seuls subsistent de nos jours la poterne des Peupliers par où la Bièvre entrait dans Paris, le bastion numero 1 situé au milieu de l’échangeur de la porte de Bercy, le bastion 45 porte de Clichy, un mur porte de la Villette, une partie de la porte d’Arcueil ainsi que différentes parties de moindre importance.

Les ouvrages étaient desservis et approvisionnés par la rue Militaire, secondée par une ligne de chemin de fer, la Petite Ceinture.

Le déclassement de l’enceinte

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Devenues inutiles, les fortifications furent détruites à partir de 1919. Leurs emplacements font d’abord place à des terrains vagues, souvent désignés par le terme « la Zone », qui seront progressivement réhabilités à partir des années 1930 par la construction de logements sociaux (les HBM) et d’équipements sportifs.

La forme des anciens bastions se retrouve en plusieurs endroits dans la topologie de la voirie sur cet espace.

La Zone n’était pas à proprement dit l’emplacement anciennement occupé par le mur d’enceinte, mais une bande de terre non constructible en avant du mur d’enceinte, de son fossé et de la contrescarpe qui mesurait 250 mètres de long. Désignée comme zone non-aedificandi (zone non constructible), elle fut occupée par des bidonvilles dès la fin du XIXe siècle, avec l’abandon de sa fonction militaire. L’argot « zonard » dérive bien entendu de la Zone.

Le Boulevard périphérique de Paris est construit sur l’emprise de l’enceinte de Thiers, et continue à matérialiser la séparation entre Paris et sa banlieue.

 

A lire aussi:

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Pendant une quarantaine d’années, le déclassement des fortifications et l’aménagement des terrains ainsi libérés sont l’objet de discussions et de projets au conseil municipal de Paris, chez les fonctionnaires de la Seine et dans le milieu de la réforme sociale. L’enceinte apparaît ainsi comme un lieu privilégié pour observer les transformations des représentations et des savoirs sur la ville : du souci hygiéniste, on passe à la volonté de mettre en œuvre les principes de l’urbanisme.

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Les Fortifications de Paris, De l’hygiénisme à l’urbanisme, 1880-1919 – Marie Charvet – Editions Presses Universitaires de rennes, collection Histoire – 314 Pages – Tarif: 20€.

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Bien à vous,

Saint-Sulpice

 

 

Alexandre Rodtchenko

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Crédit Photo: © Alexandre Rodtchenko

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 Vue d’une Colonnade – Musée de la Révolution, Moscou – 1926~1927 – Crédit Photo: © Alexandre Rodtchenko

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La Femme au Leica – 1934 – Crédit Photo: © Alexandre Rodtchenko

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Escalier de secours – 1925 – Crédit Photo: © Alexandre Rodtchenko

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Escaliers - 1930 – Crédit Photo: © Alexandre Rodtchenko

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Crédit Photo: © Alexandre Rodtchenko

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Lily Brik – 1924 - Crédit Photo: © Alexandre Rodtchenko

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Manifestation dans la cour du VCHUTEMAS – 1928 – Crédit Photo: © Alexandre Rodtchenko

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Ma Mère - 1924 – Crédit Photo: © Alexandre Rodtchenko

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Crédit Photo: © Alexandre Rodtchenko

 

 

Biographie d’Alexandre Rodtchenko

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Rodtchenko et sa femme, l’artiste Stepanova

 

Alexandre Mikhaïlovitch Rodtchenko (23 novembre 1891, Saint-Pétersbourg – 3 décembre 1956, Moscou) est un artiste russe à la fois peintre, sculpteur, photographe et designer.

Il est l’un des fondateur du constructivisme russe et a beaucoup influencé le design russe et la photographie par ses travaux.

Son père est accessoiriste et décorateur d’un petit théâtre et sa mère blanchisseuse. À la mort de son père, en 1907, sa famille s’installe à Kazan.

Entre 1910 et 1914, il y étudie à l’Ecole des Beaux-Arts, où il rencontre sa future femme Varvara Stepanova. À la fin de ses études, il s’installe à Moscou où il s’inscrit à l’école d’arts appliqués Stroganoff, qu’il quitte rapidement. Il travaille seul et réalise en 1915 ses premières compositions géométriques en noir et blanc, dessinées au compas et à la règle. Par l’intermédiaire de l’architecte Viktor Vesnine, il rencontre Tatline et expose ses œuvres dans l’exposition collective « Magasin » en 1916, aux côtés, notamment, des peintres Lioubov Popova, Alexandra Exter et Ivan Klioune. Il poursuit ses recherches autour de la peinture abstraite et se rapproche des peintres les plus novateurs de l’époque.

En 1917, il dessine pour le Café pittoresque des projets de lampes, l’occasion pour lui d’appliquer ses recherches à des objets du quotidien. Il commence à créer des constructions spatiales et des projets d’architecture (kiosque à journaux, édifices, etc.).

À partir de cette époque, où il fonde avec d’autres le « Syndicat des artistes peintres » dans la fédération la plus avant-gardiste, dite « de gauche », il fera partie de nombreux instituts officiels et enseignera, comme la plupart des artistes d’avant-garde russe, dans les nouvelles d’écoles d’art créées à la Révolution (Prolietkoult, Vkhoutémas puis Vkhoutéïne), jusqu’à leur suppression par le pouvoir politique inquiet des innovations de l’enseignement en 1930.

Il présente en 1919 ses toiles Noir sur Noir pour répondre à la série des Blanc sur Blanc de Malevitch. Il commence à réaliser des collages puis des photo-montages.

En 1921 il participe à plusieurs expositions. Lors de l’une d’elle, intitulée « 5×5=25″, il présente un triptyque comportant chacun une couleur primaire : Couleur rouge pure, Couleur jaune pure, Couleur bleue pure. À la suite de cette manifestation, il signe le manifeste productiviste dans lequel il s’engage à abandonner la peinture de chevalet au profit de la production d’objets usuels. En mars de la même année, le constructivisme naît formellement comme nouveau courant artistique, pour « faire des expériences concrètes dans la vie réelle », avec la création du « Groupe des constructivistes » au sein de l’Inkhoukh, association particulière d’artistes, de critiques et de théoriciens.

Dès 1922, il réalise de nombreuses affiches politiques, affiches de films, affiches et objets publicitaires influencés par le constructivisme. Pour lui, il y a une « absolue nécessité à lier toute création à la production et à l’organisation même de la vie ».

En 1923, il commence à collaborer avec de nombreuses maisons d’édition pour des travaux de mise en page, il réalise aussi les couvertures de la revue futuriste et constructiviste LEF jusqu’en 1925 puis plus tard celles de Novy LEF dirigées par Vladimir Maïakovski. C’est d’ailleurs l’année où débute sa collaboration avec le poète, pour lequel il illustrera son recueil Pro Eto, l’une de ses œuvres les plus connues.

À partir de 1924, il se consacre à la photographie où il poursuit ses expériences picturales, notamment en « découvrant de nouveaux points de vue et de nouveaux angles de cadrage » (communication parue dans la revue Novy LEF en 1927). Il fait également de nombreux portraits.

En 1925, il monte le pavillon soviétique à l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris et présente son projet de « club ouvrier ». Il travaille ensuite pour le cinéma et le théâtre en dessinant des meubles, des décors et des costumes.

En 1933, Rodchentko est chargé d’aller photographier la construction du canal de la mer Blanche à la Baltique pour le magazine SSSR na Stroïké (l’URSS en construction) et l’album Belomorstroï. De 1934 à 1939, Rodchentko et Stepanova réalisent des albums photographiques tels que Quinze ans de cinéma soviétique, Aviation soviétique, les Dix Ans de l’Ouzbékistan.

Pendant la seconde guerre mondiale, sa femme et lui quittent Moscou quelques années pour se réfugier dans la région de Perm, en compagnie d’autres artistes. Il travaille à des affiches sur le thème de la grande guerre patriotique.

Après guerre, Rodtchenko continue à publier des albums à la gloire de l’Union soviétique avec sa femme puis sa fille. Il expérimenta la photographie en couleurs. Il meurt à Moscou le 3 décembre 1956.

 

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 

A regarder:

 

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A lire:

 

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Peintre, graphiste, homme de théâtre et cinéaste, A. M. Rodtchenko est entré dans l’histoire du XXème siècle en tant qu’artiste révolutionnaire dans l’art de la photographie. Il sera également un des initiateurs du design soviétique et du mouvement constructiviste. Le style de Rodtchenko a influencé l’art de vivre au XXème siècle et son design retentit encore au XXIème siècle.

- Rodtchenko, La Révolution dans l’Oeil - Catalogue de l’exposition au MAM de Paris – Editions Parenthèses, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 2007 – 45 €

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Alexandre Rodtchenko était le principal initiateur de la création du « Groupe d’Octobre » qui rassemblait les meilleurs photographes, poètes et écrivains de l’époque. Leur idée fondamentale est de changer la vision de la photographie et représenter le nouveau monde soviétique avec des plans coupés, des prises de vue verticales ou en plongée…

- Rodtchenko et le Groupe Octobre par Alexandre Lavrov aux Editions Hazan – 2006 - 40€

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Rodchenko est ici présenté non seulement par le biais ses photographies et autres œuvres mais aussi par un large choix de ses notes autobiographiques et de ses lettres. Les différentes périodes de la vie de Rodchenko exposées dans cet ouvrage mettent en évidence l’évolution artistique de l’homme qui s’intéressa et se consacra à la photographie, au graphisme, aux illustrations de livres…

- «Rodtchenko. Experiments for the future : diaries, essays, letters, and other writings» par Alexandre lavrentiev aux éditions The Museum Of Modern Art ( En langue Anglaise)- 2005 – 36€

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Cet ouvrage, publié à l’occasion de l’exposition des graphismes et photographies d’Alexandre Rodchenko au musée national Fernand Léger (Biot) en 2000 présente une partie de l’œuvre de Rodchenko. Les commentaires de Brigitte Hedel-Samson et Marisa Vescovo ainsi que la biographie du photographe-graphiste en fin d’ouvrage donnent au lecteur les éléments nécessaires à la compréhension de l’œuvre.

- Reconnaître Alexandre Rodtchenko par les éditions du Musée National Fernand Léger Biot – 2000 – 12€

La villa Cavrois – Croix – Robert Mallet-Stevens

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La villa Cavrois a enfin retrouvé fière allure.

 

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 Les travaux de restauration des extérieurs, entrepris depuis 2003 sur la maison construite en 1932 par Robert Mallet-Stevens à Croix (Nord), sont quasi achevés.

 

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 Il s’agit des toitures, façades, huisseries et terrasses de l’imposante bâtisse, témoignage de l’idéal moderniste prôné par l’architecte.

 

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 Reste la terrasse en balcon sur le parc – dont les pilotis et garde-corps sont à reprendre – et la piscine qui est rénovée façon « miroir d’eau », afin d’éviter tout risque d’accident lors d’une future ouverture au public.

 

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 Ces travaux, d’un montant de 6,1 millions d’euros, ont été financés par la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) du Nord-Pas-de-Calais.

 

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Construite sur 400 m2 au sol et trois niveaux, pour Paul Cavrois, un riche industriel, la villa est une parfaite illustration de l’oeuvre de Mallet-Stevens. Le credo du cofondateur de l’Union des artistes modernes, figure mondaine de l’entre-deux-guerres, tient en sept mots : « air, lumière, travail, sport, hygiène, confort, économie ».

Un parti pris qui détermine la silhouette de « transatlantique » de la bâtisse avec cheminée-tourelle, grandes baies vitrées et terrasses en coursives.

 

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Au vrai, cette villa Cavrois revient de loin. Classée monument historique par décret en 1990, quatre ans après la mort de Mme Cavrois, elle sombrait dans l’oubli, « pillée, vandalisée, brûlée, inondée, taguée, murée. Quand le ministère de la culture la rachète enfin en 2001, c’est une ruine » (Le Monde du 16 septembre 2006).

 

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Alors que sa restauration est en cours, et après un long temps de réflexion sur son avenir et son utilisation future, le ministère de la culture décide, par arrêté du 31 décembre 2008, de la remettre en dotation au Centre des monuments nationaux (CMN). Lequel a en charge une centaine de monuments historiques en France (de l’abbaye du Mont-Saint-Michel au château d’Azay-le-Rideau et à la cité de Carcassonne).

Le CMN financera à hauteur de 1 million d’euros la restauration et le réaménagement de l’intérieur de la villa.

 L’étude préalable confiée à Michel Goutal, architecte en chef des monuments historiques qui conduit la renaissance du site, permettra d’établir le budget nécessaire à cette dernière tranche de travaux.

 

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Le hall d’entrée, le grand salon et la salle à manger devraient retrouver leur lustre avec leur décoration et leur mobilier, conformément aux plans originels qui ont été conservés.

 Début 2010, une fois le gros oeuvre terminé, des visites seront organisées, sur rendez-vous, pour les professionnels. Le grand public attendra la fin de 2011, voire le début de l’année 2012.

 

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Pour en savoir plus sur la Villa Cavrois: Le site de l’Association de Sauvegarde de la Villa Cavrois.

 

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 

T.A.G – Grand Palais – Paris

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Dans quelques jours, les cimaises qui ont accueilli Picasso, Gustave Courbet ou Anselm Kieffer vont s’ouvrir à d’autres artistes, plus habitués à la rue qu’aux lieux officiels. A partir du 27 mars, 150 graffeurs, tagueurs et graffiteurs vont entrer sous les voûtes du Grand Palais. Toutes ces oeuvres font partie de la collection d’Alain-Dominique Gallizia, un architecte tombé fou amoureux de cet « art vandale » depuis sa rencontre avec un artiste opérant sur la palissade de l’un de ses chantiers. Gallizia, qui abrite 300 oeuvres dans son atelier, a réuni un ensemble exceptionnel regroupant toutes les grandes figures du graffiti aussi bien les « pères fondateurs » que des writers (« écrivains », le nom qu’ils préfèrent se donner) venus d’Iran, de Chine, du Brésil, de Nouvelle-Zélande, d’Islande et d’Afrique. Une consécration pour une forme d’expression à la fois omniprésente et méconnue.

 

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Certains artistes, pourtant, regardent le marché avec méfiance. Sous la pression des galeries, les cours sont parfois artificiellement gonflés. « Les maisons de vente font monter la cote d’artistes sans intérêt qui peignent depuis trois ans et bradent les oeuvres d’artistes importants qui font partie de l’histoire du mouvement », déplore Catherine Mairet, un des meilleurs experts du monde du graffiti, épouse de Psyckoze. Même si certains artistes commencent à être recherchés, les réticences existent encore vis-à-vis de la plupart des graffeurs. « Est-ce de l’art ? interroge Pedro Alonzo, de l’ICA. Marcel Duchamp et son urinoir n’ont pas été acceptés tout de suite non plus. Voilà des gens qui créent un art différent, dans un milieu différent. Mais ce sont des artistes. »

 

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Ils sont, en tout cas, dévoués à leur pratique. Les plus connus s’entraînent comme des forcenés. « Ils passent des journées à s’exercer, pour affiner leurs techniques. Ils se retrouvent pour échanger leurs carnets d’esquisses. C’est le contraire de l’impulsivité », explique Thomas Delamarre, à la Fondation Cartier. Quik raconte qu’à une certaine période de sa vie il peignait quotidiennement de dix à douze heures. « Je travaille tous les jours », confie Bando, qui, parfois, s’enferme de longues heures pour imaginer une nouvelle forme de lettre. Les tags ou les graffitis demandent beaucoup de préparation. A cause des conditions de travail, d’abord – lorsque l’on peint des rames de métro, il faut être rapide et savoir ce que l’on va faire. Mais aussi par passion. Les tagueurs sont des obsédés de la calligraphie, c’est pour cela qu’ils se baptisaient writers, jamais graffiteurs. Ils cherchent à faire évoluer la manière de composer des lettres, de les présenter, de les mettre en scène. Ils les triturent jusqu’à ce qu’elles deviennent une abstraction. « Cet art est né dans la rue, mais aurait pu aussi bien naître sur une page », affirme Bando, qui compare les tagueurs aux moines copistes du Moyen Age, qui inventaient les lettres gothiques et « ont poussé le délire » jusqu’à les rendre illisibles à force de recherche. « Dans le graff, il y a la puissance de l’écriture », affirme Alain-Dominique Gallizia.

 

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L’art de la rue, « art vandale » selon certains, évolue. Maintenant, les stickers, pochoirs et affiches attirent les collectionneurs. Le nouveau venu s’appelle Shepard Fairey. Il n’est pas tagueur. Lui, son truc, c’est l’affiche sauvage. Il est devenu une star mondiale en quelques semaines grâce à celle de Barack Obama, devenue le poster officieux de la campagne du nouveau président. Son travail est entré dans l’Histoire et vient d’être acheté par la National Portrait Gallery de Washington. L’affiche côtoie celles de George Washington ou de John Kennedy, peinte par Elaine De Kooning. Preuve que le street art souffre de schizophrénie, adulé d’un côté, pourchassé de l’autre : en se rendant à l’ouverture de son exposition à l’ICA, qui bat tous les records d’affluence, Shepard Fairey a été arrêté par la police de Boston pour avoir collé ses affiches aux quatre coins de la ville.

 

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T.A.G. - Grand Palais – Avenue Winston Churchill – ( Galerie Sud-Est, Porte H ) - 75008 Paris - Métro: lignes 1, 9, 13 Stations : Franklin-D.-Roosevelt, Champs-Elysées-Clémenceau - RER:  lignes C  Station : Invalides - Bus: lignes 28, 42, 52, 72, 73, 80, 83, 93 – Tarifs: Plein 5€, Réduit 3€ (étudiants, demandeurs d’emploi) - Du 27 Mars au 26 Avril 2009 – De 11h00 à 19h00 ( Nocturne le Mercredi jusqu’à 23h00)

 

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