Portraits d’antan – Partie 4

Portraits d'antan - Partie 4 dans Photographies du monde d'autrefois 115

« Toungouses avec leurs rennes. Mines d’or de Boutine (Gouvt de Yakoutsk) » – 1879-1880 – S. B. Toumanov

La ville marchande de Nertchinsk est un lieu de contact entre les ouvriers ou les convicts russes et les populations bouriates ou toungouses. La population varie suivant les saisons : le lavage de l’or, qui nécessite de l’eau courante, s’étend de mai à septembre ; l’hiver, les hommes quittent les mines et se regroupent dans les villes, seuls quelques Yakoutes et Toungouses étant employés à des transports de matériels.

160 dans Photographies du monde d'autrefois

[Moines bouddhistes] – 1887-1888 – Louis Lucien Fournereau

Aux alentours du sanctuaire d’Angkor Vat, Fournereau croise des groupes de bonzes, drapés dans leurs robes d’un jaune éclatant, qui se rendent aux offices religieux. Dans ses écrits, Fournereau cède à l’idée souvent répandue chez de nombreux voyageurs, de la nonchalance des indigènes, gardiens des lieux mais insensibles aux dégradations des monuments. En dénonçant l’incurie à l’égard de ces ruines incomparables, il renforce le bien-fondé de sa mission et, en filigrane, légitime une éventuelle intervention de la France dans ces régions.

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[Maratha women of the labouring class] – Vers 1856 – Johnson & Henderson

L’architecture n’est pas le seul domaine d’investigation pour les photographes britanniques en Inde au milieu du XIXe siècle. Le subcontinent indien, carrefour ethnique, linguistique et religieux, est un terrain de choix pour l’utilisation de la photographie comme outil d’étude ethnographique. Linnaeus Tripe, dans son travail pour la présidence de Madras en 1858, regrettait que sa campagne photographique ne puisse lui permettre d’illustrer la diversité des types et de décrire leurs coutumes, leurs vêtements traditionnels, leurs métiers. Deux photographes de Bombay, William Johnson et William Henderson, réalisent quant à eux vers 1856 une série de portraits en studio intitulés « Costumes and characters of western India » publiés de 1856 à 1859 dans la revue The Indian amateur’s photographic album, sous les auspices de la Société photographique de Bombay. Ces portraits de groupes représentent des catégories sociales, des professions, des types ethniques dans une démarche à la fois artistique et ethnographique. Certaines de ces photographies seront intégrées à l’ouvrage de William Johnson paru en 1863-1866 The oriental races and tribes, residents and visitors of Bombay.

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[A group of persians] – Vers 1856 – Johnson & Henderson

L’architecture n’est pas le seul domaine d’investigation pour les photographes britanniques en Inde au milieu du XIXe siècle. Le subcontinent indien, carrefour ethnique, linguistique et religieux, est un terrain de choix pour l’utilisation de la photographie comme outil d’étude ethnographique. Linnaeus Tripe, dans son travail pour la présidence de Madras en 1858, regrettait que sa campagne photographique ne puisse lui permettre d’illustrer la diversité des types et de décrire leurs coutumes, leurs vêtements traditionnels, leurs métiers. Deux photographes de Bombay, William Johnson et William Henderson, réalisent quant à eux vers 1856 une série de portraits en studio intitulés « Costumes and characters of western India » publiés de 1856 à 1859 dans la revue The Indian amateur’s photographic album, sous les auspices de la Société photographique de Bombay. Ces portraits de groupes représentent des catégories sociales, des professions, des types ethniques dans une démarche à la fois artistique et ethnographique. Certaines de ces photographies seront intégrées à l’ouvrage de William Johnson paru en 1863-1866 The oriental races and tribes, residents and visitors of Bombay.

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Australian aboriginals – 1873-1874 – John William Lindt

John William Lindt (1845-1926), né à Francfort-sur-le-Main, s’embarque à dix-sept ans pour l’Australie sur un navire hollandais. Il déserte à Brisbane et rejoint en 1863 la colonie allemande de Grafton, en Nouvelle-Galles-du-Sud. Il gagne sa vie comme accordeur de piano puis travaille pour le photographe Conrad Wagner (vers 1818-1910), dont il reprend quelques années plus tard le studio. Au début des années 1870, il fait venir dans son atelier des aborigènes gumbaynggirr de la région de la Clarence Valley et les fait poser devant des toiles peintes, au milieu d’objets de leur quotidien et d’éléments de végétation en compositions destinées à recréer la vie de ces populations dans leur environnement naturel. Le projet initial de Lindt de capter par la photographie la vie des aborigènes se transforme en une production artificielle de tableaux exotiques où la seule réalité est dans l’intensité des regards qui croisent l’objectif du photographe. Vendues en albums sous le titre Australian aboriginals, ces photographies, qui répondaient à une demande du public, ont été très largement diffusées et exportées en Europe et aux États-Unis, où elles ont contribué de manière significative à façonner l’image de l’aborigène australien.

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Australian aboriginals – 1873-1874 – John William Lindt

John William Lindt (1845-1926), né à Francfort-sur-le-Main, s’embarque à dix-sept ans pour l’Australie sur un navire hollandais. Il déserte à Brisbane et rejoint en 1863 la colonie allemande de Grafton, en Nouvelle-Galles-du-Sud. Il gagne sa vie comme accordeur de piano puis travaille pour le photographe Conrad Wagner (vers 1818-1910), dont il reprend quelques années plus tard le studio. Au début des années 1870, il fait venir dans son atelier des aborigènes gumbaynggirr de la région de la Clarence Valley et les fait poser devant des toiles peintes, au milieu d’objets de leur quotidien et d’éléments de végétation en compositions destinées à recréer la vie de ces populations dans leur environnement naturel. Le projet initial de Lindt de capter par la photographie la vie des aborigènes se transforme en une production artificielle de tableaux exotiques où la seule réalité est dans l’intensité des regards qui croisent l’objectif du photographe. Vendues en albums sous le titre Australian aboriginals, ces photographies, qui répondaient à une demande du public, ont été très largement diffusées et exportées en Europe et aux États-Unis, où elles ont contribué de manière significative à façonner l’image de l’aborigène australien.

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Australian aboriginals – 1873-1874 – John William Lindt

John William Lindt (1845-1926), né à Francfort-sur-le-Main, s’embarque à dix-sept ans pour l’Australie sur un navire hollandais. Il déserte à Brisbane et rejoint en 1863 la colonie allemande de Grafton, en Nouvelle-Galles-du-Sud. Il gagne sa vie comme accordeur de piano puis travaille pour le photographe Conrad Wagner (vers 1818-1910), dont il reprend quelques années plus tard le studio. Au début des années 1870, il fait venir dans son atelier des aborigènes gumbaynggirr de la région de la Clarence Valley et les fait poser devant des toiles peintes, au milieu d’objets de leur quotidien et d’éléments de végétation en compositions destinées à recréer la vie de ces populations dans leur environnement naturel. Le projet initial de Lindt de capter par la photographie la vie des aborigènes se transforme en une production artificielle de tableaux exotiques où la seule réalité est dans l’intensité des regards qui croisent l’objectif du photographe. Vendues en albums sous le titre Australian aboriginals, ces photographies, qui répondaient à une demande du public, ont été très largement diffusées et exportées en Europe et aux États-Unis, où elles ont contribué de manière significative à façonner l’image de l’aborigène australien.

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« Peau Rouge » [Standing Bear - Montchou-Naji] – 1883 – Roland Bonaparte

Armand de Quatrefages, dans le chapitre sur l’anthropologie des Instructions générales aux voyageurs publiées par la Société de géographie en 1875, reprend les recommandations de Paul Broca : « Des photographies bien faites ont une grande valeur. Il faut pour cela qu’elles soient prises très exactement de face et de profil. Autant que possible, le même individu doit être reproduit sous ses deux aspects, en conservant avec soin la même distance de l’individu à l’instrument. » Pour ses albums photographiques, le prince Bonaparte suit attentivement ces instructions, même si ses clichés vont au-delà des strictes préoccupations anthropologiques. Une légende indique d’ailleurs après le nom du modèle : « guerrier renommé ; sous-chef de la tribu ; 42 ans ; il est marié et a trois enfants. »

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« Peau Rouge » [Standing Bear - Montchou-Naji] – 1883 – Roland Bonaparte

Armand de Quatrefages, dans le chapitre sur l’anthropologie des Instructions générales aux voyageurs publiées par la Société de géographie en 1875, reprend les recommandations de Paul Broca : « Des photographies bien faites ont une grande valeur. Il faut pour cela qu’elles soient prises très exactement de face et de profil. Autant que possible, le même individu doit être reproduit sous ses deux aspects, en conservant avec soin la même distance de l’individu à l’instrument. » Pour ses albums photographiques, le prince Bonaparte suit attentivement ces instructions, même si ses clichés vont au-delà des strictes préoccupations anthropologiques. Une légende indique d’ailleurs après le nom du modèle : « guerrier renommé ; sous-chef de la tribu ; 42 ans ; il est marié et a trois enfants. »

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« Type chamelier » – 1896 – Attribué à Désiré Charnay (contretype réalisé par Molténi)

La route d’Hodeïda à Sanaa, qui traverse les plaines désertiques du Tehama puis escalade les hauteurs du djebel Chibam, ne peut se faire sans une caravane de plusieurs hommes avec mules et chameaux pour porter les bagages. Charnay noue, grâce à sa connaissance de la langue arabe, des relations privilégiées avec les chameliers bédouins qui l’escortent. Cette image témoigne de la confiance face à l’objectif que le photographe a su instaurer, mais n’y a-t-il pas aussi dans le regard intense de ce chamelier une part de l’émerveillement de Charnay lui-même face au monde ?

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« Passants (Kong) » – 1892 – Marcel Monnier (contretype réalisé par Molténi)

Journaliste au Temps, Marcel Monnier est attaché en 1892 à la deuxième mission du capitaine Louis Binger chargée de délimiter la frontière entre la Côte d’Ivoire et les possessions britanniques de la Côte de l’Or. Il rapporte en sept mois d’exploration plusieurs centaines de photographies du Soudan méridional et séjourne près d’un mois dans le pays de Kong. Il est séduit par cette ville, gigantesque marché qui lui offre autant de tableaux vivants. Sa conférence du 16 décembre 1892 à la Société de géographie est très suivie et il publie le récit de son voyage en 1894 : La France noire, Côte d’Ivoire et Soudan.

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« Mindanao. Atas du lac de Ligabanan, versant O. du mt Apô » – 1880 – Joseph Montano (contretype réalisé par Molténi)

En 1879, le naturaliste et anthropologue Joseph Montano est chargé par le ministère de l’Instruction publique d’une mission aux Philippines. Il arrive à Manille en compagnie du Dr Paul Rey et explore pendant plusieurs mois le Sud de l’île de Luçon. L’année suivante, il entreprend plusieurs expéditions dans les régions montagneuses de l’île de Mindanao pour étudier les peuples Bagobo, Samal, Ata, et obtient l’autorisation de gravir le mont sacré Apo. De retour en France, il donne une conférence à la Société de géographie le 4 novembre 1881.

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« Servante-esclave. Moguedouchou » – 1882-1883 – Georges Révoil (contretype réalisé par Molténi)

Georges Révoil, de 1877 à 1883, se rend à plusieurs reprises en pays somali. Photographe de talent, il prend de nombreuses vues de la région de Mogadiscio lors de son dernier voyage, mais se trouve confronté à la réticence des habitantes à se faire prendre en photo. « Une ou deux faiblirent devant les coiffes de soie, si recherchées dans le pays ; encore ne savaient-elles pas les résultats que devait donner leur court moment de pose devant mon objectif qu’elles regardaient avec inquiétude. » (Le Tour du monde, 1885.) Une projection de ses photographies est organisée le 19 décembre 1884 à la Société de géographie.

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[Three men posed among bales of cotton] – Vers 1856 – Johnson & Henderson

Cette photographie de Johnson & Henderson appartient à la série des « Costumes and Characters of Western India ». Elle a été reproduite par Le Tour du monde en 1869 dans le récit d’Alfred Grandidier « Voyage dans les provinces méridionales de l’Inde ». L’image photographique a été réinterprétée par le dessinateur Alphonse Marie de Neuville et gravée par Adolphe Gusman, deux collaborateurs du journal. La plupart des illustrations de l’article sont réalisées d’après les photographies de l’« album de M. Grandidier ».
Cet album n’est pas répertorié comme tel dans les collections de la Société de géographie, mais on trouve un lot de photographies de l’Inde britannique (Sg Wd 279) qui correspond aux images du récit de Grandidier dans Le Tour du monde. Certaines portent d’ailleurs au verso des indications pour la gravure et des numéros qui font référence à leur ordre de publication dans l’article. Cet ensemble de photographies, qui appartenait au prince Bonaparte, est donc une partie de l’album d’Alfred Grandidier.

253

[Enfants du roi de Bali] – 1865-1866 – Isidore van Kinsbergen

Isidore van Kinsbergen ne fut pas seulement le photographe des antiquités de Java. Pendant l’hiver 1865-1866, il marque une pause dans son travail d’inventaire archéologique et visite l’Est de Java, Madura et Bali. Il ramène de cet intermède une série de portraits de dignitaires locaux posant avec leur famille ou leurs serviteurs dans des compositions soignées où se retrouve son goût pour le théâtre.
Ces photographies, rassemblées en albums souvent avec des images provenant d’autres photographes de Java comme Woodbury & Page ou Salzwedel, seront largement diffusées.

Bien à vous,

Saint Sulpice

Voilà c’était la dernière des quatre parties des portraits d’antan mais vous pouvez voir et revoir les précédentes parties en passant par les liens ci-dessous;

Voir aussi: – Portaits d’antan – Partie 3.

                   - Portraits d’antan – Partie 2.

                   – Portraits d’antan – Partie 1.

Portraits d’antan – Partie 2

Portraits d'antan - Partie 2 dans Photographies du monde d'autrefois 042

Groupe de Khivains – 1882 – Henri Moser

Moser séjourne à Khiva où il est très bien reçu par le ministre et conseiller du khan, Mat Mourat. Ce séjour est l’occasion de nombreuses observations sur la vie quotidienne et les coutumes des Khivains, ponctuées de quelques plaisanteries cocasses. Chaque homme porte ici le tchouguermah, ce bonnet en peau de mouton noire ou blanche qui donne un aspect sauvage mais déforme considérablement les oreilles : « L’ombre de la tête d’un Khivain décoiffé ressemble à celle d’une grosse chauve-souris. »

043 dans Photographies du monde d'autrefois

Cavalier turcoman – 1882-1883 – Henri Moser

De Khiva à la frontière perse, Henri Moser doit traverser les sables noirs du désert de Kara-Koum. Les préparatifs sont longs et minutieux pour trouver les guides, l’escorte, mais plus encore pour choisir les chevaux. Le cavalier turcoman monte les rênes flottantes et, selon l’expression, « les chevaux volent ainsi par-dessus les obstacles ». Moser admire cette relation forte entre ce robuste cheval et son fier cavalier, « qui pour le prisonnier persan ne connaît pas de pitié, [mais] partagera sa dernière goutte d’eau avec sa monture ».

046

« Danakiles de la tribu de Bita. Erer » – Vers 1888 – Édouard Joseph Bidault de Glatigné

Bien que situé en territoire danakil, le village d’Érer est le point de contact entre populations issa, oromo (galla) et afar (danakil). Les conflits armés, querelles de territoires, droits de passage demandés aux voyageurs, sont fréquents et rendent cette région très dangereuse. Il est nécessaire de voyager armé et accompagné de guides, même si, comme le souligne Jules Borelli, certains sont aussi terrifiants que les tribus les plus hostiles : « Tous sont des guerriers qui ont tué plusieurs hommes ; en outre des ornements ordinaires, ils portent, autour du cou et sur la poitrine des lanières de graisse de bœuf ou de mouton qui exhalent une odeur nauséabonde. »

047

« Harar. Coiffure et habillement des femmes mariées » – Vers 1888 – Édouard Joseph Bidault de Glatigné

Les habitants de Harrar sont d’origines diverses. Galla, Arabes, Somali, se côtoient dans cette ville commerçante où les femmes tiennent une place importante dans l’approvisionnement des marchés de la ville. Malgré le zèle religieux des hommes, elles sortent le visage découvert, pour le plus grand bonheur du photographe. À la différence des jeunes filles, qui tressent leurs cheveux en une multitude de petites nattes autour de la tête, les femmes mariées les roulent en deux grosses boules enveloppées d’une résille, de chaque côté de la nuque. Nombreux sont les voyageurs qui ont été fascinés par la beauté des femmes abyssines. Rochet d’Héricourt affirme déjà en 1840 que « la race galla est la plus belle de l’Afrique ». Bidault de Glatigné signe ici une composition magistrale en trois figures, dignes de modèles antiques, qui associent l’élégance sculpturale des drapés, la grâce des gestes et la beauté plastique des visages.

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« Femme galla » – Vers 1888 – Édouard Joseph Bidault de Glatigné

Après un premier voyage à Harrar en 1880, Arthur Rimbaud nourrit le projet d’un ouvrage sur les pays galla à présenter à la Société de géographie. Afin de l’illustrer, il fait venir de France un appareil photographique. Le projet ne verra jamais le jour, mais d’autres voyageurs et amis de Rimbaud réaliseront les rêves du poète, Jules Borelli dans son ouvrage sur l’Éthiopie méridionale et Bidault de Glatigné à travers ce merveilleux ensemble de photographies.

049

« À droite, jeune fille somali. À gauche, deux jeunes filles gallas » – Vers 1888 – Édouard Joseph Bidault de Glatigné

Les habitants de Harrar sont d’origines diverses. Galla, Arabes, Somali, se côtoient dans cette ville commerçante où les femmes tiennent une place importante dans l’approvisionnement des marchés de la ville. Malgré le zèle religieux des hommes, elles sortent le visage découvert, pour le plus grand bonheur du photographe. À la différence des jeunes filles, qui tressent leurs cheveux en une multitude de petites nattes autour de la tête, les femmes mariées les roulent en deux grosses boules enveloppées d’une résille, de chaque côté de la nuque. Nombreux sont les voyageurs qui ont été fascinés par la beauté des femmes abyssines. Rochet d’Héricourt affirme déjà en 1840 que « la race galla est la plus belle de l’Afrique ». Bidault de Glatigné signe ici une composition magistrale en trois figures, dignes de modèles antiques, qui associent l’élégance sculpturale des drapés, la grâce des gestes et la beauté plastique des visages.

051

« Indiens Guahibos du Rio Meta. 23 septembre 1886 » – 1886 – Jean Chaffanjon

Pour le déchargement des bateaux lors du passage des chutes et le transport des bagages, la main-d’œuvre ne manque pas. Les Indiens guahibo de la rive gauche de l’Orénoque guettent les embarcations et viennent au-devant des voyageurs pour se faire engager contre salaire. Chaffanjon relate dans son récit : « Je remets à chacun un pantalon, une chemise, un coutelas, du tabac et une mesure de sel ; le chef exige de plus une hache. »

055

Fuégiens, baie d’Ouftaténa, canal Lajarte – 1882 ou 1883 – Jean-Louis Doze (ou autre membre de la mission)

Au cours des sept voyages que réalise Louis-Ferdinand Martial entre octobre 1882 et août 1883 de Punta Arenas aux îles extrêmes du cap Horn, les contacts avec les Fuégiens sont fréquents et plusieurs d’entre eux acceptent même de monter à bord du navire, impressionnés mais fixant l’objectif du photographe. L’absence de toile de fond et la composition des trois hommes regroupés, comme perdus sur ce pont de navire qui leur est étranger, renforcent l’idée de l’immense décalage entre les cultures et font la force de cette photographie.

056

Groupe de jeunes filles de la baie Orange – 1882 ou 1883 – Edmond Payen (ou autre membre de la mission)

Loin de l’image caricaturale et dévalorisante d’un Gustave Le Bon qui, à l’occasion d’une « exhibition ethnographique » au Jardin d’acclimatation de Paris en 1881, décrit les Fuégiens comme des sauvages « vivant dans un état qu’on ne peut guère comparer qu’à celui des bêtes féroces », la mission du cap Horn participera à la réhabilitation de ces peuples, grâce essentiellement aux travaux ethnographiques du Dr Hyades. Certaines photographies témoignent même d’une réelle admiration pour la beauté des Indiens yaghan. Au centre du groupe, Kamanakar Kipa, la jeune Fuégienne photographiée à plusieurs reprises, sera en 1885 emportée par la rougeole lors d’une visite à la mission protestante d’Ushuaïa.

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Ouçipiçi et Chamoutakara Kipa – 1882 ou 1883 – Edmond Payen (ou autre membre de la mission)

Ces deux enfants, fragiles représentants d’un monde en sursis, sont à l’image de tout un peuple. Les contacts avec les Européens se sont multipliés au cours des dernières décennies et ont fait augmenter les cas de mortalité par maladie infectieuse. Les membres de la mission ont conscience de recueillir les derniers témoignages de peuples voués à une disparition prochaine. Lors d’une visite à la mission protestante d’Ushuaïa, Hyades constate déjà la progression des cas de tuberculose.

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 Voir aussi: Portraits d’antan – Partie 1.

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