Soyez alcooliques certes…. mais avec mondanité!

                    

Soyez alcooliques certes.... mais avec mondanité! dans chronique satirique vernissage

 

                        Quelle belle soirée s’annonce pensez-vous. Je vais pouvoir m’abreuver de ces si doux nectars vineux sans me soucier de quoi que ce soit. Je revêt mon plus beau costume car ce soir c’est la fête comme tous les soirs d’ailleurs! C’est quand même dommage de devoir s’alcooliser par tristesse ou désespoir. Vous au moins vous êtes heureux et puis ce n’est pas de l’alcoolisme que de boire délicatement 24 coupes de Champagne Bollinger « Vieilles Vignes » 1998 lors d’un vernissage huppé dans le Marais encore moins de savourer 8 ou 9 Whisky Lochside Old Malt 21 ans d’âge à « l’automobile club de France » ou votre vieil oncle sourd comme un pot vous reçoit chaleureusement.  Non ce sont des activités mondaines. Qu’il est laid de voir ces jeunes ou moins jeunes leurs canettes de bière 50cl avec 18% d’alcool à la main, déambuler complètement désoeuvrés dans les bonnes vieilles rues de notre Capitale. que diable!!!! Soyez alcooliques certes….mais avec mondanité de grâce!!! Je conçois vos comas éthyliques mais avec dignité je vous prie, pas la tête noyée dans vos restes frugaux de votre dernier souper, allongé comme un pauvre hère le bras gisant dans le caniveau. Comatez avec raffinement dans un agréable fauteuil Empire, un soupçon de caviar Béluga de chez Pétrossian, à portée de main, au milieu des vôtres. Au moins vous les distrairez le temps que les secours arrivent. Surprenez agréablement votre conjointe ou votre épouse en revenant certes à quatre pattes mais avec un beau bouquet de fleurs. Ne perdez pas une occasion de lui faire plaisir. Elle comprendra mieux alors votre état. N’hésitez pas à la faire participer, plus on est de fous plus on rit, hahahaha.(Je sais c’est très mauvais!) Messieurs les rustres ne frappez pas votre femme après avoir bu, c’est dépassé et du plus mauvais goût. Faites vous frapper par elle, c’est beaucoup plus tendance et cela vous remet les esprits en place après une soirée trop arrosée. Qui sait peut-être même y prendrez-vous goût et irez ensuite vous encanailler dans de petits clubs privés. De nouvelles activités, physiques de surcroît, qui ne pourront que vous ragaillardir à l’approche d’une quarantaine un brin bedonnante, petits coquins. 

                       C’est un art que d’être alcoolique, cela ne s’improvise pas. Évitez les boissons bas de gamme, la bière fort appréciée au demeurant par nos jeunes Anglo-Saxons mais terriblement indigeste, le Ricard certes populaire mais justement trop populaire……et les cubis « la villageoise » de gros rouge qui tâche. Allez vers des alcools nobles, Le champagne pas le mousseux bandes d’invertébrés!!!!! Le bourbon ou le Whisky de qualité. Pour les nostalgiques de l’empire Soviétique, optez pour la vodka, quand aux amoureux du pays du soleil levant, osez le Saké mais attention servi tiède sans quoi c’est encore une faute de goût que vous risqueriez de commettre.  Vous voyez toutes les folies vous sont permises mais avec mondanité. Ayez même avec 5 grammes par litre toujours l’allure fière, le port de tête haute. Ne vous traînez pas par terre, c’est les enfants qui marchent à quatre pattes, voyons!!! N’injuriez pas la belle brune qui par erreur a trempé ses lèvres dans votre coupe de champagne millésimée en la traitant de « grosse salope mal baisée » mais optez plutôt pour de petites phrases imagées et conviviales.  » Mademoiselle si vos lèvres sensuelles oeuvrent si bien, l’avenir s’annonce sous une bonne augure » cela ne vous évitera nullement de recevoir une giffle magistrale mais avec élégance. 

                         Ne prenez pas votre voiture pour rentrer mais le car de police. C’est beaucoup plus grisant, vous économisez le taxi ou l’essence, ne mettez personne en danger et cela vous permettra lors de vos prochaines pérégrinations nocturnes avinées d’avoir une formidable expérience à conter! Évitez aussi de vous faire dessus comme les petits bébés. Usez plutôt des commodités ou soyez champêtres et urinez à foison sur nos réverbères et portes cochères. Vous serez en plus en parfaite symbiose l’espace d’un moment avec notre si belle race canine et pourrez même vous faire des copains! Donc résumons, boire oui mais avec mondanité!!!!!!

Nos chers enfants

Nos chers enfants....                                              

 

 

                     Chères mères de famille, je vous délivre la « palme d’or du courage ». Non ne croyez-pas que j’ironise! Je suis sincèrement épaté par l’énergie gargantuesque que vous déployez pour vous occupez de vos tendres enfants. Personnellement j’ai jusqu’à ce jour préféré me « sacrifier » et encourager mes soeurs à procréer. bien m’en pris! Les enfants? J’aime bien mais c’est un peu comme les chiens, c’est mieux chez les autres et cela demande beaucoup trop d’entretien à mon goût.J’évite les contraintes….D’ailleurs je trouve beaucoup de similitudes entre ces deux êtres fort sympathiques au demeurant. C’est vrai un gamin c’est « nature » comme un « canidé ». Cela à envie d’uriner et votre parquet se transforme immédiatement en rivière. Vous dormez paisiblement (euphorisme après 4 réveils en 3h de sommeil pour rassurer votre progéniture qui a cru dans son sommeil être attaquée par un casimir à tête de rottweiler) et joyeusement ils viennent à 6h pétantes vous réveillez! Cela part d’une bonne intention et ne dit-t’on pas « L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt ». Eh bien je préfère me lever un peu plus tard et en particulier depuis que je suis sans emploi! Quel plaisir de voir nos petites ouailles grandir mois après mois, si tendres et gentilles lorsqu’elles sont encore toutes petites, se lovant contre leur maman et pleurant dès que celle-ci les quittent au pied de l’école. Que penser de ces braves parents qui, les yeux écarquillés, le regard tendre s’extasient devant un petit amas de matières fécales aux relents de « carottes & poireaux » en s’écriant comme s’ils avaient vu le Saint-Esprit « Mais c’est bien, il a fait popo, il a fait son petit caca, c’est bien mon petit amour » devant le bébé au regard hagard qui lui même se demande si ses géniteurs ne sont pas un brin sénile. Quel beau tableau que d’apercevoir ces petits êtres vomir leurs petits pots ou les pauvres à moitié s’étouffer par de biberons mal dosés. Quelle joie d’enfanter!  Qu’ils sont mignons ces petits chérubins……..mais cela ne dure pas!!!!! Après la sempiternelle et usante période des questions/réponses du genre « Papa, Maman pourquoi n’a t’on pas trois bras? » ou « Pourquoi le lait est blanc » et ce répétées mille fois si la réponse se fait tarder survient l’adolescence où les jeunes boutonneux se rendent-compte subitement (du à un mélange complexe de neurones dans leur faible cervelet) que leurs parents les exploitent honteusement. La guerre est déclarée, elle est en général longue et se termine rarement sans dommages collatéraux. 

                                     Les braves parents ayant oeuvrés toutes ces longues années à coup de sacrifices et dépressions multiples n’en sont qu’aux balbutiements de leur calvaire. L’ado est rebelle. Il ne supporte pas l’autorité. il rejette instinctivement tout ce qui vient du monde adulte. Sa voix tels les pires monstres de notre enfance se mu subitement le laissant coi et désemparé! Le pauvre est perdu!  Il cherche ses limites tout en les refusant en même temps.

                                    J’aime l’intelligence d’esprit de ces ados, leur verve douce et chantante « Ouhhaiiiis, mort de rire, eh t’as pas vu l’épisode du Transtueur de l’espace temps lorsqu’il s’approche d’Etripeur22 et qu’il l’atomise avec son percuteur à transportation extra-sensorielle. Trop cool » Quel plaisir de voir avec quelle assiduité ils ont soif d’apprendre et qu’après une longue et harassante journée vous retrouvez votre progéniture plongée dans un silence quasi-religieux sur votre ordinateur et découvrez avec effroi qu’il est sur un site « Prends moi comme une chienne » et qu’en guise d’explication il vous relate qu’il se renseigne sur « la complexité des rapports humains » ou lorsque vous vous apprêtez à servir une bonne blanquette de veau concoctée par votre charmante fille dont vous êtes fier,à ce moment précis, comme d’Artabant vous découvrez que les champignons qui l’accompagne ne sont pas de Paris mais d’Amsterdam. Ah qu’ils sont plaisants nos futurs adultes et que je suis heureux d’avoir si intelligemment oublié au plus profond de moi ces douces et tendres périodes de mon enfance!!!!! Certes se pose le problème de nos vieux jours. Ne pas avoir d’enfant est le risque de terminer bien seul mais fort heureusement le secteur « de l’aide à domicile » est en plein développement et me conforte dans mon choix égoïste actuel. Donc mesdames et messieurs les parents, les enfants c’est bien mais trop peu pour moi.  Sujet à approfondir, j’y reviendrai…..  

Le culte de la divine bouteille

 Le culte de la divine bouteille dans chronique satirique bistrot              

      

                   Qui n’a pas poussé un jour la porte d’un vieux bistrot de quartier. L’un de ceux devant lesquels habituellement on presse le pas, l’un de ceux qui n’attirent pas l’oeil ni l’envie. C’est dans l’un de ceux-là qu’un après-midi  j’ai atterri. « L’espoir » c’est le nom du bistrot, voilà qui ne s’invente pas. Un petit comptoir, quelques tables aux chaises dépareillées, de vieux cendriers Ricard. ( c’était avant la loi douce et tolérante de janvier dernier!!!!) Attablé, un express devant moi je l’ai vu entrer « Gilbert » ( ça non plus cela ne s’invente pas) Gilbert a tout pour plaire! Il est érémiste, gras et petit. Son visage est buriné, empli de ces crevasses qui trahissent leurs origines. Sa peau est rosée, sa truffe écarlate. Il est à mi-chemin entre la quarantaine et la cinquantaine mais en paraît au moins soixante. Gilbert est vieux garçon mais surtout sa spécificité c’est d’être « 1er pilier de bar » de l’Espoir. Un titre qu’il s’est évertué à décrocher à coup de canons et sans compter ni sa peine ni sa sueur. 25 ans qu’il est pilier de bar, un quart de siècle. Un vrai pilier d’antan comme on en fait plus. Gilbert sa religion c’est la boisson et son église, c’est le bar de « l’Espoir » où il y célèbre journalièrement le culte de la divine bouteille. De l’espoir il lui en a fallu pour parvenir à ce grade. Sa place en bout de comptoir au même titre que certaines grandes tables parisiennes lui ai réservée et personne hormis un quidam de passage écervelé n’oserait un instant lui emprunter.

                    Il n’est pas le seul! D’autres fidèles viennent aussi le rejoindre à « la grand messe du sacro-saint litron » ancienne et vénérable cérémonie ayant pour effet de communier ensemble jusqu’à la liesse absolue. Toutes les âmes en peines sont les bienvenues et la quête est permanente. Le curé de l’Espoir en chemise blanche, pantalon et gilet noir officie avec tact, délivrant de temps à autre à ses plus fidèles éméchés un sermon mais jamais long! C’est un brave homme se souciant de son prochain et ne supportant pas qu’une ou plusieurs de ses ouailles puisse rencontrer quelques tracas pour avoir adoré un peu trop longtemps la sainte bouteille. Tout le monde est le bienvenu même le païen que je suis qui officie avec un simple café.

                     Parmi les fidèles certains se distinguent. ce sont les moines du sang de la vigne vénérant ladite boisson. Si pratiquants qu’aprés chaque adulation ils partent à confess. Ce lieu de confession au bout du comptoir au fond d’un petit couloir ne désemplit jamais. Si à l’aller ils semblent tracassés et soucieux, au sortir je les sens soulagés, sereins prêts plus que jamais à de nouveau prier. Au pied de l’autel (le comptoir) gît d’hideux charniers mégotés ayant le temps de leur combustion encensés l’ensemble de l’édifice de leurs volutes de fumée. Quelle atmosphère endiablée s’est donc emparée de cette chapelle babelisée! C’est donc dans cette ambiance empreinte de religiosité vinesque que notre ami Gilbert évolue tel un bon bigot entourée de vieilles grenouilles de bénitiers, sacristains, disciples et autres servants.  Jamais il ne rate une procession, présent à chaque occasion.

                       Les rois mages, il les connaît bien. Souvent ils les voient arriver dans de beaux camions bigarrés  »Tafanel » « Richard » et « Ricard » les mains chargées de pleins de présents offerts à notre petit curé par milliers. Si « l’Espoir » n’est qu’une modeste chapelle sachez que dans de belles et majestueuses cathédrales officient la fine fleur, les cardinaux du litron; les sommeliers, véritables bibles vivantes de ce merveilleux liquide aux vertus euphorisantes….

                       Hiver comme été, qu’il neige ou qu’il vente on peut croiser les ambassadeurs de ce culte enivrant gisants sur bancs et trottoirs tel des prophètes, propageant à qui veut bien l’entendre les vertus de la divine boisson et brandissant fièrement leurs croix, de splendides litrons aux emballages de verre ou de plastique, centre de leur vie, chaleur de leurs âmes pour lesquels ils ont tout abandonné. Tel des moines bouddhistes de l’ancien royaume du Siam, ils vont de portes en portes quêter, mendier leur litre quotidien….

                     Les temps changent et ces fidèles apôtres comme à l’image des premiers chrétiens désormaient sont pourchassés, montrés du doigt. De plus en plus on célèbre dans l’ombre, on cache la substance interdite comme le divin enfant. Sacré bouteille…….

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