Gabriel Loppé

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 La Tour-Eiffel foudroyée – 1902 – Crédit photo: © Gabriel Loppé – statut domaine public

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La Tour-Eiffel dans le soleil couchant – 1889 – Crédit photo: © Gabriel Loppé – Statut domaine public

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Quai de la Seine, la Tour-Eiffel en construction – n.d – Crédit photo: © Gabriel Loppé – Statut domaine public

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La Tour-Eiffel, vue de Paris – n.d – Crédit photo: © Gabriel Loppé – Statut domaine public

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Quai de la Seine, La Tour-Eiffel dans la nuit – n.d – Crédit photo: © Gabriel Loppé – Statut domaine public

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La Tour-Eiffel, vue des toits de Paris – n.d – Crédit photo: © Gabriel Loppé – Statut domaine public

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La Tour-Eiffel dans le brouillard - n.d – Crédit photo: © Gabriel Loppé – Statut domaine public

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Loïe Fuller cachée derrière un arbre – 1905 – Crédit photo: © Gabriel Loppé – Statut domaine public

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Angle du Pont-Neuf, La Samaritaine, la belle Jardinière – n.d – Crédit photo: © Gabriel Loppé – Statut domaine public

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Paris la nuit, péniches sur la Seine – n.d – Crédit photo: © Gabriel Loppé – Statut domaine public

 

 

Biographie de Gabriel Loppé

 

 Gabriel Loppé fut un photographe de génie ( Né en 1825 ). Certains de ses clichés sont passés à la postérité, comme cette Tour Eiffel en construction frappée par un éclair, présentée au musée d’Orsay. Ses enfants et petits-enfants, qui coururent la montagne dès leur plus jeune âge, lui ont souvent servi de modèles. Leur bonheur envahissant l’image est en quelque sorte la signature de Loppé photographe. Cette biographie de Gabriel Loppé et le catalogue de son oeuvre, réalisés par Marie-Noël Borgeaud, ramèneront dans la lumière un artiste que la montagne a « inventé », tout comme lui-même la réinventait à chaque tableau.

Vraisemblablement influencé par le courant pictorialiste anglais du Linked Ring, Gabriel Loppé est un des premiers photographes avec Alfred Stieglitz à avoir réalisé des vues d’une ville, en l’occurrence Paris, à la lumière de l’éclairage urbain, qui précèdent de quelques années des vues nocturnes de ville prises par Stieglitz. Gabriel Loppé semble avoir été le premier à utiliser la technique instantanée pour prendre quantités de vues de Paris la nuit. Entre 1889 et 1900, il fixe les décors urbains aux lumières crépusculaires et nocturnes des becs de gaz, ou des enseignes lumineuses. La nouvelle Tour Eiffel est alors un sujet de prédilection, illuminée de guirlandes électriques ou saisie par les éclairs d’un orage en 1900. Avec ses nocturnes de ville Loppé expérimente une recherche qui sera au centre des préoccupations de nombreux photographes pictorialistes, comme Stieglitz ou Steichen et 30 ans plus tard de Brassaï.

Il fut aussi un peintre de talent et un alpiniste chevronné. Il s’éteignit en 1913 à l’aube de la grande guerre.

 

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 

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Contemporain d’Edward Whymper, ami de Leslie Stephen et de James Eccles dont il a épousé la soeur, le peintre Gabriel Loppé a vécu l’âge d’or de l’alpinisme, celui de la conquête des sommets alpins à la fin du XIXe siècle. Envoûté par le monde quasi surnaturel de l’altitude, de la glace et du granit, en alpiniste aguerri, il a emporté son chevalet sur les sommets, là où aucun artiste n’avait imaginé peindre ni dessiner.
Paysagiste de la haute montagne, il se plaît à représenter une nature grandiose : les glaciers torturés, la dentelle minérale des arêtes, les couchers de soleil qui embrasent les cimes et abandonnent la vallée dans les ténèbres, les horizons hérissés d’aiguilles, l’écume des torrents… Peintre figuratif, il nousentraîne toutefois vers le rêve, la poésie.
Ses oeuvres ont conservé une originalité qui impressionne encore le spectateur d’aujourd’hui : toiles gigantesques, panoramas enflammés, cadrages serrés sur des crevasses béantes, transparences glaciales et flamboiements…
Loppé installa sa famille et son atelier à Chamonix. Sa clientèle était notamment celle de riches Anglais fascinés par les Alpes. Londres accueillit plusieurs de ses expositions, mais il exposa également pendant plus d’une décennie au prestigieux Salon officiel à Paris, ainsi qu’au Salon des Artistes français.
Cette biographie de Gabriel Loppé et le catalogue de son oeuvre, réalisés par Marie-Noël Borgeaud, ramèneront dans la lumière un artiste que la montagne a « inventé », tout comme lui-même la réinventait à chaque tableau.

- Gabriel Loppé, Peintre, photographe & alpiniste par Marie-Noël Borgeaud aux éditions Glénat – 39€

Une image peut en cacher une autre. Arcimboldo, Dali, Raetz – Grand-Palais – Paris

Une image peut en cacher une autre. Arcimboldo, Dali, Raetz - Grand-Palais - Paris dans EXPOSITIONS arton902

 

 

 

 

À l’entrée, les vases 1930 de ­Jasper Johns et ceux de Raoul Marek (1953) dessinent en creux des profils. À côté, dans une image d’Épinal, une jeune liseuse se transforme, si on se concentre un peu, en une hideuse grand-mère. Plus loin, en penchant la tête, les amas rocheux d’une Fuite en Égypte, de Cornelis Metsys (1510-1562), révèlent la face d’un géant. Et plus loin encore, la Côte escarpée, de Degas, n’est à bien y regarder qu’un buste féminin nu, hommage en filigrane à L’Origine du monde de Courbet. Des faits exprès ? Bien sûr : les bons artistes savent ce qu’ils font. Comme Vincenzo Campi (1536-1591) dont une tête grimaçante apparaît dans le fromage de ses joyeux ­Mangeurs de ricotta, comme un reproche à leur gourmandise et à leur insouciance.

 

 

 

 

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De prime abord, on pourrait croire que cette nouvelle exposition au Grand Palais intitulée « Une image peut en cacher une autre » se contente d’accumuler les calembours visuels. Une suite de purs jeux d’optique ou d’ombres pour étonner les petits et les grands. Certes, on s’émerveille devant ces tours de peintres prestidigitateurs, virtuoses truqueurs soucieux de plaire en déroutant notre œil.

 

 

 

 

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On rit de cette médaille de 1540 où la tête de l’Arétin est composée de phallus (attention, il faut parfois penser à ménager les cœurs chastes durant la visite). On s’enivre à suivre les escaliers sans fin de Piranèse et d’Escher. On succombe à la poésie des pierres morphogènes collectées par Roger Caillois, grand adepte du «démon de l’analogie». Et c’est tant mieux. Qui prétendrait ne pas s’amuser à dénicher la ­forme cachée dans l’apparente, dans ces quelque 250 peintures, sculptures allant du paléolithique supérieur à la période actuelle, objets d’art, cartes postales, estampes ou films, serait un ennuyeux.

 

 

 

 

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Mais surtout, comme le double fond d’une malle au trésor, ce cabinet de curiosités, si vaste qu’il a été divisé en vingt-deux sections, suscite une puissante réflexion sur ce que c’est que voir. Par les subterfuges qu’elles contiennent toutes, ces œuvres choisies par Jean­Hubert Martin (spécialiste du mouvement dada, ancien directeur du Musée des arts d’Afrique et d’Océanie et commissaire, il y a vingt ans, de la première exposition sur la création contemporaine non occidentale à Beaubourg) signifient qu’elles sont des dispositifs.

 

 

 

 

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 Tel portrait ­d’Arcim­boldo possède, par exemple, deux unités picturales : la ressemblance d’abord, les plantes, êtres ou objets qui définissent les caractéristiques physiques et psychologiques du personnage, ensuite. Telle grotte du pourtant très réaliste Gustave ­Courbet cache pareillement un visage fantastique. Ainsi que les nombreuses anamorphoses du XVIe siècle présentées, chacun de ces travaux met en pièces la scénographie théâtrale de la peinture. Indique la faillite de la mimesis.

 

 

 

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Dès sa naissance, la sacro-sainte perspective frontale consacrée par la Renaissance semble mise à mal par ce genre de procédé qui oblige à regarder autrement pour qu’apparaisse l’implicite. Cela rapproche de l’abstraction. Voilà au minimum les règles classiques de la profondeur reléguées à un banal code esthétique parmi d’autres. Elles n’ont plus l’apanage de la réalité. D’ailleurs, qu’est-ce que cette réalité qui inclut désormais l’irréalité ? Une vision incertaine, proliférante, parasitaire, monstrueuse. D’où ces grotesques dans ces campagnes néerlandaises, ce carnaval dans ces scènes bibliques toscanes.

 

 

 

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Nous avons là quitté la peinture pour rejoindre la métamorphose alchimique. Nous nous sommes éloignés du christianisme pour nous rapprocher de l’animisme. Ces vues anthropomorphes de paysages, comme ces miniatures mogholes où les animaux sont constitués d’autres animaux, soulignent le caractère unitaire de la nature, l’unicité de l’animé et de l’inanimé.

 

 

 

 

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En son temps déjà, Léonard de Vinci comparait nos vaisseaux sanguins aux ramifications d’un arbre, et n’avait pas attendu les tests de Rorschach pour voir une forme dans une tache. De son côté, comme tout le monde depuis toujours, Mantegna voyait des visages dans les nuages. Dans ce domaine, un de ses plus brillants élèves sera Dali, très présent dans l’exposition. Dans une de ses toiles il superpose jusqu’à sept représentations différentes ! Pour clore le parcours, l’artiste suisse contemporain Markus Raetz, enfant de Magritte, lui, se joue de nous avec ses sculptures changeant de forme quand on tourne autour.

 

 

 

 

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Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

 

«Une image peut en cacher une autre. Arcimboldo, Dali, Raetz» – jusqu’au 6 Juillet 2009 - Galeries nationales du Grand Palais – Tél: 01.44.13.17.30 – Tarif: Plein 11€ – tarif réduit: 8€

William Eggleston – Fondation Cartier – Paris

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En réponse à une invitation de la Fondation Cartier, le photographe américain William Eggleston mène depuis trois ans un vaste travail photographique sur la ville de Paris.

 

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Prises au fil des saisons par celui qui est considéré comme l’un des pères de la photographie couleur, ces nouvelles images dévoilent le pittoresque et le cosmopolite, le sublime et le trivial, le quotidien et l’extraordinaire.

 

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L’exposition est aussi une occasion unique de découvrir, en regard des photographies, une récente série de peintures- un aspect peu connu du travail de l’artiste dévoilé pour la première fois au public.

 

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Depuis plus de cinquante ans, William Eggleston photographie tout ce qui constitue la culture populaire américaine : parking, voitures, enseignes, paysage, jeunesse… Eggleston compte aussi parmi les premiers photographes à avoir travaillé avec la couleur. Certaines de ses images sont devenues des classiques comme celles du plafond rouge avec ampoule et fils électriques, du tricycle ou encore de la jeune fille de profil cachée par sa chevelure rouquine. Aujourd’hui son travail est reconnu dans le monde entier et il est remarquable de constater que ses images issues de son Sud natal, qu’il n’a jamais quitté, résonne bien au-delà de ses frontières orginales. William Eggleston, connu pour son mutisme et son penchant pour le whisky, rejoint, à sa façon, Lee Friedlander, Diane Arbus, Robert Frank, Lee Miller et Garry Winogrand, qu’il a un jour fréquenté.

 

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Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

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Exposition William Eggleston – Fondation Cartier – 261, Boulevard Raspail – 75014 Paris -Du 4 Avril au 21 Juin 2009 - Tous les jours, sauf le lundi de 11h à 20h – Nocturne le mardi jusqu’à 22h – Tarifs: Plein 6.50€ et réduit 4.50€

Sophie Ristelhueber – Musée du Jeu de Paume – Paris

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Aux visiteurs de l’exposition de Sophie Ristelhueber, au Jeu de paume à Paris, nous conseillons de commencer par une salle lumineuse, vaste, au premier étage. On y trouve sa série de photographies intitulée « Fait ». Elle a été réalisée en octobre 1991 dans le désert du Koweït et a été dévoilée au public à Grenoble, un an plus tard. Jamais nous n’avions vu ça. C’est une pièce mythique.

 

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Au premier étage du Jeu de paume – au rez-de-chaussée est exposé le photographe américain Robert Frank -, la rétrospective Sophie Ristelhueber se termine par un film inédit de 5,44 minutes qu’elle a réalisé pour l’occasion. Il porte le titre de Fatigues. Il ne s’agit pas de la santé de l’artiste. Le terme désigne un vêtement militaire, voire de travail. Sophie Ristelhueber, qui aime jouer avec les mots comme avec les plans, a filmé les détails de ses propres photos, réalisées dans le passé.

 

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Au-delà des indices que l’on perçoit, ici ou là, comme des pièces à conviction, le procédé est envoûtant. Les jeux lents de caméra amplifient une préoccupation de l’artiste : faire perdre au spectateur tout repère, toute échelle, afin qu’il perçoive plus intensément le territoire photographié, qu’il s’agisse d’un paysage lointain ou d’un carré de tissu dans une chambre… Rappelons le contexte. La première guerre du Golfe et l’opération « Tempête du désert » ont pris fin il y a six mois à peine. Le site est encore saigné par les traces de combats, les routes creusées dans le sable, les chars abandonnés, les bunkers étouffés par la poussière. Pas de cadavres, mais ça sent la mort. Sophie Ristelhueber, 42 ans, embauche un pilote d’avion pour survoler ce paysage. Elle foule aussi le sol, enregistre les pièces à conviction. En couleur et en noir et blanc.

 

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De retour à Paris, elle tire une quarantaine de photos en grand format et les colle les unes aux autres pour former une sorte de damier allongé. Elle publie aussi un livre de format poche, mais rigide (Editions Hazan). Pas de commentaire, aucun contexte ou explication, des photos pleine page encadrées par deux fragments de texte, tirés de De la guerre, de Clausewitz. Là encore, du jamais-vu.

 

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Il n’y a pas de sentiment chez Clausevitz. Pas de sentiment chez Ristelhueber. Juste des faits, des traces et des reliques, des surfaces et des objets. Elle dit : j’ai vu cela, à vous d’imaginer, de vous représenter. Tout l’opposé du paysage romantique ou de la vue tragique de guerre visant à faire monter un souvenir, une larme ou une indignation chez celui qui regarde.

 

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Les partis pris de l’artiste, qui visent à brouiller la représentation, laissent le spectateur un peu plus désemparé. Noir et blanc et couleur sont mêlés, les perspectives et l’échelle sont gommées – on ne voit pas le ciel, les vues au sol tutoient celles en avion. Les épreuves, collées sur aluminium, s’offrent au regard sans vitre de protection. Sans reflet. Les couleurs sont mates, les noirs cendrés. Ce qui compte, c’est la confrontation avec la matière.

 

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En France, les reproches sont tombés : des photos banales et sans qualité, sans personne pour animer le cadre, sans composition harmonieuse, sans détail spectaculaire pour pimenter le regard. Il est vrai que nous sommes à l’opposé de la photo de presse. En fait jamais un artiste n’avait titillé le photographe de guerre sur son terrain. Ni montré des conflits de cette manière. Son cadre n’est plus une fenêtre sur le monde, mais un mélange, difficile à décrire, de document et de fiction, de réalisme et d’abstraction. Une sorte de cauchemar à la David Lynch.

 

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D’autres pays – Etats-Unis, Allemagne, Belgique, Suisse – ont mieux accepté ce regard. A Boston, aux Etats-Unis, le musée de la ville a présenté sa première rétrospective, durant l’hiver 2001-2002, sous un titre qui lui va comme un gant : « Détails du monde ». L’avantage d’une rétrospective est de situer ce travail au Koweït dans l’oeuvre globale. Voir d’où elle vient, où elle va. D’une salle à l’autre, en découvrant aussi ses dernières vidéos, la cohérence du parcours saute aux yeux. Ristelhueber aime à la fois les idées et le terrain. Elle est conceptuelle et sensible. C’est une grande marcheuse fascinée par l’actualité, les informations enfouies et cachées. Elle se nourrit de journaux et d’images, puis vit son expérience in situ.

 

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Elle a photographié les bâtiments détruits de Beyrouth en 1982 après la guerre du Liban. Elle a enregistré les cicatrices sur les corps en ex-Yougoslavie. Elle a parcouru les routes secondaires de Cisjordanie que des Israéliens ont obstruées de rochers pour empêcher les Palestiniens de circuler. Elle a saisi les rues trouées par des explosions d’obus au Liban. Mais elle a aussi photographié le paysage accidenté de l’arrière-pays niçois, ou le sol du jardin du Luxembourg, celui de son enfance. « L’enjeu, c’est la terre », dit souvent Sophie Ristelhueber. Comment elle bouge, comment on se l’approprie, comment on la martyrise. C’est sa façon à elle de faire de la géopolitique, de la mêler à sa géographie familiale.

 

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Au début, elle est une photographe plutôt classique, qui fait confiance à l’enregistrement, fréquente Robert Doisneau, réalise avec Raymond Depardon le film documentaire San Clemente (1982) sur un hôpital psychiatrique au large de Venise. Et puis, le temps passant, elle fabrique ses images, s’approprie le sol comme une pâte à modeler. Elle s’est approprié le Jeu de paume comme si elle était à la maison. Elle a fait entrer la lumière de la place de la Concorde en enlevant les volets qui masquaient les fenêtres. Elle a dédramatisé le lieu pour mieux voir les images. Et c’est magnifique.

 

Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

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Jeu de paume -1, Place de la Concorde – 75008 Paris – Métro Concorde. Du mercredi au vendredi, de 12 heures à 19 heures, mardi jusqu’à 21 heures ; samedi et dimanche, à partir de 10 heures - Tarifs 6 € et 4 € –  Jusqu’au 22 mars 2009 ~ Catalogue, « Opérations », textes collectifs, éd. Les Presses du Réel-Jeu de paume. 448 pages  45 €.

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