Michael Kenna, Rétrospective – BNF – Paris – 13 Octobre 2009 au 24 Janvier 2010

 Michael Kenna, Rétrospective - BNF - Paris - 13 Octobre 2009 au 24 Janvier 2010 dans EXPOSITIONS preview_gd2_kenna

 

Grand voyageur, Michael Kenna est né en 1953 à Widnes, petite ville industrielle du Lancashire. A l’écart des modes, il bâtit, depuis plus de trente ans, un corpus consacré à la représentation du paysage. Du paysage romantique de ses débuts aux épures graphiques de ses récentes séries, il explore un paysage enclos dans la délicatesse du petit format, un paysage désert.

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Tilted Poles ~ Poteaux inclinés Rhyl, Clwyd, Wales – 1984 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Ses paysages invitent à une relation intime avec l’image. Ils sont, comme ceux d’Atget, dépourvus de toute présence humaine. L’homme ne s’y inscrit qu’ »en creux », d’une manière allusive, par les traces que son activité imprime sur le monde. Sous l’objectif du photographe, les lignes géométriques des jardins formels du XVIIIe siècle français ou russe rappellent que le paysage ne se confond pas avec la nature, mais qu’il est avant tout le fruit d’une construction culturelle que la photographie bouscule avec humour.

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 Wilshire Park Tree ~ Arbre, Wilshire Park Portland, Oregon, U.S.A – 2004 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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La rhétorique du clair et du sombre, savante et raffinée, qui gouverne cette œuvre, révèle une vision du monde étrange et personnelle. Kenna a toujours privilégié le noir et blanc. Épaisseur nocturne ponctuée de rares éclairages, brumes, fumées des usines, caractérisent les œuvres de jeunesse d’où émane un romantisme sombre lié à l’ère industrielle.

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Night Walk ~ Promenade nocturne Richmond, Surrey, England – 1983  - Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Le « pays noir » issu du XIXe siècle industriel, au ciel charbonneux, parcouru de voies ferrées, surplombé de hauts fourneaux, les structures massives des centrales électriques, voisinent avec les brumes mystérieuses de la campagne anglaise.

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The Rouge, Study 100 ~ The Rouge, étude 100 Dearborn, Michigan, U.S.A – 1995 - Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Kenna, qui a passé sa jeunesse dans une ville vouée à l’industrie chimique, saisit l’univers de la classe ouvrière au moment du déclin de l’industrie. Il explore la ville sombre immortalisée par les récits de Jack London, ses vastes bâtiments utilisant la brique, le verre et la fonte et ses fabriques désaffectées en voie de démolition.

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Mill Demolition ~ Fabrique en cours de démolition – Huddersfield, Yorkshire, England – 1984 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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La série The Rouge est consacrée à l’usine automobile Ford de Dearborn (Michigan), un univers fermé sur lui-même, fonctionnant à plein régime 24h/24. Ce site fut l’un des plus importants du début du XXe siècle, tant par ses dimensions que par ses techniques de production.

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The Rouge, Study 17 ~ The Rouge, étude 17 – Dearborn, Michigan, U.S.A – 1993 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Kenna fait appel aux prises de vues nocturnes et poses longues qui « gomment » la présence humaine. L’activité incessante de l’usine reste perceptible grâce à la construction serrée de l’image, la mise en valeur de détails ou de larges perspectives.

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Ratcliffe Power Station, Study 31 ~ Centrale électrique de Ratcliffe, étude 31 – Nottinghamshire, England – 1987 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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 La série consacrée à la centrale électrique de Ratcliffe met l’accent sur les tours de refroidissement monumentales, leur qualité sculpturale et le rythme de leur agencement tout en laissant planer un doute sur leur menace potentielle. Dans sa série sur la fabrique de dentelles de Calais, Kenna s’attache, fait rare, aux intérieurs en se concentrant sur les instruments et les détails des machines outils qu’il perçoit comme des sculptures et des natures mortes.

Enclin à rechercher la quiétude des campagnes et des îles, Kenna ne dédaigne aucunement la ville moderne.
Il a consacré de nombreuses photographies aux mégapoles des États-Unis, d’Amérique du sud ou aux cités proliférantes de pays en pleine croissance, en Chine ou dans les Emirats.

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 Chrysler Building, Study 2 ~ Chrysler Building, étude 2 – New York, U.S.A – 2006- Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Le tissu urbain des grandes mégapoles, leur architecture ascensionnelle à la plastique surprenante et futuriste, leur débauche d’éclairage électrique offrent d’infinies possibilités de recherche graphique.

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 Empire State Building, Study 4 ~ Empire State Building, étude 4 – New York, U.S.A – 2007 - Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Les photographies de New York, Rio de Janeiro ou Shanghai s’appuient sur une ligne imaginaire : l’horizon n’appartient ni au ciel ni à la terre, mais est ici brutalement matérialisé. Le ciel butte contre la barre crénelée des architectures et des gratte-ciels.

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Manhattan Skyline, Study 1 ~ L’Horizon de Manhattan, étude 1 – New York, U.S.A – 2006 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Kenna accorde un grand intérêt à la présence des ponts, aux jeux de reflets avec les fleuves qu’ils surplombent. Ce thème revient à maintes reprises, le pont étant perçu comme axe de la ville et symbole de la valeur unifiante de l’occupation humaine.

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Golden Gate Bridge, Study 5 / Golden Gate Bridge, étude 5 – San Francisco, California, U.S.A – 1989 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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 Le génie des lieux: Dans le travail de Kenna, la mémoire est un thème sous-jacent, celle du temps, des atmosphères. Aussi hante-t-il des lieux où atmosphère, forme et substance des éléments, éclat ou fluidité de la lumière entrent en résonance avec le récit du passé et la puissance du sacré.

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 One Hundred and Four Birds ~ Cent quatre oiseaux – Prague, Czechoslovakia – 1992 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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 Kenna restitue la valeur sacrée originelle du Mont-Saint-Michel, des pyramides de Gizeh ou de l’Île de Pâques. Les rivages et les îles inspirent à ce contemplatif solitaire des marines où le pittoresque s’efface devant la puissance des éléments naturels… La mer, les rivages de tous continents, jouent un rôle de premier plan dans l’œuvre de Kenna. Cet éloge du ciel et de l’eau trouve ses éléments fondateurs dans la tradition esthétique anglaise : études de ciel de Constable, mers et naufrages de Turner, théorie du paysage de Ruskin. Kenna photographie digues, rivages, îles, rochers, et bords de mer de tous les continents. Sous l’objectif du photographe se dévoile la puissance universelle de la nature et des éléments : les mouvements des astres surplombent la surface calme ou tourmentée de l’océan, la force du vent pousse les nuages ou déchaîne les vagues.

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 Red Morning ~ Matin rouge – Hanga Nui, Easter Island, Chile – 2001 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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L’approche de Kenna rend perceptible ce qui demeure de la puissance originelle du cosmos avant qu’il n’ait été domestiqué par l’homme.

Regards sur les jardins: Le paysage est une construction culturelle, une découpe dans la continuité du visible et la création sépare les notions de paysage et de nature. Le paysage est autant le fruit du projet de son concepteur que du spectateur.

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 Homage to Atget ~ Hommage à Atget - Parc de Sceaux, France – 1988 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Le surplus de trouble, l’étrange impression de décalage qu’engendrent les photographies de Kenna naîssent du même vide de représentation humaine qui caractérise l’univers d’Atget. Pour le jardinier, comme pour le photographe, le paysage est une construction dont la nature est le matériau brut. La tâche du jardinier consiste à ordonner, agencer, rendre lisible le chaos végétal et minéral, à en faire un objet de délectation. Les jardins « formels » classiques de France, de Russie (Tsarskoie Selo) ou d’Angleterre (Bowood) sont perçus comme des milieux apprivoisés, géométriquement élaborés, émanations d’une volonté humaine.

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 Allée d’Honneur ~ Allée d’honneur Courances, France – 1995 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Kenna, avec son humour coutumier, joue des symétries impeccables, des sculptures végétales. La taille impeccable des végétaux prend un aspect hirsute, les labyrinthes n’ont plus d’issues. Le romantisme nervalien s’accorde au non-sens de Lewis Carroll.

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  Above the Abreuvoir ~ Au-dessus de l’abreuvoir Marly, France – 1996 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Le désert de Retz, permet au photographe d’aborder le thème des fausses ruines, motif de prédilection des jardiniers du XVIIIe siècle. Il réalise sur ce sujet une de ses séries les plus mélancoliques.

Voyages en Asie: Ses œuvres les plus récentes, fruits de ses voyages au Japon, en Corée, en Chine, tendent à la stylisation et à l’épure. Le graphique s’y substitue subtilement au figuratif.

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 Huangshan Mountains, Study 1 ~ Monts Huang Shan, étude 1 Anhui, China – 2008 - Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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Dans sa recherche de l’épure, sa dialectique du vide et du plein, de l’apparaître et du disparaître, Kenna s’inscrit dans la continuité de l’art chinois de la peinture de paysage. Ses images sont plus allusives que descriptives. Son modèle revendiqué est littéraire : « En photographie, je suis plus proche du haïku de Bashô que de Joyce ».

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 Last Light ~ Crépuscule Tai-O, Lantau Island, Hong Kong, China – 2007 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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 Des temps de pose de plusieurs minutes à plusieurs heures, des prises de vues nocturnes ou à la lumière de l’aube ou du crépuscule engendrent des contrastes de texture et de matière qui, autant que la qualité et le raffinement de ses tirages aux sels d’argent, constituent la marque de son style. Il en naît une qualité intemporelle et une parfaite homogénéité visuelle qui permettent à ses œuvres anciennes et récentes de voisiner harmonieusement. Une narration paysagère s’offre ainsi à la libre imagination des spectateurs. Kenna n’impose aucun message, sa vision est avant tout personnelle et s’enracine dans la liberté du voyageur solitaire. « Source texte: BNF »

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 Toya Lake Boulder ~ Rocher, lac ToyaSobetsu, Hokkaido, Japan – 2004 – Crédit photo: © Michael Kenna~BNF

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 Pour en savoir plus sur cet extraodinaire photographe: Michael Kenna.

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Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

- Michael Kenna, Rétrospective – Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, Galerie de photographie – 58, Rue de Richelieu – 75002 Paris - Métro : Bourse, Pyramides – Du 13 Octobre 2009 au 24 Janvier 2010 - Du Mardi au Samedi 10h-19h, Dimanche 12h-19h, fermé Lundi et jours fériés – Tarifs : Plein 7 € – Réduit:  5 € – réservations FNAC, tél. : 0892 684 694 (0,34 euros TTC/mn), www.fnac.com

 

A regarder:

 

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A lire:

 

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Anne Biroleau est conservateur général au département des Estampes et de la Photographie de la BNF, où elle est chargée de la photographie du XXIe siècle. Elle a été commissaire associé et a participé aux catalogues des expositions Le corps du visible (Rencontres internationales de la photographie, Arles, 1999) et  » Eloge de l’ombre  » (musée de Kawasaki, 2000 ; musée de Yamaguchi, janvier-février 2001, avec catalogue). Elle a assuré le commissariat des expositions  » Minot – Gormezano. Le chaos et la lumière. 1983-2001  » (en collaboration avec Sylvie Aubenas, BNF, 2003, avec catalogue BNF / Gallimard),  » Portraits / Visages. 1853-2003  » (en collaboration avec Sylvie Aubenas, BNF, 2003, avec catalogue BNF / Gallimard),  » Stéphane Couturier. Mutations  » (BNF, 2004, avec catalogue),  » Mario Giacomelli. Métamorphoses  » (BNF, 2005),  » Jean-Louis Garnell  » (BNF, 2005),  » Sebastiao Salgado. Territoires et vies  » (en collaboration avec Dominique Versavel, BNF, 2005, avec catalogue),  » Roger Ballen, dans la chambre d’ombres  » (BNF, 2006),  » Cari de Keyzer, Trinity  » (BNF, 2008),  » 70′s. Le choc de la photographie américaine  » (BNF, 2008, avec catalogue).

- Michael Kenna – Rétrospective par Anne Biroleau aux éditions de la BNF – 231 pages – 49€

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- Retrospective Two par Michael Kenna aux éditions Nazraeli Press ( En Langue Anglaise ) – 172 pages – 70€

 

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- Michael Kenna, A Tweny Year Retrospective par Peter C.Bunnell & Ruth Bernhard aux éditions Nazraeli Press ( En langue Anglaise ) – 168 pages – 53€

Shower de Zhang Yang – Projection gratuite le Vendredi 4 Septembre à 21h – Square Maurice Rajman – Paris 11e

Shower de Zhang Yang - Projection gratuite le Vendredi 4 Septembre à 21h - Square Maurice Rajman - Paris 11e dans Evenementiel

 

 

Trompé par un message de son frère attardé, un homme rentre de Shenzen où il y est cadre supérieur pour les provinces du Nord où son père tient un établissement de bains publics.  » Non, son père n’est pas mort, il va plutôt bien même « . Contraint de rester plusieurs jours, il se rend alors compte de la véritable vie que mènent son père et son frère dans cette humble bourgade du Nord de la Chine entre les rendez-vous quotidiens des clients et les déboires d’un couple extraverti. Il va même apprendre l’origine du dévouement paternel pour son travail, l’amour qu’il porte à son fils cadet et l’amertume qu’il éprouve envers l’aîné. Témoin comme le spectateur et simultanément acteur du progrès qui exige des sacrifices, il voit la destruction du village approcher pour le plus grand désespoir de son père.

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 Le futur à tout prix ? Il semble que la question n’ait plus besoin d’être tranchée. Et le réalisateur s’intéresse alors aux habitants, à leur vie, leur quotidien débordant d’artifices délirants, se remplissant d’émotions variées, se purgeant du mal d’une famille désunie. Oubliée l’amertume, exorcisée la douleur, le film se transforme alors en un véritable hymne à l’eau où les tremolos d’un sole moi résonnent des clapotis des bains-douches au calme plat d’un lac d’altitude.

 

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Shower rend hommage avec humour et tendresse à la coutume ancestrale, et vouée à disparaître, des bains. En Chine, le bain public constitue un véritable lieu de rencontre où toutes les couches de la société se retrouvent pour se faire masser ou poser des ventouses, prendre des bains bouillants ou des douches interminables, jouer aux cartes et échanger des nouvelles du voisinage. Zhang Yang en dresse dans son film un portrait à la fois drôle et vivant. Tout en délicatesse, Shower est un film d’adieux aux coutumes chinoises.

   

Enfant de Pékin, Zhang Yang chronique avec réalisme et délicatesse une Chine qui vieillit et s’interroge sur son devenir. Shower, son deuxième film, a été primé aux festivals de Toronto et de Seattle.

Construire une programmation culturelle sur tout le territoire, tel est le concept de ces séances de cinéma en plein air entièrement libres et gratuites. Un grand écran vient se dresser au coeur d’un quartier du 11e pour une soirée de fête où le cinéma en 35 min est mis à l’honneur et les spectateurs participent en apportant leur chaise. Une personnalité du monde de l’art est chaque année le parrain de la manifestation et en assure la programmation. En 2008, ce fut Robert Guédiguian. En 2009, Anne-Marie Lazarini, metteure en scène de la compagnie Artistic Athévains, nous fera partager ses films coups de coeur de femme de théâtre.

 

 

Bon film,

Saint-Sulpice

 

 

-  Shower de Zhang Yang – Vendredi 4 Septembre à 21h - Square Maurice Rajman – Paris 11eSquare Maurice Rajman, Accès rue Merlin – Métro : Père Lachaise ou Voltaire – Durée du film : 93 minutes – Entrée libre - Pensez à apporter votre chaise !Attention : en cas d’intempéries, la séance sera annulée.  Pour en savoir plus sur la météo: MétéoFrance

Marc Riboud – Musée de la vie romantique – 3 Mars au 26 Juillet 2009 – Paris

 Marc Riboud - Musée de la vie romantique - 3 Mars au 26 Juillet 2009 - Paris dans EXPOSITIONS 2-peintre-tour-eiffel-200x300

 

Le musée de la Vie romantique présente 110 photographies de Marc Riboud, dont une majorité de vintages* noir et blanc inédits, notamment des variations inconnues d’images emblématiques (Le Peintre de la Tour Eiffel, 1953 ; La Jeune fille à la fleur,Washington, 1967).

 

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Mon obsession : photographier le plus intensément possible la vie la plus intense. C’est une manie, un virus aussi fort pour moi que le réflexe d’indépendance. Marc Riboud

 

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L’exposition retrace les différentes étapes du parcours éclairé de ce voyageur infatigable aujourd’hui âgé de quatre-vingt-cinq ans.

 

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 À travers la science toute intuitive de l’instantané, Marc Riboud s’est imposé très tôt parmi les meilleurs témoins de l’histoire des soixante dernières années jusqu’aux récentes élections présidentielles américaines.

 

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Une série de portraits participe de son journal intime, tandis que ses ultimes prises de vues en couleur de Chine bouclent son voyage fraternel et engagé, semé d’embûches, tel qu’il l’avait commencé dès les années 1950.

 

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 Des séquences plus secrètes de la vie courageuse de cet honnête homme, poète épris d’humanité comme de nature, apaisent une sensibilité toujours à l’écoute, vibrante de tendresse et d’humour.

 

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Le catalogue regroupe des textes de Jean Lacouture, écrivain et biographe (Robert Capa, Photo Poche, Actes Sud, 2008. Malraux. Itinéraire d’un destin flamboyant, André Versaille, 2008), de l’écrivain voyageur André Velter et l’historien reconnu de la photographie Michel Frizot (Nouvelle histoire de la photographie, Bordas, 1994).

 

Biographie de Marc Riboud

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Marc Riboud, né à Lyon en 1923, est l’auteur de quelques-unes des photos les plus célèbres du XXe siècle comme celle d’une jeune femme tenant une fleur face aux baïonnettes des soldats, lors de la marche pour la paix au Vietnam en 1967.

 

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 D’abord ingénieur, il a abandonné son premier métier en 1950 pour la photographie et rentre chez Magnum en 1953, la célèbre agence de photo-journalisme dont il sera longtemps le vice-président, puis le président en 1975.

 

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 Il y reste jusqu’en 1980. Marc Riboud a parcouru le monde, particulièrement l’Inde, la Chine, le Vietnam, les États-Unis, le Moyen-Orient,.

 

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 Ses clichés sont les réactions spontanées de ses rencontres. Il a publié plusieurs livres, dont Femmes du Japon 1951, Visages du Vietnam du Nord 1970, Vues de Chine 1981, Gares et trains 1983.

 

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« Mon début a été lent. J’étais intimidé par le milieu de Magnum et particulièrement par les personnalités de Cartier-Bresson, de Capa et de Chim, qui étaient pour moi lourdes de signification et d’enseignement.

 

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 J’avais le sentiment d’une grande distance entre eux et moi, je ne savais pas voyager comme eux, je ne connaissais rien du photo-journalisme.

 

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 Mais j’avais en même temps un fort réflexe d’indépendance. Mon premier acte, dès que j’ai été accueilli à Magnum, a été de quitter Paris et la France pendant deux ans.

 

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 J’ai eu très peu de contacts avec les autres photographes. Je connaissais un peu leur style, qui n’était pas seulement une façon de photographier, mais une manière de vivre. Comme tu dis, l’idée de chercher à me distinguer d’eux, par ce qu’on appelle aujourd’hui une personnalité photographique, ne me serait pas venue à l’esprit. D’ailleurs personne n’utilisait ce terme. Quand on se rencontrait, on ne parlait pas des « belles photos » qu’on avait faites, mais des pays qu’on avait vus, des personnages rencontrés.

 

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 On se passait des adresses, des noms de bistrots, on se racontait nos aventures. Il est vrai que Cartier-Bresson et quelques autres avaient de fortes tendances pédagogiques, je dirais même moralisatrices.

 

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 Ils exerçaient inconsciemment une pression morale, non seulement pour le travail photographique, mais pour tout le reste, jusqu’à la manière de ranger ses appareils dans sa sacoche.

 

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 Puisque je les respectais, j’ai été amené à être influencé par eux, ce que je ne regrette pas. Mais j’avais aussi le réflexe de ruer dans les brancards, comme je l’avais eu par rapport à ma famille, quand j’étais parti dans le maquis ou quand j’avais quitté le métier d’ingénieur. (…)

 

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Mais on est attiré par le danger, comme on est attiré par les belles femmes. C’est physiologique. Je me trouvais à Hong Kong en 1968, j’étais marié et j’avais deux jeunes enfants, quand les Vietnamiens ont lancé l’offensive du Têt. J’ai tout de suite pris l’avion pour Saigon, et je me suis retrouvé à Hué.

 

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 Un jour, à l’aéroport militaire de Da Nang, il y a eu un appel pour Khe San, qui était encerclé, tu t’en souviens. Quelle tentation de sauter dans l’avion pour Khe San ! J’avais mes appareils, j’étais en pleine forme, pourquoi ne pas aller à Khe San ?

 

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 Finalement je n’ai pas pu… » (Marc Riboud, deux extrait d’un long entretien avec Frank Horvat illustré de quelque uns des clichés les plus célèbres du photographe).
 

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Bonen exposition,

Saint-Sulpice
Musée de la Vie romantique - Hôtel Scheffer-Renan – 16, Rue Chaptal – 75009 Paris -Du 3 mars au 26 juillet 2009 - Tél: 01.55.31.95.67 – Ouvert tous les jours de 10h à 18hsauf les lundis et jours fériés – Tarifs : 7€ – 5,50€ (réduit) – 3,50€ (jeunes)
 

Nuit Blanche 2008 – 4 Octobre – Tour Saint-Jacques et Marais

Nuit Blanche 2008 - 4 Octobre - Tour Saint-Jacques et Marais dans Evenementiel logo_nb2008

La nuit du 4 au 5 octobre

Dès sa première édition en 2002, Nuit Blanche, plébiscitée par un public infatigable et curieux, remporte un immense succès. Depuis, le modèle parisien ne cesse de faire école, en Europe et aux quatre coins du globe, de Madrid à Gaza, de Bruxelles à Miami.

Gratuite et ouverte à tous, cette 7e Nuit Blanche se veut sans sommeil mais certainement pas sans rêves, offrant aux regards émerveillés des noctambules un Paris revisité. Des lieux les plus quotidiens aux monuments qui font la réputation de la capitale, Paris s’illumine des féeries les plus inattendues d’artistes et de créateurs de toutes disciplines.

Cette année, la programmation artistique confiée à Hervé Chandès et Ronald Chammah, propose un parcours centré autour des grandes gares SNCF parisiennes qui, chaque jour, irriguent la capitale d’un flot incessant de passagers. Essentielles et emblématiques, les gares sont des lieux de brassage et d’activité permanente où l’on passe, le plus souvent pressé, sans prêter attention ni à l’environnement, ni à l’architecture, souvent classée. Cinq grandes gares parisiennes forment cette année les points phares de Nuit Blanche 2008. Des artistes comme l’américain Tony Oursler (Gare du Nord), le français Pierrick Sorin (Gare de l’Est) ou l’indien Shaad Ali (Gare de Lyon) peuplent les halls, les façades et les quais de leurs sortilèges, invitant chacun d’entre nous à poser un autre regard sur notre quotidien urbain. Comprenant en outre plusieurs églises et monuments, avec les interventions remarquées de Patti Smith à l’église Saint-Germain-des-Prés ou de Gu Dexin à la Tour Saint-Jacques, le parcours se veut cette année volontairement resserré pour éviter la dissémination au profit de l’impact d’oeuvres de grande qualité.

Avec l’ensemble foisonnant des projets associés (Christian Boltanski au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme et à la maison rouge– fondation antoine de galbert ; Otto Piene Place de Catalogne dans le cadre de la saison France – Nordrhein–Westfalen ; la Nuit de l’Europe dans les jardins de Bercy dans le cadre de la Saison culturelle européenne), ce sont au total plus de soixante-dix interventions artistiques qui métamorphosent le temps d’une nuit toute la capitale. Arts plastiques, installations, projections, concerts, danse, lectures, spectacles vivants ou interventions poétiques et musicales : la liberté, l’humour, la réflexion ou la dérision s’expriment au fil de créations qui, même éphémères, viennent se graver dans la mémoire d’un public émerveillé et surpris par Nuit Blanche 2008.

Du samedi 4 octobre à 19h au dimanche 5 octobre à 7h.

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X, XI & XII: Tour Saint-Jacques & Marais

X. GU DEXIN

Le 4 octobre 2008

Tour Saint-Jacques

Sous les projecteurs de Gu Dexin, artiste chinois aux expérimentations provocantes, la Tour Saint-Jacques valse avec les nuages.

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Des projections vidéos illuminent à la nuit tombée les quatre faces de la Tour Saint-Jacques, récemment restaurée. Réalisés de jour, ces films montrent la partie supérieure de la tour et le défilé des nuages dans le ciel au-dessus. La projection en accéléré de ces images crée un effet saisissant. Avec le soutien de la SGGL / INEO MS.

Né en 1962 à Pékin où il vit et travaille aujourd’hui, Gu Dexin, artiste chinois majeur, expose en Chine, en Europe et aux États-Unis. En 2003, il participe à la Biennale de Venise. Il est connu pour ses expérimentations provocantes, son travail touche à l’absurde et au paradoxe. Un travail qu’il adapte spécifiquement aux sites dans lesquels il est invité à exposer.Tour Saint-Jacques
39, rue de Rivoli
75001 Paris
M° Hôtel de Ville, Châtelet
Bus 21, 38, 47, 58, 67, 69, 70, 72, 74, 75, 76, 81, 85, 96
Site accessible pour les personnes en fauteuil en autonomie.

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XI. JAVIER TÉLLEZ

Letter On The Blind For The Use Of Those Who See

Eglise Saint-Eustache

 

Qu’inspire un éléphant aux personnes non-voyantes appelées à le toucher ? Réponse avec le film de Javier Téllez, explorateur de la norme et de la pathologie.
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Inspirée d’une parabole indienne, L’aveugle et l’éléphant, et d’un essai de Denis Diderot, l’œuvre Letter On The Blind For The Use Of Those Who See (2007) est projetée sur grand écran, dans le transept nord de l’église Saint-Eustache. Dans ce film noir et blanc, des personnes non-voyantes s’approchent tour à tour d’un éléphant pour le toucher et décrire leurs sensations. Tournée dans la piscine désaffectée de McCarren Park à Brooklyn en raison de son étrange architecture, cette œuvre nous rappelle que la perception de chacun sur un même objet est unique.
Le film de Javier Téllez est l’occasion de renforcer l’accessibilité des œuvres de Nuit Blanche. Ainsi, huit médiateurs spécifiquement formés sont présents sur le site pour assurer le confort des personnes handicapées et les accompagner dans la découverte de ce projet artistique. Un document explicatif est distribué aux visiteurs en version noire, en version gros caractères et en braille. Le texte du film est surtitré, en français, et deux interprètes en Langue des Signes Française (LSF) en assurent la traduction pendant toute la nuit.
Javier Téllez a été accueilli en résidence au centre des Récollets de juillet à décembre 2006 dans le cadre du programme Ville de Paris – Ministère des affaires étrangères
Avec le soutien de l’association Voir Ensemble.

Né en 1969 au Venezuela, Javier Téllez vit à New York où il développe une réflexion sur les situations de marginalité et les formes de stigmatisation. Son œuvre interroge notamment la question de la normalité et de la pathologie. Mêlant volontiers extraits documentaires et séquences de fiction, ses films tissent une nouvelle trame où les personnes concernées, appelées à apporter leur concours, trouvent un lieu d’expression et par là même une formidable humanité.

Eglise Saint-Eustache
2, impasse Saint-Eustache
75001 Paris
M° Les Halles, Etienne Marcel
RER A, B, D
Bus 29, 38, 67, 74, 85
Site accessible pour les personnes en fauteuil en autonomie (entrée par le transept sud donnant sur la place René Cassin).

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XII. Jeremy Blake

Station to station

Eglise Saint-Paul – Saint-Louis

Métaphore des transports urbains en cinq stations, l’animation digitale de Jeremy Blake ralentit le temps.

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Station to station est une œuvre de 2001 sur le déplacement de gare en gare, composée de cinq animations digitales et sonores pensées par l’artiste comme un ensemble de cinq peintures distinctes évoluant lentement et basées sur la notion de temps. Évocation lointaine du monde urbain et de ses transports en commun souterrains, l’œuvre présente sur cinq écrans plasma disposés en demi-cercle devant le chœur de l’église Saint-Paul – Saint-Louis, une succession de couleurs et formes géométriques en mouvement.
Station to Station 1 : Robert Moses Terminal, représente une abstraction de l’architecture d’une gare ferroviaire urbaine. Station to Station 2 : Fordham Gneiss, représente le « passage » du train sortant de la ville.
Station to Station 3 : Carbon Sink Park, représente une gare non urbaine et dans une banlieue.
Station to Station 4 : Slumber Line, représente le « passage » du train rentrant en ville.
Station to Station 5 : Indiglo Heights, représente une autre gare en ville.

Reconnu dans le monde entier, Jeremy Blake a connu une carrière aussi fulgurante que courte, interrompue par son suicide, à 36 ans. Né dans l’Oklahoma en 1971, cet artiste américain s’intéresse très tôt aux ressources des technologies numériques. Il exploite, parmi les premiers, la pixellisation et les potentialités de l’image digitale pour développer une œuvre éminemment picturale. Fixes ou animées, les images qu’il crée mêlent figuration et abstraction, séduction et provocation, mysticisme et culture populaire.

Eglise Saint-PaulSaint-Louis
99, rue Saint-Antoine
75004 Paris
M° Saint-Paul
Bus 69, 76, 96
Site accessible pour les personnes en fauteuil en autonomie.

LIEN DIRECT VERS:

 Voir aussi les articles suivants :

- Nuit Blanche 2008 - 4 Octobre – Gare du Nord et Gare de l’Est.

- Nuit Blanche 2008 – 4 Octobre – Gare de Lyon et Gare de Bercy.

- Nuit Blanche 2008 – 4 0ctobre – Tour Saint-Jacques et Marais.

- Nuit Blanche 2008 – 4 Ocotbre – Montparnasse et Saint-Germain de Près.

- Nuit Blanche 2008 – 4 Octobre – Gare Saint-Lazare et Champs-Elysées.

- Nuit Blanche 2008 – 4 Octobre – 1er Arrondissement.

- Nuit Blanche 2008 – 4 Octobre - 2ième Arrondissement.

- Nuit Blanche 2008 - 4 Octobre – 3ième Arrondissement.

- Nuit Blanche 2008 – 4 Octobre – 4ième Arrondissement.

- Nuit Blanche 2008 – 4 Octobre – 5ième Arrondissement.

- Nuit Blanche 2008 – 4 Octobre – 6ième Arrondissement.

- Nuit Blanche 2008 – 4 Octobre – 8ième Arrondissement.

- Nuit Blanche 2008 – 4 Octobre – 9ième Arrondissement.

- Nuit Blanche 2008 – 4 Octobre – 10ième Arrondissement.

- Nuit Blanche 2008 – 4 Octobre – 11ième Arrondissement.

- Nuit Blanche 2008 – 4 Octobre – 12ième Arrondissement.

- Nuit Blanche 2008 – 4 Octobre – 13ième Arrondissement.

- Nuit Blanche 2008 – 4 Octobre – 14ième Arrondissement.

- Nuit Blanche 2008 – 4 Octobre – 15ième Arrondissement.

- Nuit Blanche 2008 – 4 0ctobre – 16ième Arrondissement.

- Nuit Blanche 2008 – 4 Octobre – 17ième Arrondissement.

- Nuit Blanche 2008 – 4 Octobre – 18ième Arrondissement.

- Nuit Blanche 2008 – 4 Octobre – 20ième Arrondissement.
 Bonne nuit blanche,

Saint-Sulpice

 

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