Moscou – Dasha Zhukova – Centre d’Art « The Garage »

Moscou - Dasha Zhukova - Centre d'Art

Dasha Zhukova, fiancée de Roman Abramovitch et héritière d’un millionnaire du pétrole, veut «toucher les gens» avec son Garage, centre d’art ouvert à Moscou dans un ancien terminal de bus .

 

Longue et fine comme un mannequin qu’elle n’a jamais été, réservée comme une jeune fille de bonne famille dans sa jupe corolle noire et son petit chemisier blanc, Dasha Zhukova a du mal à cacher ses joues roses de bébé. Est-ce parce que cette héritière d’un millionnaire russe du pétrole a grandi avec sa mère, spécialiste de biologie moléculaire, à partir de 10 ans, en Californie, autre terre du scintillant et de l’excentrique ? Est-ce parce qu’elle habite à Londres, la plus snob des places mondaines, où elle fréquente les happy few de la mode, de la musique et de la finance ? Ce ravissant minois applique à la lettre le less is more, devise du chic new-yorkais, s’inspire intelligemment de l’élégance sage d’une Audrey Hepburn et laisse à l’héritière américaine Paris Hilton le monopole du rose shocking.

Question d’ambition. Celle de Daria Zhukova – Dasha pour les intimes et tous ceux qui veulent l’approcher – est de laisser sa marque, entre glamour bon teint et humanisme tempéré, dans le monde de l’art contemporain en Russie. Jusque-là, la jolie «brunette», comme disent les Anglo-Saxons, faisait courir les paparazzi qui traquent son compagnon, le milliardaire russe Roman Abramovitch, 41 ans et quinzième fortune mondiale. En mai à New York, cet inconnu du monde de l’art achetait anonymement au téléphone les deux tableaux vedettes des ventes aux enchères : un nu flamboyant de Lucian Freud chez Christie’s (33,64 m$), puis un triptyque funèbre de Francis Bacon chez Sotheby’s (86,3 m$). Le 12 juin, sa muse recevait, à Moscou, oligarques et VIP de l’art autour d’un concert d’Amy Winehouse pour lancer son centre d’art, The Garage, inauguré officiellement mardi *. Le soir, au dîner très privé, elle avait opté pour la petite robe bleu hortensia qui n’aurait pas dépareillé dans les années 1950 du film anglais Brèves Rencontres.

Mercredi, c’est en princesse russe de l’art contemporain, espèce nouvelle née de la perestroïka et de la mondialisation, que Dasha trônait dans la presse moscovite, avec ses dents de perle et ses yeux mordorés. Visage de madone sur papier glacé à la une de l’hebdomadaire Element. Profil figé dans le marbre, comme une héroïne du réalisme soviétique, pour ouvrir la rétrospective d’Ilya et Emilia Kabakov au Garage, à la une de la section culture du quotidien Kommersant. Le retour en Russie, vingt ans après, de cet artiste conceptuel qui a fui l’URSS pour l’Autriche avec une humble valise situe l’ambition haute du lieu. Reprendre le fil de l’histoire. Marier le passé, mercredi dissident et exilé, aujourd’hui glorieux et coté, et l’avenir requinqué au libéralisme le plus sauvage, ogre qui crée un fossé cruel entre les artistes, encore dans un monde d’idéal et de révolte, et leurs supposés mécènes, à l’abri derrière leurs gardes du corps, leurs vitres fumées et les remparts de leur fortune.

Sacha Ponomarev, l’artiste du pavillon russe à la dernière Biennale de Venise, Oleg Kulik, le photographe de Kiev qui a frappé l’Occident avec ses amours chiennes, piétinaient ainsi mardi après-midi devant Le Garage. Le sésame du jour était «Dasha». Sinon, pour passer les grilles, il fallait montrer patte blanche, se soumettre à un contrôle d’identité digne d’un aéroport sur les nerfs. L’ère soviétique n’est plus, les réflexes sécuritaires demeurent. Ils trouvent un nouvel objectif, aussi implacable, avec le règne de ces nouvelles fortunes russes, manne hors de propos comme les flots de limousines noires aux aguets dans ce quartier excentré de Moscou, devant le bâtiment moderniste dessiné, en 1926, par l’architecte Konstantin Melnichov et l’ingénieur Vladimir Shukhov. L’ancien terminal des bus – le Bakhmetevsky Bus Garage – est désormais «Garach», cinq lettres rouges si graphiques en cyrillique. Malheur aux pauvres ?

Poupée mais pas muette, droite comme une danseuse face à la barre, Dasha a pris la parole la première, voix forte et regard fixe, à la première conférence de presse. Curieusement, son discours n’a pas été traduit comme ceux des Kabakov, de l’Américain Robert Storr, le commissaire de la dernière Biennale de Venise, ou du Japonais Shigeaki Hazama qui a annoncé que le prix Praemium Imperiale était attribué à ce couple d’artistes qui partage la même crinière argentée. Curieusement, dans la présentation des intervenants et dans les discours, personne n’a lié, par la moindre formule de politesse, Dasha Zhukova et ce Garage tout beau tout neuf qui annonce des jours meilleurs pour l’art contemporain en Russie. Deux heures plus tard, coup de théâtre avec l’arrivée de Roman Abramovitch, annoncée par le brouhaha des photographes soudain aux anges. L’œil bleu et tombant comme un Droopy triste, le milliardaire s’est assis dans l’assemblée pour un remake de la conférence de presse où, cette fois, Dasha a été saluée.

La presse russe la jauge, derrière les compliments d’usage. La presse anglo-saxonne l’a déjà piquée durement, pour avoir été incapable de «citer des noms d’artistes qu’elle aime». Lui parler est un exploit, un privilège minuté. «Je n’ai pas fait d’études académiques en histoire de l’art, je ne veux pas prétendre être spécialiste, mais j’aime l’art, j’ai grandi entourée d’art, je veux partager cette passion. Le Garage a un énorme potentiel. Avec ce projet formidablement excitant, je veux toucher les gens», confie, dans un américain parfait, Dasha Zhukova que l’on sent inquiète de faire le moindre faux-pas. Elle a visité l’atelier de Damien Hirst dans le Gloucestershire, la Fondation Dia Bacon près de New York, remarqué les fresques songeuses de Natacha Ivanova, mais reste discrète sur tout. «Une jeune personne de bon aloi», résume la grande collectionneuse de Genève, Monique Barbier-Mueller, conquise par cette volonté de tigre tapie derrière ce sourire d’enfant.

The Garage, Ulitsa Obraztsova, 19A, Moscou.

Bien à vous,

Saint-Sulpice
 

Musée Cernuschi et Petit Palais – Splendeurs des courtisanes – peintures Ukiyo-e

 Musée Cernuschi et Petit Palais  - Splendeurs des courtisanes - peintures Ukiyo-e dans EXPOSITIONS dojoujib

 

Le Musée Cernuschi présentera, à l’occasion de la célébration des relations franco-japonaises, une exposition consacrée aux peintures Ukiyo-e de l’époque d’Edo, du musée Idemitsu de Tokyo.

- 1ère partie du 19 septembre  au 9 novembre 2008

-2ème partie du 18 novembre au 4 janvier 2008.

 

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Musée Cernuschi
Musée des Arts de l’Asie de la Ville de Paris

 

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Splendeurs des courtisanes
Japon, peintures ukiyo-e du musée Idemitsu
du 19 septembre au 9 novembre 2008 et du 18 novembre au 4 janvier 2009

Le Musée Idemitsu, à Tôkyô, possède l’une des collections les plus riches et les plus belles du Japon au niveau de la peinture ukiyo-e. L’exposition qui se tiendra au musée Cernuschi du 19/9/2008 au 4/01/2009, présentera un choix de 112 peintures (rouleaux suspendus »kakemono », paravents, et rouleaux en longueur ou e-maki) réalisées par les plus grands artistes de cette école. Elle retracera en particulier l’histoire de cette peinture depuis la peinture de moeurs ou fuzokuga au 17e siècle, jusqu’aux grands maîtres des 18e et 19e siècle. Pour des raisons de conservation les oeuvres seront présentées par roulement en deux temps sur une durée de trois mois. Apparue à la fin du 17e siècle, l’école de l’Ukiyo-e ou « peinture du monde flottant » s’est épanouie, développée jusqu’au milieu du 19e siècle. Cette école est liée au développement des grandes métropoles japonaises telles que Kyôto, Osaka et surtout Edo (Tôkyô), capitale shogunale. Elle a connu à partir de la fin du 19e siècle une gloire internationale, en raison notamment de la vogue et de la diffusion des estampes Japonaises en Occident, ou encore des livres illustrés. Mais les peintures de ces artistes sont souvent
beaucoup moins connues.

L’école Ukiyo-e a compté quelques uns des plus grands artistes de la peinture japonaise, au nombre
desquels:

- Kaigetsudô Ando (?-1743)

- Suzuki Harunobu (1724 – 1770)

- Kitagawa Utamaro(1753-1806)

-Katsushika Hokusai (1760-1849)

- Andô Hiroshige(1797-1858)

 Leurs thèmes tournent autour de la vie moderne, Edo, ses théâtres kabuki et ses quartiers de plaisir où se côtoient nobles et bourgeois riches & fortunés. L’Ukiyo-e prend pour sujet de prédilection les jolies femmes, notamment les courtisanes de
Shin-Yoshiwara, le quartier des plaisirs à Edo. Présentées sous un jour idéalisé, les « beautés »  des maisons vertes incarnent le goût du luxe et de l’apparat qui caractérise la population urbaine aisée, fortunée de la période d’Edo (1615-1867).

Sens du jeu et goût de la poésie, hédonisme mêlé de distanciation, les valeurs de l’Ukiyo-e sont présentent et imprègnent encore le Japon urbain moderne.Deux expositions seront également présentées dans le cadre de la célébration du cent cinquantième anniversaire des relations franco-japonaises au Petit Palais, musée des beaux-arts de la Ville de Paris.

 

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Tarifs de L’exposition: 7,50€ Plein Tarif – 5€ Tarif Réduit - 3,50€ Tarif Jeune
ACTIVITES PEDAGOGIQUES ET CULTURELLES

Des visites conférences peuvent être organisées à la demande, en appelant le service des publics au 01.53.96.21.72

Pour découvrir individuellement l’exposition, des visites conférences ont lieu les mardis et samedis à 14h30 (sauf mardi 11 novembre et samedi 15 novembre)
Durée : 1h30
Groupe de 20 personnes maximum
Tarif plein : 91€ + entrée de l’exposition
Tarif senior : 68,50€ + entrée de l’exposition

 

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CONFERENCES DE L’INALCO (LANGUES O’) AU MUSEE CERNUSCHI

L’Inalco (Langues O’) et le musée Cernuschi initient un partenariat qui débute par une série de conférences autour du Japon et de l’exposition.

 

La femme dans la peinture ukiyo-e
par Brigitte Koyama-Richard, professeur à l’Université Musashi
Jeudi 25 septembre à 16h entrée libre

 

L’ukiyo-e et le monde des acteurs itinérants dans le Japon d’aujourd’hui
par Pascal Griolet, maître de conférences à l’Inalco
jeudi 2 octobre à 16h entrée libre     

 

Le rôle de l’empereur à l’époque d’Edo
par François Macé, professeur à l’Inalco
Jeudi 16 octobre à 16h- entrée libre     

Le livre illustré japonais de l’époque d’Edo et ses rapports avec l’ukiyo-e
par Christophe Marquet, professeur à l’Inalco
Jeudi 23 octobre à 16h entrée libre

 

Festins et banquets dans l’ukiyo-e
par Michel Maucuer, commissaire de l’exposition et conservateur en chef au musée Cernuschi
Jeudi 30 octobre à 16h - entrée libre

 

L’ukiyo-e vue depuis le vingtième siècle
par Michael Lucken, professeur à l’Inalco
Jeudi 6 novembre à 16h entrée libre
Mori Ôgai et les « nouvelles femmes » d’Edo
par Emmanuel Lozerand, professeur à l’Inalco
Jeudi 20 novembre à 16h entrée libre

 

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AUTRES CONFERENCES

Le shogunat Tokugawa
L’époque dite d’Edo est aussi connue sous le nom des Shogun Tokugawa. Leur capitale attira toutes sortes de négoces qui promettaient un enrichissement rapide. Ces fortunes étaient dépensées dans la cité d’Edo. Mais, outre ces plaisirs si habilement décrits par les estampes et les peintures, cette période a connu de nombreux bouleversements.
les mardis 30 septembre, 14 octobre, 18 novembre, 2 décembre à 12h30
Durée : 1h, sans réservation
Tarif : 4,50€

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Japon-Occident, un long face à face :

L’apport de l’Occident au Japon
par Nelly Delay, historienne d’art
samedi 4 octobre à 16h entrée libre

 

L’apport du Japon à l’Occident
par Dominique Rivolier-Ruspoli, philosophe et photographe
dimanche 5 octobre à 16h entrée libre

 

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DEMONSTRATION D’IKEBANA

L’ikebana, art floral japonais, est un art millénaire dans lequel la disposition des éléments du bouquet est réglée par une symbolique héritée des offrandes de fleurs faites à Buddha depuis le VIIè siècle. Un bouquet d’ikebana associe végétaux de la nature et fleurs cultivées; l’harmonie qui se dégagera de la composition, naîtra du respect des principes de base mais aussi du dialogue que le pratiquant aura établi avec les végétaux.
Dimanche 28 septembre, 9 novembre à 15h entrée libre Samedi 18 octobre à 15h entrée libre

 

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De nombreuses activités pour les enfants sont organisées autour de la culture japonaise.

Petit Palais
Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

 

Shokoku Ji, Pavillon d’or, Pavillon d’argent Le Zen et l’art à Kyoto.
Du 16 octobre au 14 décembre 2008
Replongez dans l’essence du Zen, au-delà des images réductrices véhiculées en Occident. Des peintures,
des calligraphies et des objets d’art présentés pour la première fois, en France dans le cadre
d’une exposition permettent de manifester la vie spirituelle en trois temples Zen parmi les plus célèbres
de Kyoto (dont deux sont inscrits au patrimoine mondial de l’humanité).

 

Kurosawa-Dessins
Du 16 octobre 2008 au 11 janvier 2009 Redécouvrez Akira Kurosawa, universellement reconnu comme un des cinéastes les plus éminents de la seconde moitié du XXème siècle. La centaine de dessins exposée ambitionne de révéler au public une facette méconnue de cet artiste, dessinateur exceptionnel, mettant le trait et la couleur au service
d’une force émotionnelle rare.

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ACTIVITES PEDAGOGIQUES ET CULTURELLES

 

Cycle intermusées

Mardi 21 octobre, 25 novembre, 9 décembre à 10h30 et à 14h30

D’un musée à l’autre, deux aspects de l’art et de la culture japonaise
Le musée Cernuschi, Musée des Arts de l’Asie et le Petit Palais, Musée des Beaux–Arts s’associent pour vous proposer une journée  autour de l’art japonais.
Le matin de 10h30 à 12h, visite guidée de l’exposition Shokoku Ji, Pavillon d’or, Pavillon d’argent, au Petit Palais (descriptif ci-dessus).
L’après midi de 14h30 à 16h, visite guidée de l’exposition Splendeurs des courtisanes. Japon, peintures ukiyo-e du musée Idemistsu à Cernuschi. Un ensemble incomparable de rouleaux et de paravents présentera les courtisanes et les jolies femmes qui fréquentent les quartiers de plaisir où se côtoient nobles et bourgeois fortunés, d’Edo (Tokyo) – la capitale shogunale – de Kyoto et d’Osaka.

Tarif : (2×3,80) 7,60 € + entrée dans chaque exposition.  Réservation obligatoire au 01.53.96.21.72 ou au 01.53.43.40.36. Achat des tickets avant le début de chaque visite, auprès des caisses du musée où elle se déroule.

Les deux musées sont situés à une vingtaine de minutes à pied. Pour la pause déjeuner, le musée Cernuschi jouxte le Parc Monceau et le Petit Palais dispose d’un restaurant.

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Cycle intermusées enfants

Une journée Zen : 28, 29 octobre, 4, 5 novembre

Pour les 7–12 ans

Parents, vous rêvez d’enfants éveillés et zen !

Du Buddha géant du musée Cernuschi aux peintures présentées au Petit Palais dans le cadre de l’exposition Shokoku Ji, Pavillon d’or, Pavillon d’argent, vos enfants seront surpris et émerveillés par cette journée originale de découverte, de jeu et d’atelier dans l’univers zen.
Au programme :
- Le matin au musée Cernuschi, de 10h30 à 12h, animation Dans les pas de Buddha, au cours de laquelle les enfants découvrent l’histoire de Buddha et les significations des différents mudra (postures de mains) qu’ils miment à l’aide d’un livret.
- L’après midi, au Petit Palais, de 13h30 à 15h30, atelier Fudé saki (au bout du pinceau). Après une visite de l’exposition, les enfants exécuteront, à la manière des artistes zen, une peinture à l’encre colorée sur papier japonais.
 
Réservation obligatoire au 01.53.96.21.72 ou au 01.53.43.40.36. Tarif (3,80 + 6,50) 10,30 €. Achat des tickets avant le début de chaque visite, auprès des caisses du musée où elle se déroule.

Les deux musées sont situés à une vingtaine de minutes à pied. Pour la pause déjeuner, le musée Cernuschi jouxte le Parc Monceau et le Petit Palais dispose d’un restaurant.

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Adresses expositions: Musée Cernuschi – 7 avenue Vélasquez – 75008 Paris – Tél: 01.53.96.21.50

                                       Petit Palais – Avenue Winston Churchill – 75008 Paris – Tél: 01.53.43.40.00

 

Bonnes expositions,

Saint-Sulpice

                                  

Weegee – Partie 4

Weegee - Partie 4 dans Photographie: Grands Photographes

Crédit photo: © Weegee

 dans Photographie: Grands Photographes

Crédit photo: © Weegee

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Couverture: © Weegee – Daily news

Crédit photo: © Weegee

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Biographie de Weegee

 

Profession : reporter. Signe particulier : un farouche intérêt pour la mort, dans tous ses états. Arthur Fellig, alias Weegee (1899-1968) collabore, au cœur de la grande Dépression, aux principaux journaux, Daily News à Herald Tribune, ou PM Daily. Il court le New-York noctambule et sulfureux pour en ramener des images de faits divers en tout genre. Accidents spectaculaires avec leur cortège de carcasses de voitures, incendies qui laissent derrière eux objets calcinés et corps carbonisés et autres règlements de comptes sordides sont son quotidien. Branché sur la radio de la police, l’homme campe dans sa Chevrolet, où il conserve soigneusement ampoules à flash, bottes de pompiers, déguisements, nourriture – toutes choses indispensables durant sa traque – et bien sûr appareil photo dont il dit : « Mon appareil photo était toute ma vie, mon amour, mon unique sésame. »
Maître du noir et blanc, témoin précieux d’un temps violent et marqué par la crise, il active son flash et fixe visages et corps des victimes, gisant dans une mare de sang, ou abandonnées sur le dos les yeux encore ouverts. Mais aussi les gueules cassées, menottées, alignées dans un fourgon et qui masquent leur visage par un chapeau, un journal, ou simplement leurs mains. Weegee affiche un intérêt tout particulier pour les témoins de la scène.
Weegee accompagna aussi le New-York artistique et les grands de ce monde. Au fil des images se succèdent chanteuses de cabarets et starlettes, Sinatra et Dali, Kubrick – dont il fut l’assistant sur le tournage de Docteur Folamour – et Andy Warhol. Warhol qui trouva d’ailleurs dans l’œuvre du photographe une source d’inspiration pour ses sérigraphies.

 

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 

Voir aussi:

- Weegee – Partie 1.

- Weegee – Partie 2.

- Weegee – Partie 3.

Walker Evans – Photographier l’Amérique 1929-1947

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La Fondation HCB célèbre le centenaire de la naissance d’Henri Cartier-Bresson en l’associant à l’un des photographes qu’il admira le plus jusqu’à la fin de sa vie, sur un sujet commun qu’il affectionnait tout particulièrement : l’Amérique. Cette exposition est l’occasion de mettre à l’honneur deux grands maîtres de la photographie du XXe siècle qui se vouaient une estime réciproque.

 

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L’exposition présente quatre-vingt six tirages d’époque. Les oeuvres de Walker Evans proviennent d’institutions américaines (Getty, MoMA) et de collections privées; celles de Cartier-Bresson, dont plusieurs inédites, sont issues de la collection de la Fondation HCB. Les images présentées ont été réalisées entre 1929 et 1947 dans des environnements urbains (New York, Washington, Chicago, Californie) et dans le Sud : Mississipi, Alabama, Louisiane… Le catalogue, publié par Steidl, est accompagné d’une introduction d’Agnès Sire, commissaire de l’exposition, et d‘un essai de Jean-François Chevrier, critique d’art. Henri Cartier-Bresson et Walker Evans Walker Evans (1903-1975), jeune Américain épris de Flaubert et de Joyce, était venu passer une année à Paris en 1926 dans le but de devenir écrivain ; c’est à son retour aux Etats-Unis qu’il décida de se consacrer à la photographie. Henri Cartier-Bresson (1908-2004), passionné de peinture, photographia les années 1930 « à la sauvette » avant de s’essayer au cinéma – à New York avec Paul Strand puis en France avec Jean Renoir – et d’opter finalement pour la photographie. Imprégnés de littérature, de poésie, de peinture, dotés d’une insatiable curiosité et de la volonté farouche d’être les libres témoins de leurs temps, c’est donc par la photographie qu’Evans et Cartier-Bresson manifestèrent tous deux, différemment, une forme de critique sociale.

 

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Dans son essai, Jean-François Chevrier écrit : « Evans et Cartier-Bresson ont un point commun essentiel, qui a été presque immédiatement reconnu à New York (et ignoré à Paris) : ils sont devenus artistes en réinventant la photographie. » Les deux photographes nourrissaient chacun un profond respect pour le travail de l’autre. Cartier- Bresson évoquait souvent Girl in Fulton Street, l’une des deux images d’Evans qu’il avait sélectionnées pour l’exposition inaugurale de sa Fondation en 2003 (« Les Choix d’HCB »).

 

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En 2001, il écrivait à Peter Galassi, conservateur en chef du département de photographie du MoMA : « Sans le défi que représentait l’oeuvre de Walker Evans, je ne pense pas que je serais resté photographe ». Evans quant à lui écrivait dans le New York Times à la sortie d’Images à la sauvette en1952 : « Cartier-Bresson est un véritable homme de l’oeil. Il fut en outre l’un des rares innovateurs en photographie ».

 

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Cartier-Bresson disait : « C’est l’Amérique qui m’a fait ». Ses photographies y ont été exposées dès les années 1930, à la Galerie Julien Levy de New York (1933 et 1935), puis au Museum of Modern Art en 1947 (sa première exposition en France n’eut lieu qu’en 1955). Il séjourna à New York en 1935 quand son travail fut exposé chez Julien Levy, aux côtés de Walker Evans et de Manuel Alvarez Bravo (« Documentary and Antigraphic ») et entre 1946 et 1947, alors qu’il préparait son exposition au MoMA (une exposition « posthume » – le MoMA le croyant mort pendant la guerre). C’est à cette époque qu’il réalisa la plus grande partie de son travail américain : pour la revue Harper’s Bazaar il voyagea avec Truman Capote, puis avec John Malcolm Brinnin pour faire un livre qui ne vit jamais le jour. Il découvrit alors les États-Unis dans leur immensité et dans leur diversité sociale.

 

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À propos des images américaines de Cartier-Bresson, Arthur Miller écrit : « Comme sa vision des choses est fondamentalement tragique, c’est avec une sensibilité à fleur de peau qu’il a réagi à tout ce qui lui semblait lié à la déchéance et à la souffrance de l’Amérique. » Walker Evans, quant à lui, était « obsédé par le délabrement et le déclin social » (Jean-François Chevrier). Il s’intéressait, selon ses propres mots, à « ce dont le temps présent aura l’air au passé », à l’image du travail qu’il avait réalisé pendant la Dépression dans les années 1930 pour la FSA (Farm Security Administration), et dont de nombreuses images figurent dans l’exposition. Son ouvrage American Photographs devint culte dès sa publication en 1938.

 

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Une grande partie des images que Cartier-Bresson et Evans réalisèrent aux États-Unis à cette époque sont devenues des oeuvres majeures. « Cette rencontre, à l’occasion du centenaire de la naissance d’Henri Cartier-Bresson, permet de confronter leurs regards dans ce qu’ils ont de plus différents, mais assurément dans le partage d’une conscience aiguë du monde, proche ou lointain, et d’une insatiable jouissance de l’oeil. » (Agnès Sire).

 

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À l’occasion du centenaire de Cartier-Bresson, un colloque est organisé en deux temps – à Cerisy-la-Salle du 4 au 7 octobre 2008 et au Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris – les 14 et 15 novembre 2008.

 

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Deux ouvrages consacrés à Cartier-Bresson paraissent à l’automne : un Découvertes Gallimard «Henri Cartier-Bresson», par Clément Chéroux, qui sera présenté lors du petit déjeuner de presse; et « Henri Cartier-Bresson et Le Monde », recueil d’articles du journal Le Monde consacrés à Cartier-Bresson de 1955 à 2007, par Michel Guerrin et publié dans la collection « Art et Artistes » de Gallimard

 

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 Bonne exposition

Saint-Sulpice

 

 Henri Cartier-Bresson/Walker Evans : photographier l’Amérique (1929-1947) – Mois de la photographie – Fondation Henri Cartier-Bresson - 2 impasse Lebouis – 75014 Paris - Du mercredi 10 septembre 2008 au dimanche 21 décembre 2008.

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