Les nouveaux musées

Imaginé par le cabinet d'architectes autrichien Coop Himmelblau, le Musée des confluences, à Lyon, ouvrira ses portes en 2010. Il sera consacré à l'évolution de l'homme et à la science (photo © Armin Hess & COOP HIMMELB(L)AU/Musée des Confluences).

Imaginé par le cabinet d’architectes autrichien Coop Himmelblau, le Musée des confluences, à Lyon, ouvrira ses portes en 2010. Il sera consacré à l’évolution de l’homme et à la science Les nouveaux musées dans EXPOSITIONS coeur-

«Le musée fonctionne comme un refuge. Et sans ce refuge, rien ne peut exister. Le musée est une terre d’asile. Le travail de l’artiste s’y installe, s’y abrite des intempéries et de toutes sortes de dangers, et, plus que tout, s’y met hors de portée de toute remise en question.» La phrase de Daniel Buren accueille la foule des visiteurs, souvent français, visiblement au fait de l’architecture et de ses défis, au sein du sanctuaire de Louisiana, havre magique au nord de Copenhague sur la route du château d’Hamlet à Elseneur. Elle donne un souffle presque sacré à la succession de maquettes, plans, coupes et photographies idéales qui imaginent le «Museo Nazionale delle Arti del XXI siglo» incrusté dans le tissu du vieux Rome par l’Irakienne Zaha Hadid (budget de 70 M€), le «Stonehenge Visitor Center and Interpretive Museum» enfoui dans la verdure anglaise du Wiltshire par les Australiens Denton, Corker et Marshall (budget estimé à 20 M£) ou le ruban bleu du futur «Eyebeam Museum of Art and Technology» dessiné par Diller Scofidio + Renfro à New York (budget 60 M$).

Paisible demeure blanche d’un Danois pionnier des collectionneurs, Louisiana est devenue, il y a cinquante ans, une fondation d’art avec galeries tapies sous le jardin, sculptures reines de l’art moderne sur la pelouse humide et vue sur l’Oresund argenté qui sépare le Danemark de la Suède. C’est dans ce lieu vénéré des Danois, le musée préféré de l’architecte Jean Nouvel, notre prix Pritzker 2008, que s’exposent ainsi «Les musées du XXIe siècle».

Ce cours d’architecture pour tous en 3D célèbre avec une clarté tout évangélique ces «cathédrales d’aujourd’hui» dont le développement traduit un certain désir d’éternité de nos contemporains et la grande soif de marquer l’histoire de l’art des architectes qui les auscultent.

L’exposition que les Lyonnais avaient accueillie au printemps 2007 au (futur) Musée des Confluences, frappe par cette obsession de monuments, voire de sculptures géantes qui parcourent le monde. Comme le spectaculaire Musée de Graz, en Autriche, tout en rondeurs organiques et tronçons de tentacules (œuvre de Spacelab Cook-Fournier, 40 M€ de budget, ouverture en 2003). Cette envolée architecturale court d’est en ouest, d’Athènes la mythologique aux Émirats arabes unis, qui s’offrent leur Louvre et leur Guggenheim ; des États-Unis, depuis longtemps maîtres d’œuvre du spectaculaire, à la France, très à l’honneur ici avec le Pompidou-Metz de Shigeru Ban, le Musée du quai Branly de Jean Nouvel et le Musée des Confluences de Coop Himmelb.

Les grandes références du patrimoine muséal sont données en clés de lecture : la Tate Modern, usine redessinée par Herzog & De Meuron (2000), la Fondation Beyeler, si gracieusement équilibrée par Renzo Piano (1997), le Guggenheim de New York, tout en volutes de Frank Lloyd Wright (1943-1959) et celui en titane crépusculaire de Frank Gehry à Bilbao (1997). À noter, le Centre Pompidou de Renzo Piano & Richard Rogers (1977), mais aussi le Vikingeskibsmuseet de Roskilde, la ville royale danoise, où l’architecte Erik Christian Sorensen a posé des «drakkars» au bois fossilisé sur des graviers gris encadrés de béton couleur ardoise.

Jusqu’au 14 septembre au Louisiana Museum of Modern Art, Humlebæk, Sjælland, Danemark. À Oslo du 10 octobre au 11 janvier 2009. En 2009, aux États-Unis, à Ann Arbor (Michigan) et Nashville (Tennessee). En 2010, à Munich (Allemagne). En 2011, à Trente (Italie) et enfin à Anvers (Belgique).

 

DOHA – Pei et Wilmotte pour les arts islamiques

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photo AFP

Férus de culture, le cheikh du Qatar, Hamad Ben Khalifa al-Thani, et son épouse, Cheikha Mozah, inaugureront le 22 novembre le plus grand musée du monde consacré à l’art islamique. Installé sur la corniche de Doha, le MIA, majestueux bâtiment blanc, a été créé par Ieoh Ming Pei, auteur de la Pyramide du Louvre. Ce musée fera directement concurrence aux collections d’art islamique du Louvre et du Metropolitan Museum de New York. Le couple royal très proche de l’Élysée a confié la muséographie à Jean-Michel Wilmotte.

Qatar, Ouverture le 22 novembre prochain.

ABU DHABI – Le Louvre des sables signé Jean Nouvel

 

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Créer un louvre au Moyen-Orient ? Après avoir fait scandale, le contrat avec les cheikhs a été signé en 2007. Ce Louvre conçu par Jean Nouvel sera un ensemble de bâtiments blancs ombragés par une gigantesque coupole en marbre translucide. Il sera voisin de quatre autres majestueuses réalisations culturelles, dont le plus grand «Guggenheim» du monde.

Émirats Arabes Unis, Ouverture en 2013.

 

TEL-AVIV – Le musée hyperdesign de Ron Arad

 

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Quand Ron Arad, designer britannique né à Tel-Aviv, en 1951, délaisse les créations sinusoïdales, elliptiques et ovoïdes qui ont fait son succès pour redevenir architecte, cela donne un musée sculptural et design en soi. La municipalité de Holon a invité en 2003 ce phénomène identifiable à son chapeau de feutre sorti d’un tableau flamand à inventer un musée du design dans sa ville, sur un site de 3 700 m². Ron Arad, auquel Beaubourg consacrera une monographie stupéfiante de dynamisme à partir du 19 novembre, a dessiné avec son équipe un musée bien dans sa ligne, enveloppé de cinq rubans monumentaux de Corten, cet acier patiné dont la rouille plus ou moins intense renvoie aux couleurs de la Terre promise.

Israël, Ouverture au printemps 2009. Coût : environ 13,5 M$.

 

AARHUS – Le musée arc-en-ciel d’Olafur Eliasson

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© Studio Olafur Eliasson

En janvier 2007, Olafur Eliasson et son studio remportaient un concours d’architecture en proposant de transformer la toiture du Musée d’Aarhus. «Your Rainbow Panorama» comprend une passerelle surélevée de 360° et «l’ARoS Prism», observatoire sphérique où la lumière naturelle se décompose sur des prismes. La passerelle, de 150 m de long, close par des panneaux de verre arc-en-ciel, permet de voir la ville, le ciel, l’horizon. À certains moments, le panorama semble monochromatique, mais son aspect change en fonction du déplacement des visiteurs. «Ce voyage dans la couleur est mon projet le plus personnel, mon préféré. Pour que la couleur change, il faudra bouger. Mon corps, et non mon esprit, sera le modulateur de la couleur», nous expliquait en mars l’artiste islandais de Copenhague, en vedette avec ses quatre cascades géantes à Manhattan cet été.

Danemark, Ouverture prévue fin 2009. Coût initial : 3,4 M€.

LOS ANGELES – De vrais palmiers au cœur du Lacma

 

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Le tout nouveau Broad Contemporary Art Museum a réactualisé le Lacma (Los Angeles County Museum), l’une des plus grandes institutions culturelles de Californie du Sud, qui règne depuis 1967 en géant américain sur le Wiltshire Boulevard au sein de Hancock Park. Ce bâtiment, relu par l’espace, la lumière et le ciel bleu, est désormais aussi célèbre pour son architecture en zébrures signées Renzo Piano (avec vrais palmiers inclus dans la structure) que pour son financement à hauteur de 60 M$ par Eli Broad, homme d’affaires, grand collectionneur de la planète contemporaine (Roy Lichtenstein, Andy Warhol, Jeff Koons, John Baldessari, Richard Serra, Damien Hirst, etc.) et mécène bien connu à Versailles.

États-Unis, Ouverture le 16 février 2008. Coût : 56 M$.

 

RODEZ – Les noirs du Musée Pierre Soulages

 

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«On ne sait pas le pourquoi des choix que l’on fait. Quand je sais pourquoi j’aime une chose, je l’aime déjà un peu moins. L’œuvre est intéressante dans la mesure où elle échappe aux intentions de son créateur et à l’explication de son spectateur», explique Pierre Soulages, 88 ans, le «peintre des noirs» qui a participé activement à la conception de ce musée minimaliste dessiné par le cabinet d’architectes espagnols RCR, tout de noir vêtu grâce à ses façades en acier Corten autopatinables. Construire autour de la lumière, telle l’idée de ce long socle et de ses cinq volumes émergeant d’une surface d’environ 6 600 m², qui entend réinterpréter les traditionnelles fenestras ruthénoises de l’Aubrac que Soulages a peint adolescent.

Aveyron, Ouverture fin 2011. Coût : 22 M€ (valeur 2008, H. T.)

 

METZ – Le Centre Pompidou en chapeau chinois

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© Centre Pompidou, Architectes : Shigeru Ban Architects Europe avec Jean de Gastines

Ces dix dernières années, le toit a été un thème récurrent chez Shigeru Ban, architecte né à Tokyo en 1957. C’est aussi l’élément le plus expressif de l’architecture traditionnelle japonaise. Le chapeau chinois tressé a inspiré le toit en maillage de lamelles de bois du Centre Pompidou-Metz qui ondule sur trois boîtes superposées, chacune de 87 m de long sur 15 m de large (surface totale de 10 000 m²). La communauté d’agglomération de Metz finance à hauteur de 34 M€ ce premier site décentralisé de Pompidou. L’État apporte 4 M€, l’Europe, via le Feder, 2 M€, le conseil régional de Lorraine 10 M€, comme celui de Moselle, et la Ville de Metz, 0,70 M€. Le projet culturel sera dévoilé le 9 octobre.

Moselle, Ouverture fin 2009 ou début 2010. Coût : 60,70 M€ (valeur 2007).

LYON – Un ovni architectural

 

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Projet phare du conseil général du Rhône, le Musée des Confluences, ce grand vaisseau aux allures spatiales est un ovni architectural. Imaginé par le cabinet d’architectes autrichien Coop Himmelblau, il se compose d’un socle en béton brut de 180 mètres de long et 80 mètres de large, d’un cristal en verre transparent et d’un «nuage» recouvert d’écailles en aluminium. Lancés fin 2006,les travaux se sont arrêtés une fois pour des raisons techniques en 2007.

Ce musée qui attend 500 000 visiteurs par an est consacré à l’évolution de l’homme à travers les siècles et les continents. Ce sera aussi un musée des sciences. Une série d’acquisitions est en cours, mais la collection de base est celle de l’ancien Musée d’histoire naturelle de Lyon. On y verra des objets aussi divers qu’un télescope grégorien, un squelette de dinosaure, des statuettes, des armures et des animaux empaillés.

Presqu’île de Lyon, Ouverture prévue en 2010. Coût initial : 153 M€.

 

KIEV – Le rêve du milliardaire Victor Pinchuk

 

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Ex-empire soviétique oblige, The Centre for Contemporary Art baptisé Pinchuk Art Centre n’arrive qu’en 8e position des bienfaits revendiqués par l’homme d’affaires ukrainien, Viktor Pinchuk, 47 ans, auquel The International Herald Tribune a consacré cet été un portrait assez cocasse en première page. Sponsor du pavillon ukrainien lors des deux dernières Biennales, inspiré par l’exemple de François Pinault en son Palazzo Grassi à Venise, Viktor le Victorieux a multiplié depuis les expositions en son musée privé au cœur de la ville. Ces anciens bureaux transformés par l’esprit white cube sont dédiés à Jeff Koons, Damien Hirst, Olafur Eliasson, Takashi Murakami, Antony Gormley, Andreas Gursky, Oleg Kulik, Illy Chichkan, Blue Noses et Oleg Tistol. L’autre rêve de ce milliardaire, natif de Dniepropetrovsk, est de «créer un vrai musée contemporain sur la rivière au cœur de Kiev». L’architecte est choisi, mais c’est top secret.

Ukraine, Ouvert depuis 2006. Coût non communiqué.

 

BRUXELLES – Le musée high-tech de Magritte

 

 

 

Place royale, la façade de l’hôtel Altenloh est recouverte d’une bâche de 1 600 m² qui masque les travaux du Musée Magritte Museum (sic). Des rideaux de théâtre s’écartent sur L’Empire des lumières, et le trompe-l’œil bleuté est éclairé la nuit grâce à seize panneaux solaires financés par Suez Gaz de France (mécénat de compétences à hauteur de 4,5 M€). Il faudra attendre l’ouverture officielle pour goûter la note surréaliste : trois fenêtres donnant sur la place Royale seront remplacées par des écrans plasma et feront défiler le ciel de Magritte, sorte d’hallucination collective. Mise en valeur du patrimoine et développement durable au programme pour un musée high-tech qui, grâce à Electrabel, bénéficiera d’une électricité à 100 % renouvelable.

Belgique, Ouverture 9 juin 2009. Coût : 6,90 M€.

Bonnes expositions,

Saint-Sulpice

Saul Steinberg – Illuminations

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Pendant 60 ans, Saul Steinberg (1914-1999), artiste américain d’origine roumaine, a illustré de
son talent les pages et couvertures du New Yorker. En plus de son travail de dessinateur, Saul
Steinberg fut également un immense propagandiste, caricaturiste, illustrateur, graphiste,
muraliste, dessinateur de mode et de publicité, scénographe, créateur infatigable de livres
d’images, et artiste de galerie. Steinberg fait aujourd’hui l’objet d’une rétrospective majeure
dont la tournée américaine s’est achevée l’an passé. La Fondation HCB est la première étape
de sa tournée européenne. L’exposition est organisée par le Frances Lehman Loeb Art
Center, Vassar College, conçue par Joel Smith, aujourd’hui conservateur du département de
photographie à l’université de Princeton. L’exposition sera présentée dans plusieurs villes
d’Europe sous la direction de la Saul Steinberg Foundation de New York, avec le généreux
soutien de la Terra Foundation for American Art et un financement supplémentaire de la
PaceWildenstein Gallery.

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Cette rétrospective est le premier regard porté sur l’extraordinaire contribution de Saul
Steinberg à l’art du XXe siècle, et sur son rôle de calligraphe des temps modernes, combinant
le mot et l’image pour exalter le regard et l’esprit de son public. 
 
Steinberg et Cartier-Bresson
 
Henri Cartier-Bresson, dont la passion première était la peinture, disait souvent « dessiner est
un dur plaisir ». Dans l’ouvrage Ombres et reflets, son ami Steinberg prolongeait ainsi sa
réflexion : « Il est difficile de reproduire la nature dans toute sa réalité substantielle, d’en saisir
la vérité intrinsèque ; cela exige beaucoup d’effort, un engagement auquel on se soustrait par
paresse – il est tellement plus commode, moins fatiguant, d’inventer ». Cartier-Bresson et
Steinberg s’étaient rencontrés en 1947. À la mort de Steinberg, en 1999, Cartier-Bresson
écrivait : « We had an invisible link ». Cartier-Bresson se réjouissait du projet, porté par Agnès
Sire, directrice de la Fondation HCB, de montrer le travail de Steinberg qu’il admirait et tenait
pour l’un des grands créateurs du siècle. Cette exposition rend hommage, l’année du
centenaire d’Henri Cartier-Bresson, à leur mutuelle admiration et à une œuvre extraordinaire. 
 
Le génie pluriel de Steinberg
 
Saul Steinberg: Illuminations présente une centaine de dessins, collages et assemblages
réalisés des années 1930 aux années 1990.  Esprit de génie, Steinberg est également connu
comme l’un des plus grands dessinateurs de l’époque moderne. Le dramaturge Ionesco disait
de lui : « Je crois qu’aucun autre artiste n’a su comme lui ou n’a réussi comme lui à faire de la
caricature un langage et une critique métaphysiques ». Sont dévoilés pour la première fois
tous les éléments de sa carrière – de ses dessins méconnus des années 1930 aux créations
des dix dernières années de sa vie. L’activité riche et variée de Steinberg débuta dans les
années 1930, à Milan, pendant ses études d’architecture, quand il publia des caricatures dans
un journal italien antifasciste. Son premier dessin fut publié dans le New Yorker en 1941, avant
même son arrivée aux Etats-Unis, alors qu’il attendait son visa à Saint Domingue. Il deviendra
dans les décennies suivantes l’un des artistes les plus populaires aux Etats-Unis. 
 Son trait élégant, incisif et inventif a été vu et imité dans les journaux intellectuels autant que
dans les cartes de vœux, apprécié par un vaste public – sensible à son style moderne et à son
esprit inclassable – entre humour, caricature et fable politique. 

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Un écrivain qui dessine
 
Steinberg disait de lui-même qu’il était « un écrivain qui dessine ». Il ajoutait : « plus qu’un
peintre peignant, je me sens chef d’orchestre », décrivant ses dessins comme des « leurres
fascinants ». Né en 1914 à Râmnicul Sărat, en Roumanie, élevé dans la petite bourgeoisie
juive de la Bucarest de l’entre-deux-guerres, Steinberg suit pendant un an les cours de lettres
et philosophie à l’université de Bucarest avant de s’installer à Milan en 1933 pour étudier
l’architecture. En 1941 il quitte l’Italie fasciste, devient citoyen américain en 1943, participe à la
Seconde Guerre Mondiale en tant qu’officier de marine.

Il connaît  rapidement le succès comme dessinateur satirique en collaborant à d’importantes publications (New Yorker, Life), puis acquiert une renommée internationale grâce aux expositions organisées dans le monde
entier et aux recueils de dessins. Jusqu’à sa mort en 1999, il partageait sa vie entre New York
et Springs. Dans l’analyse qu’il fait de l’œuvre de Steinberg, Joel Smith montre en quoi ses
études d’architecture et son ascension rapide vers le succès en tant que caricaturiste dans
l’ère fasciste milanaise lui ont permis de subtiles inventions graphiques. L’introduction au
catalogue de l’exposition (publié en anglais uniquement aux éditions Yale University Press)
par le poète et critique Charles Simic, fait remonter les origines de la sensibilité tragi-comique
de Steinberg dans le “Balkan bazaar” de sa Roumanie natale. Les archives Saul Steinberg
sont aujourd’hui conservées à l’université de Yale. 


 
Dès les années 1950 et pendant plus de 40 ans, le travail de Steinberg a été largement
exposé dans les musées et les galeries en Europe. Steinberg: Illuminations permettra au
public Parisien de reprendre contact avec la diversité et le génie de son art.

 

Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

Fondation Henri Cartier-Bresson

2, impasse Lebouis
75014 Paris

T. 33 1 56 80 27 00
F. 33 1 56 80 27 01
 

Horaires
Mardi-dimanche. 13h00-18h30. Dernière entrée 30 mn avant la fermeture
Samedi. 11h00-18h45
Nocturne mercredi jusqu’à 20h30
Fermé lundi

 

 Métro
Gaité, ligne 13, sortie n°1, vers la rue de l’Ouest
Edgard Quinet, ligne 6

Tarifs
6 € plein tarif
3 € tarif réduit : chômeurs, moins de 26 ans, plus de soixante ans
Gratuit pour les Amis de la Fondation et en nocturne le mercredi (18h30-20h30)

L’exposition se termine le 27 Juillet 2008.

Bonne exposition,

Saint-Sulpice

Hommage à Willy Ronis

 Les gamins de Belleville – 1959 - Crédit Photo: © Willy Ronis

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Le Café de France – 1979 – Crédit Photo: © Willy Ronis

Hommage à Willy Ronis dans Photographie: Grands Photographes 782324

Les amoureux de la Bastille – Crédit Photo: © Willy Ronis

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« Je suis allé les voir, ils s’appelaient Riton et Marinette, et j’ai vu qu’ils avaient le poster encadré dans le café, qui se trouvait à l’angle de la rue du Faubourg-Saint-Antoine et de la rue des Tournelles. Ils m’ont accueilli cordialement. Ils n’étaient montés qu’une seule fois sur la colonne, ils s’en souvenaient parfaitement. Ils venaient de l’Aveyron et, à l’époque, ils n’avaient pas encore le bistrot. Ils ne l’ont eu que deux ou trois ans plus tard, alors qu’ils étaient mariés. Et le plus étonnant, c’est que sur la photo, dans la direction où ils regardent, on voit le coin de l’immeuble où se trouve le bistrot ! » Willy Ronis extrait de Virginie Chardin, « Paris et la photographie. Cent histoires extraordinaires, de 1839 à nos jours », Parigramme, 2003.

Front Populaire – 14 Juillet 1936 – Crédit Photo: © Willy Ronis

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J’étais joyeux d’assister à cette fête et d’en conserver des souvenirs. C’était une fête comme on n’en avait jamais connue jusque-là. Il y avait beaucoup de monde dans les rues, les gens se promenaient avec leurs enfants, moi je courais à droite et à gauche. J’ai pris le cortège luimême, avec la rangée des élus du Front populaire qui s’avançaient en tête avec, derrière, la foule et, se dressant au milieu, la colonne de la Bastille. Puis j’ai fait des à-côtés, dont cette petite fille, qui avait attiré mon attention, puisqu’elle portait son petit bonnet phrygien, et qu’elle tendait le poing. » Willy Ronis Citations extraites de l’émission “Le Front populaire, 1936. Willy Ronis”, série Les 100 photos du siècle, 6’ (production Capa Presse TV).

Crédit Photo: © Willy Ronis

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Le petit Parisien – 1952 - Crédit Photo: © Willy Ronis

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« Pour cette photo, j’ai demandé au gamin de composer, j’ai pris trois clichés en tout, c’était très rare pour moi ».

 Grêve Chez Citroën – 1938 – Crédit Photo: © Willy Ronis

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Une photo prise en 1938 à l’usine Javel-Citroën, lors d’une grève.  » J’avais écarté cette photo, trop sombre. Elle est restée inconnue pendant 40 ans, et c’était la meilleure de la série… »

Le Caveau de la Huchette – 1957 – Crédit Photo: © Willy Ronis

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 Montmartre – Rue Muller – 1934 - Crédit Photo: © Willy Ronis

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Bois de Boulogne – 1954 – Crédit Photo: © Willy Ronis

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La Tour Eiffel – Crédit Photo: © Willy Ronis

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La Tour Eiffel – 2ième cliché – Crédit Photo: © Willy Ronis

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La péniche aux enfants, Paris – 1959 - Crédit Photo: © Willy Ronis

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Biographie de Willy Ronis

Willy Ronis

 

 

 

Willy Ronis est né en 1910, dans le 9e arrondissement de Paris. Sa mère, juive lituanienne, et son père, juif ukrainien, sont venus en France pour fuir les pogroms. Ils sont tous deux mélomanes, et elle est pianiste. Son père, ouvrier retoucheur dans un studio photo, ouvre son propre studio boulevard Voltaire. L’exposition s’ouvre sur un portrait agrandi de Willy bébé.Willy Ronis a 16 ans quand son père lui offre un appareil photo, un Kodak 6,5 x 11 cm. Sa première photo de Paris est une photo de la Tour Eiffel. Mais sa première vocation d’être musicien. Il rêve d’être compositeur. Il réalise quelques autoportraits. Sur l’un, il pose avec son Kodak, sur l’autre avec son violon.

Le jeune Willy commence des études de droit qui ne le passionnent pas. Quand il rentre du service militaire, en 1932, son père est malade et lui demande de l’aider ou même de le remplacer au studio. Mais ce qui l’intéresse, en photo, c’est l’extérieur, la rue. Il déteste le travail de studio, la photo d’identité, les mariages et les communions.

Willy Ronis travaille donc pendant quatre ans dans le studio de son père. En même temps, il commence à silloner les rues de Paris. Rue Muller, de nuit, il photographie le pavé luisant et une ligne de halos de réverbères (1934). Déjà, ce sont les gens simples qui l’intéressent, comme les clochards sous les ponts ( Sous le Petit Pont, 1934) ou des ouvriers la nuit, à la lumière d’un brasero. Très jeune il est sensible aux sujets sociaux. Il raocnte qu’il a été fortement impressionné quand il a entendu, dans un wagon de métro, un groupe d’ouvriers qui chantaient  » la jeune garde ».

Dès 1934, il photographie les manifestations ouvrières, la Fête de l’Humanité à Garches, le 20e anniversaire de la mort de Jean Jaurès, une manifestation au Mur des Fédérés.

1936, année du Front populaire, est une année charnière. En juin, son père meurt, le studio, en faillite, est abandonné à ses créanciers. Exit, donc, la photo de studio. Un mois plus tard, Willy Ronis est au défilé du 14 juillet à la Bastille. Il prend une petite fille, le poing levé, sur les épaules de son père. La photo paraît dans l’Humanité un mois plus tard, marquant ses débuts dans le métier de photographe indépendant.

Jusqu’à la guerre, Ronis parcourt Paris, accumulant des archives. Il aime photographier les gens mais, timide, il ne s’approche jamais beaucoup, ne les prend pas de face. Il aime particulièrement les personnages isolés dans une foule, un peu mélancoliques, comme cette fille dans le métro aérien (1939).

En 1938, il fait un reportage sur une grève à l’usine Javel-Citroën, pour le magazine Regards. Il s’attache au quotidien de la grève, les parties de foot ou de dames, la gamelle et la couture qui meublent les journées d’occupation. Une photo de ce reportage, exposée à l’Hôtel de Ville, est restée inédite pendant des années : Rose Zehner, perchée sur un chaise pour haranguer ses collègues, le doigt tendu, était trop sombre pour être publiée. Il l’a exhumée quarante ans plus tard et elle est devenue une de ses photos les plus célèbres.

Willy Ronis a d’ailleurs retrouvé Rose Zehner, bien des années après. aussi : sa cousine l’a reconnue quand la photo a été publiée dans un livre et elle a contacté le photographe.
Pendant la guerre, Willy Ronis fuit Paris : il ne veut pas porter l’étoile jaune. Il passe en zone libre. Dans le midi, il rencontre Jacques Prévert, vit de petits boulots.

Quand Willy Ronis retrouve sa ville natale, fin 1944, le travail ne manque pas. Il commence par couvrir le retour des prisonniers, la liesse du 8 mai 1945.

»La reprise de l’activité après la Libération fut assez fascinante. Le public avait une folle soif d’images et, pendant quelques années, la photographie pour la page imprimée connut une période de grande fertilité », se souvient le photographe.

C’est dans une ambiance où « on se sentait porté par une chaleur de cœur », comme disait Henri Cartier-Bresson, que s’épanouit ce qu’on a appelé l’école humaniste française, autour du Groupe des XV et de l’agence Rapho, que Willy Ronis rejoint à cette époque. On y trouve Robert Doisneau, Edouard Boubat, Izis.

Ce courant s’impose au niveau international, avec une exposition au MoMA de New York (1953) et l’exposition itinérante The Family of Man, organisée par Edward Steichen en 1955.

Willy Ronis effectue des commandes pour les magazines Regards et Point de Vue, et aussi Time, Life ou Picture Post. Il ne fait pas d’actualité, mais toujours des sujets de société, sur les « bohémiens » de Montreuil aux filles lumineuses ou sur les forts des Halles.

A Paris, Ronis préfère les quartiers populaires. Mais il nous montre aussi Sèvres-Babylone dans la brume, sous le store de l’hôtel Lutetia, ou la place Vendôme sous la neige. Et il nous livre toujours des personnages perdus, comme une enfant toute seule avec des sacs et des valises à la gare Montparnasse.

Hors commande, Willy Ronis continue son travail personnel à Paris. A la fin des années 40, un ami de sa femme, Daniel Pipart, peintre rue de Ménilmontant, lui fait découvrir le quartier de Belleville et Ménilmontant, qu’il ne connaissait pas.

C’est le coup de foudre : il va parcourir le quartier dans tous les sens, et y prendre des photos qui sont parmi les plus belles qui aient été faites à Paris.

»J’y allais en motocyclette et je me promenais comme dans une ville étrangère. Chez Victor, en haut de l’impasse Compans, on poussait un portail et on était en plein ciel. Un vrai jardin s’avançait en terrasse, avec des gloriettes et un jeu de boules à trois couloirs. On découvrait, plein nord, un panorama s’étendant du Sacré-Cœur aux gratte-ciels de Bobigny, avec, par beau temps, à l’horizon, la forêt de Senlis », raconte-t-il.

Mieux que personne, il a su capter la poésie qui émane de ce quartier, du côté campagnard qu’il avait encore à l’époque, de la lumière sur ses pentes, de ses cafés et de ses habitants, de ses gamins et de ses artisans.

Willy Ronis aimerait faire un livre de ces images de Belleville mais aucun éditeur n’en veut. L’ouvrage est finalement publié en 1954 : il est très remarqué mais fait un flop commercial. Réédité trois fois depuis, c’est devenu un classique de la photo.

Les années 60 et 70 sont moins fastes pour les photographes humanistes. Le regard idéaliste qu’ils portaient sur l’homme n’est plus à la mode. De plus, Willy Ronis est exigeant et ne veut pas que ses photos soient publiées n’importe comment. Après de mauvaises surprises, il demande à pouvoir contrôler les légendes.

Les commandes sont moins nombreuses, il fait de la pub, de la mode, du reportage industriel, ce qui ne le passionne pas. En 1972, Willy Ronis décide de quitter Paris pour Gordes, puis l’Isle-sur-la-Sorgue. Pendant ses années provençales, il enseigne et photographie le Midi.

Après quelques années d’oubli, les photographes humanistes parisiens seront redécouverts dans les années 80, avec la mode rétro qui remet au goût du jour les images du vieux Paris. Willy Ronis publie en 1980 Sur le fil du hasard, qui le remet sur le devant de la scène.

A 95 ans, Willy Ronis n’est pas un homme tourné vers le passé. Si ses photos incarnent un Paris d’une autre époque, si on est touché par le côté rétro de ses images, il a toujours, lui, photographié son époque.

Quand il fait des photos dans les années 70, 80, c’est le nouveau Paris qui l’intéresse: les cabines téléphonique en forme de bulle à la nouvelle station de RER des Halles, le Centre Pompidou, la pétanque dans les nouveaux espaces de la rue Vercingétorix, après les démolitions des années 80, la sieste à La Défense. l’endroit même où, en 1938, il couvrait la grève des ouvriers de Citroën, il photographie en 1994 les enfants qui jouent dans les jets d’eau du nouveau parc qui a remplacé les usines Citroën, dans le 15e. A Belleville, il photographie une aire de jeux toute neuve en 1981.

Loin de tout fétichisme, Willy Ronis a conservé peu de tirages d’époque. La plupart des tirages exposés à l’Hôtel de Ville sont donc des tirages modernes, pour certains de photos inédites. Il a largement ouvert ses archives pour l’exposition. On y trouve quelques raretés, comme ces photos couleur des années 50.

Des photos qui nous montrent un Paris qu’on imagine, aujourd’hui, plutôt en noir et blanc. La photo de la promenade du dimanche près des fortifs, en couleur, est une curiosité. Tout comme le rouge vif de la cordonnerie de la rue Tholozé.
 

Ce qui intéresse Willy Ronis, c’est de voir comment ses frères et sœurs parisiens vivent. Pendant 75 ans, il s’est promené dans les rues, dans les manifestations, dans les usines, dans les parcs, photographiant ces « gens » ordinaires.

Des anonymes figuraient sur ses clichés devenus célèbres. Willy Ronis adore retrouver ses sujets. Souvent, ils sont devenus des copains. A ce jour, il en a retrouvé 23, qui se sont reconnus ou qui ont été reconnus par leurs proches, comme la petite fille au bonnet phrygien du 14 juillet 1936, les amoureux de la Bastille ou Rose Zehner, la gréviste de Citroën.

La première, Suzanne Trompette, avait 7 ans en 1936. Elle a découvert la photo avant guerre, puis à la télé, lors du 60e anniversaire du Front populaire. Elle a été interviewée pour l’émission « Les cent photos du siècle » diffusée sur Arte en 2000.

Les Amoureux de la Bastille ont été pris en haut de la colonne de Juillet en 1957. Lors d’une exposition, en 1988, quelqu’un est venu voir Ronis et lui a dit qu’il connaissait bien Riton et Marinette. Depuis des années, ils tenaient un bistrot à quelques centaines de mètres de la Bastille. Dans le café, ils avaient un poster de la fameuse photo, et l’ont accueilli chaleureusement.

Rose Zehner, c’est sa cousine qui l’a reconnue quand la photo a été reproduite dans l’Humanité, après sa parution dans le livre Sur le fil du hasard en 1980. Elle écrit à Ronis par l’intermédiaire du journal. Ils s’envoient des lettres et se téléphonent, avant de se rencontrer, en 1982, 44 ans après la photo. Un film a été tourné autour des retrouvailles du photographe avec cette femme qu’il qualifie de « personnage fabuleux ».

Lors de la belle exposition du Pavillon des Arts de Paris, en 1996, Willy Ronis –il avait déjà, à l’époque, 86 ans- avait déclaré : « Maintenant, je vais, c’est certain, retourner sur le terrain. Car il ne faut surtout pas s’arrêter. Cela pourrait, paraît-il, être extrêmement dangereux ».

Pourtant en 2001, Willy Ronis a posé son appareil photo. « Je me suis trouvé subitement handicapé dans mes capacités de me mouvoir. Je ne pouvais plus bien marcher, je ne pouvais plus courir et ce qui m’intéressait le plus –aller au-devant de l’événement- c’était fini », explique-t-il. Ses dernières photos sont des nus, qui ne demandent pas de courir.

A 95 ans, si Willy Ronis n’a plus bon pied, il a toujours bon œil, comme le montre le petit film projeté dans le cadre de l’exposition, où il raconte et explique ses photos.

Et s’il ne prend pas de nouvelles photos, les anciennes continuent de l’occuper. « Je travaille beaucoup, j’expose en France et à l’étranger. Je vois des tas d’amis. J’imaginais terminer mes jours en faisant des photographies comme un simple amateur. Je me trompais : le métier ne me lâche pas. »

 

 

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 

Voir aussi:

- Willy Ronis vient de mourir.

- Nues, Willy Ronis, Galerie Guigon.

- Willy Ronis, Hôtel de Ville, Joinville-le-Pont.

 

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« J’aime mieux tâter un peu de tout, quitte à porter mon effort sur ce que je fais volontiers et refuser ce qui m’intéresse moins. Etre libre ? Oui, mais ça n’est pas tant la question de la liberté que le goût pour des choses diverses. » Ce goût, Willy Ronis le conserve toute sa vie, alliant ses travaux de commande et ses recherches personnelles avec l’enseignement de l’histoire et de la technique de la photographie. Il dit aussi : « je suis le contraire du spécialiste, je suis un polygraphe. »

- Willy Ronis par lui-même aux éditions Actes Sud – 63 pages – 13€

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J’ai la mémoire de toutes mes photos, elles forment le tissu de ma vie et pal Ibis, bien sûr, elles se font des signes par-delà les années. Elles se répondent, elles conversent, elles tissent des secrets. À partir d’une cinquantaine de photos, Willy Rouis dessine son autoportrait. On le suit dans ses voyages, ses virées dans les rues de Paris et sur les bords de la Marne, ses reportages aussi. Une photo, c’est un moment pris sur le vif, mais c’est aussi l’histoire d’un jour. Ce jour-là : UN autoportrait à la manière d’un Je me souviens. C’est avec émotion due ce livre feuillette à la fois son être le plus intime, son talent de photographe et son talent de conteur.

- Ce jour-là par Willy Ronis aux éditions Gallimard – 191 pages – 6,50€

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Des années 30 aux années 70, cinquante ans de corps féminins vus par Willy Ronis, accompagné de d’un texte original de Philippe Sollers. Willy Ronis voulait Sollers. Sollers n’attendait que ça. Il a dit oui pour Ronis. Immédiatement.
Le texte de Philippe Sollers aborde et souligne tout ce qui rend précieux et unique le travail de Willy Ronis sur le nu. Le photographe a saisi toutes les occasions de s’y livrer, tissant en quanrante ans une oeuvre secrète dont les plus beaux moments n’avaient jamais été réunis. On connaît sans doute le Nu provençal, une sorte d’instantané de vacances que Ronis transforme en éternité. On connaît moins ou pas du tout ces statues, ces déesses, ces corps filiformes des années 70, ces formes restaurées des années 90 devant les quelles Ronis retrouve l’audace formelle de sannées 30.
Il flirte avec les esthétismes : pleinarisme d’avant-guerre, femmes au tub de la fin du XIXe siècle, jeunes filles de la presse masculine des années 70 … Ces soixante nus sout tous bouleversants. C’est ce que clame Philippe Sollers : ‘Les nus de Willy Ronis, dans leur extraordinaire naturel, sont sacrés’.
Un délice pour les collectionneurs, les amateurs de photographie et les amoureux de l’écriture. 59 photographies.

- Nues par Willy Ronis & Philippe Sollers aux éditions Terre Bleue – 144 pages - 39€

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C’est en 1947 que je tombais amoureux de la Provence. Mon attachement à cette région fut tel que je décidais d’acheter un vieux mas à Gordes, village perché du Vaucluse, et d’y passer une partie de ma vie. Appareil en main, de l’après-guerre à la fin des années soixante-dix, j’arpentais ruelles étroites, marchés labyrinthiques et pincettes ombragées avec l’intention de restituer une Provence ancestrale, rappelant les coutumes issues d’un art de vivre qui a toujours su composer avec le soleil. Car le village provençal, théâtre idéal pour jouer avec la lumière, est conçu de manière à s’intégrer totalement au paysage, son élégance ne consistant à ne vouloir surprendre ni le ciel ni la terre. Ainsi les hommes se fondent-ils dans le décor un jour de marché ou à l’heure de midi, à l’ombre des platanes … Les images de Provence ne correspondent à aucune commande, mon unique motivation étant de me faire plaisir, et c’est dans ce cadre que je créais mon oeuvre fétiche, Le nu provençal. Si l’album se termine sur des vues de Marseille, ville métisse aux fortes saveurs, c’est pour mieux capter la beauté énigmatique de ces régions du soleil aux populations chaleureuses. En écho aux images, Edmonde Charles-Roux évoque cette Provence qu’elle connaît si bien. Sous sa plume, l’architecture et les dialectes locaux deviennent l’occasion d’une réflexion sensible sur la nature du paysage, l’âme de la pierre, l’essence du mas, la qualité du vent, l’odeur des lavandes et de l’ail sauvage.

- Provence par Willy Ronis & Edmonde Charles-Roux aux éditions Hoëbeke – 104 pages – 19,50€

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« À votre âge, à Noël, on n’avait qu’une orange. » La formule a fait le tour des sapins, effrayant les plus jeunes, faisant rire les adultes. Chez les Picouly, dans le nord de la banlieue parisienne, la menace est nettement plus radicale : « Cette année, il n’y aura pas de Noël », répète-t-on au jeune Daniel et à ses frères et soeurs. Pourtant, à force de l’entendre année après année sans jamais qu’elle se réalise, la prophétie perd de sa crédibilité et finit par prêter à rire. Un petit détail qui s’ajoute au grand rituel, à cette foule de préparatifs qui font commencer la fête bien avant la date officielle. La neige, les trottoirs encombrés devant les grands magasins, le mystère de la multiplication des pères Noël, la solennité de l’apprêtage du sapin - qui doit toucher le plafond, sinon c’est sûr, « il n’y aura pas de Noël » - l’ambiance est électrique, la plume est celle d’un enfant de 10 ans. Daniel Picouly livre un texte à la fois intime et témoin d’une époque, plaçant les mots justes sur les images de Robert Doisneau, Willy Ronis, Sabine Weiss et Janine Niepce. Un joli voyage dans les coulisses d’un rêve peuplé de rennes, de trains électriques, et de lutins. –Jocelyn Blériot et Lénaïc Gravis

- Vivement Noël par Willy Ronis & daniel Picouly aux éditions Hoëbeke – 90 pages – Prix non communiqué

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Les chats de Willy sont magnifiques, venez les rencontrer, faites-les entrer à votre tour dans votre vie. On ne comprend même pas comment il a réussi à les saisir au vol, à traquer leur vérité intime, à les faire exister dans leur plus haute simplicité. Il faut être un immense artiste pour laisser ainsi parler les chats, sans les trahir, sans exagérer, sans faire joli. Avoir été juste là, toujours à la bonne place, avec le geste prompt. c’est sans doute son secret et son art (…) Sur chaque photo, passe le grain de la vie, le souffle de l’air, l’odeur même des saisons, c’est incroyable. (…) Cette traversée d’un pan de la vie de Willy Ronis à travers le regard de ses chats est à la fois un pur moment de tendresse et une déclaration d’amour qu’il fait à la vie. Colette Felous

- Les chats de Willy Ronis par lui-même aux éditions Flammarion – 80 pages – 22€

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La découverte des photographies en couleurs de Willy Ronis sera à coup sûr une surprise pour beaucoup. Et c’est, de sa part, l’effet d’un don généreux que d’avoir bien voulu nous les donner à voir. Ce maître du noir et blanc a donc photographié en couleurs dès 1955, dès l’apparition du Kodachrome, film diapositive à la chromie si particulière, et si peu sensible à la lumière qu’il aurait dû, logiquement ; l’empêcher de faire, selon son style et son goût, des instantanés sur le fil du hasard, photos de rue, photos de foule, a fortiori photos de nuit… On verra qu’il n’en est rien et qu’il a su tirer le meilleur parti de la contrainte opposée. à la spontanéité de son regard. La couleur ici n’est en rien un prétexte, elle est une autre manière de voir, ni plus riche ni moins libre : elle est une façon différente de traiter de la lumière – la grande affaire de la photographie -, une autre  » métrique « , pas même un autre langage. Et Paris est bien plus qu’un sujet : c’est le matériau de l’auteur qui s’émeut au spectacle de la vie ordinaire côtoyée chaque jour dans sa ville, la vie banale et souriante des Parisiens à laquelle il confère une profondeur puisée à son émotion-même. Car ce qu’il importe de noter c’est que le photographe a, par les moyens qui lui sont propres, poursuivi de questionner l’âme populaire en ses reflets gais ou mélancoliques, en ses images frivoles ou graves, qu’il a touché du doigt – ou de l’œil – la beauté palpitante et la tendresse bonhomme de ce peuple bigarré, qui sont les  » débris et trésors  » poétiques de la Ville – que seul un grand artiste pouvait recueillir avec une telle constante bonté, en noir comme en couleurs.

- Paris-Couleurs par Willy Ronis aux éditions le temps qu’il fait – 117 pages - 35€

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Willy Ronis et Paris ? L’histoire tendre d’un amour jamais démenti, aussi fort qu’au premier jour, voilà bientôt un siècle… Né en 1910 dans le IXe arrondissement, l’artiste n’a en effet jamais cessé de photographier sa ville et le quotidien de ses habitants. Ce travail, entrepris à partir des années 1930, couvre tous les aspects de la vie parisienne. En plongeant dans ses archives, Willy Ronis a exhumé de nombreuses images inédites qu’il a organisées en séquences : la Seine et ses rives où on taquine le gardon, la rue, la nuit, les bistrots, les Parisiens au travail, le quartier des Halles, le jardin du Luxembourg, la rue de la Huchette… Sa sélection s’achève sur la ville d’aujourd’hui, les secteurs récents et ses arrondissements de prédilection. Cinquante ans après la parution de Belleville-Ménilmontant, son livre-culte sur la capitale, le photographe est retourné arpenter son quartier à la recherche du Paris perdu. Ici, comme aux abords du canal Saint-Martin, la métropole embaume encore la province. Consacré en 1979 par le Grand Prix national des Arts et Lettres pour la photographie, l’œuvre de Willy Ronis témoigne d’un art subtil du cadrage et de la lumière qui lui inspire des compositions rigoureuses, distanciées et singulièrement mélodieuses.

- Paris, éternellement par Willy Ronis aux éditions Hoëbeke – 157 pages – 33€

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Chaleureux, pittoresque et poétique, le quartier dont Willy Ronis est tombé amoureux en 1947 représente un témoignage hors pair sur un Paris disparu, celui d’une douceur de vivre modeste et insouciante. Emu par ces images, Dider Daeninckx a imaginé le récit d’un gars de Ménilmontant : longtemps exilé, l’homme revient sur ses pas et nous fait découvrir la légende du quartier.

- Belleville, Ménilmontant par Willy Ronis & Didier Daeninckx aux éditions Hoëbeke – 112 pages - 31€

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Willy Ronis, photographe de montagne ? Le dernier grand personnage de la photographie humaniste – il est né en 1910 – a commencé sa carrière professionnelle avec ses reportages sur les manifestations et les grèves de 1936, avant de connaître une célébrité tardive avec ses images d’un Paris aujourd’hui disparu. En soixante-dix ans, ses images sont devenues de véritables icônes poétiques, centrées surtout sur le travail des hommes, la vie quotidienne, la ville. Mais Willy Ronis avait un jardin secret. Un jardin secret qui s’étend des Alpes aux Vosges, via le Jura, en poussant des pointes jusqu’aux Cévennes, via la
Provence. Ce citadin se révèle ici amoureux des grands espaces et de la nature en nous offrant les photos, pour la plupart inédites, qu’il a prises au cours de ses innombrables expéditions en montagne, sa passion. Loin des villes et des usines qu’il a su magnifier comme personne, son talent s’y exprime tout aussi puissamment. La Montagne de Willy Ronis est une révélation : sous les pavés, les alpages.

- La Montagne de Willy Ronis par lui-même & Christian Sorq aux éditions Terre Bleue – 173 pages - 38€ 

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