Import/Export

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                    Il me faut appeler rapidement Notre bon président Nicolas Sarkozy! Je pense avoir trouvé la solution pour d’une part éradiquer cette plaie qui nous tenaille depuis Giscard d’Estaing; le chômage et en même temps scléroser efficacement la forte croissance Chinoise qui nous menace. Nous allons envoyer nos chômeurs ( 1 896 800 officiels en Février 2008+ les 1 589 600 « cachés » soit une belle armada de plus de 3 486 400) en Chine travailler dans les usines et en retour nous exporterons le nombre nécessaire de vaillants et costauds Chinois pour combler les emplois sous-payés ou trop ardus qui ne trouvent preneur. Le tout au nom de la sincère « Amitié Franco-Chinoise »! ( Ben quoi c’est juste la version moderne du cheval de Troie, bande d’incultes!!!)Nous avons tout à gagner je vous rassure. Imaginez un peu moins de 4 millions de chômeurs « coachés » préalablement par les délégués syndicaux de la « CGT » et « Sud » cela promet. Mais pourquoi les « coacher » avant me direz-vous? Parce que chômeur ne signifie pas forcément mauvais ni pas performant comme « certaines bonnes âmes » peuvent à tort le penser en France! Bien des chômeurs sont plus efficaces au travail que nombre d’actifs. Le but de la manoeuvre est de les rendre le plus inefficace possible et pour cela les syndicats, maîtres en la matière, nous aiderons fortement à démotiver ceux qui ne le sont pas encore. En contrepartie nous récupérerons de petits mais trapus Chinois qui auront l’impression d’être en vacances en travaillant chez nous tant la différence de cadence est énorme!

                      Nos braves Français une fois sur place seront bien évidemment logés, nourris et blanchis au sein même de leurs « usines » et lieux de travail. La version moderne des corons de l’époque en somme et en plus sommaire! Sachant que le cadence de travail dans les usines chinoises est en moyenne de 15h par jour avec des pointes en cas de surcharge de travail jusqu’à 20h par jour avec non paiement des heures supplémentaires, ça risque d’être chaud pour nos concitoyens habitués à plafonner à 39h par semaine dans le meilleur des cas soit 8h par jour maximum sur 5 jours contre 15h par jour sur 7 jours pour nos amis asiatiques. Nous sommes gagnants!!!!! A peine une demi-journée après leur prise de fonction les Français seront déjà en grève et qui dit grève dit chute de la production. les plus récalcitrants eux ne tiendront pas bien longtemps non plus enclin à de violentes diarrhées dues des estomacs trop habitués à manger une nourriture « aseptisée ». Je ne donne pas cher de la peau du Comité central Chinois peu habitué à ce genre de manifestation.

                      Nos Chinois en France eux pour un salaire peu conséquent multiplierons néanmoins par cent leurs revenus d’avant et la productivité Française y gagnera autant. Le chômage ne sera plus qu’un vaste souvenir tandis qu’en Chine la révolution grondera…. Notre taux de natalité déjà le plus fort d’Europe fera un bond considérable car nos amis de Chine, bridés (Hahaha, rien je ris seul de mon jeu de mot) en terme de naissance à 1 enfant par couple rattraperons joyeusement leur retard dans ce domaine. « Jc decaux » multipliera les stations Vélib dans Paris réduisant par la même encore de moitié la circulation automobile. Notre environnement y gagnera aussi, moins de pollution etc….. et voilà notre satané pouvoir d’achat qui enfin augmentera tandis qu’en Chine excédés par tant de mauvaise volonté de la part de nos concitoyens expatriés, exécuteront ces derniers ( vieille coutume locale pour faire part de son mécontentement). Mais c’est débile ton histoire me direz-vous car à peine fusillés ils seront remplacés par d’autres Chinois. Bon en théorie vous avez raison, en pratique non! Vous avez oublié les syndicalistes…Eh oui car entre-temps ils n’auront pas chômé convertissant au 35 heures les petits nouveaux avant de mourir en héros.  Bon je vois que décidément vous ne me comprenez pas! Ok je vais prendre mon petit cachet de Prozac et part rêver à de nouvelles idées……bonne nuit 

La messe

       Messe devant Pie XI à la Chapelle Sixtine        

 

                    D’aspect extérieur, la petite église de Saint-Lambert de Vaugirard en cette belle journée printanière m’a fait penser à ses petits clochers de province autour desquels la vie s’écoule paisiblement. Et si j’allais à la messe, me dis-je. Me voilà à l’intérieur de l’édifice et si je préfères plutôt une bonne vieille messe en Latin ( L’habitude….) Je me réjouis d’avance néanmoins pour une fois d’assister à une bonne petite messe en Français (soyons moderne!). Le brave curé à la naturelle tonsure monastique, fort sympathique, vient saluer une à une ses ouailles. Je ne le savais pas mais cette messe allait se révéler fort pittoresque. Une rangée devant une mère de famille et ses deux petites filles. Devant mon siège une vieille bigote. L’église est quasi-remplie ( à ce sujet je n’ai jamais vu dans mes pérégrinations liturgiques d’églises vides. Quid de la pénurie orchestrées par les média????)

                       Le bon curé nous explique que nous sommes ce soir réunis autour de beaux chants que les « jeunes de l’aumônerie » ont choisis et qu’une d’entre-eux va chanter. Et là ce n’est plus à une messe que j’ai assisté mais à une comédie musicale de bas étage. La pauvre chanteuse bougeant frénétiquement son bras tel un chef d’orchestre chantait si faux que mes oreilles en furent toutes retournées et les braves fidèles se regardèrent plus dubitatifs les uns que les autres. Les chants étant entrecoupés par des lectures de l’évangile hésitantes récitées par les jeunes ados fervents de ladite aumônerie. Le curé lui empreint de compassion ne laissa pas poindre son désespoir. N’était-t’on pas dans la maison de Dieu là où plus qu’ailleurs tous les miracles sont possibles! Eh croyez-moi que plus intensément que devant un tirage de loterie, je l’ai souhaité de toutes mes tripes ce miracle. Mais les voix de Dieu son impénétrables et peut-être avait-t’il ce jour là un problème d’audition. La jeune femme persuadée d’être au stade de France devant 80.000 spectateurs déchaînés redoubla d’énergie dans ses médiocres gammes. Ne doit t’on pas en bon catholique faire preuve de tolérance? Certes! mais là mes limites furent vite atteintes et devant le ridicule de la situation j’eu du mal à réprimer un léger fou rire qui eu pour effet immédiat de déclencher les foudres de la vieille bigote placée devant moi. L’aïeule ne savait d’ailleurs plus où donner de la tête pestant contre les deux gamines qui s’étaient endormies sur les genoux de leur maman deux sièges plus loin et qui ronflaient allégrement assommées par tant de vacarme et un jeune couple un peu plus loin qui tentaient désespérément de faire taire leur bambin traumatisé à jamais par la voix fausse de la chanteuse. 

                         A ma droite un jeune asiatique ressemblant à un personnage de Manga lui se mit à déguerpir dès que la personne en charge de la quête tenta de s’approcher de lui. Les deux petites ronflaient de plus belle. Le bambin lui fit l’objet d’une évacuation d’urgence et la bigote n’en pouvant plus depuis longtemps était à genoux dans l’allée centrale priant tous les saints de la délivrer de ce capharnaüm pendant que le gentil curé s’époumonait à tenter d’être entendu sans la présence du moindre micro à ses côtés. Arriva la communion et cet étrange rituel chez les fidèles de la messe en Français que de « se transmettre la paix du Christ » par de vigoureuses ou flasques poignées de main et embrassades baveuses. Quel fut mon soulagement lorsqu’une heure plus tard je franchissais le perron de la brave chapelle pour partir vers mon destin. C’est dit je retournerai à la messe en Latin, c’est plus calme!!!!!  

Un chien, une cible!!!!!!

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             Imaginez un peu…. Vous vous réveillez. Il fait beau. Vous êtes de charmante humeur. Vous avez particulièrement bien dormi. A vos côtés votre amie le visage épanoui ( Eh oui, ne soyez-pas aigris) sommeille encore. Gaiement vous vous levez et tout en chantonnant, prenez votre douche avant d’avaler un copieux petit-déjeuner. Votre costume aux impeccables plis enfilé, vous voilà déjà entrain de dévaler quatre à quatre les marches de votre escalier. Le soleil brille intensément. ( c’est presque idyllique!!!!) Au moment de déboucher dans la rue vous levez les yeux au ciel pour admirer ses bienfaits. Vous ne le savez pas encore mais c’est à cet instant précis que débute votre cauchemar….. 

              Votre pied gauche se défile, vous êtes sur le point de perdre l’équilibre et ne devez votre salut qu’à la robuste épaule de votre concierge, la brave madame Ribero ( tous les personnages et les lieux de cette histoire sont fictifs et ne peuvent entraîner aucune poursuites ni suites judiciaires. Seul un infime sentiment d’agacement pourrait s’emparer de certains. Si c’est le cas consulter votre médecin! cela peut être les prémices d’une légère déprime voir plus…merci d’avance de votre compréhension. Signé: l’auteur)  qui courageusement officie dans votre immeuble depuis plus de 25 ans. Horreur! elles sont là et vous ont frappé ces maudites crottes de chien.

               Un impersceptible sentiment de colère mêlé d’impuissance s’empare de vous, prend de l’ampleur et ne tarde pas à déboucher sur une monstrueuse envie de maudire le fiéffé crétin de maître qui a impunément laissé son quadrupède de chien déféquer généreusement devant la porte d’entrée de votre résidence. Dans le même instant d’un oeil vif vous fusillez du regard la pauvre femme pestant silencieusement contre son manque de professionnalisme et tiraillé par le fait qu’insconsciemment elle vous a sauvé d’une lourde et irrémédiable chute.

               Loin de vous démonter vous avancez d’une démarche certes un brin cahotique l’air de rien vers le plus proche caniveau dans l’espoir, tel un fauve assoiffé, d’y trouver quelque eau capable de dissoudre l’immonde masse gélatineuse et caramélisée qui tel un corset enserre votre mocassin en nubuck de chez Paul Smith. Mais pas une goutte du précieux liquide ne pointe devant vous!

               D’un légendaire sang froid….tel une hyène folle en quête de nourriture vous explorez avidement les bordures, recoins et caniveaux à la recherche d’un modeste chiffon, bout de papier, ou feuille de marronnier, quelques supports possibles pour laver l’affront….C’est au bout d’une trentaine de rues, harassé par la fatigue et le soleil de plomb que vous voyez poindre à l’horizon, tapi au fond d’un modeste recoin le papier si précieux, le sésame: un vieux mouchoir usagé ayant plus l’allure d’un tableau contemporain « surréaliste » au dégradés verdâtres et pesants que de l’immaculée conception! Et vous voilà du bout des doigts, la jambe relevée en équilibre précaire (comme quoi les bipèdes et les quadrupèdes peuvent parfois étrangement se ressembler!!!) entrain de frotter rageusement la surface imbibée de votre chaussure tentant par toute l’énergie qui vous motive de décoller cet immondice, ce nid de microbes. Vous voilà l’ami des mouches! Votre mèche tombe sur votre front. Pas de problème, d’un geste assuré, vous la relevez les doigts empreints d’une flagrance ébouesque et là vous réalisez toute l’ampleur de la solitude qui s’éprend de vous. Eh oui, certes vos pieds sont soulagés, néanmoins vos narines sont attaquées. Il suffit de regarder les piétons autour de vous pour comprendre que votre eau de toilette de chez Chanel à pris des relents alguesques de grandes marées…..

           Reparti, d’un pas allégé, vous marchez la tête basse à l’affût de tout nouveau danger tout en maudissant ces sales bêtes à poils et au regard vide et niais qui vous ont causé tant de tracas. Vous les haissez désormais ces sales nains à poils drus, ras, longs, ces immondes boules aux culs loin d’être odoriférant. Du plus profond de votre âme vous les détestez, prêt tel un justicier à les éliminer un par un dans les pires souffrances possibles et inimaginables, les étrangler, les atomiser!!!! De puissantes pulsions meurtières s’emparent de vous vis à vis de ces canidés. Mais il est temps de rallier votre bureau, d’aller travailler.

          A ce moment précis votre parcours du combattant débute. Le trottoir est devenu synonyme de « champs de mines » et votre quartier prend l’allure d’un Beyrouth bombardé, d’un Bagdad miné. Les chiens ressemblent à de sordides kamikazés tenus en laisse par de dangereux maîtres idéologisés prêts à attaquer le brave innocent que vous êtes! Pas à pas, le regard rivé au sol, vous progressez. Votre front est en sueur, votre regard trouble. Au loin tel un mirage vous apercevez enfin une station de métro, bouche salvatrice qui mettra fin à vos soucis. Tel une ambassade, à l’alléchante extra-territorialité, vous vous sentez ressortissant étranger en plein conflit tentant de rallier ce petit paradis. Mais voilà qu’une soudaine averse éclate. Plus que cent mètres… la pluie tombe avec rage. Le ciel est obscur, menaçant. Des éclairs et un grondement sourd, lointain puis si proche tonne. L’orage! Le sol devient glissant, les noirâtres selles de vos ennemis se liquéfient pour mieux obstruer votre chemin. Le danger est à son comble! Vos lunettes s’embuent rendant la tâche encore plus ardue. Vous êtes trempé, désespéré, n’y voyez plus rien. La peur, l’angoisse, l’anxiété s’éprennent de vous. Seul l’imperceptible néon au dessus de la bouche de métro tel un phare pour le marin en perdition vous permets de garder l’espoir de tenir votre chemin. Vous y êtes presque et sans même avoir le temps de réaliser, la deuxième attaque survient plus sournoise, plus vile, plus meurtrière que la précédente. Vous dérapez, virevoltez pour enfin tel un vieux chêne déraciné vous fracasser à même le sol. Un sinistre canidé a déféqué devant l’entrée et s’éloigne à petits pas sûr de son immunité. Quelques jurons puis le silence se fait. Seul les clapotis de l’eau résonnent encore. Vous vous relevez péniblement les deux souliers définitivement entachés, vos pans de vestes élimés. Là trop c’est trop! Vous allez lui faire bouffer à la Bardot les déjections de ces wc empoilés qu’elle affectionne tant, elle, leur grande prêtresse. le coeur plein de haine vous dévalez les marches de l’escalier. A peine assis dans une providentielle rame vous ouvrez sous l’oeil dégoûté de vos congénères votre magazine préféré qui au vu de ses nombreuses publicités pour la race canine devient vite une torture psychologique! C’est dit vous ne renouvellerez pas votre abonnement l’année prochaine. Le téléphone à l’oreille, le regard sur votre montre qui pointe un exagéré retard, vous voilà entrain de persuader votre responsable, un pince sans rire propriétaire d’un de ces gremlins nommé roquette, de votre légitimité fondée! Six stations plus loin vous voilà entrain de raser les murs pour enfin pénétrer dans l’immeuble qui abrite votre sacro-saint bureau.

                  Le sourire crispé, les godillots entachés vous tentez de vous donner bonne allure mais une seule obsession vous tanne, les toilettes! rallier ce lieu le plus vite possible en croisant le moins de monde et par le chemin le plus court. Tout en trépignant devant l’ascenseur, vous rêvez à de beaux robinets, de moelleuses serviettes en papier et doux savons aux effluves orangées. Vous voilà enfin dans la cage dorée au miroirs étincelants lorsque surgit à la fermeture des portes, la belle blonde du service comptabilité que vous reluquez depuis des lustres sans jamais oser l’aborder pris d’un mélange de culpabilité Judéo-Chrétienne mêlée à l’angoisse de vous faire dénoncer à votre charmante et fidèle épouse! L’air faussement viril et décontracté vous lui adressez un salut suave accompagné d’un regard transperçant, voire érotico-bestial. Vous vous attendez en retour, certain de votre pouvoir inné d’attraction, à un regard de braise agrémenté d’un bonjour torride mais c’est une voix sèche et glaciale qui vient transpercer vos tympans à la vitesse de la lumière. Un bonjour dégoûté, horrifié entreprends la valse de vos oreilles vous ramenant à de cruelles réalités. C’est certain que le mélange de son eau de parfum de chez Annick Goutal avec vos relents égoutesques n’est pas du meilleur goût. L’espace exiguë et mal aéré ne vous aide pas non plus. Vos rêves et désirs s’écroulent. Des années d’approches réduites à néant en un instant. Les Dieux décidément vous ont abandonnés! La cage d’ascenseur se met à stopper brutalement, l’électricité faiblit, vous voilà bloqués. D’une Instantanée réaction instinctivo-spontanée vous réalisez immédiatement que la situation risque de s’aggraver. C’est alors avec un regard monastique, voire ermital que vous vous retournez tant bien que mal vers la blonde pour engager d’un air faussement tranquillisé une pseudo conversation n’ayant comme ultime but que de rassurer votre ego tant écorné et tenter de retourner la situation à votre avantage. Fin et délicat comme vous savez l’être, vous voilà entrain de conter frénétiquement vos pérégrinations matinales, votre dérapage sur les restes d’un dîner Yorkshirisé diarrhéique, insistant sur le fait avéré que les chiens sont bêtes et crasseux et que leurs maîtres sont à leur image. Votre regard bêtement satisfait et soulagé croise celui de la belle qui injuriée lui réponds que son chien est propre, qu’il ne défèque pas n’importe où etc… et qu’un individu aussi vil que vous n’a aucun coeur pour ces pauvres et charmantes petites créatures et par la même ne peut ressentir non plus d’amour et de respect pour le genre humain…. Là vous voilà décapité. Le seul infime espoir de l’attirer fond comme neige au soleil. Elle fait partie de la « fratrie » vous voilà au coeur d’un complot. Incroyable ils sont partout et prennent même l’apparence de « blondes enflammées ». Vous êtes assommé. Courageux et tout sauf lâche…. vous vous excusez auprès d’elle, le regard droit dans son généreux décolleté, nostalgique d’un poitrine abondante que jamais vous vous en doutez vous goûterez! Vous refrénez au mieux vos milliards de micro-pulsions sexuelles. L’air de rien ce qui chez vous n’est pas forcément aisé, vous tentez naturellement de lui glisser sous de faux prétextes vos coordonnées. Peine perdue, la ravissante est définitivement froissée et décline même votre soudaine idée d’aller promener son microscopique quadrupède. Le courant revient enfin mais pas entre vous et arrivé à l’étage tant envié vous voilà prêt tel un sprinter à rallier à vitesse grand v les toilettes du palier. Enfin parvenu à l’endroit tant désiré vous faites une toilette vous rendant plus ou moins bonne allure et votre journée, hormis les remontrances de votre supérieur, vous semble d’une totale quiétude.

                     Le soir venu, vous vous décidez à rentrer dans votre doux et paisible foyer et vous voilà parti gaillardement sur le chemin du retour scrutant scrupuleusement la moindre forme suspecte cinquante mètres au devant… vous recroisez votre concierge qui en guise de bonsoir vous hurle dans un langage des plus fleuri de vous essuyez les pieds sur le paillasson de l’entrée puis gravissez allégrement les marches de la cage d’escalier lorsque votre ascension se trouve brutalement bloquée entre le deuxième et troisième étage par la vieille sénile du septième et son idiot de caniche qui s’évertue marche après marche à la vitesse d’un escargot de rejoindre son appartement. A raison d’un marche par minute vous en avez pour la nuit, pire qu’un départ de la capitale au pont du quinze août, bouchons et pauses comprises!!!! Le saucisson à quatre pattes n’arrêtes pas de grogner vous toisant du haut de ses trente centimètres au garrot et la vieille de s’excuser non pas de vous bloquer mais de ne pas pouvoir taire les grognements de son dégénéré de chien. Profitant d’un virage serré cumulé à un moment d’inattention de la maîtresse, vous saisissez rageusement la petite boule empoilée, croisant au passage son regard hébété, presque sans vie ( le pauvre sait que ses secondes sont comptées) et le projetez violemment sur le mur du palier précédent. Un gémissement saccadé succède au bruit sec de l’impact du canidé. L’Aieulle surprise se retourne, jette un regard horrifié sur la scène du crime et se prenant le pied dans le tapis, trébuche et rejoint à son tour son chien dans l’au delà. Inerte, la pression descendante, vos maigres neurones s’entrechoquent vivement dans l’idée de tenter un brin d’analyser la situation. Fuir, prévenir? Courageux comme vous l’êtes vous décidez l’air de rien de déguerpir pour rejoindre votre femme trois étages plus haut. Devant votre porte d’entrée vous remettez un peu d’ordre, recentrez votre cravate puis comme si de rien n’était entrez chez vous, embrassant votre femme pour enfin mettre les pieds sous la table et déguster une fabuleuse terrine maison sous le regard langoureux de votre moitié normalement peu encline à tant de petits soins. Étrange, bizarre! Enfin le ventre plein, remis de vos émotions, affalé dans votre canapé, celle-ci vous annonce fièrement qu’elle vient de vous offrir un tout petit mignon fox terrier.

Quelle vie de chien……   

                         

Bien à vous,

Saint-Sulpice                

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