Irving Penn, « Les Petits Métiers » – Fondation Henri Cartier-Bresson – Paris – 5 Mai au 25 Juillet 2010

Irving Penn,

Cleaning Women - 1950 - Crédit photo: © Irving Penn

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La Fondation Henri Cartier-Bresson rend hommage à l’un des maîtres de la photographie du XXème siècle récemment disparu, Irving Penn en exposant du 5 mai au 25 juillet 2010, les Petits métiers . Né en 1917, photographe de mode notamment pour Vogue , Penn a photographié au début des années cinquante les petits métiers à Paris, Londres et New York. Admirateur du travail du français Eugène Atget, il a également pris en compte le vaste projet de l’allemand August Sander   : Hommes du XXe siècle.

Cette présentation comporte une centaine de tirages jamais montrés à Paris, empruntés auJ. Paul Getty Museum de Los Angeles, qui a acquis en 2008, sous forme de donation partielle, le premier ensemble de cette série sélectionné par Irving Penn lui-même. Les petits Métiers ont une importance toute particulière pour Penn qui a travaillé sur les négatifs à plusieurs reprises. Les premiers tirages réalisés au début des années cinquante sont des épreuves gélatino-argentiques. A partir de 1967, Penn a retravaillé ces mêmes négatifs afin d’obtenir une autre série composée de tirages au platine/palladium.

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Les Bouchers - 1950 - Crédit photo: © Irving Penn

Né en 1917, Irving Penn a révolutionné la photographie dans une quête de l’autre sans pareil. A l’instar de Cartier-Bresson, qu’il citait parmi ses influences, il s’oriente d’abord vers la peinture et le dessin . Après avoir étudié le graphisme auprès d’Alexey Brodovitch à Philadelphie, il débute sa carrière en 1943 avec sa première couverture pour le Vogue américain. Ses images se définissent par une élégante simplicité et une rigueur méticuleuse, devenues les caractéristiques de son approche intime du monde « dans une petite pièce ». Selon «   son arbre des influences   »* , Morandi, Léger et Matisse sont les racines alors que Brodovitch et Liberman forment le tronc solide de sa carrière. Dans les ramifications, on voit également Sander, Cameron ou Nadar. En quelques années seulement, Irving Penn va inventer sa lumière dans un souci d’authenticité avec une rangée d’ampoules au tungstène, un fond avec une toile neutre et des techniques de tirage.

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Patissiers - 1950 - Crédit photo: © Irving Penn

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  Il va également se confronter à des sujets académiques comme le nu ou la nature morte. Entre deux séances photo pour Vogue, il va photographier les plus grands   ; actrices, écrivains, mannequins (Picasso, Colette, Marlène Dietrich…). Décédé en 2009, cet homme secret, d’une grande liberté, a imposé pendant plus de soixante ans une nouvelle façon de voir, d’une énergie incomparable . Les photographies d’Irving Penn sont exposées dans les plus grands musées et font partie de collections majeures aux Etats-Unis et en Europe. Source: Fondation Henri cartier Bresson.

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Bonne exposition,

Saint-Sulpice

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- Fondation Henri Cartier-Bresson – 2, Impasse Lebouis – 75014 Paris – Tél: 01.56.80.27.00 – Métro: Gaité, ligne 13, sortie n°1, vers la rue de l’Ouest et Edgard Quinet, ligne 6, vers la rue de la Gaité - Bus: Ligne 28 et 58 arrêt Losserand-Maine et Ligne 88, arrêt Jean Zay Maine – Vélib: Avenue du Maine, rue de l’Ouest – Du 5 Mai 2010 au 25 Juillet 2010 - Du Mardi au Dimanche de 13h00 à 18h30, le Samedi de 11h00 à 18h45, Nocturne le Mercredi jusqu’à 20h30 ( dernière entrée 30 mn avant la fermeture ) – Tarifs: Plein 6€, Réduit 3€ ( chômeurs, moins de 26 ans, plus de soixante ans, presse, handicapés Gratuit pour les Amis de la Fondation et en nocturne le mercredi (18h30 – 20h30)

 

 

Berenice Abbott – Partie 2

Berenice Abbott - Partie 2 dans Photographie: Grands Photographes CS4349

 Traveling Tin Shop, Brooklyn - Mai 1936 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Gun Smith & Police Station - 1937 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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 Tri-Boro Barber School, 206 Bowery - Octobre 1935 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Rope Store; Peerless Equipment Co., 189 South Street – Février 1936 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Repair Parafoti – 1935~1937 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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August Pink Pank, Barber Shop – 1937 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Hardware Store, 316-318 Bowery, NYC – 1937 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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A Zito’s Bakery - 1937 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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 Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Goldberg’s Store -1938 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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 Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Biographie de Berenice Abbott

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À dix-neuf ans, Berenice Abbott fuit une enfance malheureuse dans une famille décomposée en rejoignant l’université de l’Ohio et rapidement les Beaux Arts de la ville de New York où elle fréquente Greenwich Village et ses cercles d’artistes et d’intellectuels. Elle y rencontre Man Ray, la baronne Elsa von Freytag-Loringhoven ou encore Marcel Duchamp. Après quelques essais en sculpture et en peinture, elle se lance dans l’aventure du voyage en embarquant vers Paris en mars 1921. Là, elle travaille dans l’atelier d’Emile Bourdelle, puis dans l’atelier de Constantin Brancusi.

Elle est bientôt rejointe par d’autres Américains mais elle reste sans revenu et sans vocation. Elle tente sa chance dans la sculpture et la danse à Berlin, sans réussite, et étudie à la Kunstschule avant de revenir à Paris. Man Ray lui propose de devenir son assistante. Il lui apprend les techniques du tirage en laboratoire pour lesquelles elle se montre douée puis celle de la prise de vue. Les portraits qu’elle fait de ses amis plaisent et elle réussit à en tirer quelques revenus. La concurrence avec Man Ray l’oblige à le quitter rapidement.

Le studio qu’elle ouvre alors avec l’aide de Peggy Guggenheim connaît le succès. André Gide, Jean Cocteau, James Joyce, Marie Laurencin, Pierre de Massot, André Maurois, Djuna Barnes, la baronne Murat y sont photographiés.

Après avoir découvert Eugène Atget en 1925 grâce à Man Ray, elle lui achète quelques tirages. En 1927, elle se décide à lui demander de poser pour elle. Quand elle vient lui présenter ses photos, il est trop tard. Le photographe dont elle admirait tant l’œuvre était mort peu après la séance. Elle profite de sa bonne situation financière pour acheter toutes les archives négligées d’Atget. Elle ne cessera de défendre son œuvre par des livres et des expositions, ce sera un déchirement quand, plus tard, elle devra vendre 50% des droits. De par les articles et les livres qu’elle a publié sur le travail d’Atget, Berenice Abbott a contribué à faire connaître son œuvre.

 

 Solano

 

En 1929, au cours d’un passage à New York, elle est surprise par les changements : la ville qu’elle habitait huit ans auparavant est en train de disparaître. Cet étonnement sera à l’origine de son premier projet photographique d’envergure : Changing New York qui aboutira en 1937 avec une exposition au Museum of Modern Art de New York. Mais la vie à New York n’est pas aussi aisée qu’elle le pensait et sa renommée parisienne ne lui sert à rien en Amérique où la concurrence entre photographes est plus rude qu’ailleurs. Berenice Abbott n’appartient pas au cercle des admirateurs d’Alfred Stieglitz qui domine alors le microcosme photographique imposant le modèle pictorialiste.

La crise de 1929 et la Grande Dépression qui suit réduisent considérablement ses revenus. Les financements, pourtant modestes, qu’elle sollicite pour Changing New York lui sont partout refusés, malgré les expositions intermédiaires qui lui apportent une reconnaissance limitée.

En 1935, un poste d’enseignement de la photographie lui assure un revenu fixe et son projet est enfin reconnu par le Federal Art Project. Elle peut alors s’y engager pleinement et le projet débouche en 1937 sur une exposition au Museum of the City of New York, suivi d’un portfolio dans le magazine Life et d’un livre en 1939. Forte de ce succès elle continue à valoriser l’œuvre d’Atget et découvre celle d’un autre photographe dédaigné des pictoralistes : Lewis Hine.

Son refus d’appartenir aux cénacles, la jalousie des autres photographes, les restrictions budgétaires et son esprit d’indépendance la poussent à démissionner en 1939 quand son programme est interrompu.

Elle s’intéresse désormais à la photographie scientifique estimant que, alors que la majorité en ignore tout, la science domine le monde contemporain. Elle fait le pari que la photographie doit contribuer à la culture scientifique des Américains, mais elle sera bien seule à défendre cette conviction. Déjà oubliée de la mode photographique, elle repart en quête de financements, vivant dans l’intervalle de maigres commandes. C’est le lancement de Spoutnik par l’URSS en 1957 qui lui donnera raison. Les États-Unis, craignant d’être dépassés par les Soviétiques, décident de financer davantage de projets scientifiques. Berenice Abbott obtient de collaborer avec le Massachusetts Institute of Technology et peut en quelques années réaliser les photos auxquelles elle pense depuis vingt ans.

Sa santé fragile l’oblige à quitter New York pour s’établir dans le Maine, elle y réduit peu à peu ses activités photographiques pour se consacrer à l’écriture : The World of Atget est publié en 1964, suivi d’ouvrages techniques. Elle tombe à peu près dans l’oubli qu’elle a tenté d’éviter à Atget puis Hine, quand, dans les années 1970, son œuvre bénéficie du regain d’intérêt général pour la photographie. Elle reçoit de nombreux prix et honneurs. C’est avec une part d’amertume qu’elle apprécie ce succès tardif.

L’œuvre de Berenice Abbott illustre une conception de la photographie qu’elle résume en défendant Changing New York pour lequel elle expliquait : « Le rythme de la ville n’est ni celui de l’éternité ni celui du temps qui passe mais de l’instant qui disparaît. C’est ce qui confère à son enregistrement une valeur documentaire autant qu’artistique. »

L’essence de la photographie repose sur ce rapport au temps. Le rôle de la photographie est d’enregistrer cet instant qui disparaît que Roland Barthes appellera le ça a été. La photographie dans son rapport au temps fonctionne toujours au passé, comme représentation d’un temps devenu passé. Pourtant les images d’Abbott, comme celles de Lewis Hine et d’Eugène Atget ne sont pas seulement nostalgiques : le passé, en arrière, fixé sur photographie, est à sa place.

C’est pourquoi aussi la photographie requiert de l’« authenticité »: le ça a été se perd dans la photographie manipulée ou à prétention artistique telle que la pratiquent les pictorialistes. La photographie telle que la conçoit Berenice Abbott doit marcher d’elle-même. Débutante elle disait les photos viennent bien. En 1951, elle continue à déranger les photographes intellectualistes en déclarant It has to walk alone. Selon Abott, la photographie ne doit pas chercher à imiter la peinture par des compositions ou des manipulations savantes, elle doit continuer à chercher son essence dans ce rapport à l’instant.

 

Bien à vous,

Saint-Sulpice 

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Voir aussi:

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- Berenice Abbott – Partie 1.

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A regarder:

  Image de prévisualisation YouTube  

A lire:

 

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Berenice Abbott s’est d’abord lancée comme portraitiste à Paris et plus tard à New York. Elle nous a ensuite offert un travail magistral sur la ville de New-York mais aussi sur la Route n°1 et le Maine. Abbott fut novatrice également dans le domaine de l’équipement photographique, pionnière dans l’enseignement des techniques photographiques et la première à découvrir et révéler le fabuleux et précurseur de la photographie, Eugène Atget.

 - Berenice Abbott par Ron Kurtz et Hank O’Neal aux éditions Steidl Verlag ( En langue Anglaise ) - 548 pages – 115€

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- Changing New-York, une ville en mouvement 1935~1939 par Berenice Abbott aux éditions Hazan eds – 176 pages - Prix non indiqué

Berenice Abbott

Berenice Abbott dans Photographie: Grands Photographes t-repro_054_

Manhattan Skyline II, from Weehawken, New-Jersey - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Pike and Henry Streets, Manhattan - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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 Daily News Building, 42nd Street between Second and Third Avenue, Manhattan - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Seventh Avenue, looking south from 35th street, Manhattan - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Financial District Rooftops, Looking Southwest from roof of 60 Wall Tower, Manhattan – Crédit Photo: © Berenice Abbott

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40th Street between Sixth and Seventh Avenues, Manhattan – Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Night View -1938 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Fifth Avenue House -1938 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Flatiron Building -1938 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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 Abrahan de Peyster Statue -1939 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Manhattan skyline, South street and jones lane, East River - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Canyon, Stone & William - 1936 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Canyon, Broadway & Exchanging place - 1936 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Looking Toward, Wall Street - 1936 - Crédit Photo: © Berenice Abbott

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Crédit Photo: © Berenice Abbott

 

 

Biographie de Berenice Abbott

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À dix-neuf ans, Berenice Abbott fuit une enfance malheureuse dans une famille décomposée en rejoignant l’université de l’Ohio et rapidement les Beaux Arts de la ville de New York où elle fréquente Greenwich Village et ses cercles d’artistes et d’intellectuels. Elle y rencontre Man Ray, la baronne Elsa von Freytag-Loringhoven ou encore Marcel Duchamp. Après quelques essais en sculpture et en peinture, elle se lance dans l’aventure du voyage en embarquant vers Paris en mars 1921. Là, elle travaille dans l’atelier d’Emile Bourdelle, puis dans l’atelier de Constantin Brancusi.

Elle est bientôt rejointe par d’autres Américains mais elle reste sans revenu et sans vocation. Elle tente sa chance dans la sculpture et la danse à Berlin, sans réussite, et étudie à la Kunstschule avant de revenir à Paris. Man Ray lui propose de devenir son assistante. Il lui apprend les techniques du tirage en laboratoire pour lesquelles elle se montre douée puis celle de la prise de vue. Les portraits qu’elle fait de ses amis plaisent et elle réussit à en tirer quelques revenus. La concurrence avec Man Ray l’oblige à le quitter rapidement.

Le studio qu’elle ouvre alors avec l’aide de Peggy Guggenheim connaît le succès. André Gide, Jean Cocteau, James Joyce, Marie Laurencin, Pierre de Massot, André Maurois, Djuna Barnes, la baronne Murat y sont photographiés.

Après avoir découvert Eugène Atget en 1925 grâce à Man Ray, elle lui achète quelques tirages. En 1927, elle se décide à lui demander de poser pour elle. Quand elle vient lui présenter ses photos, il est trop tard. Le photographe dont elle admirait tant l’œuvre était mort peu après la séance. Elle profite de sa bonne situation financière pour acheter toutes les archives négligées d’Atget. Elle ne cessera de défendre son œuvre par des livres et des expositions, ce sera un déchirement quand, plus tard, elle devra vendre 50% des droits. De par les articles et les livres qu’elle a publié sur le travail d’Atget, Berenice Abbott a contribué à faire connaître son œuvre.

 

 Solano

 

En 1929, au cours d’un passage à New York, elle est surprise par les changements : la ville qu’elle habitait huit ans auparavant est en train de disparaître. Cet étonnement sera à l’origine de son premier projet photographique d’envergure : Changing New York qui aboutira en 1937 avec une exposition au Museum of Modern Art de New York. Mais la vie à New York n’est pas aussi aisée qu’elle le pensait et sa renommée parisienne ne lui sert à rien en Amérique où la concurrence entre photographes est plus rude qu’ailleurs. Berenice Abbott n’appartient pas au cercle des admirateurs d’Alfred Stieglitz qui domine alors le microcosme photographique imposant le modèle pictorialiste.

La crise de 1929 et la Grande Dépression qui suit réduisent considérablement ses revenus. Les financements, pourtant modestes, qu’elle sollicite pour Changing New York lui sont partout refusés, malgré les expositions intermédiaires qui lui apportent une reconnaissance limitée.

En 1935, un poste d’enseignement de la photographie lui assure un revenu fixe et son projet est enfin reconnu par le Federal Art Project. Elle peut alors s’y engager pleinement et le projet débouche en 1937 sur une exposition au Museum of the City of New York, suivi d’un portfolio dans le magazine Life et d’un livre en 1939. Forte de ce succès elle continue à valoriser l’œuvre d’Atget et découvre celle d’un autre photographe dédaigné des pictoralistes : Lewis Hine.

Son refus d’appartenir aux cénacles, la jalousie des autres photographes, les restrictions budgétaires et son esprit d’indépendance la poussent à démissionner en 1939 quand son programme est interrompu.

Elle s’intéresse désormais à la photographie scientifique estimant que, alors que la majorité en ignore tout, la science domine le monde contemporain. Elle fait le pari que la photographie doit contribuer à la culture scientifique des Américains, mais elle sera bien seule à défendre cette conviction. Déjà oubliée de la mode photographique, elle repart en quête de financements, vivant dans l’intervalle de maigres commandes. C’est le lancement de Spoutnik par l’URSS en 1957 qui lui donnera raison. Les États-Unis, craignant d’être dépassés par les Soviétiques, décident de financer davantage de projets scientifiques. Berenice Abbott obtient de collaborer avec le Massachusetts Institute of Technology et peut en quelques années réaliser les photos auxquelles elle pense depuis vingt ans.

Sa santé fragile l’oblige à quitter New York pour s’établir dans le Maine, elle y réduit peu à peu ses activités photographiques pour se consacrer à l’écriture : The World of Atget est publié en 1964, suivi d’ouvrages techniques. Elle tombe à peu près dans l’oubli qu’elle a tenté d’éviter à Atget puis Hine, quand, dans les années 1970, son œuvre bénéficie du regain d’intérêt général pour la photographie. Elle reçoit de nombreux prix et honneurs. C’est avec une part d’amertume qu’elle apprécie ce succès tardif.

L’œuvre de Berenice Abbott illustre une conception de la photographie qu’elle résume en défendant Changing New York pour lequel elle expliquait : « Le rythme de la ville n’est ni celui de l’éternité ni celui du temps qui passe mais de l’instant qui disparaît. C’est ce qui confère à son enregistrement une valeur documentaire autant qu’artistique. »

L’essence de la photographie repose sur ce rapport au temps. Le rôle de la photographie est d’enregistrer cet instant qui disparaît que Roland Barthes appellera le ça a été. La photographie dans son rapport au temps fonctionne toujours au passé, comme représentation d’un temps devenu passé. Pourtant les images d’Abbott, comme celles de Lewis Hine et d’Eugène Atget ne sont pas seulement nostalgiques : le passé, en arrière, fixé sur photographie, est à sa place.

C’est pourquoi aussi la photographie requiert de l’« authenticité »: le ça a été se perd dans la photographie manipulée ou à prétention artistique telle que la pratiquent les pictorialistes. La photographie telle que la conçoit Berenice Abbott doit marcher d’elle-même. Débutante elle disait les photos viennent bien. En 1951, elle continue à déranger les photographes intellectualistes en déclarant It has to walk alone. Selon Abott, la photographie ne doit pas chercher à imiter la peinture par des compositions ou des manipulations savantes, elle doit continuer à chercher son essence dans ce rapport à l’instant.

 

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 

A regarder:

 

Image de prévisualisation YouTube

 

A lire:

 

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Berenice Abbott s’est d’abord lancée comme portraitiste à Paris et plus tard à New York. Elle nous a ensuite offert un travail magistral sur la ville de New-York mais aussi sur la Route n°1 et le Maine. Abbott fut novatrice également dans le domaine de l’équipement photographique, pionnière dans l’enseignement des techniques photographiques et la première à découvrir et révéler le fabuleux et précurseur de la photographie, Eugène Atget.

 - Berenice Abbott par Ron Kurtz et Hank O’Neal aux éditions Steidl Verlag ( En langue Anglaise ) - 548 pages – 115€

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- Changing New-York, une ville en mouvement 1935~1939 par Berenice Abbott aux éditions Hazan eds – 176 pages - Prix non indiqué

GRANDS PHOTOGRAPHES – A ~ F

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N

Voici par catégorie l’ensemble de mes articles publiés. Espérant que cet index facilitera votre « navigation » au sein de mon blog. Bonne Lecture. Il vous suffit de cliquer sur l’article qui vous intéresse et vous n’avez plus qu’à le lire directement.

Toutes les images visibles sur ce site le sont dans un but éducatif et de valorisation de l’Artiste ainsi que de son travail. Si celui-ci ou un ayant droit refuse de les y voir figurer, elle seront retirées sur simple demande.

N

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 

 

Grands Photographes – de A à F

 

A

 

Stanko Abadžic.

GRANDS PHOTOGRAPHES - A ~ F

Berenice Abbott. 

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Berenice Abbott – Partie 2. 

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Zalmaï Ahad.

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Robert d’Alessandro. 

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Robert d’Alessandro – Partie 2.

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Henry Clay Anderson. 

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Dave Anderson.

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Diane Arbus

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Diane Arbus – Partie 2.

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Diane Arbus – Partie 3. 

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Graziano Arici.

Graziano Arici dans PHOTOGRAPHIE SULPICIENNE

Hommage à Eugène Atget – ( Première partie).

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Jean-Marie & Pierre Auradon.

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B

 

Andrei Baciu.

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Angela Bacon-Kidwell

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Jamie Baldridge.

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Roger Ballen. 

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Tom Baril. 

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Letizia Battaglia. 

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Denise Bellon. 

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Luis Beltrán.

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Luis Beltrán – Partie 2.

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Luis Beltrán – Partie 3.

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Ruth Bernard. 

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Massimo Berruti.

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Jean-Michel Berts. 

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 Jean-Michel Berts – Partie 2. 

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Ilse Bing. 

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Vladimir Birgus – Partie 1. 

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Vladimir Birgus – Partie 2. 

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Vladimir Birgus – Partie 3. 

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Julio Bittencourt

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Julie Blackmon. 

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Blanc & Demilly. 

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Blanc & Demilly – Partie 2. 

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Blanc & Demilly – Partie 3. 

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Liu Bolin. 

 

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Régis Bourguignon.

Régis Bourguignon dans PHOTOGRAPHIE SULPICIENNE 10583040_613937468722666_4635827126633886123_o

Edouard Boubat. 

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Claude Bour.

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Marcel Bovis.

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Marcel Bovis – Partie 2.

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Nick Brandt.

Brassaï. 

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Margaret Bourke-White. 

Susan Burnstine.

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Paul Byrne.

12189263_1695990470687190_2367033813984059425_o dans Photographie: Grands Photographes

 

C

Calmen & Bench.

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Jerry Cargill.

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Henri Cartier Bresson – Partie 1. 

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Henri Cartier-Bresson – Partie 2. 

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Henri Cartier-Bresson – Partie 3. 

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Maurice-Georges Chanu. 

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Le Saint-Petersbourg de Chusseau-Flaviens.

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Lucien Clergue.

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John Colbensen.

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Jamie Cook. 

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Jamie Cook – Partie 2. 

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Edward Sheriff Curtis.

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Edward Sheriff Curtis – Partie 2. 

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Edward Sheriff Curtis – Partie 3. 

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Edward Sheriff Curtis – Partie 4. 

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Edward Sheriff Curtis – Partie 5. 

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Edward Sheriff Curtis – Partie 6. 

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Edward Sheriff Curtis – Partie 7. 

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Edward Sheriff Curtis – Partie 8. 

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Edward Sheriff Curtis – Partie 9. 

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D

William Dassonville. 

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William Dassonville – Partie 2. 

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Judy Dater. 

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Judy Dater – Partie 2. 

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Bruce Davidson. 

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Bruce Davidson – Partie 2. 

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Bruce Davidson – Partie 3. 

Bruce davidson – Partie 4. ARTICLE EN TRAVAUX

Roy de Carava. 

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Robert Doisneau – Partie I.

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Robert Doisneau – Partie 2. 

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Robert Doisneau – Partie 3. 

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Robert Doisneau – Partie 4. 

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Robert Doisneau – Partie 5. 

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Robert Doisneau – Partie 6. 

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Robert Doisneau – Partie 7. 

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Robert Doisneau – Partie 8. 

Desiree Dolron.

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Marcus Doyle.

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Marcus Doyle – Partie 2.

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Marcus Doyle – Partie 3.

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Max Dupain. 

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Max Dupain – Partie 2. 

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Louis-Emile Durandelle – La construction de la Tour Eiffel.

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Louis-Emile Durandelle – La Gare Saint-Lazare.

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E

Josef Ehm. 

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Alfred Eisenstaedt.

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Elliott Erwitt. 

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Elliott Erwitt – Partie 2. 

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Lalla Essaydi.

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Douglas Ethridge.

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Douglas Ethridge – Partie 2.

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Walker Evans. 

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Walker Evans – Partie 2. 

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Walker Evans – Partie 8. 

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F

 

Gilbert Fastenaekens.

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Andreas Feininger. 

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Andreas Feininger – Partie 2. 

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Andreas Feininger – Partie 3.

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Andreas Feininger – Partie 4. 

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Andreas Feininger – Partie 5. 

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Andreas Feininger – Partie 6. 

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Andreas Feininger – Partie 7. 

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Andreas Feininger – Partie 8. 

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Andreas Feininger – Partie 9. 

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Andreas Feininger – Partie 10. 

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Andreas Feininger – Partie 11. 

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Andreas Feininger – Partie 12. 

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Harold Feinstein. 

Harold Feinstein – Partie 2. 

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Harold Feinstein – Partie 3. 

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David Fokos.  

David Fokos – Partie 2. 

CLIFF

Martine Franck

Lee Friedlander. 

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