Jean-Baptiste Camille Corot – Musée des beaux-Arts de Reims

Jean-Baptiste Camille Corot - Musée des beaux-Arts de Reims  dans EXPOSITIONS 2d089b5c-1597-11de-b069-ff05ab5472f1

 

Peindre la nature pour Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875) était tout sauf une partie de campagne.

 

 t-corot_m_lancolie_2 dans EXPOSITIONS

 

 Premier à sortir de l’atelier pour écumer, après l’Italie, les provinces françaises, l’éclaireur de Barbizon et de Ville-d’Avray traquait passionnément non seulement le paysage mais aussi l’état d’âme qu’il semble refléter.

 

camilleCorot-1826-1827

 

Fixer à la fois son instantanéité et son intemporalité à travers ses lumières subtiles et changeantes était un bonheur pour cet artiste formé dans la tradition classique et inspiré par le réalisme hollandais autant que par l’école anglaise de Constable.

 

 corot_remparts

 

Son secret ? Il reprenait son travail une fois rentré au chaud.

 

 mfp_mma_07

 

 Là, il s’agissait de faire jouer le souvenir, la réminiscence, choses aussi vraies et utiles en art que le moment présent.

 

 camilleCorot2-1826

 

 Le résultat a impressionné les impressionnistes, ses élèves, comme Camille Pissarro ou Berthe Morisot, et d’autres grandes signatures.

 

 camilleCorot-1826

 

 Pour Monet, «il y a un seul maître, Corot. Nous ne sommes rien en comparaison, rien».

 

 woman_reading_corot

 

 Quant à Renoir, il saluait cette touche épaisse et rapide qui, sans jamais idéaliser son sujet, réussit si bien à en capturer l’atmosphère.

 

 corot_stnico

 

 Jusqu’au moindre jeu de lumière dans un feuillage, un reflet dans l’eau, le caractère informe d’un rocher de Fontainebleau, «la couleur d’une pierre» ou la texture d’un mur.

 

moine_corot_gr

 

 «Allez tous les ans peindre au même endroit ; copiez le même arbre», conseillait Corot à Redon. Degas, lui, estimait qu’il était encore plus grand portraitiste que paysagiste.

 

 camilleCorot-1826_FromGardenFarnese

 

Une telle fortune critique suffirait à consacrer l’auteur quasi symboliste de Lac, effet de nuit. Mais le début du XXe siècle l’a également beaucoup regardé, ainsi que le rappelle David Liot, cocommissaire d’une exposition sur ce thème au Musée des beaux-arts de Reims, une institution dont il est le directeur.

 

Camille-Corot-XX-A-Girl-Reading

 

En partenariat avec le Louvre et son directeur du département des peintures, Vincent Pomarède, il a accroché une trentaine de ces paysages à demi rêvés, souvent baignés de halos argentés ou dorés, en regard d’une quarantaine d’œuvres de maîtres ultérieurs. L’ensemble confirme magistralement ce que disent les manuels d’histoire de l’art quand ils parlent de Corot comme «dernier des classiques et premier des modernes».

 

 53250_1287398857

 

Sept sections thématiques ponctuent la visite. Par exemple, les Pins à Cagnes, de Renoir, ou Arbres et maisons, de Cézanne, répondent à L’Étang à l’arbre penché, leur aîné respectivement de cinquante-quatre et vingt ans, dans la partie intitulée «Rideaux d’arbres, rideaux de scènes». Encore plus intéressant : ce choix de retenir Pignon de ferme à Oehle de 1906, très géométrique, de Mondrian. Il révèle ce qu’il doit à Cour d’une boulangerie près de Paris, réalisé par Corot entre 1865 et 1870.

 

 Young_girl_being_studied_writing

 

Dans une autre section dite «Muses, nymphes et musique», une Algérienne couchée sur le gazon, de Corot, est à peine moins languide et orientale que l’Odalisque à la culotte rouge peinte par Matisse un demi-siècle plus tard. Dans les années 1910, Juan Gris et Picasso scrutèrent aussi Corot, mais ce sont Derain et Lhote qui seront les plus redevables.

 

 La_Femme_a_la__perle

 

Dernière surprise, en fin de parcours, dans une salle toute jaune, des feuilles de Corot sont présentées avec d’autres de Kandinsky. «J’interprète autant avec mon cœur qu’avec mon œil», écrivait le premier tandis que le second, qui cherchait à transcender les formes naturelles pour ne retenir que la pure sensibilité, approuvait. Par-delà les époques, dans leurs maladresses qui trahissent une recherche fébrile et dans leur sujet vide de toute anecdote, ces esquisses fraternisent.

 

 080211_r17066_p465

 

En addenda, une pièce du musée présente encore une vingtaine de Corot, car Reims possède le deuxième fonds du peintre après le Louvre.

Biographie de Jean-Baptiste Camille Corot

ef72d53990bc4805684c9b61fa64a102-2

Né le 17 juillet 1796 et décédé le 22 février 1875, Jean-Baptiste Camille Corot fut un peintre impressionniste de renom. Véritable maître de la peinture, Camille Corot sera l’un des plus importants en ce qui concerne le mouvement impressionniste. Véritablement passionné par les voyages, ce dernier partir aux quatre coins de la France et de l’Italie. Considéré comme le Père fondateur du mouvement impressionniste, Camille Corot suscitera beaucoup d’admiration auprès de ses compères tels que Claude Monet. Camille Corot sera à la frontière entre deux mouvements. Il commencera son oeuvre artistique sous le mouvement néo-classique et assistera à la naissance de l’impressionnisme. Ce mouvement apportera une véritable touche de modernité. L’impressionnisme apparaîtra comme une véritable révolution dans le monde de l’art. Il marque une rupture complète avec le mouvement néoclassique. Les codes ne sont plus les mêmes. Il y a une véritable volonté de se détacher des normes trop restrictives en termes de peinture néoclassique. Camille Corot sera alors l’un des dignes représentants de cette rupture dans le monde de l’art.  Au travers des ses peintures, Camille Corot dépeindra des paysages sans anecdotes et complètement baignés aignés de lumière. La représentation de la nature sera alors une des inspirations des peintres impressionnistes. Issu d’une famille de commerçants aisés, Jean-Baptiste Camille Corot effectuera des études au sein du collège de Rouen. Ce passionné de peinture rejoindra par la suite l’atelier du peintre Achille Etna Michallon. C’est à ses côtés que Camille Corot s’initiera au néoclassicisme. Par la suite, le jeune peintre rejoindra l’atelier de Jean Victor Bertin et découvrira le village de Barbizon, au sein duquel la célèbre Ecole de Barbizon prendra place quelques temps après. Entre 1830 et 1845, le peintre Camille Corot sillonnera les régions de la France à la recherche de paysages purs. Entre la Normandie, la Provence, l’Auvergne, le Limousin, la Bretagne ou encore la Bourgogne, ses voyages se succèderont. A partir des années 1850, Camille Corot se professionnalise véritablement au travers de sa peinture. Il offrira alors des oeuvres telles que « Nymphe couchée », « Femme cueillant des fleurs », « Le Quai des Paquis à Genève », « Souvenir de Montefontaine » ou encore « Prairie aux deux grands arbres ». Camille Corot acquière rapidement une certaine notoriété auprès de nombreux artistes. Il sera alors amené à travailler avec des peintres tels que Eugène Lavieille, Eugène Boudin, Berthe Morisot ou encore François Louis Français. A l’heure actuelle, les oeuvres de Camille Corot sont exposées un peu partout dans le monde.

Bien à vous,

Saint-Sulpice

«De Corot à l’art moderne, souvenirs et variations» – jusqu’au 24 mai 2009 au Musée des beaux-arts de Reims – 8, rue Chanzy – 51100 Reims – Tél: 03.26.35.36.00, catalogue Hazan, 216 p., 39 €.

Alexandre Calder – Les Années Parisiennes 1926 ~ 1933 – Centre Georges Pompidou – Paris

Alexandre Calder - Les Années Parisiennes 1926 ~ 1933 - Centre Georges Pompidou - Paris dans EXPOSITIONS EXP-CALDER

 

Le but de l’exposition, consacrée aux premières années de création de Calder à Paris (1926-1933), est d’explorer les sources de cet « art d’ingénieur », notamment à l’origine de son premier chef-d’oeuvre, le Cirque. Grâce aux nombreuses pièces exposées, mises en mouvement à l’aide de films, de documents d’archives, les visiteurs d’aujourd’hui pourront retrouver la magie des créations animées de l’artiste et la truculence de ses portraits au fil de fer, inspirés par des vedettes et artistes de l’époque.

L’exposition met aussi en valeur l’autre temps fort de la création de Calder qui, en 1930, après une visite à l’atelier de Mondrian, bascule définitivement vers l’abstraction.

 

Biographie d’Alexandre Calder

200px-Portrait_of_Alexander_Calder_1947_July_10 dans EXPOSITIONS

Alexander Calder est le fils de deux artistes. Ingénieur de formation, il a surtout réalisé des mobiles, assemblages de formes animés par les mouvements de l’air, des stabiles « la sublimation d’un arbre dans le vent » d’après Marcel Duchamp.

En 1923, il entre à l’Art Students League of New York où il étudie avec des peintres de l’École Ashcan comme John Sloan et George Luks (en anglais). En 1924, il travaille comme illustrateur auprès de la National Police Gazette. En 1925, il réalise sur commande l’illustration des spectacles du cirque Ringling Ëbros. and Barnum & Bailey circus.

Il va se découvrir une fascination pour le thème du cirque qui débouchera sur son Cirque de Calder, une performance où interviennent des figures faites de fil de fer et dans laquelle l’artiste joue le rôle de maître de cérémonie, de chef de piste et de marionnettiste en faisant fonctionner manuellement le mécanisme, le tout étant accompagné de musique et d’effets sonores. Le Cirque de Calder se produira à Paris en 1926.

Il s’installe en France en 1927, où il fabrique des jouets et donne des représentations avec son cirque de marionnettes, en fil de fer ainsi qu’en en bois articulés. Il entre en contact avec des artistes de l’avant-garde artistique parisienne comme Joan Miró, Jean Cocteau, Man Ray, Robert Desnos, Fernand Léger, Le Corbusier, Theo van Doesburg et Piet Mondrian en 1930 qui aura une grande influence artistique sur lui. Il abandonne la sculpture figurative en fil de fer qu’il avait pratiquée depuis 1926 pour adopter un langage sculptural entièrement abstrait.

En 1931, il s’incorpore au groupe Abstraction-Création, qui se consacre à la non figuration. À la galerie Percier, il expose une série d’œuvres abstraites faisant référence au monde naturel et aux lois de la physique qui le gouvernent. Construites en fil de fer et en bois, la plupart de ces œuvres évoquent la disposition de l’univers. Il commence aussi à construire des sculptures composées d’éléments mobiles indépendants entraînés par un moteur électrique ou par manivelle manuelle. En 1932, il expose trente de ces sculptures qualifiées de mobiles par Marcel Duchamp et qui marquent le début de sa carrière.

En 1943, le Museum of Modern Art de New York organise une première rétrospective, suivie en 1946 par une exposition à Paris préfacée par Jean-Paul Sartre, et en 1952, il obtient le grand prix de la Biennale de Venise.

En 1958, il réalise le mobile du siège parisien de l’Unesco, dix mètres de haut, deux tonnes d’acier noir, cinq bras.

En 1962 il s’installe dans son nouvel atelier du Carroi, d’une conception très futuriste et dominant la vallée de la Basse-Chevrière à Saché en Indre-et-Loire. Il n’hésitait pas à offrir ses gouaches et de petits mobiles à ses amis du pays ; il fit même don à la commune d’un stabile trônant depuis 1974 face à l’église : une anti-sculpture affranchie de la pesanteur.

Il fit fabriquer la majeure partie de ses stabiles et mobiles aux Ets Biemont à Tours, dont L’Homme, tout en acier inoxydable de 24 mètres de haut, commandé par l’International Nickel du Canada (Inco) pour l’Exposition Universelle de Montréal en 1967. Toutes les fabrications seront faites d’après une maquette réalisée par Calder, par le bureau d’étude pour concevoir à l’échelle réelle, puis par des ouvriers chaudronniers qualifiés pour la fabrication, Calder supervisant toutes les opérations, et modifiant si nécessaire l’œuvre. Tous les stabiles seront fabriqués en acier au carbone, puis peints, pour une majeure partie en noir, sauf l’Homme qui sera en acier inoxydable (brut), les mobiles étant fabriqués en aluminium et duralumin.

Il collabora au projet de Hervé Poulain, Art Cars, qui consistait à personnaliser un bolide pour les 24 heures du Mans. En firent de même Andy Warhol, César, Arman, Roy Lichtenstein, Wolinski, Franck Stella…

Alexander Calder meurt d’une crise cardiaque à New York, le jour du vernissage d’une rétrospective de son œuvre. Les quatres elements sont sublimes

 

Centre Georges Pompidou - Place Georges Pompidou - 75004 Paris – Tel: 01.44.78.12.33 - 18 Mars au 20 Juillet 2009 - Le Musée et les expositions sont ouverts de 11h à 21h (fermeture des caisses à 20h et évacuation des salles à 20h50). Nocturnes tous les jeudis jusqu’à 23h pour certaines expositions précisées dans l’agenda des manifestations (fermeture des caisses à 22h). Tarifs: Plein 12€ Réduit 8€.

Ursula Uleski

Ursula Uleski dans Artistes: Peintres & sculpteurs, etc... uleski_ursula-300

Crédit Peinture: © Ursula Uleski

« Je travaille sous l’emprise de l’émotion. Quand je peins, je ne m’arrête pas. Je dois accompagner mon geste jusqu’au bout et d’une seule traite. Quand cette pulsion est là, j’essaie d’y répondre tout de suite,  après, c’est un autre travail. Tant que mon oeil n’est pas tranquille, je continue d’intervenir sur le tableau. »

 

armin__e__80X80_acrylique_sur_toile_r__duit_ dans Artistes: Peintres & sculpteurs, etc...

Crédit Peinture: © Ursula Uleski

 

Architecte, artiste peintre, designer, décoratrice, architecte d’intérieur, sculpteur, styliste !

 

 jpg_arton852mini-0a766

Crédit Peinture: © Ursula Uleski

 

 Donnez-lui un espace à aménager, un terrain à construire, une toile tendue sur un châssis, un vêtement à créer, un objet, une matière quelle qu’elle soit… et c’est tout son talent qui se déploiera.

 

 introphumainrvlationacryliquesurtoile100x180

Crédit Peinture: © Ursula Uleski

 

« J’aime l’instant où mes mains expriment par le trait, cet état de grâce intérieur, difficilement explicable par les mots ! »

 

 A7971-2083-Logo1

Crédit Peinture: © Ursula Uleski

 

« Pour moi l’art, c’est la célébration de la vie : énergie et mouvement.

 

 ULESKI_5_BARLINEK120X100_acrylique_sur_toile

Crédit Peinture: © Ursula Uleski

 

 Que le désespoir soit dans la vie de l’artiste ou bien dans son époque, le désespoir ne doit jamais gagner.

 

h-20-1253942-1220045712

 

Crédit Peinture: © Ursula Uleski

 

 Les époques les plus terribles ont engendré les oeuvres les plus belles : belles dans le sens de… oeuvres qui célèbrent la vie.

 

Ursula_ULESKI_-_Vertige_90_x_70_acrylique_sur_toile-rsz-7ce17

Crédit Peinture: © Ursula Uleski

 

 Quelle que soit l’époque dans laquelle on se trouve – aussi sinistre soit-elle – on doit pouvoir continuer de célébrer tout ce qui nous tient debout : célébration de la vie, célébration du plaisir, de la joie. Jubilation ! Quand je peins, je célèbre aussi la peinture. »

 

mai-68-bond-rebond-et-reprise-de-volee

Crédit Peinture: © Ursula Uleski

isation_3_-_acrylique_sur_toile_60x60_ER2DUC

Crédit Peinture: © Ursula Uleski

Urgent_d__sir_1_1_100X100

Crédit Peinture: © Ursula Uleski

sula_-_Sans_titre_100x80_acrylique_sur_toile

Crédit Peinture: © Ursula Uleski

Biographie d’Ursula Uleski

1546995724

 

Architecte, artiste peintre, designer, décoratrice, architecte d’intérieur, sculpteur, styliste ! Donnez-lui un espace à aménager, un terrain à construire, une toile tendue sur un châssis, un vêtement à créer, un objet, une matière quelle qu’elle soit… et c’est tout son talent qui se déploiera.

Ursula et la Pologne

En 1983, Ursula quitte son pays et gagne la France, diplôme d’architecte en poche – Ecole polytechnique de Szczecin (Stétine, en français), primée au « Concours des diplômes » (équivalent du prix de Rome).

Ursula Leszkiewicz et la France

La vache enragée. En attendant le Veau d’Or ?

Femme-architecte d’origine étrangère, exerçant une profession dominée par les hommes, Ursula Leszkiewicz deviendra néanmoins, et… très vite, l’éminence grise de nombreuses agences d’architecture (et non des moindres : G. Thurnauer – fut son premier employeur) qui ne se priveront pas de faire appel à son coup de crayon, fruit d’une imagination sans bornes, tempérée par un esprit de synthèse qui lui permet de trouver très vite… la solution.

Membre de l’Ordre des architectes, Ursula Leszkiewicz travaillera sur de nombreux projets importants de la région parisienne et en province avant d’être accueillie par l’association « Ligne et couleur ». De dimension européenne, cette association regroupe des architectes-artistes : peinture, dessin, sculpture et gravure.

Après quelques années fastes, alternant entre la Pologne et la France, Ursula Leszkiewicz prendra ses distances avec le métier d’architecte avec quelques bleus à l’âme… (métier que l’informatique a vampirisé, sans oublier les donneurs d’ordres qui aujourd’hui malmènent quelque peu cette profession) pour mieux retrouver ce qu’elle n’a jamais vraiment quitté : le dessin et la peinture. Les enseignants et les artistes qu’elle côtoie pendant un temps aux ateliers des Beaux Arts de la ville de Paris verront en elle, dès les premiers jours, une artiste-peintre qui n’a jamais cessé de l’être… avant même de le devenir.

Ses deux identités polonaise et française – dédoublements, confrontations – et sa formation initiale participent de son positionnement comme « architecte et artiste » : double compétence, double résonance et double identité.

« J’aime l’instant où mes mains expriment par le trait, cet état de grâce intérieur, difficilement explicable par les mots car, seul cet instant est capable de m’apporter la garantie du bonheur d’exister ! »

Avec la peinture, Uleski retrouve tous ses droits, sa place et son dû et son âme aussi – slave de surcroît – recouvrant une liberté d’expression totale. Et là, elle ne doit rien à personne et personne ne lui doit rien non plus.

« Quand je peins, je cherche un petit signe sur la toile, un signe adressé au fond de l’oeil et quel que soit cet oeil : oeil avisé, oeil néophyte… Quand je pense à la peinture, je pense à l’invisible aussi. Dans un tableau ce qui est invisible est tout aussi important que ce qui est visible. La peinture doit pouvoir rendre un peu plus visible ce qui ne l’est pas, aux côtés de ce qui semble visible… tout de suite. »

Et son sourire… ce sourire qu’elle a gardé ! Un miracle ce sourire car, quand Uleski sourit, c’est Ursula qu’elle affiche : Ursula, son enfance et son adolescence dans son pays natal : la Pologne.

« Je travaille à l’émotion, sous l’emprise de l’émotion. Quand je peins, je ne m’arrête pas. Je dois accompagner mon geste jusqu’au bout et d’une seule traite. Et si je dois y rester des heures, eh bien, tant mieux ! Je ne lâche pas la toile tant que je n’ai pas épuisé cette émotion. »

L’inspiration ne lui fait jamais défaut. Sans faiblesse, sans compromis cette inspiration jubilatoire qui gagnera tout en une seule fois, quitte à tout perdre !

« Pendant des siècles, les peintres – pour ne parler que d’eux – n’étaient autorisés à se figurer que ce que le commun des mortels pouvait se figurer avec eux. Depuis, les choses ont changé, bien évidemment. Mais… cela dit, je connais peu d’artistes dits abstraits qui… ne figurent rien ou bien des artistes qui ne… se… figurent rien lorsqu’ils créent et ce faisant, des artistes qui ne… nous… figurent pas quelque chose en retour. Alors, je crois vraiment que c’est un débat stérile cette opposition entre figuratif et abstrait. Nous les artistes dits « non figuratifs », on se figure tous quelque chose en créant… même s’il n’est pas donné à tout le monde de se le figurer avec nous. Cela dit, un artiste peut toujours parler de ce qu’il crée, en fin d’analyse, il faut bien reconnaître que le processus de création engendre sa propre dynamique aussi. »

Eruptions (irruptions ?) de couleurs servies par un empâtement obstiné et puissant. Sujets, formes et figures qu’on ne retrouvera dans aucune autre mémoire, dans aucun autre lieu, dans aucune autre histoire et sur lesquels on ne repassera pas… parce que c’est trop tard et puis… parce que c’est bien comme ça.

Précision du geste donc : geste sûr, tendu, d’un seul geste… d’un coup d’un seul, d’une seule traite, comme un seul jet !

« Je n’ai rien contre les accidents mais je pense que tout doit avoir sa raison d’être dans une toile : pourquoi telle technique, telle couleur, telle composition, telle facture… là en particulier, là et pas ailleurs, etc. et cette raison doit appartenir à l’artiste. Ce qui doit lui échapper… doit vraiment être ce qui… devait lui échapper ! Pour le reste… je préfère penser à un artiste responsable de ses choix : créer c’est aussi et surtout, choisir et choisir c’est aussi exclure. »

Alors… oui ! C’est Elle ! C’est Uleski ou la peinture contemporaine dans tous ses états !

Son site « Peinture, son et texte »

Ses toiles, hagiographie et entretien avec l’artiste à l’adresse suivante : http://peinture.artiste.uleski.over-blog.com

 

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 

 

Valadon ~ Utrillo – 6 Mars au 15 Septembre 2009 – Pinacothèque de paris

Valadon ~ Utrillo - 6 Mars au 15 Septembre 2009 - Pinacothèque de paris dans EXPOSITIONS utrillo-valadon-w

 

 Pour la première fois un ensemble complet de la période blanche (1910-1914) de Maurice Utrillo, est rassemblé pour cette exposition exceptionnelle.

 

 valadon_blueRoom dans EXPOSITIONS

 

 Cette période artistique est caractéristique par l’utilisation de plâtre dans sa peinture.

 

 513_utrillo

 

Celui-ci revendique ainsi son identité montmartroise, puisque c’est de la butte que l’on extrayait le gypse de Paris, depuis des générations.

 

valadon.6.anexidimages

 

 Utrillo n’appartient à aucune école, à aucun mouvement, c’est un autodidacte ayant reçu les conseils avisés de sa mère Suzanne Valadon.

 

 utrillo-cortot

 

 Artiste de talent mais aussi homme fragile, souffrant d’un problème d’alcoolisme dès son plus jeune âge et dont il a toujours eu du mal à se débarrasser. Il fut souvent vu écumant les cabarets de Montmartre et les cafés de Montparnasse avec ses amis Modigliani et Soutine.

 

 valadon_adamAndEve
Cette exposition est aussi l’occasion de découvrir Suzanne Valadon, cette femme de caractère était un personnage marquant de la vie de bohème de la butte.

 

valadon.7.anexidimages

 

 C’est surtout cet aspect romanesque de sa vie qui frappe notre esprit. D’abord acrobate de cirque puis modèle de Puvis de Chavanne, de Renoir et de Degas, elle fut aussi la maitresse de Toulouse-Lautrec, d’Eric Satie…

 

 valadon_abandonedDoll

 

Cette vie libérée ne doit pourtant pas occulter la talentueuse artiste reconnue et encouragée par ses pairs dès ses premiers pas d’artiste, et évoluant dans cet univers strictement masculin.

 

 valadon.5.anexidimages

 
En confrontant les œuvres de ces deux artistes nous évoquerons la relation passionnelle et compliquée d’une mère et son fils mais aussi le dialogue de deux artistes.

 

 

 

Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

Pinacothèque de Paris – Du Vendredi 6 Mars au Mardi 15 Septembre 2009 - Tous les jours de 10h30 à 18h.Vendredi 1er mai et mardi 14 juillet de 14h à 18h. Nocturnes tous les premiers mercredis du mois jusqu’à 21h + les mercredis 25 mars, 29 avril, 27 mai et 24 juin.
8, Place de la Madeleine – 75008 Paris – Tarifs: de 7 à 11.30€

 

Biographie Suzanne Valadon

valadon01

1865-1938

Marie-Clémentine Valade naît le 23 novembre 1865 à Bessines-sur-Gartempe de père inconnu. Sa mère, Madeleine Valade, 34 ans, est lingère. Elle avait été mariée à un certain Coulaud, condamné comme faussaire et envoyé au bagne, avec qui elle avait eu d’autres enfants.

En 1870 sa mère part avec elle à Paris dont elles vivront le siège lors de la guerre avec la Prusse puis les frayeurs de la Commune. Madeleine travaille le jour comme femme de ménage et le soir comme repasseuse. Il lui reste donc peu de temps pour s’occuper de sa fille, qu’elle confie d’abord à une concierge, puis à sa fille majeure et, pour finir, au monastère Saint-Jean à Montmartre. Marie-Clémentine suivra quand même des cours dans une école religieuse mais on supporte mal sa curiosité et son indiscipline. Dès 1877 elle quitte l’école et commence à travailler en occupant plusieurs petits emplois. Elle réalise son rêve d’enfant en devenant trapéziste au cirque ambulant «Molier». Mais à 15 ans, une chute malheureuse met fin à sa carrière. Il ne lui reste que le dessin comme passe-temps. Pour aider sa mère, elle porte le linge repassé chez les clients. C’est à cette occasion qu’elle fait la connaissance du peintre Puvis de Chavannes, dont elle devient le modèle. Elle pose également pour Renoir qui devient aussi son amant. A partir de 1881 elle fréquente le milieu artistique de Montmartre où elle a vite plusieurs admirateurs. D’abord un certain Boissy, chansonnier, puis Miguel Utrillo y Molins, un aristocrate espagnol, homme de lettres et critique d’art.

Quand, à 18 ans, elle attend un enfant, elle ne sait pas qui est le père. Son fils Maurice naît le 26 décembre 1883. Assez vite elle laisse sa mère s’occuper de l’enfant pendant qu’elle gagne sa vie comme modèle pour Renoir, puis pour Steinler, Henner et Zandomeneghi. A cette époque elle fait des dessins, surtout des portraits, à la mine de plomb, du fusain et du sanguin. Miguel Utrillo qui s’intéresse à l’enfant vient régulièrement en visite chez les Valade, mais Maurice le déteste. En 1886 Marie-Clémentine et sa mère déménagent rue de la Tourlaque, dans la maison où Henri de Toulouse-Lautrec loue un atelier. Très vite ils font connaissance. Sa petite taille (1,54 m), à peine plus grande que lui, plaît beaucoup à Toulouse-Lautrec et elle devient son modèle ainsi que sa maîtresse. Elle l’accompagne partout pendant ses escapades nocturnes et c’est Toulouse-Lautrec qui lui donne le prénom de Suzanne parce qu‘elle pose nue pour des peintres âgés. Après avoir découvert par hasard quelques dessins faits par Suzanne, il lui conseille de les montrer à Degas. Celui-ci est enthousiaste et Suzanne devient son élève et sa protégée. Comme lui, elle sera toute sa vie portraitiste. Quand, en 1888, Toulouse-Lautrec apprend que Susanne veut l’épouser il rompt avec elle. Suite à cette rupture elle tente de se suicider.

En 1892 Suzanne devient d’abord la maîtresse du compositeur Eric Satie puis de son ami Paul Mousis. A la même époque elle commence la peinture à l’huile. Miguel Utrillo reconnaît Maurice comme son fils malgré que ce dernier le déteste. En 1896 Suzanne épouse Paul Mousis et ils s’installent au 12 de la rue Cortot en haut de la butte Montmartre. La situation financière confortable de son mari lui permet de se consacrer entièrement à la peinture et sa carrière d’artiste connaît un essor : en plus de la peinture, Degas lui enseigne la gravure et elle expose régulièrement. Maurice vit toujours avec sa grand-mère mais à treize ans il boit déjà, il est insupportable, maussade et se sent rejeté par sa mère.

Suzanne a une vie rangée à côté de son mari, tout en s’occupant de la peinture. A seize ans Maurice doit être interné à Sainte Anne suite à ses problèmes avec la boisson. Quand il revient, Suzanne l’oblige à peindre pour l’occuper, mais il continue à boire, ce qui lui apporte régulièrement des problèmes. Finalement il est mis à la porte par son beau-père. Suzanne demande à André Utter, un ami de son fils, électricien et peintre amateur de 28 ans de poser pour son tableau  Adam et Ève où elle se représente elle-même en tant qu’ Eve. Peu de temps après, Suzanne, âgée de 44 ans, quitte son mari après 13 ans de mariage pour aller vivre avec André Utter. Suzanne Valadon, Maurice Utrillo et André Utter forment la fameuse « trinité maudite » connue pour ses excentricités autodestructrices qui choquent l’entourage.

Bien que les critiques soient favorables à l’œuvre de Suzanne et qu’elle fasse des expositions, elle ne vend pas beaucoup. Les peintures de Maurice Utrillo sont plus en demande, mais généralement il les échange contre de la boisson. En 1912 il est de nouveau dans un institut pour désintoxication. La guerre éclate et André Utter, soldat, est envoyé dans l’Ain.
Après la mort de sa mère, Suzanne se retrouve seule et privée de ressources. Elle fait les moissons en Beauce où les femmes remplacent les paysans mobilisés ou vend des gouaches en échange de nourriture. En 1914 elle épouse André Utter. Quand la guerre est finie Suzanne reprend ses activités picturales. Elle expose, entre autre, chez Berthe Weill mais ne vend pas beaucoup, au contraire de son fils. Maurice fait encore un séjour dans un asile, dont finalement il s’évade. Suzanne et André décident de le faire vivre de nouveau chez eux, sous leur surveillance. Ils ne réussissent pas de l’empêcher de boire, mais depuis qu’Utter gère les affaires d’Utrillo, ils ont de nouveau de l’argent.

Suzanne est sollicitée de tous les côtés pour exposer et le trio vit une vie de luxe grâce à la vente des tableaux d’Utrillo qui atteint des chiffres jamais vus. Ils achètent même un château dans l’Ain. Utrillo est laissé dans le château sous la surveillance du concierge, tandis que Suzanne et André retournent à Paris. Vu le succès de l’oeuvre de Suzanne, une rétrospective est organisée, puis en 1932 une importante exposition avec un catalogue préfacé par Edouard Herriot. Mais les ventes sont quasiment nulles.
Maurice vit de nouveau à Paris sous la surveillance de sa mère et de son beau-père. Mais le mariage de Suzanne va mal et Utter l’abandonne pour s’installer dans un grenier rue Cortot. En 1935 elle est hospitalisée suite à une crise aiguë d’urémie qui la laisse dans un état d’exténuation. C’est pendant cette période que la veuve d’un banquier belge, Lucie Valore, vient lui tenir compagnie.
Devant les inquiétudes de Suzanne qui se demande qui s’occupera de son fils après sa mort, Lucie dit qu’elle est prête à l’épouser. L’idée amuse d’abord Suzanne, puis elle commence à se rendre compte qu’elle perdrait tout le confort auquel elle s’est habituée. Utter en apprenant la nouvelle proteste violemment mais sans résultat : Maurice Utrillo, devenu catholique en 1933, épouse Lucie deux ans après.

Suzanne se retrouve seule et recommence à visiter des bistrots. C’est là qu’elle rencontrera son dernier grand ami, le peintre Gazi. Suzanne vieillit, sa production diminue et elle meurt d’une congestion cérébrale le 17 avril 1938. Utrillo, pris d’une crise nerveuse, n’assistera pas aux obsèques qui sont menées par André Utter.

 

Peniches_Maurice_Utrillo_Seine_Paris_1905

 

Biographie Maurice Utrillo

Maurice_Utrillo

 

Né un jour de Noël , rue du Poteau à Montmartre, un quartier de Paris, Utrillo est un des rares peintres célèbres de Montmartre qui y soit né. C’est le fils de Marie-Clémentine Valadon, qui troqua son prénom contre celui de « Suzanne », qu’elle jugeait plus élégant, et d’un père inconnu. Elle devint le modèle de Puvis de Chavannes, Pierre-Auguste Renoir (qui l’appelait Maria), de Toulouse-Lautrec et de bien d’autres peintres Montmartrois. C’est en les observant qu’elle apprit à peindre et se lança dans ses premiers dessins (son fils était un de ses modèles préférés quand il acceptait de tenir la pose). On lui présenta le maître Edgar Degas qui lui apprit quelques techniques, l’encouragea à peindre et fut son premier acheteur.

L’enfance de Maurice se déroula auprès de sa grand-mère, à qui sa mère l’avait confié. Ses sentiments d’abandon et de solitude le firent sombrer progressivement dans l’alcool, qui provoqua chez lui de nombreux troubles (violence, démence). Ses études en furent affectées. À partir de l’âge de 18 ans, il fit plusieurs séjours à l’asile. Cependant, ses occupations thérapeutiques le sauvèrent et contribuèrent peut-être à révéler son génie. En tout cas, il reçut les encouragements de sa mère lorsqu’elle pensa découvrir en lui un nouveau talent. Maurice Utrillo fit alors la rencontre du peintre Alphonse Quizet et commença à peindre régulièrement à partir de 1910 et parvint à vivre de sa peinture. Il produisit des centaines de toiles en plusieurs décennies et fut beaucoup plagié (il existe une multitude de faux et d’œuvres douteuses).

Dès les années 1920, il devint un peintre célèbre et le gouvernement français le décora de la croix de la Légion d’honneur en 1929.

Il épousa en 1935 Lucie Valore avec laquelle il s’installa au Vésinet. Elle joua un rôle dans la gestion des finances du couple et surveilla Maurice afin d’éviter sa rechute dans l’alcoolisme.

 

 artwork_images_424322656_213409_maurice-utrillo

 

Il mourut le 5 novembre 1955 à Dax où il était en cure avec son épouse et fut enterré au cimetière Saint-Vincent à Montmartre, Paris, face au Lapin Agile.

 

 

1...34567

Photos Passion |
stella-x-hudgens |
laeticia972et77 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Captures d'écrans de la gui...
| harleyquinn
| Snow et rando en montagne