La tête comme un ballon…

La tête comme un ballon... dans Poème ivrogne

 

 

Aujourd’hui j’ai la tête comme un ballon

car hier j’ai bu plus que de raison

du Brouilly et du Bourbon

les mélanges ce n’est jamais bon!

 

Ma bouche est pâteuse

ma mine honteuse

ma mémoire un brin capricieuse

et mon haleine liquoreuse

 

je me suis réveillé dans cette chambre d’hôtel

sans savoir ce qui s’est passé

mes affaires n’ont pas bougées

et ma bienfaitrice disparue pendant mon sommeil

 

C’est donc l’air penaud

que je suis rentré tout pataud

à mon domicile me ménager un peu de repos 

et publier de vieux articles un peu idiots!

 

Bien à vous,

Saint-Sulpice



Le monde des damnés

 Le monde des damnés dans Poème 1966612473_44aa698b41

 

S’il y a un domaine que la crise n’a pas impacté mais renforcé

c’est le monde des damnés

ces manants, cette lie qui ose parfois nous bonnes gens nous frôler

mais que jamais, dans les yeux, nous ne pouvons regarder

 

Qu’il est bon de pouvoir feindre, les ignorer

qu’il est rassurant de ne pas se sentir concerné

comment peut-t’on simplement accepter de tolérer

cette ignoble et conséquente verrue à nos pieds

 

Cette béante plaie est notre conscience évaporée

cette nuée de pauvreté est une partie de nos âmes reniées

dans un monde où l’apparence est reine

ce désordre est un boulet que l’on traîne

 

Cette existence merveilleuse que nous nous sommes imaginés

nous l’avons à peine éclose, dégradée, abîmée, à jamais

certains dans le passé les ont éradiqués, massacrés, déportés

mais tels des rats prolixes, ils se sont multipliés

 

Leur seule vue nous embarrasse désormais

une pièce négligemment lançée nous réconforte d’emblée

bientôt les fêtes de fin d’année

certains avec fierté dresseront le couvert du condamné

mais cet ajout empli de chrétienté

restera vide pour l’éternité

 

Avec un peu de chance le froid et l’hiver annoncé

réduira un peu cette cohorte de damnés

nous permettant durant une courte trêve de souffler

de nous enlever de l’esprit ces visages miséreux et maigrelets.

 

Dormez tranquilles bonnes gens, l’esprit reposé

les plus pauvres seront les premiers…

à rejoindre les cieux et l’éternité

Notre vie est déjà si stressante pour ne pas avoir en plus à nous en soucier…

 

Saint-Sulpice

 



Souvenirs furtifs

 Souvenirs furtifs dans Poème dubonnet_1933_cassandre-vertical

 

Une nappe vichy sur les bords de Marne

Un samedi midi après la classe

Un soleil de printemps sur la terrasse

Riton nous servant un homard sur un lit de glace

 

Une glacière sous l’appartement

Des ouvriers chargeant les blocs de glace

dans de vieilles camionnettes couvertes de crasse

le soleil brut et ardent

 

Ma grand-mère bottant les fesses d’un touriste Allemand

Mon père la retenant

l’homme abasourdi disparaissant

la tension retombant

 

Les vendeurs de journaux à la criée

le métro aux wagons rouges de première classe

et vert pour la populace de seconde classe

les affiches dans les tunnels « Dubo, Dubon, Dubonnet »

 

Un fort avec apaches et cavalerie, des legos

un sapin de Noël empli d’anges et de pain d’épice

 surmonté d’une croix, et du petit Jésus

« O tannenbaum » pour unique mélodie

Des montagnes de cadeaux

à la télé ce soir là, Spartacus

 

Des bâteaux flottant dans le caniveau

Une culotte courte élimée

des copains enjoués

un cantonier énervé

 

Un torréfacteur aux senteurs enivrantes

des berlingots aux couleurs aguichantes

un cinéma désuet

un aprés-midi d’été

 

Une scie circulaire languissante

une chaleur terrifiante

l’ennui et la tristesse pesante

privé de vacances!

 

Une demeure immense

un jardin verdoyant

une chambre aux vertus d’antre

une véritable aisance

 

des soeurs, un préau

des marronniers, le printemps

Rome, la chaleur tel un étau

des souvenirs d’antan

 

Les Champs-Elysées,

Un bureau aux portes capitonnées,

Un ciel des plus ensoleillé

Mon père en terrasse, moi à ses côtés

scrutant au travers des barreaux le défilé du quatorze Juillet

le coeur en fête, enthousiasmé!

 

Pompidou meurt

Devant la télé, je pleure

 

Giscard d’Estaing, la neige

Bellecôte, une piste verte

Je me laisse emporter

mes skis dérapent, je chute

Un sourire aux lèvres, il me relève

je suis impressionné, désolé

Une phrase, il disparaît

Première leçon, abrupte

 

Un petit bistrot, les anciennes Halles

Des mareyeurs, des maraîchers

un volailleur, la maréchaussée

un petit salé, l’idéal!

 

Une messe en latin,

Un prêtre le dos tourné

Une vierge à l’air taquin

des sièges en osier

 

L’odeur de la confiture,

Moi, inerte en devanture

Un boucher, le tablier immaculé

me fait de deux pas reculer

 

Une caravelle, une passerelle

des passagers, une ribambelle

un aéroport aseptisé

premier vol, envie de liberté

 

Une queue de voitures sans fin,

une église bondée aux relents d’encens

un cercueil, des pleurs, des brides de latin

ma mère digne, une âme, un brisement.

 

Saint-Sulpice  

 

 

 

 

 

 

 

 



C’est la crise!

 C'est la crise! dans Poème IMG_5381

Crédit Photo © Thomas Hermine

 

C’est la crise

les marchés s’épuisent

un sdf agonise

un actionnaire se gargarise

 

C’est la crise

mon énergie s’ammenuise

ma joie se fige

mes désirs se brisent

 

C’est la crise

je n’est plus la mainmise

je perds ma maîtrise

On nationalise

 

C’est la crise

La pauvreté se familiarise

mon métro s’éternise

un contrôleur me verbalise

 

C’est la crise

la Tour-Eiffel m’électrise

les enseignes de luxe se tranquilisent

la richesse se banalise

 

C’est la crise

un huissier expertise

mon banquier me martyrise

les impôts formalisent

 

C’est la crise

j’ai envie de fainéantise

que tout se relativise

que la générosité devienne une devise

 

 C’est la crise

Paris est exquise

Lucaerne est une divine surprise

les bourses se pulvérisent

 

C’est la crise

des milliers de gueux y laissent leur chemises

les experts font des analyses

les politiques, eux, devisent

 

C’est la crise

des milliers de jeunes balisent

le parfum d’une élégante m’attise

les traders se fanatisent

 

C’est la crise

les banques se dédisent

les plans d’épargne se brisent

l’humain s’animalise

 

C’est la crise

les sans abris s’alcoolisent

les pompier s’activent

le samu s’épuise

 

C’est la crise

Un  prix nobel s’immortalise

Georges Bush se crétinise

la faim se généralise

 

C’est la crise

la foule est incisive

le malheur se légalise

mon amour se cautérise

 

C’est la crise

les macarons de Mulot restent de superbes mignardises

des solutions d’urgence s’improvisent

le parti socialiste se volatilise

 

C’est la crise

la pensée d’une femme me magnétise

mon bras se minéralise

ma fatigue se sécularise

 

Saint-Sulpice

 

 

 

 



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