Jeudi d’enfer!

Jeudi d'enfer! dans chronique du quotidien GrifilEnGreve468

 

Merci chers fonctionnaires

pour ce jeudi d’enfer

qu’allégrement vous nous annoncez

 

Que vous me semblez généreux

pour priver tant de nous

de notre habituel labeur

 

je ne sais comment vous remercier

pour si franchement nous emmerder

en ce charmant et prometteur début d’année

 

Comme d’habitude grâce à vous,

certains d’entre-nous vont être joyeusement licenciés

et la majorité totalement épuisée

 

Quel héroisme, quel courage

d’oser prendre toujours en otage

vos congénères qui eux non pas votre pérennité

 

Merci chers fonctionnaires

de nous faire participer si délicatement

à votre légendaire inefficacité…

 

Saint-Sulpice

 



Le violon!

Le violon! dans Chronique d'enfance 112375203_small

 

Plus jeune je me suis subitement pris un jour pour un grand intellectuel, bref j’ai eu la tête grosse comme un melon de Cavaillon mais l’esprit en était bien moins savoureux! Le seul bémol c’est que si j’étais issu d’une famille des plus cultivées, je n’étais nullement un grand esprit! L’idée de me vint de commencer ma transformation par une tenue adéquate. Me rappelant du superbe complet en velours marron avec grosse côtes de mon regretté professeur d’histoire de troisième un brin marxiste-Léniniste qui m’avais séduit alors en passant une trois semaines sur l’histoire de l’ex URSS et à peine trois heures sur les Etats-Unis, j’optait pour le même déguisement. Du haut de mes seize ans je me laissait pousser les cheveux pour me donner un air d’intello de gauche car intellectuel et de droite me semblait à l’époque incompatible! Je me mis à prôner la révolution et à promettre la guillotine aux « sales bourgeois de droite »dont je faisais partie ( Pour le plus grand effroi de mon père, vénérable Gaulliste dans l’âme qui failli alors faire un infarctus à ma seule vision). 

L’étape suivante fut de fréquenter toutes les salles arts & essais de notre bonne vieille capitale montrant à mon entourage que j’étais le seul à comprendre toute la quintescence des films de Resnais ou de Rohmer. En réalité au bout de dix minutes de projection je m’endormais profondément au grand dam des trois autres quidams présents dans la salle…. Il ne fallait pas me parler de grosses productions Américaines car là je devenais rouge comme une tomate avariée et partait dans une joute verbale qui parfois durait toute la nuit pour, tous finir épuisés, devant la énième rediffusion d’un « chasse, pèche & nature » relatant les émois sexuels d’un fox terrier en arrêt devant une biche peu effarouchée! Un soir chez un ami je monopolisas le téléviseur pour regarder l’un de ces « chefs d’oeuvres » du cinéma Français. C’était l’histoire d’un clochard qui passait sa journée à faire du violon sur les quais. Que fut leur émerveillement devant ce superbe mélodrame en noir et blanc et en plan fixe avec caméra unique, le tout pendant deux heures d’affilée…. Ce soir là, je sais pas pourquoi mais j’ai fini à la rue!

 Histoire de me crédibiliser un peu plus vis à vis des autres, je n’hésitas pas à délaisser ma sacro-sainte cigarette ( blonde et américaine) pour la pipe, empli mes poches de bouquins plus illisibles les uns que les autres, me laissa pousser la barbe, opta pour une monture de lunette « Mao » et me fis introduire dans l’un des plus grands cercles de penseurs Parisien. Si ma mémoire est encore bonne, j’y suis resté un mois et après ils m’ont lourdé avec pertes et fracas! Il faut dire que mes seules pensées allaient invariablement vers le buffet qui clôturait ces intenses réunions que j’ai longtemps pensé être en mandarin et non en français.

Un dernier point me sembla alors crucial, devenir alcoolique. Cela me plaisait bien cette image d’intello de gauche alcoolo! J’ai alors fréquenté tous les rades les plus tristes et les plus glauques de Paris, prônant ma bonne parole à coup de bourbon et gros rouge! L’avantage c’est que bourré comme un coing, je me mettais frénétiquement sur un bout de comptoir à griffonner le roman du siècle, d’une écriture élancée, pour chaque matin me réveiller avec la gueule de bois et être incapable de relire le torchon aviné que la veille j’avais si brillamment rédigé. Quand mon entourage me demandais mon manuscrit, c’est sans remords ni regrets que je leur tendais. La plupart, polis, n’osaient me signifier que celui-ci était illisible et moi cela me permettait de ne pas leur avouer que le contenu était des plus mauvais. Si un effronté osait insister, je savais l’air de rien le faire tant boire qu’au bout d’un moment il oubliait…..

Ben moi aussi cette période, étrangement, je l’ai longtemps mise de côté!

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 

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1/- Les Bonbons.



Les Bonbons

Les Bonbons dans Chronique d'enfance jardin-ens-ete-arnal-f-126.1208974073

 

J’avais quatre ans assurément mais peut-être pas encore toutes mes dents. J’étais plein d’allant, jouait dans le jardin tranquillement, à la recherche des fameux bonbons itinérants. J’étais assis posément sur mes fesses d’enfants, un sourire béat aux lèvres et une irrésistible envie de sucreries. Mes mains furetaient dans l’herbe frénétiquement à la recherche de ces petits délices d’antan. Enfin mes petits doigts trouvèrent l’une de ces guimauves ambulantes et la joie m’emplit, petit bambin que j’étais. Je pris la première et l’avala tout sec. J’étais heureux, je criais « bonbon »,  »bonbon ». Mes soeurs n’y firent pas attention et continuèrent à vaquer à leurs occupations. Mes mains n’en pouvaient plus, mes yeux ne cessaient de s’écarquiller. L’une après l’autre je mettais mes petites douceurs à la bouche, mâchant parfois, avalant souvent puis m’allongea dans l’herbe repu et content tout en répétant inlassablement, « bonbons c’est bon » « bonbon », « bonbon c’est bon ». Un oiseau s’invita au festin me regardant avec un air malin. J’étais sur le point d’entamer une courte mais satisfaisante digestion quand j’entendis un cri d’effroi, que mon corps fut soudainement décollé du sol et qu’une main chaleureuse s’abattit brusquement sur ma joue gauche amplifiant le rosé naturel de celle-ci. Une voix courroucée parvint alors à mes douces oreilles;  » Mon Dieu, mais qu’à tu fait, idiot que tu es! Ce n’est pas possible on le laisse cinq minutes seul et il mange les vers de terre. Mais qu’ai-je fait au bon Dieu pour mériter cela! »

Tendre enfance!

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 



Le Paradoxe!!!

Le Paradoxe!!! dans chronique du quotidien strapontins

 

L’autre soir alors que je revenais du boulot en métro ( Ça rime!!!) un gaillard aux allures de bûcheron endimanché ( Mes amitiés à ce valeureux corps de métier! Ben oui ne créons pas de différents inutiles en ces temps de crise aiguë…) s’assied sur le strapontin en face de moi. ( Ben oui à Paname « Paris pour les profanes où les jeunes ados analpha…bètes… »on aime poser son auguste postérieur à dix pieds sous terre dans d’étranges cercueils ambulants sur des tabourets sans pieds! Bref on s’habitue avant l’heure à rejoindre la compagnie des vers peu reluisants!). Notre brave homme muni d’une superbe sacoche en cuir des plus crottée sort de la poche de sa vareuse élimée un sachet muni d’une lingette, de celles que l’on emploie lorsque nos montures de binoclards extralucides s’encrassent. Il déchire l’emballage précautionneusement, extirpe la malheureuse future suppliciée et avec une énergie foudroyante et un regard proche de celui de Dutroux entrain d’étrangler une gamine de cinq ans, la langue pendante, frotte avec le tissu imbibé rageusement  la vieille et pauvre sacoche, tentant avec énergie et moult allant de faire disparaître à jamais les disgracieuses et génantes impuretés. A peine le bout de tissu entamé qu’il suspend sa croisade hygiénique et d’un geste assuré fait disparaître celle-ci ainsi que l’emballage sous son siège de fortune. Votre serviteur plongé dans la passionnante lecture d’un journal gracieux ( Oui je m’appauvris!) ne peut s’empêcher d’exprimer sur son front fatigué les prémices d’une soudaine et réelle stupéfaction! ( Ben oui je suis expressif et alors!!!!). Notre sérial lingette replonge frénétiquement sa main vengeresse dans sa poche trouée et en ressort une nouvelle victime. Même mode opératoire, même frénésie, même résultat, la lingette part rejoindre sa consoeur sur le sol de la rame. La stupéfaction qui venait ( Ben oui rappelez-vous! Un  peu d’assiduité que diable!) de s’éprendre de ma douce et tendre personne ( Oui je me flatte et j’en suis bien content…) prend l’allure d’un panneau lumineux dans un aérogare aux heures de pointe! Le désaxé me jette un regard courroucé mais empli d’arrogance et de dureté préfère ignorer le témoin que je suis et se replonge dans son génocide avéré. Dix lingettes furent sur l’hôtel de la propreté sacrifiées, la sacoche décrottée, l’homme soulagé, le regard apaisé, les mains reposées mais le sol du wagon surchargé de cadavres encrassés…..Quel paradoxe!

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 



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