Hypnos – Images et inconscients en Europe (1900-1949) – Musée de l’Hospice Comtesse – Lille

 Hypnos - Images et inconscients en Europe (1900-1949) - Musée de l'Hospice Comtesse - Lille dans EXPOSITIONS h_9_ill_1178604_2825_emakbakia11

 

Les relations entre inconscient et création artistique dans la première moitié du XXe siècle : le sujet n’est pas neuf, mais comme il est d’un intérêt immense, toute nouvelle approche relance la réflexion. Il touche aux origines et aux explorations de la psychanalyse – Freud à Vienne, Ferenczi à Budapest, Jung à Zurich. Il concerne le spiritisme, la théosophie d’Hélène Blavatsky, l’anthroposophie de Rudolf Steiner. Et les avant-gardes : expressionnisme, abstraction, Dada, surréalisme. Autant Ernst que Kupka, Arp que Klee, Ubac que Man Ray.

Pour espérer être exhaustif, il faudrait donc une exposition qui réunirait des centaines de peintures, autant de livres, la photographie et le cinéma. « Hypnos », à l’Hospice Comtesse, à Lille, n’est pas cette exposition probablement infaisable : elle suggère avec talent l’ampleur du sujet en s’attachant à des cas révélateurs.

Elle attache une importance considérable aux sociétés spirites, florissantes dans le Nord, dès la fin du XIXe siècle. Mineurs et ouvriers y participent à des cérémonies. Les esprits parlent, les tables tournent, des ectoplasmes flottent, les médiums guérissent. L’un d’eux, Augustin Lesage (1876-1954), est devenu célèbre pour ses peintures minutieuses et impénétrables. Il en est de même dans une autre population minière au même moment, en Bohème, Moravie et Silésie.

L’un des attraits d’«  Hypnos » est de présenter pour la première fois des ensembles de dessins réalisés au sein de ces communautés. Non moins que les Lesage, ils échappent à toute tradition artistique antérieure. Hybridations végétales et animales, pictogrammes indéchiffrables : on peut spéculer à l’infini sur leur interprétation.

Seul semble assuré qu’ils réalisent à leur insu le principe de création automatique libre de toute censure de la raison, que Breton énonce en 1924 dans le Premier manifeste du surréalisme. Comparaisons et passages sont ainsi possibles. Ernst, Miro, Brauner et Masson sont largement présents, comme le sont les Tchèques Sima et Toyen. Dans les salles, ils se retrouvent à proximité de leurs compatriotes peintres spirites, Kotsian, Kovar, Smetana et Tona, qui sont les découvertes les plus surprenantes d’ »Hypnos ».

Ainsi le parcours s’organise-t-il le long de l’axe Prague-Paris. Il passe par la Vienne de Freud et ne passe pas loin de Lugano, où Hans Arp et Sophie Taeuber séjournent au Monte Verita – communauté où une vie nouvelle veut s’inventer en renouant avec la nature ; ni loin, non plus, du Zurich de Dada, où Arp rencontre en 1916, le poète mystique Hugo Ball.

Cette géographie mentale se complique de deux extensions vers le nord. La première, dans l’ordre chronologique, conduit jusqu’à Stockholm, où, à partir de 1906, la peintre Hilma af Klint, membre d’un groupe spirite féminin, développe une oeuvre dominée par une géométrie sacrée de cercles et de volutes. La seconde attire à Berlin, la ville de Murnau, de Lang, de Pabst : celle du Cabinet du docteur Caligari et de la clinique où le docteur Mabuse, devenu fou, prépare l’apocalypse en prenant possession de l’esprit du psychiatre Baum. Le film de Lang,

Le Testament du docteur Mabuse, date de 1933. Cette année-là, à Berlin et dans toute l’Allemagne, la folie prouve qu’elle est réellement toute-puissante d’une façon bien plus éclatante : en donnant le pouvoir à Hitler. « Hypnos » s’achève logiquement sur ce sommeil tragique de la raison.

 

Bonne exposition,

Saint-Sulpice


« Hypnos – Images et inconscients en Europe (1900-1949) » – Musée de l’Hospice Comtesse, 32, rue de la Monnaie, Lille. Tél: 03.20.19.68.68 – Du mercredi au dimanche de 10h00 à 12h30 et de 14h00 à 18h00 – Tarifs: Entrée : 5 €Jusqu’au 12 juillet 2009.



13 commentaires

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  1. saintsulpice 12 avril

    Ben ben à toute vache qui rit :P

  2. lucaerne 13 avril

    Non, si tu bégayais, tu aurais dit « bisous bisous ». Là, tu as dit « double bisous »… comme au bistrot… nierk nierk

  3. saintsulpice 13 avril

    Traite moi de poivrot tant que tu y es :( Pffff!!! Ah les femmes, sont chiantes, c’est vrai :P Un double Whisky s’il vous plaît, veux oublier :P

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