Colères – François Rollin – L’Olympia – 5 Mars 2009 – Paris

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 Nul doute, vous comprendrez. Vous comprendrez pourquoi Colères, créé en 1996 au Café de la Gare et jamais joué depuis, est un spectacle resté dans les mémoires. Interprétée par François Rollin et coécrite par l’homme de théâtre Joël Dragutin, la pièce a inspiré des histoires à ceux qui l’avaient vue et des regrets aux autres. Ces derniers ont pu se rattraper depuis le 6 février, début d’une tournée de quelques dates qui passe, le 5 mars 2009, par l’Olympia, à Paris.Unique personnage de ce seul-en-scène, Jacques Martineau, en costume-cravate, entre en scène à la place d’un imaginaire « comique professionnel », qui doit assurer le spectacle. Il n’en a pas pour longtemps, promet-il. Intrusif est le moindre de ses défauts, car M. Martineau est bavard – très – et râleur. Pis, mécontent, en pétard, en furie. « Notre société est en pleine crise. On ne sait plus qui fait quoi (…). Il est de bon ton de rire de tout alors que le monde marche à l’envers. » Il estime que « les comiques portent une responsabilité éclatante dans la débâcle généralisée ». Et compare, tableau à l’appui, leur statut avec celui des cantonniers : revenus mensuels, conditions de travail, privilèges, prestige.

L’homme, s’il cultive une haute idée de lui-même, n’aime pas les autres. Hommes, femmes, enfants. Il serait même du genre à les flinguer. Du moins, avec son débit de mitraillette. Il gifle à la volée quiconque l’énerve, ce qui advient souvent. Par la paranoïa et l’extrémisme du narrateur, on dérive vers l’absurde. Tel incident – une cabine téléphonique vandalisée, un écart de 40 cm pour négocier un virage, une porte d’immeuble non fermée la nuit – donne lieu, dans son esprit malade, à des catastrophes, massacres ou crise de civilisation.

 

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Combien de fois François Rollin boit-il durant les deux heures de ce spectacle où il débite ce monologue. A peine deux. Certains comédiens appartiennent à l’espèce des camélidés capables de traverser des déserts. A ceci près que celui de son personnage est peuplé de cris et de fureurs. Performance physique autant que prouesse mnémotechnique, comme chez Philippe Caubère, ce superbe récit qui, rarement, décélère, dit l’époque, ses névroses, la haine de l’autre qui traverse la société, contre les jeunes, les étrangers.

Chez le spectateur, le rire jaillit face au trop-plein et l’hystérie. Réac, ringard, Martineau tient l’humour pour une récréation, un divertissement qu’on s’accorde au cirque, au bal des pompiers, le 1er avril. Pas bien de rire du malheur, mal de s’amuser de tout. Cela dit, François Rollin, humoriste et écrivain, rappelle en passant quelques vérités sur l’importance démesurée accordée aux comiques. Ceux qui, contrairement à lui, ne l’érigent pas en folie verbale et critique sociale.

Bon spectacle,

Saint-Sulpice


Colères – de François Rollin et Joël Dragutin –  Avec François Rollin. Le 5 mars 2009 - Olympia, 28, boulevard des Capucines – 75009 Paris – M° Opéra – Tel: 08.92.68.33.68 – Tarifs: De 35,20 € à 49,50 €Reprise fin 2009.



Pierrick Sorin – Les Réveils

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Pendant un mois, Pierrick Sorin se filme à chaque réveil. Il déclare sans cesse qu’il est fatigué et se promet à chaque fois de se coucher plus tôt, mais on le retrouve toujours aussi fatigué le lendemain. A travers ce film, il témoigne d’une sorte d’échec quotidien que tout le monde est capable de connaître.

 

 

 

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 Biographie de Pierrick Sorin
 

 

Passionné par le cinéma muet de Buster Keaton et de Méliès (pour lui un modèle d’inventivité), il entre à École régionale des Beaux-Arts de Nantes en 1983 puis y obtient en 1988 le Diplôme de l’École Nationale des Beaux-Arts de Nantes.

Plus jeune il s’essaiera à plusieurs disciplines comme la bande dessinée, la photo ou encore l’image animée, mais son souhait de travailler avec le mouvement et la parole le mènera très vite vers la vidéo.

Il est adepte de l’auto filmage, et aussi des personnages de fiction incarnés par sa propre personne. On retrouve dans ses films tous les ingrédients classiques du divertissement : le déguisement, le comique de répétition et le gag de music-hall, ce qui les rend d’autant plus familiers et accessibles pour le spectateur. Néanmoins, il faut aussi y voir de l’ironie et de la dérision, qui visent à interroger tantôt le fonctionnement de l’être humain, tantôt l’art et le travail des artistes. Il collabora également dans des domaines variés, tels la scénographie et la conception visuelle d’œuvres classiques.

 

Bonne projection,

Saint-Sulpice

 



Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

 

 

Série des « Réverbères »

Au commencement est la rue, toutes les rues.
Rues en terre, rues de pauvres, rue de frontière aux surfaces crevassées, crayeuses et mates.
Rues pavées, ou l’éclat du quartz et du mica renvoie les lumières de la ville, façonne un magma mouvant et luminescent sous les assauts du néon.
Rues sans issues que la vie déserte et le vent investit.
Rues de villages, artère de voyage, pour des gens de passage sous un ciel venteux et frais.
Rues du plaisir, rue de la vie… rue de la nuit où rampent les ombres des seigneurs des gouttières.

Alors la verticalité se dévoile, les lampadaires montent vers le ciel éclaboussant leur base de lumière, comme des fusées qui décollent.
Ils ponctuent le paysage urbain nocturne, ils lui donnent sa tonalité.
De leurs verreries éclatantes ils expulsent des lumières bigarrées, ils sont les vitraux de la nuit et la ville leur cathédrale de pierre.
Ils accrochent du mauve aux rideaux des alcôves des amants.
Ils se regroupent, s’amassent en troupeaux, se stylisent chez les bourgeois.
Ils sont sauvages, éparses, arborent un port plus élancé et épineux des années quarante aux bordures des friches urbaines.
Ils renvoient l’éclat froid des rails du chemin de fer qui depuis que l’homme a tutoyé le diable prend une coloration nocturne insolvable dans la mémoire du monde.
Ils sont reliés par des milliers de fils de vie où l’énergie et l’information véhiculent l‘appétit et la prétention des hommes.
Cet emmêlement arachnéen survole le paysage urbain, sa soie scintille sous la voussure céleste.

C’est le matin. Tonnent l’entrée du trafic et du tumulte, le passant, pressé, la tête baissée ne les remarque pas, ils sont éteints sous les nuages rapides on dirait des lances dressées qui fendent le temps.
 

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

Série  » Port de Lorient »

Port de Lorient

Les grands silos à grain, les troupeaux de grues bleues, les veines ferrées qui relient les habitants minéraux du port de Lorient, la glacière, les cargos, les oiseaux, les chats silencieux le jour et tempétueux la nuit, ces ensembles disparates font à eux seuls un univers distinct : L’univers du port industriel de lorient.

C’est le dimanche, quand l’activité humaine s’est tue, que le vent souffle sa poésie verte dans les dédales du port de Lorient, ici la mer n’est pas la maîtresse des lieux comme ailleurs sur les côtes bretonnes dans les petits ports de pêche.

Ici ce n’est plus la mer, ce n’est pas la terre ; c’est un lieu unique, fantastique, peuplé de constructions démesurées et habitées d’elles mêmes.

Les silos à grain prédateurs de l’espace règnent et l’homme lève les yeux au ciel, les regarde s’effriter lentement, l’histoire les condamne à s’en aller.

Ces colosses que la modernité ne veut plus, nés du fracas des années d’après guerre, celles qui ont vu repousser Lorient, trouvent les voiliers et les ports de plaisance ridicules.

Les grues comme des ptérodactyles au repos sont les gardiennes du sanctuaire. Tout est puissance même les odeurs. Senteur de fer né du suintement de la rouille, effluves d’ammoniac issues de carcasses de poissons tombés des transports pendant la semaine sommeillent dans les contre allées ponctuées par l’irisation des flaques d’eau mazoutées.

Aucune agressivité n’habite le port de Lorient, c’est un souvenir, un fusible de la mémoire, un univers rempli des quatre dimensions, c’est un lieu honnête et créatif.

Aucun orgueil dans ce lieu destiné à la démesure et au travail. Des accents du dix neuvième et des luttes prolétaires et ouvrières roulent sous les halos des lampadaires.
Ces lampadaires qui vont bientôt se rallumer ce dimanche soir, ces sentinelles qui font échos à la lune habillant de bleu les monstres assoupis et les contre allées noircies de nuit s’endorment lentement sous les bagarres nocturnes des chats sans papiers, avant que lundi matin ne rugisse à nouveau et que les moteurs, les compresseurs vocifèrent et que des milliers de chevaux vapeur viennent coucher leur flanc le long des parois d’acier du port de Lorient sous les cris aiguisées des mouettes et des goélands en légions.
 

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

Paysage d’Industrie

 

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

Paysages Urbains

 

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

Crédit Peinture: © Franck Tanviray

Paysages Imaginaires

 

Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

Pont-Réan

 

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

Paysages Familiaux

 

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

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Crédit Peinture: © Franck Tanviray

 

 

 

 Biographie de Franck Tanviray

 

Il est venu à la peinture d’un seul coup, à l’âge de 30 ans, depuis lors il n’a jamais cessé de peindre. Il a trouvé un moyen d’expression roboratif et illimité. Ses premiers sujets étaient des paysages du grand Nord, images ramenées de ses voyages en Alaska, par la suite ses tentatives de s’approprier la lumière sont devenues une quête. Il aime l’idée que la peinture est un art majeur, car les règles sont simples, tout se passe dans un périmètre donné et la partie ne saurait se dérouler autrement. Il préfère montrer l’autonomie du sujet au lieu de la démontrer, proposer et non dénoncer de sorte que le tableau terminé, le spectateur se l’approprie, son regard en fera ce qu’il en voudra par la suite. C’est lorsque le libre arbitre est repoussé dans ses ambiguïtés que l’autonomie de l’oeuvre devient totale.

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Pour en savoir plus sur cet Artiste peintre: Franck Tanviray.

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Bien à vous,

Saint-Sulpice

 



Enfantillages – Jacques Perret

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Si les nouvelles rassemblées dans Enfantillages ne sont pas inédites et proviennent de divers recueils, on ne boudera pas son plaisir en se replongeant dans cette langue classique et croquante que l’on a envie de lire à voix haute pour mieux en savourer la musicalité. Jacques Perret se souvient de son enfance et en invente d’autres qui ne perdent jamais de vue « un état de grâce infantile » auquel il avoue être resté fidèle.

Sous le «garnement de 1913» perçait déjà l’esprit frondeur et fleur-de-lysé du séditieux qui entrera dans la Résistance en obéissant à l’honneur et ses réflexes. Qu’il s’agisse d’histoires nées de l’imagination des grandes personnes, d’hommages à la poésie de la lampe Pigeon ou au vélo, d’une évocation du cartable ou d’une composition de calcul qui bascule dans la féerie, le style de Perret est toujours enchanteur.

Anarchiste en culottes courtes

Notre préférence ici va aux aventures du galopin Émile Cuisset, manière d’anarchiste en culottes courtes troublant le voisinage et la messe dominicale à coups de lance-pierres et de ruban pétardier. Avec l’aide d’un oncle aventureux, il va sauver sa famille d’un pique-nique tournant à la joyeuse catastrophe. Drôle et émouvant, Enfantillages séduira tous ceux qui ont gardé leur âme d’enfant.

Enfantillages de Jacques Perret – Le Dilettante – 288 pages – 18 €.

Bonne lecture,

Saint-Sulpice

 



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