Les portes du ciel, visions du monde dans l’Égypte ancienne – Le Louvre – Paris

 Les portes du ciel, visions du monde dans l'Égypte ancienne - Le Louvre - Paris dans EXPOSITIONS

 

L’égyptologie avance à grands pas. Sur le terrain, les fouilles continuent de fleurir et d’apporter leurs lots de découvertes (lire ci-dessous). Et dans les laboratoires et les amphithéâtres internationaux, le grand puzzle initié sous Bonaparte se complète. On peut le constater actuellement au Louvre où une exposition qui vient de s’ouvrir constitue un de ces beaux fruits concrets produit par les dernières thèses.

 

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Fragment d’enveloppe en cartonnage de Padiouf : l’oeil oudjat (©2006 Musée du Louvre / Georges Poncet)

 

Pour la première fois on a affaire, non pas à une présentation historique (centrée sur tel ou tel pharaon ou telle ou telle dynastie) ; non pas à un agencement thématique (comme récemment à Monaco l’exposition sur les reines ou en Suisse sur les statues en argent) ; et pas plus au résultat d’une campagne de fouilles particulièrement productive. Ce que l’on découvre dans ce hall ­Napoléon, qu’il faut plus que jamais parcourir en boucle, c’est la mentalité de l’Égyptien antique. Quel était son mode de pensée, les outils avec lequel il envisageait le monde.

 

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Stèle funéraire de la dame Tapéret (© 2008 Musée du Louvre /Georges Poncet)

 

Saluons donc l’organisateur, ce jeune chercheur qu’est Marc Étienne. Il propose une analyse structurale des grands mythes. En 350 objets essentiellement puisés dans les réserves du musée mais aussi empruntés à tous les grands musées des antiquités européens – dont environ 70 chefs-d’œuvre -, il met en évidence ces «grands invariants» qui courent sur cinq millénaires, de l’Ancien Empire à l’époque romaine. Dans les vitrines, on constate des déclinaisons locales ou datées comme cette suite de précieux livres des morts « plus coûteux qu’un embaumement ». Mais ce qui importe, c’est bien la réunion, l’ensemble cohérent. Il forme une anthropologie par l’objet et le document écrit très éclairante.

 

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Le parcours est ponctué de quatre grandes phases matérialisées par des couleurs qui s’assombrissent progressivement pour revenir à la lumière. Entrons dans ce cycle. La première section évoque la création du monde. Celui-ci, émergeant des eaux primordiales (le Nil), est mû par deux divinités originelles Rê solaire (le jour) et Osiris, premier à être ressuscité (la nuit). L’espace et le temps ainsi réalisés, l’homme peut partir en quête de béatitude. Une deuxième section traite de l’inframonde, ce ciel qui passe chaque fin de journée sous la terre.

 

 

 

 Rê s’y régénère tandis que sur terre on érige des obélisques pour servir de piliers à la voûte céleste. Comment l’homme peut-il améliorer son contact avec cet univers divin ? Pour Marc Étienne, les portes des innombrables tabernacles trouvés le long du fleuve livrent la clef. Enveloppes extérieures d’un intérieur secret, elles s’imposent comme la métaphore du sas. Leurs riches décorations, leurs emplacements dans le complexe religieux, les rites d’ouverture et de fermeture dont elles font l’objet, les offrandes que l’on dépose aux pieds de leurs statues signifient l’immense et constant désir de communion du mortel.

 

Sarcophage de la dame Tanethep (© 2006 Musée du Louvre / Georges Poncet)
Sarcophage de la dame Tanethep (© 2006 Musée du Louvre / Georges Poncet)

La momie, sa préparation et sa renaissance ne seraient finalement qu’un élément de cette vaste liturgie. Mais ce corps voyageur est une condition sine qua non, comme en témoigne par exemple ce crâne couvert de feuilles d’or datant de l’époque romaine. Sans lui l’âme ne peut entreprendre ce voyage tellement compliqué qu’il est parfois schématisé au fond des sarcophages. Labyrinthe d’écueils et d’étapes plaisantes menant à la demeure d’Osiris. Au bout, cette grande maison est éclairée. Voilà le séjour de la survie éternelle.

Dans la troisième section est décrite la chapelle de la tombe, souvent construite dans le désert, à distance de la sépulture. Elle est, toujours selon Marc Étienne «le ciel sur la terre», la borne reliant les deux mondes, le tremplin permettant de s’envoler. Ses abords, comme ceux du parvis du temple, regorgent d’ex-voto montrant «l’incroyable diversité des stratégies d’appropriation du divin». Enfin, hall Napoléon, comme pour un parcours rituel, le visiteur ressort par là où il était entré. Lui aussi, à sa mesure, a vécu un instant d’éternité.

 

Bonne exposition,

Saint-Sulpice

 

«Les portes du ciel, visions du monde dans l’Égypte ancienne» – Louvre, hall Napoléon – 6 Mars au 29 juin 2009 - Tél: 01.40.20.53.17 – Catalogue Somogy/Louvre 383 p., 39 €.

 



4 commentaires

  1. lucaerne 22 mars

    C’est Astérix et Obélix qui vont être contents !
    Je sais, c’est nul… même pas honte !!! :P

  2. saintsulpice 22 mars

    Pour le barbecue, prévois des sangliers aussi, steuu plaît!!!!

  3. lucaerne 22 mars

    T’emmène la cervoise, par Toutatis ?

  4. saintsulpice 22 mars

    Bien sûr, un tonneau entier!!!! Foi de Saint-Sulpix :P

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