Les Funérailles de Monna Lisa – Yan Pei-Ming – Musée du Louvre – Paris

 Les Funérailles de Monna Lisa - Yan Pei-Ming - Musée du Louvre - Paris dans EXPOSITIONS pei-19_337

 

Le musée du Louvre ouvre régulièrement ses portes aux artistes contemporains. En leur donnant un objectif : se confronter, en toute liberté et selon leur inspiration, aux maîtres du passé. Invité du moment, Yan Pei-Ming. Défi, orgueil ou provocation ? Le peintre franco-chinois a choisi de s’attaquer à La Joconde. « Une référence absolue, explique-t-il, à la fois heureux et angoissé. Elle a inspiré des générations d’artistes, y compris ceux du xxe siècle, comme Duchamp ou Warhol. Lorsque j’étais en Chine, tous mes amis peintres la copiaient. »

Enfant de la Révolution culturelle, Yan Pei-Ming est familier de la fréquentation des icônes. Avant son exil en France, ce peintre de propagande originaire de Shanghai réalise des affiches officielles et des effigies du Grand Timonier dans le style réaliste de rigueur. Installé dans l’Hexagone, son diplôme des Beaux-Arts de Dijon en poche, il continue sur sa lancée, exécutant des portraits aux dimensions inhabituelles. Ceux de Mao le font connaître. Plus tard, il y aura Bouddha, Bruce Lee, Jean-Paul II, ou encore, durant la campagne présidentielle américaine, McCain et Obama. Des visages en gros plan, à l’allure tourmentée, saturés de noir, de gris, parfois de rouge, couleur sang, et comme taillés à la hache, à la manière de portraits-robots. Rien d’étonnant, au bout du compte, que Yan Pei-Ming ait décidé de se confronter à La Joconde, l’un des tableaux les plus célèbres du monde.

Quitte à défier un mythe, l’artiste a fait les choses en grand. Dans son atelier d’Ivry-sur-Seine, il a imaginé une oeuvre en format XXL – à l’échelle des tableaux de Géricault et de Delacroix, accrochés dans une salle voisine du Louvre. Cinq toiles monumentales la composent. Il les a réalisées, comme à son habitude, à larges coups de brosse, appliquant la peinture en couches plus ou moins épaisses. De loin, les panneaux, comme perdus dans le brouillard, apparaissent presque abstraits. Mais, lorsqu’on s’approche, les formes se précisent, les visages émergent de la matière et les contours se dessinent.

Au centre de cette oeuvre singulière trône donc une Joconde assez conforme à l’original, flanquée, de part et d’autre, d’un paysage inspiré de l’arrière-plan du tableau de Léonard de Vinci. Mais les vallées de Pei-Ming sont parsemées de crânes. Des vanités ? « Des autoportraits, exécutés à partir de mon propre scanner », précise l’artiste. A l’extrême gauche, le portrait d’un vieillard couché, la tête reposant sur un oreiller : « J’ai représenté mon père à l’hôpital, avant qu’il ne meure. En entrant au Louvre, il devient éternel. » Son vis-à-vis montre le visage d’un homme jeune, lui aussi alité : « C’est moi, mort ou faisant semblant. Tous les artistes exposés au Louvre ont disparu, n’est-ce pas ? » L’ensemble, intitulé Les Funérailles de Monna Lisa, constitue un pied de nez à l’angoisse qui ne cesse de l’assaillir. Car La Joconde est toujours vivante. Yan Pei-Ming aussi.

Bonne exposition,

Saint-Sulpice

Musée du Louvre - 75001 Paris – Jusqu’au 18 mai 2009 - Aile Denon – 1er étage – Accès avec le billet d’entrée au musée : 9 euros ; 6 euros après 18h les mercredi et vendredi.
 

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 Né à Shanghai en 1960, Yan Pei-Ming s’exile en France à l’âge de 19 ans. Il s’installe à Dijon, où il vit toujours. Sa première exposition d’importance a lieu en 1988, au musée d’Art moderne de la ville de Paris. « Le plus français des Chinois » mène aujourd’hui une carrière internationale. La cote de ses tableaux atteint plusieurs centaines de milliers d’euros. L’année 2009 le conduira de San Francisco à Pékin, de Londres à New York.



6 commentaires

  1. lucaerne 15 février

    J’ai vu un reportage à la télé sur cette exposition qui a l’air vraiment époustouflante.
    En même temps, il était temps ! Elle m’énerve celle-là avec son petit sourire niais ! :D

  2. saintsulpice 15 février

    Oui tu décrit bien cela « Niais »!!!! :P Et c’en est exaspérant, c’est clair. Il était con ce Léonard parfois, grand crétin va!!!!!

  3. lucaerne 15 février

    Ah Léonard, c’est vrai que tu as dû le connaître, mais je le considère comme un homme d’une intelligence remarquable.
    Il n’empêche, la Joconde a un sourire niais. Et puis voilà !

  4. saintsulpice 15 février

    C’était un visionnaire, un précurseur, remarquable en effet mais bonpour la joconde il aurait pu nous éviter ce sourire niais. C’était le grand pote de François Ier!!!!

  5. lucaerne 17 février

    J’sais pas, je connais pas personnellement François Pommier.

  6. saintsulpice 17 février

    Ben paraît qu’il faisait à merveille le poirier!

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