Dieu et ses images , une histoire de l’Eternel dans l’art

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Le livre d’art le plus passionnant de cette année est la somme d’une vie de recherches. Il n’émane pas d’un conservateur de musée, d’un membre de l’école des Annales, pas plus d’un structuraliste ou d’un psychanalyste. Il est celui d’un dominicain, professeur de théologie à l’université Marc-Bloch de Strasbourg et qui maîtrise toutes ces approches. François Bœspflug s’est intéressé à la manière dont les artistes occidentaux ont représenté le dieu des chrétiens depuis deux mille ans. Un programme démesuré qu’Internet et le développement de la numérisation ont toutefois permis de mener à bien.

Dans Dieu et ses images, une histoire de l’Éternel dans l’art publié chez Bayard (530 p., 149 €), on plonge dans les siècles, des catacombes romaines au Christ aux outrages (1983) de Georg Baselitz. Et on s’immerge dans un immense paradoxe : comment Dieu, pourtant réputé irreprésentable, immuable, est né, s’est développé, a varié, a grandi, a vieilli, voire est mort dans l’art.

Pour sa démonstration, l’auteur a convoqué plus de trois cents œuvres, principalement picturales. Bien sûr, certaines sont très connues, comme cette Adoration de la Sainte-Trinité, un somptueux panneau peint en 1511 par Albrecht Dürer, aujourd’hui visible au Kunsthistorisches Museum de Vienne. Mais d’autres sont de divines surprises issues de bibliothèques de palais épiscopaux ou de couvents allemands, français, italiens, espagnols, voire sud-américains.

François Bœspflug y suit les traces de solutions plastiques étonnantes pour exprimer, par exemple, la Trinité qui est l’expression du «Multiple en l’Un» : cette Trinité de trois personnages identiques à la silhouette christique vient du Mexique du XVIIIe siècle. Une composition tout à fait comparable à celle relevée dans ce missel franciscain enluminé en 1380, conservé à la BNF. D’un psautier de Cambridge est extraite une Trinité tricéphale. À rapprocher d’une fresque peinte en 1965 dans une chapelle de Yaoundé… «De telles représentations ont une durée de vie très longue», commente François Bœspflug, qui voit pour sa part, dans cette forte stabilité des formes, en dépit des passionnants soubresauts théologiques qu’il décrit très clairement, «le reflet de l’éternité de Dieu».

 

Bonne lecture

Saint-Sulpice

 

Dieu et ses images, une histoire de l’Éternel dans l’art publié chez Bayard (530 p., 149 €)



2 commentaires

  1. lucaerne 29 décembre

    « Quand j’écoute ce genre de musique, quand j’entre dans une très belle église ou quand je vois un tableau qui m’émeut, mon coeur enfle tellement que j’ai l’impression de croire en Dieu, mais je me trompe : c’est en Vivaldi que je crois… En Vivaldi, en Bach, en Haendel ou en Fran Angelico… Ce sont eux les dieux… L’autre, le Vieux, c’est un prétexte… c’est d’ailleurs la seule qualité que je lui trouve : d’avoir été assez fort pour leur avoir inspiré à tous tous ces chefs d’œuvre… »
    (Anna Gavalda, Ensemble c’est tout)

    Mes respects, bon Saint.

  2. saintsulpice 29 décembre

    Bref malgré son irrespect, elle le reconnait! Là est l’essentiel!

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