Raoul Dufy – Musée d’Art moderne

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Comment se regarde un peintre comme Raoul Dufy (Le Havre, 1877-1953, Forcalquier) ? Avec les yeux ou avec les oreilles ? Comment nettoie-t-on son esprit de tous les avis sans appel depuis Matisse et les écrits cinglants sur l’histoire de l’art du XXe, de tous les verdicts du monde contemporain issus de l’art moderne triomphant qui, souvent, ont condamné ce coloriste délicat à la catégorie des «artistes trop légers pour être majeurs» ?

 

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 Comment faire connaissance avec ce dandy, sorti la tête haute de sa période fauve, perdu ensuite par son succès public et l’invasion galopante de ses courses de chevaux et de ses régates ? C’est tout le pari, un peu sérieux peut-être lorsqu’on met «Le plaisir» au programme, de la rétrospective que lui consacre le Musée d’art moderne de la Ville de Paris, fier de posséder sa Fée Électricité conçue pour l’Exposition internationale de 1937.

 

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Laissons entrer l’artiste. «Chaque fois que j’ai vu une toile de Dufy, je l’ai aimée», s’engage David Hockney, le peintre britannique des piscines bleues et des nageurs qui somnolent, dans un essai en 1984 à l’occasion d’une exposition new-yorkaise. «Ses tableaux en appellent au principe de plaisir en art à une époque où il est proscrit, voire jugé futile.

 

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James Joyce dirait qu’ils peuvent être futiles et complexes à la fois. Son art découle des découvertes du cubisme et, par ce qu’il donne à voir, évoque l’Orient. Rien n’est dissimulé ou, s’il l’est, reste visible de manière sous-jacente. Ceci nous aide à voir davantage car son coup de pinceau révèle non seulement la chose dépeinte, mais la gestuelle laborieuse du peintre perclus d’arthrite. Il faut du temps pour voir et apprendre.»

 

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Du temps, il en faudra pour parcourir cette exposition qui suit l’homme, tableau délié d’un atelier après tableau rouge fauve à Martigues, gravure après dessin, céramique après tissus, robes, motifs et papiers peints, comme on remonte un sentier qui devient un fleuve. Près de 120 peintures, de La Baie de ­Sainte-Adresse, fauve et mauve, en 1906, à la série des Cargos noirs, en 1950, qui annonce l’imminence de la mort et envahit le grand format de son nuage épais, message à la fois joyeux et funèbre (Le Cargo noir, 1952, Musée des beaux-arts, Lyon).

 

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Plus de 90 œuvres graphiques, dessins, gravures, dont Le Bestiaire, ou le Cortège d’Orphée, fait en 1911 avec Apollinaire, apogée de Dufy graveur porté par sa découverte de l’art populaire. Quelque 25 céramiques, travail stylisé de la couleur et de la glaçure, ou étranges Jardins de salon, aussi inclassables et in­congrues que des élucubrations d’artiste, rêveur tout-puissant en son atelier comme un enfant à son jeu.

 

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«On ne sait plus que Dufy a été admiré par ses contemporains. Gertrude Stein, la grande amie de Picasso, a publié à la Libération un texte associant étroitement Dufy et le plaisir. Plaisir du regard, plaisir de l’art, plaisir du souvenir, impensable en 1946 hormis précisément chez cette artiste qui fait du plaisir la chose la plus sérieuse du monde  », souligne Fabrice Hergott, directeur du Musée d’art moderne de la Ville de Paris, décidé à réhabiliter «ce grand artiste méconnu» cher à Apollinaire. Ce passionné tapi derrière le cérébral défend «la sophistication vertigineuse» de Dufy qui joue de la couleur comme d’une lumière ou d’une note.

 

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Il est instructif de regarder un artiste à l’aise dans son univers, de s’étonner de sa détermination à répéter un sujet, à le conjuguer, à le diluer, pour explorer un rythme, une variation d’ordre musical. L’œil aurait peut-être gagné à en voir moins, à jouer d’un accrochage moins exhaustif et plus resserré pour mieux comparer. Et jouir ainsi de la légèreté promise.

 

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Biographie de Raoul Dufy

   Né à Le Havre le 03 juin 1877 et Décédé à Forcalquier le 23 mars 19532992 

Très tôt passionné par la peinture, Raoul Dufy prend des cours du soir aux Beaux-Arts du Havre alors qu’il est apprenti dans une maison d’importation de café. En 1900, il obtient une bourse pour les Beaux-Arts de Paris et y rejoint son ami Friesz. L’exposition de 1905 au salon des indépendants est pour lui une véritable révélation : le peintre est émerveillé par l’oeuvre de Matisse ‘Luxe, calme et volupté’. Le fauvisme est lancé, Raoul Dufy s’y engouffre, ouvrant une fantastique période de production, de travail sur la palette : elles sont pures et vives, retranscrivent les émotions, éclairent le tableau selon le principe de ‘la lumière couleur’. Parallèlement, l’artiste déploie ses talents d’illustrateur – notamment pour le bestiaire d’Apollinaire qui rencontrera un retentissant succès en 1910 – de décorateur textile pour Paul Poiret en 1911, et de décorateur de théâtre pour ses amis Cocteau et Anouilh. Bien qu’il fasse par la suite une brève incursion du côté du cubisme cézanien, Dufy atteint son apogée en créant son propre langage pictural fondé sur la dissociation de la couleur et du dessin. Promu en 1949 au grade de commandeur de la Légion d’honneur, le plasticien reçoit trois ans plus tard le grand prix de la 26e Biennale de Venise, qui couronne l’ensemble de son oeuvre riche et dense.

 

Bonne exposition,

 Saint-Sulpice

 

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« Raoul Dufy, le plaisir » – 17 octobre 2008 au 11 janvier 2009 - Musée d’Art Moderne -11, Avenue du Président Wilson – 75106 Paris – Tel: 01.53.67.40.00 – Ouverture Tous les jours de 10h00-18h00 & jeudi 10h00-22h00. Fermé le lundi et fériés. Tarif : 9 euros, TR: 6/4,5 euros.

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8 commentaires

  1. lucaerne 4 novembre

    C’est pourtant pas ma fête aujourd’hui, si ? Sainte-Lucienne ?
    Non parce que… commencer par la Norvège et finir par Dufy que j’aime tant…
    Honte au Musée d’Art Moderne d’être encore fort désuètement à Paris !!!

  2. saintsulpice 4 novembre

    T’as qu’à déménager!!!!! C’est cela les montagnards, vie rude, vie austère….

  3. lucaerne 6 novembre

    Mais l’avenir appartient à la province ! Tu verras…
    D’ailleurs, il paraît que « province », ça ne se dit plus.
    Quand on est « in », on dit « régions ».

  4. saintsulpice 6 novembre

    je préfères être « has been » sur ce coup là!!!!

  5. lucaerne 7 novembre

    Tu fais bien comme tu veux. Attends… je remonte mes bas de laine. Et je me gratte aussi un peu : ça gratte, la laine !

  6. saintsulpice 7 novembre

    Essaie le chanvre c’est pire!!!

  7. lucaerne 8 novembre

    Aaaaah ? Les saints portent des caleçons de chanvre ??? C’est pour ça que… non… j’ai rien dit… je dis rien !

  8. saintsulpice 8 novembre

    Oui au Paradis la semaine dernière c’était la semaine du Chanvre! Saint-Pierre était magistral avec son string chanvré…De beaux souvenirs. J’ai remis mes shorty depuis…plus à l’aise

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