Paris – La commune de 1871

 

Porte-Maillot – Juin 1871

 Paris - La commune de 1871 dans Photographies du Paris d'hier et d'aujourd'hui porte-maillot2

Le 18 mars 1871, une émeute éclate à Paris, sur la butte Montmartre. Adolphe Thiers, chef du gouvernement provisoire de la République, renonce à la réprimer et s’enfuit à Versailles avec tous les corps constitués.

C’est l’amorce de la «Commune». Maîtres malgré eux de la capitale, les révolutionnaires et militants socialistes vont se découvrir et offrir à la bourgeoisie républicaine l’occasion de se débarrasser une fois pour toutes de la «question sociale». Il en coûtera 20.000 victimes.

 

 

Saint-Cloud, le café d’Elcombe – Février 1871

cafe-d-elcombre dans Photographies du Paris d'hier et d'aujourd'hui

 

Après avoir battu et fait prisonnier l’empereur Napoléon III à Sedan, les Prussiens ont assiégé la capitale et battu les armées que Léon Gambetta, le jeune ministre de l’Intérieur, avait réunies en province. Le gouvernement de la Défense nationale est contraint de signer un armistice le 28 janvier 1871 et de préparer des élections générales.

Le nouveau «chef du pouvoir exécutif de la République française», Adolphe Thiers (73 ans), obtient de l’Assemblée nationale réunie à Bordeaux qu’elle ratifie les préliminaires de paix dès le 2 mars. La veille, conformément à la convention d »armistice, les troupes allemandes ont commencé à défiler dans une capitale en deuil, devant des statues recouvertes d’un voile noir.

Les Parisiens ruminent leur humiliation. Soulagés par la fin du siège et des pénuries alimentaires, ils se sentent néanmoins trahis par les gouvernants réfugiés à Bordeaux. À Montmartre, le maire du XVIIIe arrondissement, un certain Georges Clemenceau (31 ans), attise les ressentiments de la population en affichant une proclamation où l’on peut lire : «On vous a livrés sans merci. Toute résistance a été rendue impossible».

 

Ruines du château de Saint-Cloud en Mai 1871

saint-cloud

 

L’Assemblée nationale attise les tensions. Après l’arrêt des combats contre les Prussiens, elle renonce à revenir à Paris, par peur de la capitale et de ses deux millions d’habitants aux sentiments majoritairement républicains, voire socialistes. Le gouvernement décide donc le 10 mars de s’installer à Versailles.

Dès le 11 mars, parmi ses premières mesures, il lève sans préavis le moratoire sur le remboursement des effets de commerce et des loyers qui avait été instauré au début de la guerre. Il supprime aussi l’indemnité due à la garde nationale (30 sous par jour). Or, à Paris, la garde nationale rassemble pas moins de 180.000 hommes issus de la petite bourgeoisie et du monde ouvrier qui se sont portés volontaires pour défendre la capitale contre l’ennemi et se sont habitués à vivre sous les armes.

 

Place vendôme/Rue de la paix – Barricade en Mars/Avril 1871

place-vendome

 

L’atmosphère s’échauffe. Là-dessus, Thiers décide de récupérer 227 canons qui avaient été financés par une souscription des Parisiens en vue de la défense de la capitale. La garde nationale de Paris a disposé ces canons sur les buttes de Montmartre et de Belleville pour les mettre hors d’atteinte des Prussiens lors de leur entrée dans la capitale.

Le samedi 18 mars, coupant court aux négociations avec les habitants de Montmartre, Thiers envoie une colonne de 4.000 soldats avec l’ordre de récupérer les canons. Mais l’affaire est mal préparée et les soldats perdent du temps à chercher des attelages. On sonne le tocsin. La foule s’assemble. Les soldats se débandent ou se rallient au petit peuple.

Le général Lecomte, qui commande l’une des brigades, est fait prisonnier. Un autre général, Clément-Thomas, qui se promène sur les boulevards, est arrêté à son tour par les émeutiers. À 17 heures, les deux hommes sont exécutés dans une orgie de sang, sous les yeux horrifiés du jeune Georges Clemenceau, impuissant à calmer la foule.

Quelques émeutes se produisent au même moment en d’autres quartiers de Paris et des soldats fraternisent avec les insurgés. Les bataillons de la garde nationale se groupent en fédération d’où le nom de «fédérés» que l’on donnera aux insurgés.

 

 

Le 23 mai 1871, les Communards incendient le palais des Tuileries.

tuileries

 

Adolphe Thiers renonce à réprimer l’émeute. Peut-être juge-t-il l’entreprise trop risquée avec 30.000 soldats à la fidélité incertaine face aux 150.000 hommes de la garde nationale ?… Il ordonne donc à l’armée et aux corps constitués d’évacuer sur le champ la capitale. L’évacuation commence avant même le meurtre des généraux Lecomte et Clément-Thomas. Elle est achevée le soir même.

Abandonné par la République, Paris s’en remet à des militants jacobins nostalgiques de Robespierre (comme l’avocat Charles Delescluze), blanquistes (partisans du théoricien de la révolution Auguste Blanqui, en prison le 18 mars), proudhoniens (héritiers de l’utopiste Proudhon, mort en 1865), socialistes, anarchistes… Pris de court par le vide du pouvoir, ces militants au nombre d’une trentaine se constituent en Comité central et se réunissent dans la plus grande confusion à l’Hôtel de ville.

 

 

Le 24 mai 1871, à 17h, la Préfecture de police prend feu!

incendies

 

Les élections municipales, organisées le 26 mars, traduisent le désintérêt des Parisiens pour la révolution municipale en cours, avec en général moins d’une moitié de votants. La Commune est néanmoins proclamée le 28 mars. Elle est représentée par une assemblée de 79 élus et son nom fait référence à la Commune insurrectionnelle qui mit bas la royauté le 10 août 1792.

Dans une «Déclaration au peuple français», Paris suggère aux autres communes de France une association fédérale, assez confuse au demeurant. Quelques émeutes se produisent à Lyon, Marseille, Toulouse, Saint-Étienne, Le Creusot, mais elles sont vite réprimées et la France, dans son ensemble se tient coite. Les Parisiens ne contiennent plus leur vindicte contre les «cul-terreux» de la province. Le mépris est réciproque.

La capitale doit dès lors supporter un deuxième siège, non par les Prussiens mais par l’armée française. Elle se protège derrière les fortifications massives (les «fortifs») qui enserrent la capitale depuis qu’Adolphe Thiers lui-même en a ordonné la construction trente ans plus tôt, par la loi des Bastilles. Les premières escarmouches commencent le 2 avril près du mont Valérien avec l’occupation de Courbevoie par les «Versaillais».

Entre temps, la Commune met en place une dizaine de commissions (Guerre, Relations extérieures….) pour tenter de gouverner la capitale, cependant que les quartiers et les arrondissements se gèrent comme ils peuvent.

 

 

Cour d’honneur de l’Arsenal – Mai 1871

arsenal

 

On n’en finirait pas de citer les mesures édictées par ces commissions et le plus souvent restées lettre morte: saisie des biens de l’Église, plafonnement du salaire des fonctionnaires et interdiction du cumul des fonctions (les postes se multiplient néanmoins, avec uniformes et galonnettes), interdiction du travail de nuit pour les ouvriers boulangers (à la grande déception du peuple qui tient au pain frais du matin), interdiction des jeux de hasard et fermeture des bordels, arrestation des ivrognes, destruction de la colonne Vendôme à l’initiative du peintre Gustave Courbet qui dénonce ce «monument de barbarie» et devra plus tard en payer la reconstruction pour 300.000 francs-or….

 

 

Barricade de Charonne – 1871

CommunebarricadeCharonne

La Commune, sous l’impulsion d’un blanquiste dénommé Raoul Rigaud, étend les prérogatives de la police et de la censure. Le 3 avril, elle publie le «décret des otages» du 2 prairial An 79 ! C’est ainsi que l’archevêque de Paris, Monseigneur Darboy, arrêté le 31 mars précédent, sera fusillé sans jugement avec quatre autres ecclésiastiques… et un badaud. Les Communards fusilleront au total 480 otages… Beaucoup moins, soulignons-le, que les Versaillais ne massacreront de gens pendant la Semaine Sanglante qui mettra fin à la Commune.

 

Bien à vous,

Saint-Sulpice

 



5 commentaires

  1. francis02 16 juillet

    beau cours d’histoire
    merci j’aime cette période
    amicalement
    francis

    Dernière publication sur NOUVELLES d'hier, d'aujourd'hui, de demain : Articles du 1° mai

  2. saintsulpice 16 juillet

    Une période d’insurrection! Qui imaginerait aujourd’hui une guerre civile en plein coeur de Paris?

    Merci de ta venue,

    Saint-Sulpice

  3. 4aru7eb 16 juillet

    Bonjour, Saint-Sulpice, oui période d’insurrection, heureusement la dernière guerre Paris a été épargné.
    Bonne soirée
    Bien Amicalement
    Suzanne

  4. Laurent Bouvet 19 novembre

    Président de « Reconstruisons Saint-Cloud ! », j’ai plaisir à vous informer que notre association travaille depuis 2006 sur un projet de reconstruction du château de Saint-Cloud, lequel a déjà fait l’objet d’une vingtaine d’articles élogieux dans la presse et recueilli de nombreux soutiens politiques en provenance de tous horizons, tant au niveau départemental que régional. Vous pourrez prendre connaissance de toutes ces informations et voir de magnifiques photographies en couleur de l’intérieur du château en vous rendant sur notre site internet :

    http://www.reconstruisonssaintcloud.fr

    Bien cordialement,
    Laurent Bouvet

  5. Robin 6 janvier

    Bonjour,

    Je recherche la source d’une image sur votre blog (préfecture de commune de Paris en feu – 1871) pourriez vous me dire ou vous l’avez trouvé ?
    C’est pour insérer dans un film.
    Merci beaucoup
    BIen Cordialement
    ROxane

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