Paris – Les origines

Paris - Les origines dans Photographies du Paris d'hier et d'aujourd'hui ville_pr_acc-08

La ville, au sens où l’entendaient les Romains, se définissait essentiellement par son statut, en l’occurrence pour Lutèce, celui de capitale du peuple des Parisii. C’est sa fonction politique qui est décisive et qui la distingue d’une agglomération ou d’une simple occupation. Au niveau de l’urbanisme, cette fonction s’exprime par la construction des grands monuments et en particulier du forum qui, même modestement, se doivent d’être à l’image de la Ville, c’est-à-dire de Rome.

 

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Dans cette acception, des trois pôles qui composaient la Lutèce romaine, – la ville de la rive gauche, espaceurl’île de la Cité et le faubourg de la rive droite – , seul celui de la rive gauche pouvait prétendre à ce rôle. Outre qu’il était le plus important, il était organisé selon un modèle typiquement romain avec un plan directeur orthonormé et était surtout le seul à recevoir, à partir du IIème siècle, des monuments publics. En effet, aucun autre édifice public du Haut-Empire n’a été retrouvé dans l’île de la Cité et dans les faubourgs établis rive droite et rive gauche.

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La ville de la rive gauche est installée sur le sommet et les versants de la montagne Sainte-Geneviève, en retrait des zones humides et inondables comme c’est l’usage en Gaule romaine. A l’origine, la majeure partie de cet espace semble avoir été destinée aux habitations : en pente en direction de la Bièvre et surtout de la Seine, ces terrains favorisaient le bon drainage des eaux usées et des eaux de pluies.
Dans ce cadre, le versant septentrional se démarquait du reste de la colline en recevant non seulement des habitations, mais surtout l’ensemble de la parure monumentale de la ville : les constructeurs ont utilisé la déclivité du terrain pour asseoir les monuments publics sur plusieurs niveaux. C’est manifeste pour le forum, le théâtre et les thermes de Cluny.
Quant à l’amphithéâtre, les bâtisseurs ont également choisi de l’appuyer sur une pente très prononcée, mais cette fois en dehors de la ville et sur un autre versant. Bien plus que des raisons pratiques et techniques, il faut voir dans ces dispositions un parti pris, une volonté de « mise en scène » de la ville dans ce qu’elle avait de plus imposant et de plus romain. Il faut donc imaginer, vu de la Seine, le paysage urbain d’une ville antique monumentale se déployant en étages sur la montagne Sainte-Geneviève, et ce pour le plus grand orgueil de ses notables qui témoignaient ainsi de leur adhésion à l’Empire : en haut le forum et ses thermes, à mi-pente le théâtre, les thermes du Collège de France et l’amphithéâtre, et enfin, en bas, les thermes de Cluny formant le front monumental. Le modeste quartier d’habitations du monceau Saint-Séverin ne devait pas masquer le «visage» de la ville.

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espaceurÀ partir du milieu du IIIe siècle et jusqu’à la fin du IVe siècle se produit un phénomène de désaffection progressif de la ville romaine de la rive gauche. Cela est tout d’abord perceptible dans l’abandon de la nécropole du Haut-Empire et l’implantation de petits groupes de sépultures dans la ville même, ce qui est contraire à l’usage classique qui préconisait la séparation du monde des vivants de celui des morts. Puis, la plupart des monuments publics sont abandonnés et systématiquement dépouillés de leur grand appareil. Les quartiers d’habitation sont partiellement désertés et les moellons des maisons sont récupérés pour construire d’autres édifices.

espaceurL’établissement, au IVe siècle, d’un castrum dans l’île de la Cité conclut ce processus et représente une rupture avec la grande ville ouverte de la Paix romaine.  Cette transformation est d’usage pour la plupart des grandes villes de la Gaule dans cette période d’insécurité. Lutèce devient alors l’un des points forts du dispositif de défense mis en place pour faire face aux incursions germaniques. À plusieurs reprises, des empereurs militaires, Valentinien et Julien, choisissent d’y résider. Ce dernier y est même proclamé empereur par ses troupes en l’an 360.
espaceurIl ne faudrait cependant pas croire que l’enceinte, qui délimitait une surface de moins de 10 ha, recevait toute la population de Lutèce. L’abandon de la rive gauche n’est pas total, et un habitat se maintient dans les faubourgs et dans plusieurs insulae de la pente nord de la colline Sainte-Geneviève comme nous l’indique Ammien Marcellin, et comme l’attestent les observations faites le long du cardo et dans des monuments antiques pillés et délaissés.

 

Bien à vous,

Saint-Sulpice
 



3 commentaires

  1. francis02 11 juillet

    joli cours de géographie
    merci
    à plus
    francis

    Dernière publication sur NOUVELLES d'hier, d'aujourd'hui, de demain : Articles du 1° mai

  2. saintsulpice 11 juillet

    N’est-ce pas!

    Bonne journée Francis

    Saint-Sulpice

  3. 4aru7eb 11 juillet

    C’est extraodinaire, vraiment merci pour ce cours de géo.
    Bien amicalement
    Suzanne

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